14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:17

Comme annoncé précédement, voilà le départ du second site sur un nouveau conflit : la guerre entre les États-Unis et le Mexique en 1846 - 1848.

Je continue bien sûr la mise à jour du site sur la guerre de 1812 (mais à un rythme un peu moins soutenu) et je commence celui sur le second site.

L'apparence sera malheureusement différente car le changement entre les versions d'over-blog ne m'a pas permis de garder le même format.

Pour le site sur la guerre du Mexique c'est ici :

http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/http://

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 12:28

isaacbrock

De tous les officiers anglais qui participèrent à la guerre de 1812, aucun ne suscita plus de respect et d'admiration que le lieutenant gouverneur du Haut Canada : le général Isaac Brock.

Brock natif des iles anglo-normandes (Guernesey) commença sa carrière militaire à 15 ans avec le grade d'enseigne dans le 8th regiment of foot. En tant que jeune officier il fut placé au dangereux poste de porte-drapeau du régiment. Il est de coutume que les deux drapeaux de chaque bataillon soient portés par les plus jeunes officiers du régiment. Fort heureusement pour eux on les accompagnait de solides sous-officiers vétérans armés d'un long esponton et dont la mission principale était la défense des couleurs (éventuellement celles de son porteur également).

En 1791, en tant que capitaine , il fut transféré vers le 49th regiment ( Le 49th "the HerdfordShire regiment of foot" dans la guerre de 1812) et servit dans les Antilles. Durant son séjour dans le 49th, il gagna une certaine renommée en ridiculisant un de ses camarades qui l'avait provoqué en duel. Brock ayant choisi le pistolet, arme pour laquelle il n'avait pas témoigné une grande adresse, il contra l'habileté de son adversaire en lui proposant un duel à brûle-pourpoint, ce que l'autre déclina. Il obtint ainsi une popularité certaine auprès de ses autres camarades par sa ruse tout comme son courage. Avec le grade de lieutenant-colonel en 1797, il fut placé à la tête de son régiment.

1799 fut l'année de son baptême du feu dans les Pays-Bas contre les républicains français. Il fut blessé à la gorge lors de la bataille d'Egmont-op-Zee le 2 octobre 1799. En 1801, après avoir assisté au bombardement de la Royal Navy de la capitale danoise sans participer lui-même à l'action, il fut transféré avec son régiment au Canada.

 

Arrivé au Canada, à Québec, Brock dut faire face à des problèmes disciplinaires importants et à des actes de mutinerie. La sévérité du chef de la garnison de Fort George, le lieutenant-colonel Sheaffe, avait déclenché un projet de révolte parmi une partie du détachement du fort. Une fois sur place, Brock régla rapidement le problème et fit envoyer les mutins en cour martiale à Québec. Ces derniers subirent le sort réservé aux déserteurs : le peloton d'exécution.

Colonel en 1805, il fit renforcer les défenses de la ville de Québec en réponse à l'accroissement des tensions avec les Etats-Unis.  Il participa au développement d'une force navale sur les Grands Lacs capable de tenir ces espaces liquides vitaux pour toute la colonie.  En 1807, il devint général de brigade et fut placé à la tête des forces de tout le Canada dès 1810 par le gouverneur de la colonie, Sir Craig. L'année suivante il prit le rang de major général et devint lieutenant gouverneur du Haut Canada. Bien que ses aspirations militaires l'aient toujours porté vers les combats en Europe, il ignorait que pour lui sa renommée allait commencer ici. En tant que lieutenant gouverneur il cumulait les fonctions de général en chef des forces du Haut Canada et administrateur civil. Il possédait à ce titre la charge de membre sénior du conseil exécutif du Haut Canada. Dans sa préparation des défenses de la colonie pour une guerre qui semblait être imminente, Brock multiplia les demandes en hommes pour renforcer la garnison réduite de sa colonie.

 

Il trouva un allié inattendu dans la personne du leader Shawnee, Tecumseh. lors de leur première rencontre en août 1812 à Amherstburg  Tecumseh dira de lui "voilà un homme". Les deux hommes se respectaient et chacun à sa façon impressionna l'autre.

Avec la guerre de 1812, Brock se révéla un organisateur hors pair, grâce à ses agents il sut très vite tirer parti de la mauvaise communication qui existait entre Washington et les postes avancés américains. Sans coup férir il envoya des hommes capturer Fort Mackinac et sécuriser la porte d'entrée du Michigan. Lorsque l'armée du général Hull se mit en marche pour menacer Amherstburg, il mit  à profit les informations capturées sur le navire américain Cuyahoga Packet pour la campagne de Detroit. il envoya le 41st regiment of foot et de nombreux miliciens avec les indiens de Tecumseh pour assiéger le Fort Detroit. Il fit habiller ses miliciens avec des uniformes de soldats réguliers et fit circuler une missive annonçant un chiffre de guerriers indiens très supérieur à la réalité. Devant le Fort américain il fit défiler les mêmes troupes pour donner l'illusion du nombre et inspirer la terreur à Hull. Ce dernier craignant pour la vie de ses hommes si des indiens enragés s'emparaient du fort se rendit et donna à Brock sa plus grande victoire avec une perte minime.

brock est tué à la bataille de Queenston Heights

Brock n'eut pas le temps de se reposer sur ses lauriers et organisa la défense du centre du Haut Canada menacé par d'autres armées américaines. Il rencontra finalement son destin à Queenston Heights le 13 octobre 1812. Séjournant à Fort George, le quartier général du Haut Canada, il accourut au secours des troupes anglo-canadiennes de Queenston attaquées par une force américaine supérieure en nombre. Sur place il prit la tête du 49th regiment qu'il connaissait bien et contre attaqua les Américains établis sur les hauteurs de la ville. Son uniforme de général en fit une cible parfaite et il fut atteint d'une balle à la poitrine qui le tua net. La bataille fut gagnée par les Anglais mais le Canada avait perdu son meilleur général. Le gouverneur George Prevost qui ne partageait pas toujours la stratégie de Brock ne fut pas capable de renverser la situation alors que les forces dont il disposait étaient bien supérieures à celles de Brock.

Il demeure à ce jour comme un des grands héros du Canada pour sa défense courageuse et intelligente lors de la guerre de 1812. Il est avéré que sans ses dispositions, le Haut Canada serait sans doute tombé dès les premiers mois de la guerre.

le monument de Brock à Queenston

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 10:22

Bien que la période de la guerre de 1812 garde ma préférence j'ai décidé de créer un nouveau site sur un autre conflit. Ce dernier bénéficiera des même types de planches que celui sur la guerre de 1812 basées sur l'excellent travail d’Alexis Cabaret et concernera un conflit postérieur, plus d'informations viendront ultérieurement.

La mise à jour et l'ajout de nouveautés sur la période de la guerre de 1812 continueront également, de nombreux autres articles sont en préparation.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 08:42

La bataille de Moraviantown ou de la rivière Thames, fut un évènement majeur de la guerre de 1812 et celà essentiellement à deux titres.

Le haut Canada fut envahi depuis sa partie occidentale et toute une région fut durablement occupée par l'armée américaine jusqu’à la fin de la guerre donnant ainsi une assise supplémentaire à la délégation américaine lors des négociations de Gand.

La confédération indienne de Tecumseh s'écroula quand ce dernier fut tué lors du combat ; l'aide des amérindiens aux Anglais ne cessa pas pour autant mais fut fortement réduite. Avec la mort de Tecumseh, une des principales menaces qui pesait sur la volonté expansionniste américaine s'effondrait.

pour plus de détails http://history-uniforms.over-blog.com/page-5901414.html

L'unité qui s'est le plus démarquée durant ce combat fut le régiment de volontaires montés du Kentucky dirigé par le Colonel Richard Johnson. Ces cavaliers noirs vont prendre par surprise les troupes anglaises et les balayer en 5 minutes puis affronter les indiens de Tecumseh.

La planche :

Les troupes anglaises étaient essentiellement représentées par le 41st regiment of foot avec ses cols et manches rouges. Malheureusement pour eux, ils furent défaits par une force de cavalerie et durent fuir vers les bois, une grande partie de l'unité présente fut capturée et emmenée en captivité. Tous ne reviendront pas tant les conditions de détention étaient dures dans cette région du monde, la plupart seront relâchés ou échangés vers 1814.

A côté se trouvent deux guerriers indiens de la confédération de Tecumseh essentiellement A, les Anglais ayant fui bien avant. Leur chef Tecumseh mais aussi Rounhead furent tués, leur confiance et leur alliance avec l'Angleterre brisée. Les guerriers des zones forestières étaient souvent habillés avec le strict minimum en été et avec des vestes en peau l'hiver. Ils ne rechignaient pas à mélanger des effets indiens avec des effets d'habillement des blancs.

Du côté américain, plus de 3700 hommes furent présents, essentiellement de la milice du Kentucky et des détachements d'unités régulières de l'US Army.

Les soldats américains commencèrent à recevoir les uniformes simplifiés 1813 avec col et manches rouges mais sans lacets, certains avaient déjà même le nouveau shako "Tombstone", d'autres gardaient l'ancien shako en feutre plus fragile et inadapté à l'hiver. Mais il est difficile de se faire une idée exacte de leur apparence tant les problèmes de logistique étaient importants ; on ne peut donc que supposer quant à l’apparence de leur uniforme. Les volontaires montés du Kentucky aimaient s'habiller en noir pour se démarquer des troupes à pied mais là encore il est fort possible qu'une multitude de tenues aient été portées par eux. Les miliciens à pied devaient essentiellement adopter la veste de chasse avec là encore une grande variété de tenues civiles.

Le cri de guerre "souvenez-vous de la rivière Raisin" fut celui de la milice du Kentucky qui trouvait à Moraviantown l'occasion de se venger de la défaite de la bataille de Frenchtown et du massacre de ses prisonniers.

Les pertes de la bataille furent relativement modérées, une cinquantaine de part et d'autre, mais les prisonniers furent très nombreux côté britannique, presque 600 hommes. La bataille de Moraviantown mit un terme à la campagne débutée avec la victoire du lac Erié et fut l'occasion pour les Américains d'occuper durablement une partie du territoire canadien.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:26

Les Shawnee occupent une place spéciale dans la guerre de 1812 puisque le plus grand leader de la nation indienne de la guerre de 1812, Tecumseh, appartient à cette tribu.

 

Probablement originaires de la vallée de l'Ohio, les Shawnee ont également peuplé durant certaines périodes la Caroline du Sud, le Tennessee, la Pennsylvanie, l'Alabama et la Géorgie. En langue Delaware Shawnee signifie l'habitant du sud.

Peuple nomade, il pratiquait néanmoins l'agriculture et possédait des villages permanents. De tradition et de culture Algonquine, ils occupaient un espace relativement vaste et le partageaient avec d'autres nations indiennes comme les Creeks du Sud ou les Delaware. Les déplacements dus à la conjoncture politique et aux différents traités poussèrent les Shawnee vers la région de la rivière Ohio.

Leurs relations avec les hommes blancs furent ponctuées de guerres où ils s'allièrent tantôt avec les uns et tantôt avec les autres. En 1763 ils combattirent aux côtés des Français contre les Anglais avant de combattre avec les Anglais contre les insurgés américains en 1776 durant la guerre d'indépendance. La guerre sépara une première fois les Shawnee dont une partie se dirigea vers le Sud-Ouest vers le Missouri.

 

La portion de territoire qu'ils occupaient étant devenue la cible des colons américains, ils livrèrent une guerre continuelle contre les incursions des blancs affrontant l'armée américaine à la rivière Wabash, et Fallin timber. La défaite indienne consommée, le traité de Greenville en 1795 força les indiens à abandonner plus de terres et une partie d'entre eux se dirigèrent vers la rivière Wabash dans l'Indiana tandis que l'autre s'enfonçait plus amont dans l'Ohio. C'est durant cette période que Tecumseh émergea comme le leader Charismatique qu'il allait devenir.

La période de Tecumseh eut un considérable impact sur l'avenir des tribus de toute la région. Il tenta avec son frère Tenskwatawa de réunir les tribus du Nord-Est, du centre et du Sud dans une alliance, une confédération, afin de résister ensemble à la poussée colonisatrice des blancs. Se heurtant aux visées expansionnistes américaines l'affrontement était inévitable et la bataille de Tippecanoe en 1811 obligea Tecumseh à chercher l'alliance des Anglais.

shawnee-lookout

Ci-contre guerriers Shawnee, il est bien sûr difficile de parler d'uniforme mais chaque étoffe, pièce de vêtement plume et peinture de guerre possède une signification particulière propre à chacune des grandes nations indiennes. Il faut garder à l'esprit que les amérindiens de l'Est de l'Amérique du Nord ne possédaient pas de langue écrite et que la multitude des tribus et des langues parlées obligeait les indiens à trouver des codes communs pour se faire comprendre entre eux. La peinture des corps et des visages remplit ce rôle en indiquant de manière précise les intentions ou l'histoire de son porteur.

 

 

En 1812 au déclenchement de la guerre, les Shawnee, Tecumseh et plus 3000 à 3500 guerriers se rangèrent aux côtés des Anglais. Après le succès de Fort Detroit en août 1812, l'ardeur des guerriers Shawnee s'émoussa lors des sièges sur la rivière Maumee (Forts Meigs et Stephenson) avant de s'effondrer après la bataille de Moranviantown. Les Shawnee ne participèrent jamais en masse aux affrontements et retournèrent très vite auprès des leurs dans l'Ohio, d'ailleurs une grande partie d'entre eux était restée neutre à l'égard du conflit anglo-américain.

La partie d'entre eux qui était restée dans le Missouri participa même aux côtés des colons à la lutte contre les raids des indiens du Nord.

Finalement l'ensemble de ces tribus, peu importe leur parti pris dans la guerre, fut forcé au déplacement vers l'Ouest à partir de 1831 en direction du Kansas et de l'Oklaoma.

 

shawnee hunter 96

ci-contre un guerrier Shawnee à la chasse en hiver. On retrouve les grandes cuissardes de peau très efficaces pour se protéger du froid et qui seront utilisées par les Français du Canada et tous les colons vivant à leur contact. Maîtres incontestés de la survie dans les régions froides, les Amérindiens ont certainement plus apporté aux premiers colons que l'inverse dans le cadre d'une adaptation intelligente à l' environnement local. Les armes à feu furent par contre très appréciées et servirent de monnaie d'échange dans les trocs ou pour conclure un traité. Les nations indiennes possédaient au fil du temps une collection hétéroclite de mousquets et de carabines glanés sur les champs de bataille ou cédés au gré des alliances avec les blancs.

 

Shawnee Warrior

guerrier shawnee en veste de peau et peinture de guerre ? sur le visage et les cheveux.

 

 

On connaît mal les significations réelles des peintures. L'histoire de ces peuples étant essentiellement orale, il n y a pas de trace écrite, hormis les descriptions faites par des blancs qui les ont vus (ou combattus).

La couleur utilisée pour le visage ou les cheveux a une signification. Le rouge était une couleur bénéfique comme le noir, mais pour d'autres tribus il pouvait signifier autre chose. En temps de guerre il signifiait la décision du guerrier et de son peuple d'affronter l'ennemi. Une sorte de confirmation que le chemin de la guerre avait été choisi et accepté. Le blanc était associé au deuil mais pouvait aussi signifier la paix ; associé aux couleurs de guerre il pouvait signifier la volonté de survivre au combat. Les dessins (rond, lignes droites ou non, pointillés, main...) évoquaient un souhait, un épisode de la vie du porteur, une intention, etc.

Les peintures de guerre (rouge et noir associées) étaient avant tout un message d'effroi adressé à l'ennemi, mais il pouvait être un don accordé au porteur comme le vert sous les yeux permettait de voir la nuit. La peinture ne se limitait pas au visage mais pouvait être appliquée sur tout le corps, les armes et, pour ceux qui en possédaient, les chevaux.

En tout état de cause afficher une couleur était un message codifié en fonction de certaines occasions, propre à être compris par une autre tribu.

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:13

 

La bataille de Chateaugay : La bataille de Chateaugay 26 octobre 1813

L'armée américaine du général Hampton comprenant 3000 réguliers se heurta à des éléments de la milice francophone de la région de Montréal dont la première ligne de défense regroupait à peine 300 hommes. La zone particulièrement boisée de la rivière Chateaugay allait permettre une défense plus aisée pour les Canadiens tandis que les Américains divisés en deux colonnes allaient en partie se perdre dans les bois empêchant la prise de flanc de la position canadienne.

Les Canadiens étaient dirigés par Charles Michel de Salaberry et comprenaient des miliciens locaux, les volontaires des voltigeurs canadiens et quelques dizaines de guerriers indiens.

 

La colonne principale dirigée par Hampton allait se heurter aux retranchements érigés par de Salaberry sur la rive nord de la rivière. La colonne secondaire qui devait prendre de flanc la position ennemie se perdit sur la rive sud et fut même attaquée par moins d'une centaine de Canadiens. Ces derniers dépassés par le nombre se replièrent mais les Américains dans leur poursuite se trouvèrent face aux abattis de la rive opposée et furent pris entre deux feux. Finalement incapables de percer la ligne de défense ennemie, bernés par les ruses de De Salaberry qui faisait croire à l'ennemi à une présence plus importante à coup de clairon et de cris en français et en indien, les Américains se replièrent. Le combat avait coûté presque 150 tués, blessés et prisonniers aux Américains pour moins d'une vingtaine de pertes aux Anglo-Canadiens.

 

Bien que cette bataille fut d'une ampleur réduite, elle eut et a encore un impact important sur le collectif canadien car pour la première fois une armée américaine importante était repoussée exclusivement par des troupes miliciennes ( et quelques indigènes). Cette bataille contribua beaucoup au "militia myth" qui soutenait que le Canada n'avait plus besoin de la présence militaire britannique pour se défendre ce qui bien entendu était une gageure car la plupart des batailles furent remportées par les troupes régulières anglaises.

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 13:36

Tecumseh

Encore un nouveau chapitre qui concernera les grands leaders et acteurs de la guerre de 1812.

Commençons par le personnage le plus emblématique : le grand leader indien TECUMSEH.

Tecumseh, porte un nom qui lui sied parfaitement : en langage Algonquin il signifie "étoile filante". Sa vie de leader charismatique et surtout ses actes furent éphèmères, éblouissants et ont illuminé le ciel de tout un peuple avant que ce dernier ne replonge dans la nuit.

De tous les grands chefs indiens d'Amérique du nord, aucun ne fut plus important que le leader shawnee Tecumseh, personne avant et après lui n'avait et ne regroupera autant de tribus, de guerriers, de nations indiennes dans un seul but commun : se battre pour la survie de leur mode de vie.

1812 marque un point essentiel dans l'existence des indiens d'amérique du Nord car ce fut la seule fois où il leur fut donné une vraie possibilité de combattre efficacement pour avoir droit eux aussi à cette recherche du bonheur, droit essentiel de la déclaration d'indépendance américaine de 1776. Ce texte fondamental avait exclu les peuples indiens, des droits essentiels qu'elle aspirait à instituer aux Etats-Unis alors que son principal rédacteur, Thomas Jefferson, déclarait en 1787 que les indiens vivaient certainement dans un bonheur plus grand que les peuples européens soumis à la gouvernance monarchique.

Tecumseh était donc un indien de la nation Shawnee, sa naissance est située approximativement vers 1768 dans l'Ohio près de la ville actuelle de Springfield. Son père était un chef de guerre Shawnee et sa mère une indienne Creek. Très tôt la vie de Tecumseh fut confrontée à la violence et la haine de l'homme blanc ; son père fut assassiné par un colon quand il n'avait que 6 ans. Il fut adopté par un autre chef Shawnee, BlackFish, qui lui servit d'éducateur. Mais la guerre d'indépendance américaine qui s'était déclenchée créa des troubles dans la nation Shawnee dont une partie quitta la région de l'Ohio pour la vallée du Mississippi plus à l'ouest. Les exactions des blancs répondaient aux représailles des guerriers indiens et l'enfance de Tecumseh fut secouée de violence et de mort en plus d'un profond ressentiment à l'égard des Américains, responsables des malheurs de sa tribu.

 

A 15 ans il subit son baptème du feu mais très vite en plus de sa nature de meneur de guerriers, un autre trait particulier allait  très tôt apparaître. Ecoeuré par le sort subi par des prisonniers blancs brûlés vifs par les indiens, il réprimanda malgré son jeune âge ses camarades pour leur manque d'humanité. On retrouvera cet aspect particulier de cet homme bien des fois durant la guerre de 1812. Tecumseh vécut les combats contre l'armée américaine en 1790 et 1791 et participera à la bataille de la Wabash qui demeure la plus grande victoire remportée par les indiens de toute l'histoire des Etats-Unis. Il participa ensuite à des raids en Georgie, en Floride, dans le Tennesse puis revient dans l'Ohio pour se battre à Fallen Timbers. Malgré la défaite, la réputation de Tecumseh grandit par l'exemple qu'il suscitait au combat chez ses guerriers tout comme par son refus de participer à la conférence qui aboutit au traité de Greenville.

 

La période d'accalmie qui suivit fut l'occasion pour Tecumseh de se marier une première fois avec une demi indienne puis après s'en être séparé et avoir vécu une autre romance avec la fille d'un soldat blanc, revint vers son peuple décidé à porter un message aux siens. Son idée, son rêve, était de créer une confédération de nations indiennes capable de s'opposer à l'avancée inexorable des colons blancs. Une confédération qui s'étendrait du nord des grands lacs au sud parmi les Creek et les Séminoles. En cela il est aidé par son jeune frère Tenskwatawa, le prophète, ancien ivrogne notoire, qu'un récent rève avait converti en une sorte de guide capable d'aider les indiens à retrouver le chemin de la tradition. Loin d'être un fondamentaliste, il rejetait les cadeaux empoisonnés des blancs, l'alcool essentiellement, tout en exhortant les indiens à sauvegarder leur mode de vie ancestral. Il est vrai que la proportion d'indien alcooliques était déjà grande et l'influence des blancs sur les indiens était de ce fait terriblement néfaste.

 

Entre 1809 et 1811 Tecumseh et son frère se heurtèrent au nouveau gouverneur de l'Indiana, W.H.Harrisson. Ce dernier se montrait particulièrement habile à persuader les différents chefs de tribu  de lui vendre des territoires. Tecumseh avait fait pourtant promettre à la plupart des leaders indiens de ne plus vendre un pouce de terrain. La terre des tribus , était leur réserve de chasse, elle les gardait en vie en leur fournissant le gibier, mais, plus important que tout, elle n'appartenait à personne. On ne pouvait donc la vendre, cet acte était une offense au grand esprit qui avait placé les indiens sur ces terres.  Tecumseh ulcéré par l' attitude d'Harrisson, le rencontra à Vincenne et après une vive altercation comprit que Harrisson ne reculerait pas, bien qu'un pacte de non agression mutuel fut accepté de part et d'autre. Harrisson profita du départ de Tecumseh vers les territoires du Sud pour attaquer la ville de Tenskwatawa : Prophetstown. Ce dernier attaqua le premier les troupes américaines, de nuit, à Tippecanoe mais fut repoussé. Bien qu'ayant été très meurtri par le combat, Harrisson poussa son armée jusqu'à la ville de Prophetstown et la brûla. Tecumseh ne put que constater l'ampleur du désastre. C'est à ce moment qu'il réalisa qu'il lui fallait trouver l'appui d'un allié puissant pour contrer les Américains et son choix se porta naturellement vers l'ennemi des Américains : les Anglais.

S'il acceptait l'aide d'autres blancs, c'est bien parce qu'il jugeait les Américains comme les seuls agresseurs, mais cela ne retirait rien au fait qu'il se méfiait des Anglais dont l'attitude après la défaite de Fallen Timbers l'avait laissé amer. (les Anglais avaient refusé d'ouvrir les portes de leur fort aux rescapés indiens de la bataille.)

 

La rencontre entre Tecumseh et le Major général Isaac Brock fut la seule fois ou Tecumseh fut impressionné par un homme blanc ; en résumé il dit de Brock " voilà un homme !  " De son côté Tecumseh fit grande impression sur Brock. Tecumseh obtint le grade temporaire de général de brigade pour la campagne (et la tunique rouge qui allait avec).

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ci-contre une évocation de la rencontre entre Tecumseh et Isaac Brock (on ne dira mot sur le shako belge, de l'officier à l'arrière-plan, encore inconnu en Amérique du Nord en 1812)

 

 

 

Avec le général anglais il participa victorieusement à la campagne pour Detroit envoyant ses guerriers combattre les Américains à Maguagua et Brownstown puis en faisant défiler de nombreuses fois toujours les mêmes guerriers devant les yeux terrifiés du général Hull, il précipita la chute de Fort Detroit. Mais la victoire fut de courte durée, Brock partit dans le Niagara lutter contre une autre invasion et le général Procter le remplaça. Ce dernier refusa d'apporter son aide lors du siège du fort Wayne mené par les indiens, rendant la prise du fort impossible. Ensuite il mena ses troupes dans des sièges infructueux contre les forts américains de la rivière Maumee. Lors du siège de Fort Meigs, les indiens qui s'étaient déjà montrés cruels avec les prisonniers américains (voir le massacre de la rivière Raisin) commencèrent là encore à tuer des prisonniers sous le regard passif des Anglais et de leur chef, le général Procter. Tecumseh arriva juste à temps pour éviter un nouveau grand massacre et réprimanda vertement le général anglais pour son manque de contrôle. Tecumseh dur dans sa guerre contre les blancs était également un adversaire noble et repectueux et par-dessus tout : humain.

 

Les échecs de la rivière Maumee furent alourdis par la bataille navale du lac Erié qui força Procter à évacuer la région de Detroit et d'Amherstburg. Tecumseh se révolta contre cette décision qui revenait à abandonner les tribus aux exactions des Américains. Mais rien ne fit changer l'attitude et la résolution de Procter. Les Anglais battirent en retraite le long de la rivière Thames, les guerriers indiens de Tecumseh les suivant résignés. A Moranviantown, Les deux armées se firent face mais seule l'une d'entre elles était résolue. Les Américains ivres de vengeance lancèrent les cavaliers du Kentucky contre eux et écrasèrent en 5 minutes les troupes anglaises. Ces derniers s'enfuirent vers les bois laissant seuls les guerriers indiens de Tecumseh et leur chef. Ecoeuré par l'attitude des Anglais celui-ci dégraffa sa tunique rouge de général de brigade donnée par les Anglais. Il poussa son cri de guerre et fit front avec ses hommes contre la marée humaine des volontaires du Kentucky qui hurlaient leur cri "souvenez-vous de la rivière Raisin". Le combat fut rude, bref et sans appel, les Américains avaient triomphé.

Death of Tecumseh

 

ci-contre une des représentations de la mort de Tecumseh, sur cette dernière c'est clairement un officier des volontaires montés , Johnson ??, qui tue d'un coup de pistolet le chef indien. Derrière la propagande il est évident que le Kentucky et les Etats-unis tout entier tirèrent une très grande satisfaction de la mort du leader indien.

 

 

On ignore ce qui est réellement advenu de Tecumseh ; selon certains il fut blessé et emmené par ses hommes puis mourut peu après. Pour d'autres, le chef des volontaires montés du Kentucky, le colonel Johnson, l'aurait abatu d'un coup de pistolet... On ne saura certainement jamais la vérité puisque son corps ne fut pas retrouvé. Vraissemblablement son corps aura été ramené par les guerriers indiens survivants et enterré dans un lieu secret afin de lui éviter toute profanation.

 

 

Ainsi s'acheva la vie et le rêve du plus grand leader indien d'Amérique du Nord. L'impact de son projet et de cet homme sur la nation indienne est hélas trop méconnu, éclipsé par d'autres hommes qu'Hollywood aura préféré mettre en lumière. Son implication fut pourtant hors norme car jamais plus un leader indien ne rassemblera autant de guerriers unis dans une même cause (près de 3000) ni ne proposera un tel programme politique d'union. Jamais non plus la nation indienne ne pourra s'opposer efficacement à son effacement programmé par la volonté expansionniste américaine et son appétit vorace pour les terres arables. Il fut l'homme, le plus courageux, vertueux et emblématique de sa nation et certainement de tout le continent nord-américain durant cette période troublée, une étoile filante qui n'a brillé qu'un court instant mais avec une intensité rare.

tecumseh

Chaque année notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire.  La misère et l'oppression, tel est le lot qui nous échoit. Ne sommes-nous pas dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ? A moins que les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l'avidité des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d'automne par le vent

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 13:45

Harrisson ordonna la retraite mais fit construire une série de forts1 afin de consolider sa ligne de défense et de préparer son retour offensif. Ce fut une sage décision car les Anglais se révéleront incapables de franchir ces points d’appui et ne purent menacer de manière significative la ligne de ravitaillement américaine. La défaite de Frenchtown interrompit toute nouvelle offensive hivernale et les troupes prirent leurs quartiers d’hiver pour reconstituer leurs forces. La construction du fort Meigs avait débuté le 1erfévrier 1813 et avait été confiée aux hommes de la milice. Malheureusement ces derniers arrivèrent au terme de leur engagement et retournèrent vers leurs foyers sans en avertir Harrisson. Le général américain, entre-temps, avait quitté le site de construction pour tenter d'attaquer une position anglaise près du lac Érié mais avait dû faire demi-tour devant des conditions météo défavorables. A son retour à fort Meigs, il découvrit un chantier déserté de ses ouvriers miliciens et en plein abandon. Ses propres hommes arrivant également au terme de leur engagement, Harrisson leva une nouvelle armée composée de réguliers (17thet 19th US infantry regiment) cette fois pour poursuivre la construction du fort. Confiée au Major ingénieur Wood, la construction du fort Meigs fut la plus grande de ce type jamais réalisée dans cette région. Occupant 8 acres de terrain il possédait 8 blockhaus, une barrière de bois de 4,5 m de haut, la rivière Maumee protégeant sa face nord, des ravines protégeant sa face est et un large champ ouvert afin d'assurer un bon angle de tir face à sa face sud. Devant ces préparatifs, les Anglais sous le commandement du général Procter décidèrent d'attaquer le fort Meigs pour empêcher toute invasion future depuis cette position. Mais alertés des plans de cette attaque, les Américains renforcèrent la garnison du fort : des guerriers indiens et 1200 miliciens du Kentucky étaient en route avec le général Clay à leur tête pour aider le fort. La garnison du fort atteignait 1100 hommes des deux régiments, des miliciens et des indiens.

 

Le 26 avril 1813, les Anglais débarquèrent sur la rive de la rivière Maumee. Cette force comprenait 500 réguliers, principalement du 41st foot, un petit détachement d'artilleurs de la RFA2, des miliciens canadiens et surtout 1250 guerriers indiens. L'artillerie comprenait 2 pièces de 24 livres et 9 de plus petit calibre ; deux canonnières sur la rivière complétaient le dispositif.

Le 1er mai, l'artillerie anglaise commença le bombardement du fort mais son feu fut rendu inefficace par les dernières préparations défensives de Harrisson qui avait fait établir des protections supplémentaires autour du fort. Néanmoins il ordonna à son subordonné, le général Green Clay, qui conduisait les troupes de renforts, de se préparer à une attaque combinée sur les batteries anglaises depuis le nord tandis que la garnison du fort ferait une sortie depuis le sud.

Le 5 mai, la force de Clay sous les ordres du colonel Dudley débarqua 860 miliciens du Kentucky et quelques réguliers et prit par surprise les artilleurs anglais. Mais au lieu d'utiliser des clous pour boucher les lumières3 des canons, les hommes de Dudley se contentèrent de les rendre temporairement inutiles avec des écouvillons. La contre-attaque des Anglais avec 3 compagnies du 41stfoot, des miliciens canadiens et des guerriers indiens sema la confusion dans les rangs américains. Une partie de ces derniers pourchassa les indiens dans les bois et s'y fit décimer par des combattants habitués à ce genre de guerre, tandis que le reste était balayé par les réguliers anglais. Sitôt repris, les canons furent remis en service et sur les 866 hommes de Dudley, seuls 150 purent revenir vers le camp américain. Sur le côté sud les 350 soldats américains prirent également la petite batterie anglaise en face d'eux mais là encore furent forcés à la retraite par la contre-attaque Anglo-canadienne. Les nombreux prisonniers américains furent conduits vers un ancien fort anglais en ruine, mais une partie d'entre eux fut massacrée par les guerriers indiens (entre 12 et 14 hommes) qui répétaient leur comportement de la rivière Raisin. C'est le chef indien Tecumseh qui empêcha ses hommes de poursuivre leur massacre tout en critiquant le général Procter pour son inaction devant ce forfait. Les prisonniers américains ( 630 hommes ) furent libérés sur parole ou échangés contre des soldats anglais. 250 Américains avaient été tués ou blessés dans le siège contre 20 indiens et 60 Anglo-Canadiens.

 

Le 7 mai devant l'inefficacité de son artillerie, et l'abandon de ses alliés indiens, Procter n'eut d'autre choix que de suspendre le siège, d'autant que ses propres miliciens souhaitaient ardemment retourner chez eux s'occuper de leurs récoltes. Malgré des pertes lourdes, les Américains sortaient victorieux du siège et les Anglais perdaient l'initiative suite à ce siège malheureux, ce ne fut pas le dernier dans ce secteur.

Le général Henry Proctor commandant les forces anglo-canadiennes tenta, ensuite, de prendre le fort Stephenson qui défendait un dépôt de ravitaillement important sur la rivière Sandusky. Le fort était commandé par le major George Croghan, sa garnison était composée d'éléments du 17thet du 3rd US infantry, en tout 160 soldats réguliers. Le généralissime américain W.Harrisson, pensant le fort indéfendable, ordonna à Croghan de l'abandonner. Mais ce dernier insista pour défendre le fort. Harrisson accepta et envoya des forces en renfort vers le fort si ce dernier venait à tomber. Pendant ce temps, les Britanniques établirent leur ligne de siège et commencèrent à bombarder le fort depuis des batteries à terre et des canonnières sur la rivière. Le bombardement eut peu d'effet et les murs en bois du fort encaissèrent bien les boulets ennemis. L'assaut au sol devait se faire face à un fort qui n'était nullement amoindri et défendu par des hommes résolus.

 

Fort Meigs 04le fort Meigs aujourd'hui, les blockaus de ce genre offre une bonne protection contre les balles de mousquet mais offre bien moins de résistance face aux boulets de fer plein tirés par les canons.
Certains de ces projectiles étaient chauffés au rouge pour incendier les fortifications en bois

 

 

 

Les troupes anglaises approchèrent du fort, en face, les défenseurs attendirent le dernier moment pour ouvrir le feu. Subissant des tirs à mitraille et un feu de mousqueterie précis, les Anglais refluèrent puis revinrent à l'attaque avec à chaque fois le même résultat. Ils furent incapables de percer les murs par manque d'outils de génie et les échelles se révélant trop courtes pour escalader les murs. Les indiens de leur côté avaient fui face au tir à mitraille des canons américains. Les Anglo-Canadiens se trouvèrent bloqués au pied du fort sans pouvoir franchir ses murs et en subissant un feu continuel ravageur. Après avoir perdu presque une centaine d'hommes tués, blessés ou disparus, les Anglais décidèrent d'abandonner le siège et battirent en retraite vers le Canada. La garnison américaine déplora 1 mort et 7 blessés. Pour sa conduite courageuse, Croghan fut nommé lieutenant-colonel et plus tard le congrès lui attribua une médaille d'or pour sa victoire.

fort-stephenson-2

ci-contre l'assaut raté contre Fort Stephenson

 

 

 

 

 

Ces deux succès défensifs américains, quoique coûteux, ne furent rien comparés à celui qui allait sceller le sort de toute une région. Il ne se déroula pas sur terre mais sur le lac Érié.

 

La défaite de Detroit en 1812 avait laissé le seul navire américain disponible du lac Érié aux mains des troupes anglaises. Quasi inexistante début 1812, la flottille américaine du lac Érié dut être mise en place à partir de rien ; l’incapable secrétaire à la marine : Paul Hamilton fut remplacé par William Jones sur décision du président Madison, un choix qui se révélera judicieux. Il confia le 3 septembre la responsabilité de la flotte du lac Érié et du lac Ontario à Isaac Chauncey, commodore de la Navy qui dirigeait le chantier naval de New York. Reprendre le contrôle de la zone du lac Érié imposait la construction d’une flottille complète, son entraînement et son armement. L’homme providentiel pour assurer cette délicate mission fut un « master commandant » de 28 ans : Oliver Hazard Perry. Courtois, moral, cavalier et musicien confirmé à ses heures, OHP fut également d’une intégrité absolue allant jusqu’à refuser le pourcentage sur les frais de construction des navires qui était généralement alloué au responsable d’un chantier naval. Un de ses plus grands problèmes fut le recrutement de marins qualifiés. Harrisson lui envoya des renforts dont des tireurs d’élite du Kentucky pour armer les 11 navires de sa nouvelle flottille. Son navire amiral fut le USS Lawrence4, en l’honneur du capitaine du USS Chesapeake qui fut tué au combat ; son fanion personnel bleu sera brodé des dernières paroles de Lawrence « Don’t give up the ship ». Finalement la flottille de Perry alignait deux bricks, les USS Niagara et Laurence et 7 plus petits navires armés de un à 4 canons.

 

La flottille de Perry était maintenant prête pour le combat et celui-ci allait avoir lieu le 10 septembre 1813 près de Put in Bay. A 7h00 du matin, les navires de Perry arrivaient en vue de la flottille anglaise commandée par le Captain Robert Barclay qui était embarqué sur son nouveau bateau amiral : le « Detroit ». Mais la flottille anglaise, bien que de taille équivalente, était handicapée par un manque de provisions et, plus grave, de canons. Pour équiper le HMS Detroit, Barclay avait fait désarmer le fort Malden. Mais le navire anglais se trouvait du coup avec une artillerie embarquée disparate ce qui posait un grave problème d’organisation en matière de munitions. Tout cela était en partie dû au sac de York et de son arsenal. Le chef de la marine des lacs, l’amiral Yeo, était tout disposé à s’occuper de la flottille du lac Ontario qu’il commandait directement. Mais il délaissait complètement celle du lac Érié, jugeant la menace américaine dans ce secteur moins importante que celle pesant sur Kingston. Tout envoi de renforts ou de matériel vers la flottille du lac Érié se voyait ponctionné de ses meilleurs éléments ou pièces de navire pour équiper les bateaux de Yeo, laissant les restes à la flottille de Barclay …

War of 1812 Battle of Lake Erie Rindlisbacher

ci-contre évocation de la bataille du Lac Erié, ce fut sans conteste la bataille qui influença le plus le cours de la guerre dans cette région. Elle permit la seule campagne victorieuse des     Américains en territoire canadien.

 

 

 

Tout manquait, et l’envoi des matériaux nécessaires à la réparation ou à la construction des navires du lac Érié était extrêmement compliqué. Les éléments de construction et d'accastillage provenaient d’Angleterre, des clous au marteau ou encore les parties d’un gréement. Les fournitures étaient acheminées en traversant l’atlantique pour débarquer à Québec, puis, descendaient le Saint Laurent jusqu’à Kingston. Après un éventuel prélèvement de pièces, ce qui restait traversait le lac Ontario jusqu’à la péninsule du Niagara avant de caboter sur le lac Érié et arriver enfin à la flottille de Barney. On comprend mieux les énormes difficultés rencontrées par la flottille anglaise. Les Américains ne connaissaient pas ce genre de difficultés puisque tout était fabriqué chez eux et devait parcourir bien moins de route et en territoire sécurisé pour parvenir jusqu’aux chantiers navals. Les navires de Perry étaient mieux servis, leurs équipages plus nombreux mais les navires étaient majoritairement armés de caronades qui portaient moins loin que les canons anglais ; par contre leur puissance de feu à portée courte était dévastatrice ce que T.Roosevelt décrivait comme la supériorité du métal dans un combat naval5. Tentant de s’approcher au plus vite des navires anglais, les Américains encaissèrent les premiers coups au but et les premières pertes. Parvenant à distance de combat idéal, l'USS Lawrence envoya ses bordées bâbord et tribord sur les deux navires anglais l’entourant : les HMS Detroit et Queen Charlotte. Au bout de 2 heures, le navire amiral américain était criblé de part en part et Perry décida de transférer en plein combat son fanion sur l'USS Niagara. Après avoir embarqué sur le Niagara, Perry navigua vers le centre de la ligne ennemie et utilisa la puissance de feu supérieure à courte portée que lui procuraient ses caronades et les mousquets de l’infanterie embarquée. Infligeant des dégâts considérables aux navires ennemis, O.H.P inspira les autres bateaux américains de sa petite escadre à faire de même. Très rapidement les Anglais ayant subi des dommages trop importants se rendirent les uns après les autres. Pour la première fois de son histoire, une flottille complète de la Royal Navy fut capturée au combat. 135 marins anglais avaient été tués ou blessés contre 123 américains. Le message concis envoyé à Harrisson par Perry passait à la postérité « Nous avons rencontré l’ennemi et l’avons capturé. Deux vaisseaux, deux bricks, une goélette et un sloop. Bien à vous, avec mon estime et mon plus grand respect, O.H.Perry » Le lac Erié était devenu un lac américain.

Au-delà de la portée de la première grande victoire navale américaine jamais remportée jusque-là, c’est toute la région du lac Érié qui vit sa situation stratégique basculer. En perdant le contrôle du lac, les Anglais perdaient la possibilité de ravitailler Fort Malden, Detroit et toute la région. La forêt dense empêchant le transit des convois de ravitaillement, seul le contrôle de la voie fluviale et du lac Érié permettait de garder ouverte la ligne de ravitaillement qui garantissait l'approvisionnement et donc la domination anglaise de cette zone. A l’annonce de la victoire américaine du lac Érié, Henry Proctor décida d’abandonner purement et simplement Fort Malden et d’effectuer une retraite vers le nord-est à travers la vallée de la rivière Thames. Mais ce faisant il abandonnait les terres de chasse ancestrales des tribus de la confédération de Tecumseh. Ce dernier protesta vivement contre la décision de Proctor lui reprochant d’abandonner trop facilement le terrain chèrement conquis. Se sentant trahi il se résolut à accompagner la retraite de l’armée anglaise le 24 septembre 1813. Craignant pour les tribus locales qui seraient laissées sans défense, les indiens de Tecumseh voulaient continuer la lutte dans ce secteur face à l'envahisseur américain. Mais les Anglais battaient en retraite et ne laissèrent d'autre choix à leurs alliés que de les suivre. Perry, peu de temps après sa victoire, transporta 2500 hommes du général Harrison à Amerstburgh qui capturèrent la ville le 27 septembre. De l'autre côté, 1000 cavaliers du Kentucky, menés par Richard Johnson, capturaient Detroit sans combat.

Pour les Anglais c'était l'heure de la retraite vers l'Est. Ce fut une force composite de 900 hommes6 qui longea la rivière Thames vers un secteur plus propice à la lutte et surtout en mesure d'être ravitaillé. Les Américains étaient sous le commandement du général William Henry Harrison, homme énergique et prudent qui entama après son succès à Amherstburg la poursuite de l'armée anglaise en retraite. Ne possédant pas un sens tactique aiguisé, Proctor commit l'erreur de ne pas ralentir la progression américaine par des obstacles derrière lui et laissa tous les ponts intacts, facilitant ainsi la poursuite ennemie.

 

L'armée américaine forte de 3000 hommes, comprenait des éléments réguliers des 27th US infantry regiment, des guerriers indiens et surtout une importante force de volontaires du Kentucky sous les ordres du gouverneur du Kentucky, Isaac Shelby, 66 ans, qui brûlaient de venger la mort de leurs camarades tombés à Frenchtown. De plus une partie des volontaires, sous les ordres du colonel Johnson, étaient montés à cheval leur donnant une vitesse supérieure sur leurs opposants essentiellement à pied et démoralisés. Les Anglais, se sachant poursuivis, prirent position près du village de Moraviantown et attendirent la force américaine toute proche. Tecumseh était là lui aussi et se prépara à un rude combat appuyé par des alliés anglais qu'il trouvait de plus en plus défaillants. Harrison déploya ses troupes en une colonne, il disposait de la supériorité numérique et morale ainsi que des cavaliers de Johnson. Sans attendre, ce dernier lança ses hommes dans une charge contre les Anglais. Cette manœuvre risquée aurait pu être un désastre si les Anglais avaient fait front et expédié une décharge comme eux seuls savaient les faire mais, au lieu de quoi, ils préférèrent la fuite vers les bois en tiraillant de manière confuse et inefficace contre les cavaliers du Kentucky.

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ci-contre la bataille de Moraviantown, l'action des cavaliers du Kentucky fut déterminante, bien que personne ne sache réellement comment Tecumseh est mort ; la légende prétend que le colonel Johnson lui-même aurait abattu le grand guerrier d'un coup de pistolet

 

 

 

 

 

Rapidement mis en déroute, les Anglais lâchèrent pied et laissèrent les Américains se retourner contre les indiens, isolés, mais qui faisaient toujours face. Disposés couchés dans les marais, les indiens résistèrent un temps aux volontaires du Kentucky qui avaient mis pied à terre et engageaient un furieux combat au corps à corps. Mais finalement dépassés, les indiens furent submergés et leur chef Tecumseh fut tué (dans des circonstances encore mystérieuses aujourd'hui) : leur moral s'effondra alors et eux aussi fuirent dans les bois. Ils abandonnaient 33 morts mais emmenaient la grande majorité de leurs pertes avec eux (les indiens emmenaient leurs morts après le combat pour cacher leurs pertes à l'ennemi et permettre les rites funéraires ; ainsi l'abandon de 33 morts prouvait que leurs pertes avaient dû être très lourdes). 12 Américains avaient été tués et 22 autres blessés ; de leur côté les Anglais laissaient 600 morts, blessés et prisonniers entre les mains des Américains. Seuls 250 d'entre eux parvinrent à s'échapper. La bataille de la rivière Thames7 s'achevait sur un désastre pour les Anglo-Canadiens car elle marqua, outre la perte de la région de fort Malden, la fin de la confédération indienne de Tecumseh, leur plus précieux allié, et une participation beaucoup moins importante à leurs côtés de la part des guerriers indiens à l'avenir.

proctor-henry

ci-contre le général Henry Proctor, il fut envoyé en cour martiale, sa paye et son rang suspendus pour 6 mois. Le prince régent lui-même, en tant que chef des armées, insista pour que sa sanction soit lue dans tous les régiments anglais pour l'exemple.

 

 

Proctor fut destitué pour ses fautes commises dans cette campagne ; les indiens, eux, seront habilement manipulés par Harrison pour demeurer à l'écart des combats. Quant aux prisonniers anglais conduits en Ohio, la plupart mourront de maladie en captivité. Les Américains venaient de prendre un réel ascendant en récupérant le territoire perdu depuis la campagne de Detroit et surtout en s’emparant pour la première fois d’une partie du territoire du Haut Canada. Cette portion du Canada restera entre les mains américaines jusqu'à la fin de la guerre. Mais si 1813 se terminait par un éclatant succès sur le front ouest, la situation du Nord-Est allait se révéler être un désastre...

 

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 23:23

Je corrige les planches V2 de l'infanterie américaine 1813/1815. J'avais par erreur laissé les revers blancs. Le nouvel uniforme entièrement bleu est redevenu entièrement bleu ; seuls les lacets de col, les cols en eux-mêmes et parfois les pattes d'épaule étaient blancs ou surlignés en blanc.

  plancheusinfanterie1814

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Merci à John Mcpherson pour sa judicieuse remarque

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 19:20

 MICHIGAN18131

La chute de Fort Detroit, avait ouvert un trou béant dans la défense du Michigan, de l'Indiana et de l'Ohio. Mais bien avant que la nouvelle de la fin de l'armée du général Hull atteignent le chef de l'armée du Nord-Ouest, le général Winchester, ce dernier se trouva confronté au nouveau commandant en chef de la milice du Kentucky, nouvellement promu par ses appuis politiques : le major général William Henry Harrisson.


Ce dernier, arrivé à Cincinnati en août 1812 força la main du général Winchester pour prendre le commandement de la milice et des troupes régulières, soit 2100 hommes. Des renforts venus du Kentucky étaient également en route et pourraient faire monter les effectifs d'Harrisson à 4000 hommes. Winchester de son côté était parti en quête de nouvelles recrues. Le mois d'automne arriva avec ses pluies incessantes et ses attaques permanentes de la part des guerriers indiens. Les fermes isolées furent attaquées, les familles de colons massacrées.  Le fort Wayne, situé sur la rivière Maumee, fut attaqué par 300 guerriers Miamis et Wea et ne disposait que de 80 hommes pour le défendre. Harrisson prit tous les hommes disponibles et envoya une colonne de secours vers le fort qu'il rejoignit à Dayton le 1er septembre 1812. En route il apprit que son grade avait été rétrogradé à celui de brigadier général le faisant passer sous le commandement de Winchester. Harrisson et ses 3000 hommes atteignirent le Fort Wayne le 12 septembre mettant fin au siège.

WilliamHenryHarrison02

ci-contre le général William . Henry . Harrisson

 

 

 

Les différentes exactions perpétrées sur les troupes américaines par les indiens durant cette période poussèrent le général américain à lancer des raids de représailles sur les villages indiens de la région, et des centaines de maisons, champs furent dévastés quelque soit la tribu, hostile ou non. Pendant ce temps, Winchester arrivé à Fort Wayne, prit le commandement de la nouvelle armée du nord, mais, détesté par ses hommes, dut se résoudre à laisser le commandement à Harrisson. L'offensive devant reprendre vers le nord, il divisa ses forces en trois colonnes depuis l'Ohio et Fort Winchester en suivant la route empruntée par le général Hull des mois auparavant. Mais le mouvement fut lent, gêné par le manque de subsistances, les maladies et un moral défaillant.

 

Le gouverneur du Kentucky, Isaac Shelby envoya un millier d'hommes en renfort dans la chasse aux indiens mais en deux semaines ces dernierss incapables de trouver le moindre ennemi, étaient déjà démoralisés. Une autre mission de lutte contre les indiens sur la rivière Mississinewa, tourna elle au désastre quand les 600 cavaliers du Lieutenant-Colonel Campbell furent attaqués de nuit par des guerriers indiens et perdirent une centaine de chevaux et une vingtaine d'hommes pour aucune perte à l'ennemi. Suite à ce désastre, Harrisson annonça que la mission avait été un succès pour cacher son insuccès. Les conditions climatiques de l'automne s'ajoutaient aux malheurs de l'armée, la pluie incessante avait transformé les chemins en pistes de boue les rendant impraticables pour le matériel lourd et Harrisson dut se résoudre à stopper son avance pour attendre de meilleures conditions ou le gel des cours d'eau pour progresser. Seulement les hommes n'étaient pas équipés pour affronter les conditions hivernales, particulièrement les volontaires du Kentucky en veste de lin, et au début de l'année 1813, quand enfin l'armée de Harrisson parvint aux rapides de la rivière Maumees ses hommes étaient dans un triste état, ignorants que le pire était encore à venir.


La trêve hivernale au Canada stoppait toutes les opérations d'importance, les températures descendaient très en-dessous de zéro et les hommes des deux côtés restaient le plus au chaud possible dans les différents forts de la région. Mais les Américains ne pouvaient se permettre d'attendre que les conditions se radoucissent. Leur principal objectif était de reprendre la région de fort Detroit avant de se lancer dans des opérations contre le Canada. Les températures extrêmes offraient néanmoins l’avantage de geler durablement cours d’eau et marais et de les rendre praticables même pour l'artillerie légère permettant ainsi des déplacements sur une petite distance sans avoir besoin de bateaux. Néanmoins aucun chef ne se risquerait à lancer une offensive dans le rigoureux hiver canadien. Une exception de taille concernait le régiment des « fencibles » du nouveau Brunswick qui fut amené à effectuer une marche épique durant l'hiver 1812/1813 de 1200 kilomètres depuis Fredericton jusqu’à Kingston afin de renforcer la garnison anglaise menacée. Les 550 hommes de cette unité effectuèrent cet exploit sportif unique en son genre, supportant des températures avoisinant les -22°C, en 52 jours et sans perdre un seul homme.

 

A Washington, Eustis considéré comme en partie responsable des mauvais résultats de 1812 fut limogé et remplacé par John Armstrong en tant que secrétaire à la guerre. Homme ambitieux, il était dès 1810 partisan d’une déclaration de guerre à la Grande Bretagne et … à la France. Le général Henry Harrisson chargea son subordonné le général Winchester d’établir un fort près de la rivière Detroit en face de fort Malden. A cet effet le général Harrison divisa ses forces en deux colonnes, l'une sous le commandement du brigadier général Winchester et l'autre sous son propre commandement. Les troupes américaines comprenaient un grand nombre de soldats réguliers (notamment les habits blancs du 17th US infantry) et des volontaires du Kentucky. La colonne de Winchester se mit en route et arriva aux rapides de la rivière Maumee. Ayant appris que les Anglais et leur alliés indiens avaient attaqué la ville américaine de Frenchtown, Winchester dérouta une partie de ses troupes de leur mission initiale pour porter secours aux colons américains. Le colonel Lewis et 900 hommes se mirent en route vers Frenchtown. Le combat fut bref et les Américains plus nombreux chassèrent sans peine l'ennemi. Cette petite victoire allait conforter le général Winchester dans son sentiment de supériorité et, ce faisant, il négligea la défense de son secteur bien qu'une contre-attaque anglaise semblait imminente. Harrisson arriva peu de temps après et renforça le dispositif américain ; la mission était désormais de : «défendre le territoire conquis à n'importe quel prix », puis il reprit la route laissant son subordonné tenir le terrain. Trop confiants, les Américains ne prirent pas la mesure de la menace qui les guettait, aucun préparatif sérieux n'avait été mis en place et une trop grande dispersion des forces mettait les troupes de Winchester dans une situation périlleuse. Ce que ne manquèrent pas de constater les éclaireurs anglais qui, profitant de l'obscurité, constatèrent le mauvais déploiement ennemi et notèrent tous ses points faibles. Une attaque nocturne sur une telle position aurait toutes les chances de réussir même avec un effectif plus faible que l'ennemi. Le général anglais Procter regroupa une force combinée de quelques 600 soldats, réguliers et miliciens britanniques, et 800 guerriers autochtones dirigés par les chefs « Roundhead » et « Walk in the Water ».

 

Frenchtown


11673

Le matin du 22 janvier les Anglais passèrent à l'attaque. Précédés par un tir d'artillerie aussi bruyant qu'inefficace, les soldats anglais se précipitèrent vers le camp américain. Réveillés par les tirs d'artillerie, les soldats américains ne tardèrent pas à riposter. Cependant la mauvaise disposition initiale des troupes américaines avait facilité leur encerclement par les Anglais et les indiens et peu à peu les troupes de Winchester furent submergées. Comble de malheur, le général Winchester qui avait choisi d'établir ses quartiers un peu à l'écart de ses hommes, fut facilement capturé. Procter ordonna à Winchester de déposer les armes dans l'heure sous peine de ne plus pouvoir contenir la furie des guerriers indiens1. Winchester s'exécuta et ordonna la fin des combats.

CaptureofGeneralWinchester

ci-contre la capture du général Winchester, ce dernier échappa de peu à la mort une fois capturé par les indiens.

 

 

 

900 hommes venaient d'être mis hors de combat ou faits prisonniers. Des volontaires du Kentucky subirent la cruauté de leurs gardiens indiens et une trentaine d'entre eux furent exécutés avant que la tuerie ne soit promptement stoppée. Cet incident, connu sous le nom de massacre de la rivière Raisin, resta dans les mémoires américaines et plus particulièrement celles des volontaires du Kentucky qui ne montrèrent aucune pitié envers les guerriers indiens et leur chef Tecumseh (bien qu'absent durant cette bataille) dans les combats qui suivirent. Le cri de « remember the raisin » devint leur cri de guerre.

 


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