15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 17:49
L'incendie de la Maison Blanche 24 août 1814

Bien que cet événement soit mineur d'un point de vue strictement militaire, l'incendie de la Maison Blanche et des édifices publics de la capitale américaine eut un grand retentissement sur le cours de la guerre. Première et unique fois où la capitale américaine fut capturée par l'ennemi, la destruction de la résidence du président Madison répondait à un double but :

d'abord un objectif moral :

il fallait venger l'affront de la destruction de la capitale du Haut Canada, York qui avait traumatisé les Canadiens et humilié le gouvernement britannique, peu habitué à voir ses biens officiels détruits par une armée étrangère.

une exigence politique :

Avec l'imminence des discussions en Belgique pour traiter de la paix future, il était nécessaire d' envoyer un message clair aux Américains. La guerre serait totale et destructrice si les États-Unis ne cédaient pas à leurs futures exigences.

L'attaque anglaise :

Avec l'abdication de Napoléon 1er en avril 1814, les troupes britanniques mobilisées pour la guerre contre la France purent se retourner contre les États-Unis qui demeuraient leur dernier adversaire du moment. Une flotte partie d'Europe avec des troupes de vétérans à son bord pour renforcer la garnison du Canada mais aussi pour effectuer des raids le long des côtes américaines. Parmi les objectifs proposés pour les raids, la capitale américaine occupait le sommet de la liste pour son intérêt hautement symbolique. 4000 hommes furent mobilisés pour participer à l'attaque sur la ville américaine.

La flotte commandée par l'amiral Cockburn représentait 17 navires de combat plus une pléthore de petits navires de soutien et de transport. Le commandement des forces terrestres fut donné au général Ross, vétéran d’Égypte et d'Espagne. Les Anglais connaissaient bien la région de la baie de la Chesapeake, ils y avaient effectué des raids depuis 1813, mais en juin 1814, la flotte de l'amiral Alexander Cochrane, commandant en chef de la royal Navy pour le secteur américain, avait essuyé plusieurs échecs en affrontant les flottilles mobiles de défense non sans avoir incendié de nombreuses petites villes et installations. Le 19 août Les Anglais débarquaient à Benedicte et repoussaient les maigres forces navales présentes sur place. Se dirigeant ensuite vers Washington, le 24 août, les forces terrestres anglaises de Ross écrasaient l'armée américaine établie en hâte pour défendre la capitale à Bladensburg.

Les anglais entrent dans la ville :

Ayant balayé toute opposition, les soldats britanniques précédés, dit-on, par un drapeau blanc, se dirigèrent vers la ville.

Washington à cette époque est décrite comme une ville "misérable" entourée de marais insalubre. La Maison Blanche et le capitole, sans son dôme, sont les principaux bâtiments. La chambre des représentants est d'ailleurs décrite comme étant un des plus brillants édifices des États-Unis. A Washington, c'est évidemment la panique générale, le président Madison ainsi que son administration évacuent précipitamment la ville emportant tout ce qu'ils peuvent avec eux. Dolly Madison, l'épouse du Président, jugea opportun de sauver un tableau représentant le général Georges Washington, premier président des États-Unis et héros principal de la guerre d'indépendance, peint par Gilbert Stuart. Tentative dérisoire de préserver un pan de la toute jeune histoire des États-Unis de la destruction qui s'annonçait. La plupart des papiers et documents officiels furent chargés en hâte sur une carriole. La personnalité combative et affirmée de l'épouse du président tranchait avec ce dernier plus réservé. On rapporte qu'elle aurait souhaité défendre Pennsylvania avenue avec un canon derrière chaque fenêtre mais malheureusement ces derniers s’étaient enfui avec leurs équipages bien avant elle.

De leur côté les Britanniques à la tête d'une brigade non engagée à Bladensburg s'avançaient sur la route de Washington le général Ross en tête. attitude bien imprudente de la part du général anglais. Au détour d'un square sur Maryland avenue, des coups de feu partirent de la maison du secrétaire au trésor Albert Gallatin. 3 hommes et le général Ross tombèrent, ce dernier mortellement atteint décéda rapidement, l'expédition terrestre anglaise avait perdu son chef. Immédiatement la maison de Gallatin fut saccagée et brûlée, les tireurs avaient quant à eux disparu. Arrivés devant le capitole, les Anglais mirent promptement le feu à l'édifice qui contenait entre autre une bibliothèque de 3000 volumes et se dirigèrent vers la Maison Blanche. Arrivés sur place, ils s'aperçurent du départ précipité de ses occupants, une table de 40 couverts était parfaitement dressée pour le repas du soir. Cockburn et ses officiers profitèrent de l'hospitalité de la Maison Blanche et mirent le feu à plusieurs endroits de l'édifice avec notamment de la poudre à fusée et d'autres matériaux inflammables pour que le bâtiment brûle longtemps. L'édifice ne fut pas rasé et les murs restèrent bien en place, toute la partie en bois avait naturellement été consumée.

Les Anglais s'en prirent ensuite au département de la guerre et du trésor. Cockburn fit également détruire les bureaux du journal National Intelligencer et veilla particulièrement à faire disparaître toutes les lettres C en plomb pour éviter qu'à l'avenir son nom soit rapporté dans ce "torchon". Selon la légende bien qu'il n y ait eu aucun acte de résistance armée ce jour-là on rapporte qu'un homme aurait crié à Cockburn et ses hommes : "Si le général Washington avait été encore en vie vous ne seriez pas là" et Cockburn de répondre : "Si le général Washington avait été encore président aujourd'hui, nous ne serions pas venus". Les Américains ne sont pas en reste ils détruisirent les installations portuaires et l'arsenal ainsi que la frégate "Columbia" et le sloop "Argus", tous deux en construction, pour éviter leur capture. Les Anglais campèrent sur Capitol Hill et le lendemain partirent en laissant les feux de bivouac allumés pour faire croire à leur présence en ville.

le tableau que dolly Madison a préservé et toujours exposé dans la gallerie historique de la maison blanche. a droite une représentaion de l'incendie de la maison blanchele tableau que dolly Madison a préservé et toujours exposé dans la gallerie historique de la maison blanche. a droite une représentaion de l'incendie de la maison blanche

le tableau que dolly Madison a préservé et toujours exposé dans la gallerie historique de la maison blanche. a droite une représentaion de l'incendie de la maison blanche

L'incendie de la Maison Blanche 24 août 1814

Les conséquences

Le raid avait duré un peu plus de 24 heures et avait laissé des traces indélébiles dans l'imaginaire collectif des Américains. Les cités savaient maintenant à quoi s'attendre en cas de capture par les troupes britanniques. L'épisode suivant de Baltimore allait démontrer aux Anglais que cette attaque n'avait fait que raffermir la volonté de résistance des Américains.

Dans les faits si les Anglais purent retirer une satisfaction d'avoir laver l'affront fait à York un an plus tôt, le résultat sur le plan moral fut surtout d'assister à une union résolue de la part des états américains, bien décidés à ne pas subir le même sort que leur capitale fédérale. La conséquence immédiate sera la défaite anglaise devant Baltimore quelques semaines plus tard et une mise en état d'alerte de toutes les villes côtières d'importance des États-Unis. Quant aux négociations à Gand, elle ne seront que faiblement impactées par cet évènement car les victoires américaines de septembre balayèrent toutes prétention britannique à la victoire dans ce conflit.

Dans le monde cet épisode stupéfia la majorité des observateurs, une petite force armée avait capturé la capitale d'un état de plus de 10 millions d'habitants sans combat. Bien que certains parlementaires anglais décrièrent cette attaque qui n'était rien d'autre qu'un énième raid de pillage et de destruction, les Anglais approuvèrent comme une juste rétribution de l'incendie de York un an auparavant. Prevost, gouverneur du Canada déclara que cette action était juste en regard de l'incendie de sa propre capitale.

L'attaque de la capitale permit également aux forces anglaises de mettre la main sur 16000 barils de farine, 1000 de tabac et 150 balles de coton. Seuls les édifices publics furent incendiés. La mort de Ross aurait pu avoir de graves conséquences sur la troupe anglaise, prompte aux pillages et aux débordements comme elle le fit dans le passé.

Pour le reste de la campagne, le 15 septembre 1814 après avoir vainement tenté de réduire les fortifications américaines de Baltimore et au prix de presque 400 morts et blessés, l'expédition britannique quittait les côtes américaines sur un échec. Combinée au désastre de Plattsburgh, l’invasion qui visait à "châtier" les Américains avait lamentablement échoué alors que l’Angleterre avait envoyé les moyens adéquats et jouissait d'une nette supériorité qualitative. Brûler Washington ne fut pas une si bonne affaire en définitive...

(Photo)

Les traces de l'incendie de la Maison Blanche sont toujours visibles à l'intérieur du bâtiment ou certaines pierres noircies par l'incendie ont été conservées pour témoigner de l'événement.

Pour plus d'information un excellent site (Anglais)

http://www.warof1812.net/p/british-account-of-burning-of.html

un article du Washinton Post sur l'évènement:

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/2014/08/23/abf407ae-24bd-11e4-86ca-6f03cbd15c1a_story.html

L'association historique de la Maison Blanche:

http://www.whitehousehistory.org/whha_classroom/classroom_documents-1812.html

Pour les amateurs :

le livre de Peter Snow "When Britain burn the white house"

ou celui

d'Anthony S Pich "The burning of whashington"

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 19:18
Winfield Scott, le renouveau de l'US Army

L'US Army existe depuis le 3 juin 1784, date qui officialise le passage de l'armée continentale à l'armée des États-Unis. Cette petite armée qui fut forgée dans la douleur doit son existence à des hommes d’exception qui ont su tirer parti d'un ramassis de miliciens pour les transformer en véritables soldats aptes à affronter les tuniques rouges lors de la guerre d'indépendance.

Les généraux qui se sont succédé après la guerre d'indépendance n'ont guère brillé que contre les indiens et encore en subissant au passage quelques désastres mémorables (bataille de la Wabash 1794). La véritable preuve de la qualité d'une armée est l'affrontement avec une armée de même nature. La guerre de 1812 était l'occasion de voir si l'US Army était capable d'affronter une armée qui se battait de manière classique à l'européenne. Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que les différentes réformes et diminutions de budget avaient transformé l'US Army en une force militaire incapable de faire la guerre à une armée de métier. Il fallait d'urgence des hommes de la trempe de Von Steuben ( instructeur d'origine allemande qui fit de l'armée continentale le redoutable instrument qu'elle devint pendant la campagne de Valley Forge) ou de Georges Washington pour redonner corps et vaillance à cette institution. Cet homme ce fut Winfield Scott qui réussit là où la plupart de ses homologues avaient échoué. Il redonna confiance à ses hommes grâce à l'entraînement et à une série de mesures visant à renforcer la cohésion. Winfield Scott a ni plus ni moins réinventé l'US Army. Ce n'est pas par hasard si il devint une des légendes de l'armée américaine car il fut un des très rares officiers généraux à avoir un rôle dans trois conflits majeurs pour les États-Unis au cours du 19ème siècle. En effet en plus de la renommée acquise pendant la guerre de 1812, on le retrouvera dans la guerre contre le Mexique où il montrera de nouveau des qualités de chef indiscutables et enfin pendant la guerre de Sécession où il occupa brièvement le poste de général en chef des armées de l'union au début du conflit. Il est l'officier général ayant servi le plus longtemps dans l'armée américaine soit 53 ans. Un temps de service exceptionnel pour un militaire qui ne l'était pas moins.

illustration : la bataille de Chippawa en juillet 1814, campagne du Niagara où Winfield Scott mena victorieusement sa fameuse brigade à l'uniforme gris face aux meilleures troupes anglaises en poste sur le continent américain.

Winfield Scott naquit près de Petersburg le 13 juin 1786 dans une famille de fermiers de Virginie. Ayant perdu ses parents tôt dans son enfance il partit étudier le droit et travailla dans un bureau d'avocat. Son premier contact avec le milieu militaire vint en 1807 alors qu'il servait dans la cavalerie de la milice de Virginie en 1807. Son unité après l'incident de la frégate Chesapeake, captura et garda en détention des marins anglais en guise de représailles. Il entra dans la carrière d'un militaire professionnel en obtenant une commission de lieutenant dans le très fameux régiment de la "Light artillery". Il servit dans la garnison de la Nouvelle-Orléans où il put se rendre compte de la totale incompétence d'un certain général James Wilkinson. Contre toute attente il s'en prit directement à son supérieur et fut traduit en cours martiale pour insubordination et suspendu pour un an. Durant cette période il entreprit d'étudier les tactiques et stratégies des militaires européens ce qui lui permit  d'obtenir plus tard  de bons résultats sur le terrain. Revenu dans le service actif en 1811, il était déjà un officier expérimenté et surtout très au fait de la chose militaire quand la guerre de 1812 commença.

La guerre de 1812

Lorsque la guerre éclata en juin 1812, Scott fut promu lieutenant colonel dans le deuxième régiment d'artillerie sous les ordres du général George IIzard. Transféré dans la région de Buffalo, le régiment participa à la bataille de Queenston Height. Lors de ce combat, Scott se montra agressif et pugnace mais fut capturé par les britanniques et échangé plus tard. Lors de sa captivité il s'aperçut du sort réservé aux volontaires irlandais, servant dans l'armée américaine, capturés comme lui mais qui étaient considérés comme des traîtres aux yeux des Anglais. Une fois relâché, Scott intervint personnellement auprès du président américain pour signaler cette situation intolérable où des prisonniers de guerre américains d'origine irlandaise risquaient la mort pour haute trahison. Madison ordonna qu'un nombre équivalent de prisonniers anglais soient exécutés si les prisonniers Irlandais étaient pendus par les Anglais. Cette action qui sauva les prisonniers américains donna beaucoup de crédit à Scott aux yeux de la troupe. Scott participa ensuite aux opérations contre fort George en 1813 dont il élabora en partie le plan d'action. Au combat après le débarquement américain, il mena victorieusement ses hommes à la poursuite des défenseurs anglais du fort et s'empara personnellement de son étendard. Après être resté plusieurs semaines dans le secteur de Fort George, Scott fut envoyé avec le reste de l'armée, attaquer la ville de York. Il prit part par la suite à la malheureuse campagne du Saint Laurent dirigée par un général qu'il connaissait bien: James wilkinson. Excédé par le désastre causé en grande partie par l'inaptitude du général américain, Scott partit pour Washington faire son rapport ... à charge. Il impressionna tellement son auditoire qu'il repartit avec une commission de général de brigade. Le 9 mars 1814, Winfield Scott à 28 ans devenait le plus jeune général de l'armée des Etats-Unis.

Sa carrière prit dès lors un tournant car il eut la charge avec le général Jacob Brown de mener la campagne qui  se déroula dans le secteur du Niagara. Arrivé à Buffalo, il prit le commandement de sa brigade composée des 9th, 11th, 22nd et 25th US infantry regiments. Ces unités étaient expérimentées mais affichaient un effectif très réduit et un moral bas. Lors des trois mois suivants, Scott mit en place son programme d'entraînement en se basant sur le règlement militaire français. Pourquoi ce choix ? Au Etats-Unis comme dans beaucoup d'autres nations, l'armée impériale de Napoléon Premier imposait à tous les militaires un profond respect et la crainte devant les victoires écrasantes et nombreuses qu'elle avait remportées depuis  presque 10 ans. En outre le blue book, livret officieux d'instruction militaire américain était déjà en partie réalisé sur un modèle français. Scott n'a fait que mixer le réglement français d'infanterie de 1791 et l'actuel règlement américain pour organiser et entraîner ses hommes. Manquant de tout, la brigade du général qui devint célèbre sous le nom de Scott's brigade, fut habillée avec des vestes grises servant habituellement aux corvées et faisant ressembler les soldats à de vulgaires miliciens. S'appropriant cette tenue, jugée de prime abord dégradante, les hommes de Scott en firent leur uniforme attitré ce qui vaudra à la brigade le surnom de "grey jackets" : les vestes grises. Après des exercices quotidiens et à tous les échelons de la brigade, Scott disposait d'un outil particulièrement performant.

Winfield Scott, le renouveau de l'US Army

Chippawa

L'heure du combat approchait et les forces américaines attaquèrent la rive anglaise de la péninsule du Niagara. Le fort Erié fut promptement capturé puis après un premier accrochage vint la grande bataille rangée, la plus grande depuis Chrysler's Farm en 1813. Près de la crique de Chippawa, le 5 juillet 1814, 1700 tuniques rouges sous les ordres du général Riall attaquèrent les troupes américaines. La brigade de Scott était en première ligne épaulée par des éléménts d'une autre brigade. Les meilleures troupes de sa majesté sur le continent nord américain affrontèrent ce qu'elles croyaient n'être que de la milice au vu de leur tenue grise. Mais la qualité des Américains, la rapidité de mouvement, de leur feu et l'excellence de l'officier qui les menait leur firent subir une défaite sans appel. Sans aucun doute la plus nette de toute la guerre avec la bataille de la Nouvelle-Orléans. Cette victoire de l'infanterie américaine sur son homologue régulière anglaise marqua le commencement de l'armée professionnelle des Etats-unis. Après cette victoire retentissante, le 25 juillet un second combat eut lieu à Lundy'Lane où là encore la brigade de Scott allait se montrer exemplaire. Sous un feu terrible après avoir subi des pertes catastrophiques, les Américains capturèrent les positions ennemies et toute leur artillerie. Mais Scott fut blessé à l'épaule et finalement épuisés, les Américains abandonnèrent le terrain qu'ils avaient conquis laissant les Anglais reprendre ce qu'ils avaient perdu. Indécise cette bataille confirma l'extrême qualité de la brigade de Scott mais ne permit pas aux Américains de poursuivre la campagne. Manquant de soutien logistique les forces du général Brown se replièrent vers le Fort Erié où se joua le dernier et tragique acte de cette campagne. Où là encore une victoire américaine fut sans lendemain devant l'absence de ressources suffisantes pour poursuivre l'offensive. Dans trois grosses batailles les Anglais furent vaincus mais purent rester maîtres de la péninsule.

Quant à Scott, sa conduite héroïque lui valut l'admiration indefectible de ses hommes, la reconnaissance du Congrès et de la toute la nation. Pour lui la guerre était presque terminée, il prit le commandement du 10ème district militaire à Baltimore où il présida la cour martiale qui jugea les actes du général William Winder après la défaite de Bladensburg. Il travailla ensuite à l'élaboration d'un véritable livret d'instruction militaire pour l'US Army mettant à profit son expérience lors de la campagne du Niagara.

(illustration: variante de la bataille de chippawa, Winfield Scott toujours en tête)

La médaille honorifique frappée par décision du Congrès après la conduite brillante du général lors de la campagne du Niagara

La médaille honorifique frappée par décision du Congrès après la conduite brillante du général lors de la campagne du Niagara

La guerre du Mexique et de Sécession

La carrière de Scott continua et l'illustre général connu une fois de plus la gloire dans l'affrontement qui eut lieu entre son pays et le Mexique en 1846 - 1848. Prenant la tête des armées américaines en 1847, il mena la campagne contre la capitale mexicaine. Livrant successivement plusieurs batailles victorieuses, il captura finalement la ville et mit un terme à la guerre par une victoire totale et écrasante. Bien que partageant la gloire avec le général américain Taylor, il en retira le plus de bénéfice mais manqua l'occasion présidentielle.

(voir http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-winfield-scott et http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-zachary-taylor )

Au début de la guerre civile, Scott occupait le poste de général en chef des armées fédérales. A ce titre il planifia le plan d'action contre les forces confédérées en élaborant le plan qui fut surnommé par la suite "anaconda". Ce plan offrait l'avantage de limiter les combats à des opérations de blocus sur les côtes et les fleuves importants pour paralyser et étouffer la rébellion. Virginien, Scott ne souhaitait pas la destruction de sa mère patrie par des armées d'invasion. Bien qu'abandonné son plan fut en réalité appliqué en partie après les différents échecs des attaques frontales menées par des officiers fougueux et incompétents de la trempe de MAcClellan. Malheureusement Scott se heurta aux vues du président Lincoln et d'autres officiers supérieurs quant à l'organisation de l'armée en divisions alors que l'expérience mexicaine de Scott lui dictait de garder un commandement tactique axé sur des brigades. Scott quitta son poste et fut remplacé par MacClellan en novembre 1861. Il vécut assez longtemps pour voir la fin de la guerre et mourut en 1866 à West Point.

Héros militaire, Scott donna son nom à de multiples endroits aux États-Unis, des collines, lacs, comté portent son nom. Il ne lui manqua que la consécration suprême d'être élu président comme d'autres militaires célèbres avant et après lui. Acteur militaire majeur du 19ème siècle aux États-Unis, Scott est l'homme qui a su redonner confiance et qualité à l'Us Army au début de se carrière de général, Il est le vainqueur de la guerre du Mexique après l’éviction du général Taylor, Enfin son plan "anaconda" sera l'une des clefs du succès des forces fédérales durant la guerre de Sécession. Mais durant la guerre de 1812, son nom restera à jamais immortalisé par la petite brigade grise qu'il mena contre les britanniques redoutés et redoutables. Meneur d'hommes, innovateur, tacticien et stratège d'exception Scott mérita amplement le compliment d'un certain Duc de Wellington qui le décrivit après la capture de Mexico comme "le plus grand général vivant de notre temps".

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:34
quelques unités présentent à Fort Peter, le 1st rifle dans sa nouvelle tenue grise mais à la plaque de shako en losange, le 43rd US regiment dans l'uniforme reglementaire de 1814, il n'existe pas d'informations particulières au sujet de sa tenue réellement portée et l'on doit se contenter de supposition, enfin les Marines coloniaux et le 2nd régiment des caraibes, unités très adaptées au climat local surtout en été.

quelques unités présentent à Fort Peter, le 1st rifle dans sa nouvelle tenue grise mais à la plaque de shako en losange, le 43rd US regiment dans l'uniforme reglementaire de 1814, il n'existe pas d'informations particulières au sujet de sa tenue réellement portée et l'on doit se contenter de supposition, enfin les Marines coloniaux et le 2nd régiment des caraibes, unités très adaptées au climat local surtout en été.

Le Fort Peter ou plus exactement le Fort de Peter Point (point Peter est également utilisé), est une fortification construite par l'armée américaine en 1795 près du village de Saint Mary dans le comté de Camden en Géorgie. Situé dans une région peu habitée il fut le théâtre d'un affrontement tardif entre l'armée anglaise et les troupes de milice américaine stationnées sur place. L'existence de ce point fortifié fut brève car en partie détruit durant la guerre de1812, il fut réoccupé puis abandonné en 1818.

Un petit fort idéalement situé

Le fort est situé à une embouchure stratégique à la frontière avec l'état de Géorgie et la colonie espagnole de Floride. Il contrôle la rivière Saint Mary, la crique de Peter-point en face de l'île de Cumberland. Sa position verrouille l’accès vers l'ouest à l’intérieur des terres par la rivière.

Initialement construit en 1795, le fort ou plutôt le point fortifié de Point Peter était constitué de renfort de terre et de rondins de bois. Une batterie de 8 pièces de canons, essentiellement des pièces de 12 livres, fut installée. Le site fut abandonné une première fois en 1802 mais le fort et sa garnison eurent à contrer des incursions de contrebandiers ou corsaires espagnols puis français en 1805 ce qui incita à renforcer la position.

Le fort fut réoccupé en 1808. Un blockhaus fut ajouté au système de défense ainsi que des baraquements. Le rôle du fort était alors de renforcer le contrôle du secteur dans le cadre de la loi de "l'embargo Act", et la lutte contre le trafic d'esclaves. Il faut rappeler que la Géorgie est une région de plantation où les esclaves qui travaillaient dans les champs étaient nombreux. La demande de main-d’œuvre était forte et suscitait un marché de contrebande d'esclaves. Si l'esclavage était autorisé dans certains états des États-Unis, dont la Géorgie, la traite des noirs était quant à elle interdite depuis 1808. Mais un fort commerce illégal d'esclaves subsistait.

En plus du fort, le secteur était également défendu par une flottille de canonnières plus utiles pour contrôler les nombreux cours d'eau du secteur. La garnison du fort reçut également l'ordre d'assister toute opération militaire qui serait menée contre les terres espagnoles toutes proches. Lors de la guerre patriotique de 1810 et les incursions de 1813, les forces américaines s'emparèrent de territoires espagnols avec l'aide notamment des canonnières stationnées près du fort Peter.

La garnison du fort était composée de troupes régulières en provenance de Caroline du Nord : le 43rd regiment of US infantry recruté le 29 janvier 1813 et dont une compagnie était affectée à la défense de la position.

Des détails sur la vie de la garnison furent découverts après de récentes fouilles archéologiques. Au travers des nombreux artefacts trouvés comme des ustensiles de cuisine on sait que les conditions de vie étaient difficiles mais que les hommes, en plus de leurs rations, subsistaient grâce à la pêche et à la chasse. Les conditions très humides de leur environnement et les marais voisins étaient, en outre, favorables à l’apparition de maladies, notamment en été avec les moustiques fort nombreux.

L'attaque anglaise de 1815

Peu après la terrible défaite de la Nouvelle-Orléans, les troupes anglaises sous le commandement de l'amiral George Cockburn, ignorantes de la débâcle anglaise en Louisiane, débarquèrent non loin du Fort Peter sur l'île de Cumberland le 10 janvier 1815. Près de 1500 soldats britanniques prirent pied sur cette île dans le but de détruire les défenses de Saint Mary puis d'occuper durablement le terrain empêchant ainsi tout renfort américain de se diriger depuis cette zone vers la Louisiane afin d'aider les défenseurs américains de la Nouvelle-Orléans. La plupart des troupes étaient des bataillons de royal Marines des 1st, 2nd et 3rd battalion. Le 2nd west india regiment était également présent.

Le 13 janvier, 800 hommes attaquèrent le fort et ses 130 à 160 défenseurs (selon les sources) qui furent rapidement submergés. Les britanniques affrontèrent une compagnie du 43rd regiment of US infantry commandé par le capitaine Tatnall ainsi qu'une compagnie du 1st Rifle commandée par le capitaine Abraham M Massias. Le capitaine Barrie prit le commandement de la colonne anglaise et s'approcha du fort. Les Américains dont une partie des troupes étaient restée près des canons, avaient envoyé le reste des deux compagnies tendre une embuscade à la colonne anglaise. Le combat qui s'ensuivit fit une quinzaine de victimes chez les Américains et bien moins chez les Anglais. Tatnall fut blessé au cours de l'engagement. Largement inférieurs en nombre et ayant échoué à stopper l'ennemi, les Américains se retirèrent abandonnant le fort aux Anglais. Ces derniers le détruisirent et retournèrent à leur point de départ.

Le 15 janvier, les Anglais s'emparèrent de la ville de Saint Marys et la pillèrent. Ils récupérèrent à cette occasion deux canonnières et des navires marchands.

deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)
deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)
deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)

deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)

Les Anglais s'installent sur l'île Cumberland et les dernières actions de la guerre

Après avoir détruit la position américaine, les Anglais s'installèrent durablement dans l'île de Cumberland afin d'y établir une solide tête de pont pour des actions futures. Les ordres étaient d'attendre l'arrivée de renforts pour mener des raids sur les côtes de Géorgie, détruire les moyens de communications ennemis dans le but d'isoler un peu plus les forces américaines en Louisiane et dans le secteur de Mobile. Bien que les forces de renfort anglaises n'arrivèrent pas, la présence de Cockburn fut une menace qui incita le commandement militaire de la région de Savannah, située plus au nord, de maintenir des forces en réserve en prévision d'une éventuelle attaque anglaise. De son côté l'amiral anglais prévit effectivement de pousser son attaque vers Savannah mais la nouvelle de la signature de la paix à Gand stoppa son projet.

A la nouvelle de la présence anglaise dans ce secteur des centaines d'esclaves s'enfuirent de leurs plantations pour aller rejoindre les troupes anglaises. Ces esclaves en fuite furent en partie recrutés dans le bataillon de Royal Marines coloniaux. On estime à 1500 le nombre d'esclaves ayant rejoint les Britanniques sur l'île Cumberland. A la fin du conflit les Américains réclamèrent que les esclaves en fuite soient rendus à leurs "propriétaires". Les Anglais refusèrent et s'engagèrent en échange, grâce à une médiation russe, à rembourser leurs anciens propriétaires. Ces litiges concernant les esclaves en fuite furent réglés par le traité de Gand. Les anciens esclaves furent transférés par les Anglais sur les îles Trinidad et Tobago et en devinrent des habitants en 1816.

Il est à noter que bien qu'au courant de la signature du traité, les Anglais établis à Cumberland organisèrent un dernier raid le 23 février 1815 pour attaquer le poste nommé camp Pinckney. Le 24 février un combat opposa le parti de Royal Marines embarqués sur 8 barges pour l'opération et des miliciens locaux qui leur tirèrent dessus depuis les rives de la rivière. Le compte rendu du colonel américain fait état d'un affrontement entre sa cinquantaine d'hommes miliciens et soldats réguliers et des unités anglaises sur la rivière. Les Anglais se replièrent et n'insistèrent pas ; ce fut là la dernière escarmouche de la guerre de 1812 qui eut lieu quelques jours après la ratification du traité de Gand.

Le Fort aujourd'hui fut redécouvert grâce à des fouilles archéologiques en 2002 qui ont permis de déterrer un grand nombre d'artefacts de la cette période. Malheureusement construit en bois et en terre, le fort n'existe plus il est donc difficile d'imaginer à quoi ressemblaient la batterie et les installations de manière précise. Néanmoins le site a été revalorisé depuis les fouilles et l'endroit peut se visiter ne serait-ce que pour apercevoir le point de vue sur la rivière Saint Mary.

Le Fort Peter dans la guerre de 1812, les derniers combats de la guerre

Sources et liens:

Chartrand René "The fort of the war of 1812" Osprey

Fredriksen John "the united states army in the war of 1812"

roussillon sylvain "1812"

Fredricksen John "Green Coats and Glory the united states regiment of Riflemen"

quelques sites internet pour la découverte des lieux

les fouilles archéologiques du fort :

http://archive.archaeology.org/0701/abstracts/ptpeter.html

site sur les sites historique de Géorgie:

http://www.lat34north.com/historicmarkers/MarkerDetail.cfm?KeyID=020-HS2&MarkerTitle=Point%20Peter%20Battery%20and%20the%20War%20of%201812%20&CountyNameKey=Camden

site sur Saint Marys:

http://www.exploresouthernhistory.com/stmarys.html

site sur l'île Cumberland:

http://www.nps.gov/cuis/index.htm

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 10:20
Le traité de Gand 24 décembre 1814

Il y a 200 ans exactement le traité de Gand en Belgique mettait fin officiellement à la guerre de 1812. La signature de cet acte ne signifia pourtant pas l'arrêt des combats sur le terrain et ne résolut qu'imparfaitement les griefs qui avaient conduit au conflit. La dernière action de la guerre de 1812 eut lieu en mer où les navires ne purent être prévenus à temps de la fin des combats.

Les buts de guerre

Si la cause principale de la guerre du point de vue américain avait été la presse de la marine de guerre anglaise sur les navires américains, l'abdication de Napoléon premier en avril 1814 qui avait mis un terme aux guerres napoléoniennes avait également de facto mis fin aux agissements de la Royal Navy sur les bateaux neutres. En effet la marine de guerre du Royaume Uni en guerre contre la marine française manquait cruellement de marins pour son combat mais une fois la guerre contre la France terminée ce besoin ne devint plus du tout une priorité. Ainsi la cause principale de la guerre de 1812 s'était éteinte avec le pouvoir de Napoléon 1er et non grâce à une campagne militaire sur le continent américain. Mais "L'impressment" n'était pas la seule raison du conflit.

Pour les Américains, le problème lié aux activités indigènes n'était toujours pas résolu et justifiait à lui seul la continuité des combats. La guerre de 1812, de ce point de vue, expliquait l'expansion colonisatrice sur les territoires amérindiens par les forces américaines. L'implication d'agents supposés britanniques dans la révolte menée par Tecumseh permettait à Washington de justifier ses actions contre les tribus hostiles, considérées dès lors comme alliées des Anglais. De toute évidence l'expansion vers l'Ouest et le sud était nécessaire pour une population grandissante en mal de terres arables. La guerre de 1812 était une opportunité de gagner du terrain sur le dos des Amérindiens avec une justification officielle incontestable. D'ailleurs la fin de la guerre anglo-américaine ne mit pas un terme aux opérations militaires contre les Amérindiens loin s'en faut, elle fut le catalyseur d'un conflit larvé en Amérique du Nord qui se poursuivra jusqu'à la fin du 19ème siècle.

Les pourparlers de paix ayant débuté depuis 1813, une médiation de la part des Russes avait été refusée par les Anglais. Ce fut en août 1814 en Belgique que fut décidée l'organisation des pourparlers définitifs devant régler le conflit. Les négociations à proprement parler débutèrent en août 1814. les Anglais comme les Américains tentèrent tout ce qui était en leur pouvoir pour prendre un avantage certain sur le terrain et peser ainsi sur les négociations en cours ou à venir. L'incendie de la capitale américaine avait d'ailleurs été une des raisons pour lesquelles les Anglais voulaient imposer aux Américains le fait qu'ils s'estimaient vainqueurs du conflit. Ces derniers estimant que les défaites anglaises à Baltimore et Plattsburgh balayaient ce point de vue. La campagne sur la Nouvelle-Orléans peux être vue comme la mission ultime pour faire pencher la balance dans les discussions en Belgique. Mais les retards sur le terrain et la signature en décembre du traité empêchèrent l'attaque en Louisiane d'avoir un impact. Nul doute que l'annonce du désastre du corps expéditionnaire britannique face au général Jackson à la bataille du 8 janvier 1815 aurait eu un effet important sur les délégations réunies à Gand.

Des négociations difficiles

La délégation britannique était composée de l'amiral James Gambier, du diplomate Henry Goulburn et d'un avocat William Adams. La tâche qui les attendait était difficile car le gouvernement de sa majesté désirait imposer plusieurs points qu'ils serait compliqué de faire accepter par les Américains. Ces points comprenaient :

-le maintien exclusif d'une flottille sur les grands lacs et la possibilité de construire des forts sur ses rives

-le droit de navigation sur le Mississippi, sous contrôle américain

-la création d'un "état" amérindien pour officiellement tenir leur parole vis-à-vis de ces populations et officieusement créer un état tampon entre provinces anglaises et les États-Unis.

-la conservation des forts Niagara et Mackinac

De telles exigences avaient un double but :permettre de faire traîner les négociations afin que les troupes anglaises, en constant renforcement, prennent l'avantage sur le terrain. Demander beaucoup pour obtenir moins mais obtenir néanmoins un gain positif territorial.

Les Américains de leur côté étaient emmenés par une délégation comprenant le bouillant Henry Clay faucon pro-guerre, l'ambassadeur Jonathan Russell, le sénateur Ashton Bayard, l'ex-ministre des finances Albert Galatin et enfin John Quincy Adams l'un des plus brillants diplomates américains.

La principale mission des Américains était de faire cesser l'enrôlement forcé des matelots américains par la Royal Navy, mais avec la fin de la guerre en Europe, cette condition devint caduque et les Américains furent plus enclins à contrer les exigences des Anglais plutôt qu'à en exprimer.

La question de la création d'un état indien était tout simplement inacceptable pour eux ne serait-ce que pour les milliers d'Américains vivant sur ces terres et qui seraient obligés de les quitter.

La demande de restitution des forts capturés étaient également en contradiction avec les exigences britanniques. En outre la capacité exclusive de faire naviguer une flottille de guerre sur les grands lacs irritait particulièrement les Américains qui avaient remporté les deux affrontements majeurs de la guerre dans ces secteurs. Le lancement du géant HMS Lawrence ne devait rien changer au fait que ni les Américains ni les Anglais ne dominaient le Lac Ontario. Le lac Erié était sous domination américaine ainsi que le lac Champlain. Si les Anglais avaient de telles exigences c'est parce qu'en 1814 ils avaient plusieurs opérations majeures en cours ou en préparation. Les attaques sur la baie de la Chesapeake et notamment Washington, sur Plattsburgh, sur le Maine et la Nouvelle Orléans devaient porter un coup fatal aux Américains et les forcer à accepter l'ensemble de leurs exigences. En outre il faut rappeler que la côte des États-Unis était toujours soumise à un blocus continuel de la Royal Navy qui se renforçait avec l'arrivée des unités libérées par la fin de la guerre contre les Français.

Mais si la capture d'une partie du Maine fut une réussite sans lendemain, les défaites de Baltimore et Plattsburgh furent une humiliation qui donna un crédit énorme à la délégation américaine. La bataille de la Nouvelle Orléans n'aurait lieu qu'en janvier 1815 mais son effet n'aurait été que plus dévastateur et aurait peut-être permis aux Américain d'exiger plus de choses en retour. Mais si la fin de la guerre en Europe contre Napoléon avait permis de renforcer l'armée anglaise au Canada, elle dressait un triste bilan de l'état des finances anglaises. L'Angleterre n'avait tout simplement plus beaucoup le choix entre poursuivre une guerre coûteuse, inutile et qui devenait de plus en plus impopulaire et une négociation honorable quitte à renoncer à certains points litigieux entre les deux délégations.

Ce furent évidement les absents qui eurent tort, les Amérindiens furent les véritables perdants des négociations en Belgique car la création de l'état amérindien fut abandonnée. Les territoires indigènes occupés par les Américains étaient officiellement perdus pour les différentes tribus.

Les deux délégations arrivèrent finalement à un accord. Les territoires occupés devront être restitués à leur ancien propriétaire, exception faite des territoires espagnols occupés par les Américains. Les esclaves en fuite et incorporés dans les rangs anglais devront être restitués ou remboursés, les navires capturés devront être également rendus et les prisonniers des deux camps libérés.

Le traité de Gand 24 décembre 1814

La signature et la ratification du traité

Le traité est officiellement signé le 24 décembre dans le vieux cloître des Chartreux de Meerhem il comporte 11 articles.

Le premier article stipule le retour aux frontières d'origine telles qu'elles existaient avant le début de la guerre, on parle ainsi d'un statut quo "Ante Bellum".

Le second article stipule la cessation des hostilités entre les deux parties sur terre et sur mer, clause difficilement applicable immédiatement du fait de l'éloignement de certaines unités, particulièrement celles de la marine qui seront les dernières à combattre. Néanmoins une clause précise que dès la ratification du traité une période allant de 12 à 120 jours en fonction du lieu géographique sera respectée afin que toute prise de guerre (navale essentiellement) soit considérée comme une prise légale ou non. Les navires capturés après ce délai légal seront restitués à leur propriétaires.

L'article numéro 3 est consacré à la situation des prisonniers et à leur retour. Le remboursement des frais liés à leur captivité devra être pris en considération par la nation récupérant ses prisonniers.

Les 4 articles suivants fixent les frontières et les modalités pour leur établissement définitif sur le terrain. Une zone est définie dans laquelle toutes les parties conquises seront restituées à leur précédent propriétaire. Une exception concernant des îles de la baie de Passamaquoddy précise que ces dernières seront conservées par la puissance occupante.

Le problème des frontières sera incomplètement résolu, il faudra attendre la signature du traité Webster Ashburton en 1842 pour que la frontière nord soit clairement définie.

L'article 9 déclare la fin des hostilités entre les nations amérindiennes et les Anglo-américains. Là encore cette décision est de pure forme car si les Anglais n'auront que peu de conflits avec les indiens d'Amérique du Nord, les Américains dans leur expansionnisme croissant n’arrêteront jamais le combat contre les Tribus. Citons la première guerre Seminole en 1818, la seconde en 1832, la guerre de Faucon noir en 1832 et la Guerre contre les Creeks en 1836. Tous ces conflits découlent directement ou indirectement de la guerre de 1812 et des actions militaires menées sur les territoires de ces différentes tribus.

L'article 10 est intéressant car il évoque le problème de l'esclavage. Il stipule que les Américains et les Anglais sont favorables à son abolition confirmée par la convention de 1818 entre les deux nations. Inutile de préciser que ce fut encore une fois un vœu pieux car il faudra attendre 1863 pour que Abraham Lincoln, président des États-Unis proclame seulement l'émancipation des esclaves. Le 13ème amendement de 1865 confirmera l'abolition de l'esclavage mais sans interrompre la ségrégation raciale. Les Anglais de leur côté furent bien plus prompts à sortir de l'esclavage puisqu'ils votèrent son abolition en 1833. En outre Les esclaves échappés des plantations et emmenés ou enrôlés par les Anglais, s' ils ne sont pas restitués aux Américains, leur valeur doit être remboursée.

L'article 11 enfin précise que la ratification "sans altération" du traité devra être réalisée dans un délai de 4 mois. Le traité voyagea entre l'Europe et le continent américain à bord du HMS favorite et arriva à New-York le 11 février 1815

Le président américain James Madison et le Roi Georges ratifieront le traité en février 1815.

Comme souvent dans l'histoire, le traité de paix qui met fin à la guerre de 1812 est incomplet et source potentielle de conflits futurs. Ces conflits seront essentiellement le fait des Américains et des Amérindiens. Ces derniers ayant été oubliés sciemment et spoliés par le traité de Gand, devront lutter seuls, contre l’expansionnisme américain avec le résultat que nous connaissons. Si des tensions surgiront entre Américains et Anglais notamment au sujet des droits de pêche, des frontières Nord et plus tard du fait des conséquences de la Doctrine Monroe au Mexique, de la guerre de Sécession et de l'expansion vers le Nord Ouest, il n'y aura plus de guerre entre ces deux nations mais au contraire de multiples accords stratégiques qui trouveront tout leur sens durant les deux guerres mondiales. Le traité de Gand qui officialise le statu quo ante bellum signe donc un match nul entre une Angleterre au sommet de sa puissance militaire mais épuisée financièrement et aspirant plus que jamais à la paix, et les États-Unis, surpris de s'en être aussi bien sortis dans un conflit contre la première puissance du monde.

Sources et Liens

Le traité conservé à la librairie du Congrès :

http://www.ourdocuments.gov/doc.php?flash=true&doc=20

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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 11:56
Bonne Année 2015

Cette année marquera la fin du bicentenaire officieux de la guerre de 1812, puisque les derniers évènements militaires de ce conflit se sont déroulés en 1815. Aujourd'hui, 8 janvier 2015, est le 200éme anniversaire de la bataille de la Nouvelle-Orléans qui fut le dernier grand affrontement du conflit qui, comble de malheur, a eu lieu alors que la paix de Gand, dont je traiterai bientôt, avait déjà été signé.

En attendant je vous souhaite une heureuse et excellente année 2015

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 19:29
Oliver Hazard Perry, le héros de l'US NAVY

Si en 1812 l'US NAVY n'occupe pas encore la place qu'elle mérite aujourd'hui comme la première marine de guerre du monde, elle possède déjà ses héros, marins célèbres qui se sont distingués sur les mers du globe. La guerre de 1812 qui allait être l'occasion d'écrire de nouvelles et glorieuses pages de son histoire allait lui apporter de nouveaux héros. Parmi eux citons le vainqueur de l'une des plus importantes batailles navales de la guerre : le Commodore Oliver Hazard Perry.

Oliver Hazard Perry, OHP, est né le 23 août 1785 à South Kingstown dans l'état du Rhode Island, fils d'un officier de la marine américaine, il eut dès l'enfance un contact étroit avec la marine grâce son héritage familial. A douze ans il embarque avec son père et reçoit le grade d'aspirant (midshipman) à l'âge de treize ans. Son jeune âge n'a rien d'étonnant à cette époque où l'apprentissage du difficile métier d'officier de marine militaire commençait souvent très jeune. Dans la Royal Navy comme dans les autres grandes marines militaires les apprentis officiers malgré leur jeune âge n'étaient en outre pas dispensés des corvées propres à la vie sur un navire, combat y compris. Dans la jeune US Navy les midshipmen sont considérés comme des sous-officiers et sont normalement intégrés à partir de 14 ans et depuis 1794 nommés à ce grade par le président. Officiellement le grade de Midshipman entrera dans l'US Navy en 1819. Le favoritisme régnant, la qualité des hommes formés par ce système était fluctuante voire médiocre. OHP commença donc sa carrière sous le regard de son propre père commandant la frégate USS General Green de 30 canons.

Sa première expérience du feu eut lieu lors de la quasi guerre avec la France en février 1800 dans le secteur de l'île d’Haïti. Il fut transféré ensuite sur la frégate USS Adams de 28 canons et participa à la première guerre Barbaresque. Les pirates Barbaresques opéraient au large des côtes d'Afrique du Nord pour attaquer les navires marchands dont certains battaient pavillon américain. L'USS Adams fit à cette occasion le blocus du port de Tripoli pour gêner la croisière des navires pirates. En avril 1805, OHP obtint le commandement d'une brigantine (schooner) l'USS Nautilus et participa à l'attaque de la ville de Derna en Libye.

En 1806 il changea de commandement et embarqua sur l'USS Revenge un autre sloop et opéra principalement au large de la Floride et de la côte Est pour faire respecter l'Embargo Act contre le trafic français et anglais. En 1811 Perry essuya sa première fortune de mer quand son navire s'échoua dans les eaux de Rhodes Island dans un secteur difficile pour la navigation. Le comportement exemplaire de son capitaine valut à Perry d'être lavé de tout soupçon de faute. OHP étant resté à son poste jusqu'au bout et le dernier à quitter le navire comme tout capitaine qui se respecte. Mais l'USS Revenge fut perdu corps et biens. Heureusement 1811 allait être également l'année de son mariage avec Elizabeth Champlin Mason durant une période où il n'eut aucun commandement à la mer.

Oliver Hazard Perry, le héros de l'US NAVY

La guerre de 1812

La guerre qui éclata entre les Etats-Unis et l'Angleterre allait être l'occasion pour OHP de se faire un nom encore plus connu que celui de son père. L'US Navy, incapable de rivaliser avec la puissante flotte anglaise de haute mer avait toutefois bien plus de chance de l'emporter sur le terrain particulièrement important qu'étaient les grands lacs. Ces grandes étendues d'eau commandaient le trafic fluvial et donc le ravitaillement de toutes les régions bordant ces grandes étendues d'eau. Contrôler les grands lacs c'était à moyen terme le plus sûr moyen d'asphyxier l'adversaire. Ayant le grade de commodore, Il obtint le commandement du secteur du lac Erié afin de constituer avec l'aide du capitaine de l'US REVENUE Daniel Dobbins, une flottille capable de prendre le contrôle de ce secteur. La construction de la flottille américaine se déroula à Presqu'île une péninsule idéale pour abriter une petite flotte et protéger sa construction. Les Anglais ayant rapidement mené des actions efficaces contre les positions américaines de Mackinack, Détroit avaient détruit toute présence navale américaine dans la région et Perry dut repartir de zéro pour mettre en place sa flottille. Les Anglais mis au courant des efforts américains pour leur disputer la suprématie navale du lac Erié firent le blocus de Presqu'île en juillet 1813. Ils attaquèrent même les batteries côtières défendant la presqu'île le 21 juillet mais n'osa s'aventurer plus avant à cause de la barrière de sable qui défendait naturellement la baie. Mais le 29 juillet les Anglais sous le commandement du capitaine Barclay quittèrent la zone.

Profitant de cette ouverture, Perry fit déplacer ses navires pour éviter qu'ils se fasse bloquer une nouvelle fois si les Anglais revenaient. Il disposait à présent de 8 bateaux dont deux Brick de 20 canons les USS Lawrence et Niagara. Quant aux équipages ils étaient constitués de volontaires de la milice, de soldats d'infanterie et de marins expérimentés ou non de provenances diverses.

La flottille de Perry croisait dès lors librement sur le Lac Erié se présentant deux fois au large du port anglais d'Amherstburg semant le trouble chez les Anglo-Canadiens. OHP fit jeter l'ancre à Put in Bay prêt à en découdre avec la flottille anglaise surclassée en nombre de navires et d'hommes.

Le 10 septembre ce fut la grande rencontre entre les deux flottilles qui vit la victoire écrasante d' OHP. (voir la bataille du lac Erié http://history-uniforms.over-blog.com/article-l-ordre-de-bataille-du-lac-erie-10-septembre-1813-116855510.htmlhttp://)

La victoire américaine, première d'importance dans la guerre de 1812, fut un choc pour les Anglais qui n'avaient jamais perdu toute une flottille depuis la bataille de Grand Port contre les Français en 1810). En outre toute la région dépendant du trafic sur le lac fut coupée de toute communication et tomba aux mains des Américains. Ce fut sans aucun doute l'une des victoires américaines qui eut le plus de répercussion à court terme de tout le conflit. Mais la victoire américaine eut également son lot de controverses entre Perry et le capitaine Elliot commandant l'USS Niagara durant la bataille. Perry et plusieurs de ses officiers reprochèrent à Elliot son manque de réactivité durant le combat laissant le navire amiral américain, l'USS Lawrence subir seul le feu des navires anglais.

Après ce succès, Perry participa à la campagne qui aboutira à la défaite britannique de la bataille sur la rivière Thames concluant l'année 1813 par une invasion enfin réussie d'une partie du haut Canada. Ne quittant pas le secteur du Lac Erié, Perry termina la guerre sans écueil militaire et devint un héros dans le cœur des Américains. Avec le vainqueur de la bataille navale du lac Champlain et les différents capitaines de navire de l'US Navy victorieux sur les mers, Perry faisait désormais partie du cercle fermé des gloires militaires américaines de la guerre de 1812. Bien peu de commandants des forces terrestres partagèrent cette renommée à l'exception de Winfield Scott ou d'Andrew Jackson. O.H.P reçut la médaille d'honneur du Congrès (une des 27 distribuées officiellement durant ce conflit) et le rang de "Captain" ce qui correspond au dernier grade des officiers supérieurs avant celui d'amiral.

Oliver Hazard Perry, le héros de l'US NAVY

La guerre terminée, Perry continua sa carrière dans la marine et fut envoyé dans des missions contre les barbaresques à bord de la nouvelle frégate de 44 canons l'USS Java. Durant cette période il eut maille à partir avec un officier des marines à bord du Java et eut un duel avec lui une fois revenu à terre. Heureusement le duel se termina sans blessé, Perry refusant de tirer sur son adversaire après que ce dernier ait échoué à le toucher lors de son premier tir. Après cet épisode Perry s'en prit de nouveau à son ancien officier subalterne, Elliot, et entreprit de lancer des charges contre lui pour sa conduite durant la bataille du Lac Erié. Souhaitant éviter un scandale le pouvoir politique lui proposa une nouvelle mission en Amérique du Sud et le grade honorifique de "commodore".

Cette dernière mission allait conduire Perry au Venezuela en 1819 pour contrer la menace des pirates dans cette partie du monde en coopération avec le nouveau président du pays, Simon Bolivar. Malheureusement O.H.P allait contracter la fièvre jaune et en mourir à bord du USS Nonsuch. Enterré dans un premier temps à Port d'Espagne dans l'actuelle république de Trinidad et Tobago, son corps fut ensuite transféré aux États-Unis au cimetière de Newport' Island près de son frère.

Une colonne de la victoire fut érigée près du Lac Erié en son honneur et en celui de la bataille de 1813, sa maison natale fut classée en lieu historique de la nation. Enfin consécration suprême pour un marin de l'US Navy, de nombreux vaisseaux de guerre portèrent le nom d'O.H.P dont les derniers sont les frégates de la classe Perry taillées pour la lutte anti-sous-marine et anti-aérienne.

photos illustrant l'article:

Le commodore Perry dans son grand uniforme de "Commodore" par gilbert Stuart

la médaille d'honneur du Congrès frappée pour commémorer la victoire de Perry au lac Erié en 1813

le drapeau du navire amiral de Perry à la bataille du lac Erié comportait en haut de son mât le drapeau bleu avec les inscriptions "don't give up the ship" " n'abandonnez pas le navire". Dernières paroles prononcées par son ami le capitaine James Lawrence de la frégate USS Chesapeake avant de mourir. Signe évident du désir de venger son ami et de vaincre les navires anglais pour laver l'affront de la perte de la frégate Chesapeake, le fanion bleu de Perry est un des emblèmes les plus célèbres de l'US Navy.

Liens utiles:

Pour plus de détails sur Oliver Hazard Perry:

Altoff Gerard T "Oliver Hazard Perry and the battle of lake Erie"

livres accessible sur la bibliothèque numérique du Congrès:

listing:http://www.loc.gov/search/?in=&q=oliver+hazard+perry&new=true&st=

http://lccn.loc.gov/10021675

http://lccn.loc.gov/98001456

des sites généralistes (anglais)

http://militaryhistory.about.com/od/naval/p/War-Of-1812-Commodore-Oliver-Hazard-Perry.htm

http://www.history.navy.mil/bios/perry_oliver_h.htm

le mémorial de Perry à visiter:

http://www.nps.gov/pevi/photosmultimedia/south-bass-island-map-flash.htm

La frégate de classe O.H.P

http://www.fas.org/man/dod-101/sys/ship/ffg-7.htm

A gauche la colonne du mémorial international pour la victoire et la paix qui se dresse à south Bass Island et qui figure parmi les plus hauts monuments des Etats-Unis et dont le sommet est un phare qui aide à la navigation sur le lac Erié. A droite une frégate de la classe O.H.P de 4100 tonnes et 138m de long qui sert d'escorteur de la flotte mais qui depuis les années 2000 est progressivement retirée du service actif.
A gauche la colonne du mémorial international pour la victoire et la paix qui se dresse à south Bass Island et qui figure parmi les plus hauts monuments des Etats-Unis et dont le sommet est un phare qui aide à la navigation sur le lac Erié. A droite une frégate de la classe O.H.P de 4100 tonnes et 138m de long qui sert d'escorteur de la flotte mais qui depuis les années 2000 est progressivement retirée du service actif.

A gauche la colonne du mémorial international pour la victoire et la paix qui se dresse à south Bass Island et qui figure parmi les plus hauts monuments des Etats-Unis et dont le sommet est un phare qui aide à la navigation sur le lac Erié. A droite une frégate de la classe O.H.P de 4100 tonnes et 138m de long qui sert d'escorteur de la flotte mais qui depuis les années 2000 est progressivement retirée du service actif.

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30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 08:31
Le Fort de Coteau-du-Lac dans la guerre de 1812

Coteau-du-Lac est situé au sud-ouest de Montréal sur les rives du fleuve Saint Laurent à un endroit où le cours d'eau s'élargit en plusieurs méandres peuplés de plusieurs îles donnant l'impression de former un lac. A cet endroit la navigation sur le fleuve est rendue ardue par une série de rapides formant un véritable obstacle naturel. Le lieu est bien connu des amérindiens qui utilisaient déjà l'endroit depuis longtemps. Suite à une tentative des forces américaines pendant la guerre d'indépendance de capturer le Canada, il devint évident que cette position devenait un lieu de passage idéal pour le ravitaillement du Bas Canada comme celui d'envahisseurs éventuels. La construction d'un fort ainsi que d'un petit canal destiné à fluidifier le trafic fluvial fut décidée.

Un fort pour protéger ce point de passage obligé

Les risques d'invasion du Bas Canada via le Saint Laurent augmentant avec le déclenchement de la guerre de 1812, la position fut fortifiée et était capable d’accueillir une garnison de 400 hommes.

Vu du ciel, le fort offrait l'aspect d'une série de remparts de terre dirigés vers l'ouest pour contrer toute attaque venant de la terre ferme. Ces remparts étaient réalisés de telle manière que les tirs se croisent afin d'augmenter l'efficacité du feu défensif. Un fossé fut creusé en avant des remparts, un pont permettait le franchissement. Derrière ces bastions se trouvaient les bâtiments: poudrière, les casernes et le corps de garde. A l'ouest sur une partie saillante et face au fleuve, une batterie de 3 canons de 24 livres disposés derrière des remparts en forme de trèfles interdisait le passage à toute embarcation descendant ou remontant le fleuve. Les canons sont placés sur des plateformes en bois mobiles leur autorisant un débattement sur 360°. En arrière de cette batterie se trouve un bunker de forme octogonale qui sert de quartier général. Des pieux de bois aiguisés furent érigés tout autour de cette position jusqu’à mi-hauteur de l'escarpement.

Le canal traversait le fort séparant ainsi la batterie en trèfle et son bunker octogonal du reste des fortifications. Un pont permettait le passage entre les deux zones. Devant chaque sortie ou entrée du canal un blockhaus de bois augmentait la puissance du système défensif.

Bien que stratégiquement important pour la circulation fluviale, le fort ne fut jamais attaqué par les forces américaines. Les défaites successives de Crysler'Farm et de Châteauguay empêchèrent l’ennemi de poursuivre plus avant. Néanmoins devant l'importance de la position, une importante garnison fut maintenue tout au long de la guerre. Les détachements de milices se sont succédés pour la défense du fort ainsi que des éléments des artilleurs provinciaux ou du Royal Foot artillery. Les hommes vivaient dans des conditions difficiles comme dans la plupart des postes avancés du Canada. La difficulté du ravitaillement obligeait à mettre en place un rationnement de toutes les denrées comme du bois de chauffage. Mais le froid et ces conditions spartiates furent les seuls ennemis que la garnison eut à affronter durant la guerre de 1812.

en haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même périodeen haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même période
en haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même période

en haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même période

Sur cette vue on distingue le Blockhaus octogonal, on peux voir également que l'ancien canal est complètement fermé et que la géographie du lieu a fortement évolué
Sur cette vue on distingue le Blockhaus octogonal, on peux voir également que l'ancien canal est complètement fermé et que la géographie du lieu a fortement évolué

Après la guerre de 1812, le canal fut élargi pour permettre le passage à de plus grandes embarcations. Au gré des périodes de tension, la garnison sera plus ou moins importante. Lors de la révolte des Patriotes en 1837, le blockhaus octogonal fut incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains des révoltés patriotes et fut reconstruit en 1978 par les parcs du Canada. Le creusement du canal de Beauharnois entraîna l'abandon progressif du site. Le site fut en partie exploité par une carrière de pierre et une scierie avant de finalement susciter un intérêt archéologique. Les fouilles débutèrent en 1965 et mirent à jour aussi bien des pièces datant de la période de la guerre de 1812 que celles prouvant la présence d'amérindiens 4 à 6000 ans auparavant. En 1972 le site est officiellement reconnu comme lieu historique du Canada et en 1982 il est en partie restauré. Son intérêt repose plus sur son rôle joué pour les communications fluviales que durant la guerre de 1812.

Le fort aujourd'hui ne garde que le blockhaus octogonal et un fossé. Les remparts de terre ont presque disparu ainsi que les bâtiments. Différents canons sont exposés pour rappeler la batterie de l'époque. La géographie du lieu a également changé : la pointe saillante où était basée la batterie en trèfle s'est élargie, les entrées et sorties du canal sont obstruées et la ville de Coteau-au-lac s'est étoffée tout autour de l'ancienne position du fort.

Canon de 24 livres sur plateforme capable de tirer à 360° (site du Fort de Coteau au Lac)

Canon de 24 livres sur plateforme capable de tirer à 360° (site du Fort de Coteau au Lac)

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 15:30
Le 6th Regiment of Foot (WarwickShire) dans la guerre de 1812

Le 6th Regiment of foot fut initialement recruté comme un régiment au service de la hollande en 1674 dans la guerre contre la France. L'unité ne devint le 6th regiment of foot qu'en 1685 à la demande du roi d'Angleterre James II qui utilisa plusieurs régiments au service de la Hollande, composés d'Anglais, d'Irlandais et d'Ecossais pour en faire deux :

les 5th et 6th regiment of foot.

Le 6th regiment intervint en Irlande et participa à la bataille de la Boyne en 1690 contre les rebelles jacobites, soutenus par la France. Le régiment retourna en Hollande et reçut son premier honneur de bataille lors du siège de la ville de Namur.

Durant la guerre de succession d' Espagne contre le roi Louis XIV de France, le 6th parti en Espagne combattre les français et participa aux batailles de Barcelone, d'Almanza, Sarragosse, Almenar et Brihuega. Le régiment revint au Royaume-unis en Ecosse pour mater la rebellion Jacobite de 1745 mais souffrit de pertes sensibles dans la défaite de Prestonpans.

Envoyé à Gibraltar puis dans les antilles, le régiment participa à la guerre d'indépendance américaine en 1776. Il prit le nom de first Warwick en 1782. Durant les guerres de la révolution française, le régiment participa avec succès à la capture de nombreuses positions françaises aux antilles, notamment à Sainte Lucie, la guadeloupe ou la Martinique gagnant un nouvel honneur de bataille au passage en 1798.

Pendant les guerres napoléonienne, le régiment fut envoyé dans la péninsule ibérique dès 1808 et combattit à Rolica puis Vimero. Lors de la retraite vers la Corogne, le régiment perdit 300 hommes. Il eu la funeste occasion de participer au désastre de l'expédition de Walcheren en Hollande où comme le reste du corps expéditionnaire anglais il dut réembarquer avec ses hommes malades et amoindries. En 1812, l'unité reparti en Espagne et se couvrit de gloire à Vittoria puis participa à l'invasion du Sud-ouest de la France. Engagé dans des situations difficiles, particulièrementt à Orthes en 1814, contre des positions en hauteurs tenues par les Français, le 6th se fit remarquer par Wellington lui même. Ce dernier fit graver sur la tabatière d'argent du mess des officiers du régiment qui comportait l'inscription "Seek Glory" " que l'on pourrait traduire par "en quête de gloire" depuis 1785 " : Huzza for the 6th regiment Now Keep Glory" "hourra pour le 6ème, maintenant conservez la".

Le 5 mai 1814, la situation en Amérique du Nord devenant favorable aux britanniques, le régiment fut envoyé en renfort au Canada pour participer à la contre ofensive anglaise.

Le Canada.

embarqués à bord des transports "Harbinger" et "Sultana", le régiment arriva à Québec le 3 juillet 1814 et fut dirigé vers la base de Kingston afin d'y être équipé. Mais ce n'est qu'en septembre que le régiment enfin pourvu en matériel adéquat, fut envoyé vers la zone des combats et en l'occurence le secteur du Niagara où les Américains avaient récement lancé une offensive. Après la bataille de Lundy's Lane, les Anglo-canadiens avaient repris l'initiative et avaient forcé les américains à battre en retraite vers le sud autour du Fort Erié. Ce dernier qui avait été facilement pris par les américains au début de l'été 1814 avait été considérablement renforcé et était désormais soumis à un siège par les forces anglo-canadiennes.

Le 6th régiment arriva pour renforcer le contingent de siège anglo-canadiens qui avait été saigné à blanc lors de l'assaut raté du 15 aôut. L'armée anglo-canadienne avait perdu énormément d'hommes et ne possèdait pas suffisament de canons de siège pour s'emparer du fort américain, bien défendu et tenu par des soldats vétérans qui n'avaient rien à envier aux tuniques rouges. La première mission de combat du 6th fut l'attaque d'un piquet américain le 6 septembre 1814 par une compagnie du 6th foot, action qui se conclua par un succès. Le 17 septembre, soit un mois après l'assaut raté des britanniques, près de 1600 soldats américains effectuèrent une sortie contre les batteries anglaises qui pilonnaient le fort Erié. Ayant réussi à s'emparer de deux batteries sur 4, les Américains furent finalement forcés de se replier après une vigoureuse contre attaque des troupes anglaises dont faisait partie le 6th, le 82nd et le régiment Suisse De Watteville. Le régiment, remarqué par le général De Watteville,  obtint à cette occasion un honneur de bataille "Niagara" pour sa conduite dans la reprise des canons anglais capturés.

Devant l'impossibilité pour les Anglais de capturer Fort Erié, les troupes britanniques se replièrent vers le Nord et le 6th regiment of foot tint ses quartiers autour de Chippawa tandis que la compagnie légère du régiment était positionnée vers Black Creek. En octobre l'unité fut envoyée en position de contrer un mouvement offensif du général américain Brown près de Weihshun mais les Américains se retirèrent avant qu'un combat puisse avoir lieu. Le 6th regiment reparti prendre ses quartiers à chippawa où il demeura jusqu'a la fin du conflit.

Ayant reçu le titre de "Royal Warwickshire Regiment" en 1832, il troqua le jaune profond contre le bleu. Le régiment qui a combattut dans de nombreux conflits dont les deux guerres mondiales, existe aujourd'hui dans la formation du "régiment des fusilliers royaux " ou " Royal Regiment of fusilliers "

plaque de baudrier avec l'antilope en son centre "musée du Niagara"

plaque de baudrier avec l'antilope en son centre "musée du Niagara"

L'uniforme:

Le 6th régiment possédait la couleur distinctive jaune orangé "deep yellow". La tunique rouge est ornée de 10 lacets blancs disposés par paires et terminés de manière rectangulaire. Le lacet est pourvu d'une bande jaune à l'extrémité basse et d'une bande rouge à l'extrémité haute.

Le régiment est habillé en 1814 avec la nouvelle tenue de l'armée anglaise à savoir une tunique aux basques raccourcies, d'un shako "belgic", d'un pantalon gris avec demi-guêtres grises. Les musiciens portent la même tenue que la troupe, conformément au règlement de 1812, mais leur lacet est différent et comprend un ensemble de bandes rouges autour d'un damier blanc et rouge.

Les boutons sont couleur métal argent mais les plaques de baudrier ovales sont couleur métal jaune. Les épaulettes argentées sont de la même couleur que les boutons des officiers.

Le drapeau du régiment est à champ jaune profond avec une antilope en son centre, des roses couronnées aux coins et l'Union Jack avec le chiffre romain VI au milieu. Le king's color reprend l'antilope au centre et le chiffre VI sur le coin supérieur gauche. L'honneur de bataille NIAGARA a été ajouté pour sa conduite lors du siège de Fort Erié et la campagne du Niagara en 1814.

Le symbole de l'Antilope daterait de la guerre de succession d'Espagne en 1702 où le régiment captura à Saragosse un étendard Maure avec une antilope brodée dessus. Une autre version expliquerait le choix de l'Antilope parce qu'il s'agissait d'un symbole royal de la maison de Lancastre.

Pour en savoir plus, le site du musée du 6th regiment of foot:

http://www.warwickfusiliers.co.uk/

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1 février 2014 6 01 /02 /février /2014 12:00
Le 3rd ( Kent ) Regiment of Foot "The Buffs" dans la guerre de 1812

En tant qu'ancien régiment de l'armée anglaise, cette unité trouve son origine au 16ème siècle en 1572. Créée comme une unité d'infanterie navale, elle tire son nom de Buffs de la première tenue qu'elle porta, à savoir un uniforme couleur chamois. Plus tard avec l'adoption de la tenue rouge dans l'armée anglaise, le "Buff" (chamois ou fauve) fut la couleur distinctive du régiment. Autre distinction, les bretelles étaient de couleur fauve alors qu'habituellement les baudriers étaient en cuir blanchi.

Comme tous les anciens régiments, l'unité a changé de nom plusieurs fois, portant le nom de 4th "Holland maritime regiment" dans les années 1665, puis 4th "The Lord High Admiral's Regiment jusqu'en 1715. En 1667 il devint un régiment orienté vers les combats terrestres et non plus navals. Il prit ensuite les noms des différents colonels commandant et fut nommé le 3rd "Howard's Regiment" et 3rd "Howar's Buffs". Son surnom dans l'armée anglaise fut les Buffs puis "Old Buffs".

En 1751, il prit le nom de 3rd ( Kent ) regiment of Foot "The Buffs" et en 1782 ( East Kent ) Regiment of foot " The Buffs " et enfin ( Royal East Kent ). Il faut bien comprendre que le terme "Buffs" est son surnom et non son appellation officielle. Le surnom "Old Buffs" lui aurait été donné lors de la bataille de Dettingen en 1743 par le roi George II qui aurait confondu le 31st régiment avec le troisième régiment à cause de leur couleur buff similaire. Afin de les différencier le 3rd prit le nom de Old Buffs et le 31st de Young Buffs.

Son secteur principal de recrutement demeure depuis 1782 le comté du Kent et sa devise : Veteri Frondescit Honore littéralement "son honneur antique fleurit".

Le régiment a servi dans de très nombreuses guerres et campagnes depuis sa création. Il participa notamment à la guerre d'indépendance américaine en Caroline puis la campagne de Yorktown. Il servit ensuite en Jamaïque jusqu'en 1790. durant les guerres napoléoniennes, il fut envoyé dans la péninsule ibérique combattre les Français, il participa à la bataille d'Albuera en 1811 où il subit des pertes énormes et perdit ses couleurs lors d'une charge de la cavalerie légère française. Curieusement ce jour particulièrement désastreux pour ce régiment est devenu le jour du régiment. Avec 644 pertes durant la bataille, le régiment subit le taux de pertes le plus important de n'importe quelle autre unité britannique de toute la guerre. Malgré cette défaite, l'unité continua à se battre durant les principales batailles en Espagne et acquit une grande expérience.

Le 3rd ( Kent ) Regiment of Foot "The Buffs" dans la guerre de 1812

Les opérations au Canada:

En juin 1814, le régiment fut envoyé au Canada. Sur place, il fut regroupé avec 12 000 hommes pour participer à la grande offensive contre l'état de New York sur Plattsburgh.

En effet Sir George Prevost, ayant reçu de nombreux renforts, avait décidé de passer à l'attaque et de s'en prendre à cette importante base navale américaine sur le lac Champlain puis de poursuivre son invasion vers le sud. Mais la campagne tourna court quand la flottille anglaise fut complétement battue lors de la bataille navale du lac Champlain. Le 3rd regiment of foot faisait partie de la colonne de droite durant l'opération, il chassa les miliciens et réguliers qui défendaient la ville de Plattsburgh et s'y installa. Le régiment se prépara ensuite à attaquer la position fortifiée américaine qui était le long de la rivière Saranac. Cette position protégée par trois blockhaus devait être attaquée le 11 septembre, jour de l'arrivée de la flottille anglaise. Au matin du 11, les Buffs attaquèrent avec des échelles, ils franchirent la rivière mais furent rappelés vers l'arrière lorsque la nouvelle de la défaite navale parvint au commandement des troupes au sol et que la décision d'annuler l'attaque fut prise.

Le régiment comme le reste de l'armée retourna au Bas Canada la tête basse, il avait perdu 4 tués et 39 blessés dans les différentes escarmouches de cette courte campagne.

Le 4 juin 1815, le régiment quitta Québec pour l'Europe, une longue carrière opérationnelle l'attendait encore.

Le 3rd ( Kent ) Regiment of Foot "The Buffs" dans la guerre de 1812

L'uniforme :

La couleur distinctive des Buffs était le ...Buff ou jaune chamois, la tunique rouge était ornée de lacets disposés par paires et se terminant de manière rectangulaire. Les boutons ornés du dragon entouré de la devise et surmontant le numéro 3, étaient de couleur métal blanc. Jusqu'en 1812 les tambours étaient habillés avec la tunique aux couleurs inversées mais le nouveau règlement interdisant cette pratique, la plupart des régiments durent habiller leurs musiciens comme les hommes de troupe mais avec des lacets différents et présents sur les bras, la poitrine et dans le dos.

Le régiment étant arrivé au Canada en 1814, il est fort probable que c'est dans la tunique rouge que les musiciens du 3rd foot partirent au combat. Les hommes portaient le pantalon gris habituel, le shako "belgic" et les demi-guêtres gris foncé. Par contre les baudriers de ce régiment n'étaient pas blancs pour la troupe mais chamois ou jaune fauve comme la plupart des régiments ayant le buff comme couleur distinctive.

( le dessin à droite de Bernard Coppens, représente la tenue du régiment avant 1812 avec shako stove pipe et culotte jaune fauve ; en tant que sergent il porte la pique et l'épée droite au côté droit ainsi que la ceinture cramoisie au bandeau central fauve)

Sources:

C.E.Franklin "British napoleonic uniforms "

Bryan Fosten Osprey men at arms 114 et 119 " Wellington infantry 1 et 2 "

René Chartrand " A Scarlet coat"

René Chartrand British forces in north america 1793 - 1815 men at arms 319

http://freepages.genealogy.rootsweb.ancestry.com/~crossroads/regiments/regiments-infantry.html

http://www.napoleon-series.org/military/organization/Britain/Infantry/Regiments/c_3rdFoot.html

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 10:35
George Prevost le chef du Canada

George Prevost fut le gouverneur militaire et administratif de l'ensemble des colonies anglaises d'Amérique du Nord. A ce titre il était le général en chef des troupes anglaises et locales stationnées sur place et seul détenteur de l'autorité. Durant la guerre de 1812 il s'opposa à la stratégie de Isaac Brock qui préférait l'offensive à la position strictement défensive prônée par Prevost. Intelligent et efficace il fut complètement discrédité par la campagne menée contre la ville de Plattsburgh dans l'état de New-York en 1814.

Une carrière militaire fulgurante:

George Prevost naquit en Amérique du Nord dans le New-Jersey, colonie britannique, en 1767. Son père francophone suisse était lieutenant-colonel dans l'armée anglaise. Parfaitement bilingue, Prevost fut très tôt engagé dans la carrière militaire de par la volonté paternelle. Enseigne à 11 ans dans le fameux 60th régiment "Royal Americans" en 1779 dans lequel son père servait en tant qu'officier supérieur. Il fut ensuite transféré successivement dans le 47th et le 25th Foot puis revint dans le 60th regiment of Foot en 1790 avec le grade de Major soit une progression au grade supérieur tous les deux ans. La promotion très rapide fut certainement due à son père et à son grand-père maternel, banquier de son état, les charges d'officiers étant souvent achetées plutôt que reçues par le mérite. En 1794 il est lieutenant-colonel, en 1798 il devient colonel et participe à son premier engagement à Saint Vincent. Il devient général de brigade et gouverneur de Sainte Lucie. Sa sympathie naturelle pour les Francophones va lui permettre de s'attirer les faveurs des colons locaux avant d'être renvoyé en Angleterre en 1802.

Mais après la rupture du traité d'Amiens en 1803, Prevost doit affronter les forces françaises alors qu'il est gouverneur de la Dominique. Il est renvoyé en Angleterre en 1806 où il reçoit le grade de Major General et le commandement du district de Porthmouth et la gestion en tant que colonel commandant d'un régiment. Il est fait chevalier ou "baronnet" et prend le titre de Sir George Prevost. En 1808 il est renvoyé dans son Amerique natale avec le titre de lieutenant gouverneur de la Nouvelle-Ecosse. Sur place l'ennemi n'est plus la France de Napoléon mais son voisin américain dont l'attitude envers la Grande-Bretagne devient de plus en plus hostile. Prevost prend donc des dispositions pour renforcer préventivement les défenses de sa province. Il promulgue une loi sur la milice l'autorisant à lever un petit contingent local en cas de conflit. La guerre avec la France continuant, Prevost partit avec un corps expéditionnaire pour prêter main forte aux troupes anglaises des Caraïbes qui s'attaquaient à la Martinique. Une fois l'île capturée, Prevost rentra en Nouvelle-Ecosse en 1809. Durant son administration il parvint à apaiser les tensions qui existaient entre les différents corps législatifs et l’exécutif et prit grand soin de ne pas brusquer les représentants ce qui le fit grandement apprécier par la plupart d'entre eux. Alors que des tensions d'ordre religieux commençaient à se faire jour Prevost fut envoyé au Bas Canada en 1811 avec le titre de commandant en chef et gouverneur général des colonies anglaises d’Amérique du Nord. Il devenait le principal responsable administratif et militaire de tout le Canada.

Sur place il dut faire face aux tensions entre anglophones et francophones et en usant des mêmes techniques qu'en Nouvelle-Ecosse il parvint progressivement à calmer les esprits en octroyant un peu plus de pouvoir à la majorité francophone que Londres lui en avait laissé au début. Il choisit les leaders sur lesquels ils pouvait avoir de l'influence et éloigna les autres. L'important était de stabiliser la vie politique canadienne avant une éventuelle guerre avec les Etats-Unis, Prevost n'ignorait rien de la difficulté de sa position. La garnison britannique de 6000 hommes aurait besoin de l'appui de la milice, essentiellement francophone, pour repousser l'armée américaine trois fois plus nombreuse. Il fit en sorte de se rapprocher du clergé catholique pour faciliter la mise en place de ses lois sur la milice. Les canadiens catholiques accepteraient peut-être plus facilement de s'engager aux côtés des tuniques rouges si ils étaient adroitement manipulés par un clergé favorable au gouverneur. Lorsque la guerre éclata, la situation était relativement favorable pour accueillir les "militia act" qui appelleraient la milice canadienne sous les armes. Conscient de l'importance de la Royal Navy dans la défense de la colonie, il prit en charge les activités logistiques et militaires de la marine placée sous ses ordres directs tout en développant au mieux la marine provinciale sur les grands lacs. Il savait meiux que personne que la survie de la Province dépendrait avant tout de la bonne utilisation de ses ressources plutôt que d'espérer une intervention extérieure. Londres ne pouvait mobiliser la moindre force pour aider le Canada, la guerre contre la France accaparait tous ses moyens militaires. Au final le Canada était relativement prêt à combattre malgré la différence apparente défavorable d’effectif.

La guerre de 1812:

Quand la guerre de 1812 fut déclenchée, les consignes de Londres étaient claires, Prevost devait tenir à tout prix Québec, principale forteresse du Canada, et limiter ses offensives dans le seul but de repousser les Américains hors des frontières canadiennes. Prevost se limita à un renforcement de ses défenses sans prendre la moindre initiative stratégique en vue de contrer les efforts ennemis ce qui irrita son principal subordonné, le lieutenant gouverneur du Haut Canada, Sir Isaac Brock. Ce dernier voulait profiter de l'immensité du territoire pour s'attaquer aux postes américains isolés et encore ignorant de la guerre comme le Fort Mackinac aux portes du Michigan. Malgré les victoires de Mackinac et de Détroit, Prevost conclut un armistice avec les Américains espérant gagner du temps. L'armistice Dearborn Prevost fut désavoué par Londres et par Brock qui voulait profiter de l'apparente impréparation ennemie pour lui causer encore plus de torts. Prevost espérait sincèrement une résolution du conflit par la négociation. L'armistice qui entra en vigueur le 20 août 1812 ne tint pas longtemps. Lorsque Washington eut vent des démarches entreprises par le général Dearborn il en rejeta les termes et le fit annuler. Lorsque Borck apprit la mise en place de ce cessez-le-feu, le 23 août, il fut atterré et se précipita vers Fort George. Mais même si l'armistice ne dura pas, il favorisa les Américains qui en profitèrent pour amener plus de troupes sur le lac Ontario tout en se réorganisant après leur désastreuse campagne de Détroit. Quand les hostilités reprirent, les Anglais étaient désavantagés et devaient se préparer à une attaque dans le secteur du Niagara.

La tentative de conciliation de Prevost fut un échec et risqua même de provoquer l’effondrement de sa ligne de défense. La bataille de Queenston Heights fut une victoire anglaise mais le général Brock fut tué et son remplaçant ne fut pas à la hauteur. Les événements de 1813 marquèrent la volonté de Prevost de sauvegarder sa ligne de ravitaillement entre Québec et Kingston au détriment d'une partie du Haut Canada et du Lac Erié. Il demanda à l'amiral Yéo de concentrer ses efforts sur la défense du lac Ontario et de sa principale base : Kingston. Mais des divergences d'opinion firent que les deux hommes coopérèrent mal avec de funestes conséquences car la domination navale américaine des Lacs augmentait et avec elle la menace sur les voies d'approvisionnement anglaises. En 813 la campagne menée par l'amiral Cochrane sur les côtes américaines permit à Prevost de souffler un peu car les forces de la Royal Navy avaient entrepris des attaques sur le sol américain. La situation sur les frontières canadiennes s'aggrava avec les attaques sur Montréal qui furent repoussées, la destruction du contingent de Detroit et d'Amhersburg à la bataille de Moraviantown, la perte de contrôle du lac Erié et en 1814 les attaques sur le Niagara. Londres envoya finalement un détachement d'environ 12000 hommes, la guerre avec la France avait pris fin et l'Angleterre était désormais disposée à s'occuper du problème américain.

Prevost fut chargé de mettre en œuvre une opération visant à sécuriser définitivement les frontières de sa colonie et d'infliger à l'ennemi des pertes conséquentes en vue des négociations qui se déroulaient à Gand. Cette opération sera l'attaque sur Plattsburgh et le terrible échec des forces anglaises. http://history-uniforms.over-blog.com/page-5902267.htmlhttp://

Le retrait des forces anglaises après la bataille du lac Champlain alors qu'elles avaient acquis un avantage certain sur la rive est perçu aujourd'hui comme la démonstration du manque d'enthousiasme pour toute offensive de la part de Prevost. Il ne s'imaginait pas et ne voulait pas conduire une opération en territoire américain, l'échec de l'opération lui est imputable à ce niveau plus que dans la préparation du combat en elle-même. Brillant administrateur, il apparaît qu'il n'était pas le chef militaire idéal pour mener à bien de telles missions. La mort de Brock en 1812 a définitivement enlevé aux Anglais d'Amérique du Nord le leader militaire dont ils avaient besoin pour attaquer l’Amérique même si tel n'était pas le but de guerre.

Une fin amère:

Georges Prevost après son échec à Plattsburgh fut rappelé en Angleterre, il est remplacé comme gouverneur par George Murray. En Angleterre ses explications se heurtent au rapport de l'amiral Yéo avec qui il avait eu des différents durant la guerre et Prevost dut se résoudre à demander qu'une cour martiale soit tenue pour s'expliquer en public et se dédouaner.La cour martiale qu'il avait mandée pour pouvoir s'expliquer ne pourra se tenir, la mauvaise santé de Prevost et le temps nécessaire pour que les témoins arrivent du Canada auront raison de lui. George Prevost meurt le 5 janvier 1816 à 48 ans.

La défense du Canada doit certainement beaucoup à l'ensemble des mesures que Prevost, administrateur efficace, a pris durant les mois précédant la guerre. Sa conduite envers la majorité francophone lui permit de partir du Canada sous les applaudissements de ces derniers quand les anglophones le huaient. Il apparaît évident que cet officier était un négociateur et un gestionnaire avant d'être un leader militaire de la trempe de Brock ou Wellington mais que sans lui tous les héros du monde n'auraient certainement pas pu empêcher le Canada d'être envahi par les États-Unis. La terrible défaite qu'il a subie à Plattsburgh a effacé l'ensemble de son travail de fond au Canada, qui pourtant a fait la différence dans les combats. Il sera difficile de lui ménager une place de choix dans le panthéon des héros anglo-canadiens à côté d'Isaac Brock mais elle serait pourtant ô combien méritée.

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