5 décembre 2011 1 05 /12 /décembre /2011 14:19

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Pour la défense du haut Canada le Général Isaac Broke disposait de 1500 soldats réguliers et d'environ 4000 miliciens. La milice regroupait des éléments de volontaires comme les Glengarry light fencibles infantry, la milice d'élite incorporée et la milice provinciale qui ressemble à la milice sédentaire du bas Canada.

 

Le bataillon de la milice incorporée concernait des gens de 18 à 45 ans et recevait un statut d'unité permanente quasi militaire, organisé et équipé comme un bataillon anglais. Levé en 1813 à partir de volontaires, en partie, de la milice, ce bataillon fut stationné à York et servit avec distinction à la bataille de Lundy'Lane. La présence sous les armes ne devant pas dépasser les 6 mois, les unités de milice permanente comme la milice incorporée devait faire tourner ses hommes pour garder le bataillon sous les armes toute l'année. Les membres des compagnies de flanc des bataillons incorporée tout comme les régiments de milice provinciaux avaient droit à un régime spécial : ils restaient sous les armes plus longtemps mais pouvaient rentrer chez eux pour leur affaires urgentes si la situation militaire n'était pas préoccupante et étaient en outre exemptés de certaines servitudes civiles.

 

Tout comme son homologue du bas Canada, la milice provinciale étant la dernière ligne de défense et la moins bien préparée, ne bénéficiera pas de la possibilité d'habiller tous ses hommes avec un uniforme. Tous les ans les miliciens de 16 à 50 ans (limite d'âge qui passera ensuite à 60 ans devant le faible nombre de recrues) doivent passer une semaine à s'entraîner afin de recevoir un minimum d'instruction militaire. Le militia act de 1794 (plus tard le militia act du haut Canada de 1808) stipulait l'organisation et le fonctionnement de la milice. La milice provinciale n'est appelée que lors d'une invasion ennemie (ce qui sera le cas en 1812), il était possible d'échapper à la conscription de la milice  si on  appartenait à des corps de métiers bien particuliers comme les marins, chirurgiens, scientifiques, meunier etc ou si ses croyances religieuses (quaker, Tunker ...) n'étaient pas en adéquation avec le métier des armes. Les personnes exemptées de ce service devaient néanmoins se faire connaître et payer une somme d'argent forfaitaire de 20 shilling  en temps de paix et 5 livres en temps de guerre. Refuser de se présenter à son unité sans raison valable en temps de crise, entraînait une amende variant de 20  à 50 livres et d'une peine de prison de 6 mois à un an , tout dépendait de la fonction que l'on était sensé occuper. Chaque régiment de milice conprenait de 8 à 10 compagnies  issues du même district. En théorie la milice affichait un effectif de 11650 hommes mais dans les faits les désertions furent nombreuses, certains hommes rechignaient à se battre pour l'Angleterre quand ils ne passaient  carrément pas du côté américain. (un bataillon de volontaires canadiens se battra avec les Américains dans la campagne du Niagara)

 

Malgré une faible préparation qui s'est tout de même améliorée à partir de 1808, lorsque les tensions avec les Etats-Unis grandissaient, l'entraînement annuel passa de une à 4 sessions.  La milice obtiendra de bons résultats au combat et recevra l'éloge de ses chefs quant à son comportement dans les batailles. Active tout le long du conflit elle fut largement impliquée, de la campagne de Détroit jusqu'à celle du Niagara. Force d'appoint de seconde zone, la milice sédentaire offrait le grand avantage de pouvoir fournir une force de combattants relativement importante et à moindre coût.

Un régiment de milice  comprenait :

1 colonel, 3majors, 12 capitaines, 14 lieutenants et 14 enseignes, 1 adjudant et 1 quartier-maitre.

    Chaque  compagnie était commandée par un capitaine et comprenait également  1 sergent-major, 3 sergents, six caporaux et de 20 à 80 soldats.

 

Si la milice d'élite incorporée réussira à obtenir un uniforme plus ou moins réglementaire, les miliciens provinciaux classiques iront au combat avec un uniforme vert à parement jaune ou rouge comme les bataillons de la milice incorporée du bas Canada, mais la plupart du temps, les miliciens devaient se contenter d'une tenue civile.  Le général Brock insista néanmoins sur le fait que les miliciens  devront rejoindre leur unité avec une tenue sombre et un chapeau rond "round hat" très courant à l'époque, un foulard blanc autour du bras. Les miliciens américains étant souvent vêtus de gris, les tenues civiles grises seront interdites en été pour éviter toute confusion. Les officiers dont les moyens le permettaient, s'habillaient avec la tenue rouge des troupes anglaises et le plus souvent un chapeau "round hat" .

milice canadienneCertaines unités se virent attribuer un "great coat" le grand manteau gris de l'armée anglaise avec parfois des shakos stove pipe ou belgic pour la fin de la guerre. Ainsi en hiver certaines unités affichaient un semblant d'uniformité. 

 

 

ci-contre à droite un exemple de tenue civile portée par les miliciens du haut Canada. Les bandoulières porte-giberne et baïonnette ainsi que la besace sur le côté sont les seuls éléments militaires (avec le fusil). Pour éviter toute confusion avec les miliciens américains qui parfois portaient des tenues identiques, le choix des couleurs fut les vêtements sombres et le port d'un foulard blanc autour du bras et/ou du chapeau. Les miliciens américains de l'état de New York ont adopté ce même système mais portaient un foulard rouge.

Lors de la révolte patriote de 1837 les miliciens du haut Canada continuèrent d'adopter ce système des foulards.

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On peut apercevoir un exemple de milicien en 1837 à droite, peu d'éléments peuvent nous permettre de faire la différence avec son camarade de la guerre de 1812, hormis le chapeau haut de forme plus en vogue à cette époque que le round hat, l'écharpe blanche est portée autour du chapeau. Le fusil est encore un "Brown Bess" qui affichait un âge fort respectable en 1837 et démontrait encore une fois que la milice sédentaire était la dernière à recevoir les armes et équipements de qualité propre sà l'armée régulière.

 

 

Sur la planche tout en haut, on peut apercevoir la tenue verte portée par la milice incorporée en début de conflit et qui fut parfois distribuée aux miliciens provinciaux, puis des exemples de tenues civiles avec les écharpes blanches autour du bras ou du chapeau. L'officier porte une tenue rouge avec parement bleu foncé et galon or avec un "round hat". Un milicien en manteau et enfin la tenue de combat d'un milicien en été et en tenue civile. 


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