4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 11:33

 milicesédentaire

La région que l'on nomme bas Canada (lower canada) est en grande partie ce qui était autrefois la nouvelle-France région comprenant Montréal et Québec. Cette région est majoritairement francophone elower-canada-map-269t dispose du plus grand potentiel humain du Canada pour assurer sa défense ( 60 000 hommes mobilisables ), la plupart des unités régulières anglaises y sont stationnées. En outre des unités de volontaires (voltigeurs et voyageurs  canadiens) sont créées ainsi que les 4 bataillons de la milice incorporée (embodied militia) et enfin la milice sédentaire qui regroupe la majeure partie des combattants et qui demeure la dernière ligne de défense en cas de crise majeure.

 

La milice sédentaire est ce que l'on peut qualifier de milice de levée c'est-à-dire qu'elle est appelée à  servir seulement dans les pires cisrconstances et impacte tous les hommes de 16 à 50 ans (parfois jusqu'à 60 ans ) qui doivent à la couronne une semaine d'entraînement et de recensement administratif tous les ans. Pour le haut Canada cette "milice" représentait potentiellement en 1812 : 11650 hommes et 18 officiers en 246 compagnies. En ajoutant la nouvelle-Ecosse, le nouveau-Brunswick,  l'Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve on arrive à 90 000 hommes soit 1/5 de ce que la milice américaine est capable d'aligner. On comprend dès lors l'importance du Bas Canada, les 2/3 des combattants y sont situés et la plupart d'entre eux ne ressent pas un amour immodéré pour l'angleterre, et le soin que son gouverneur mettra à tantôt ménager, tantôt forcer, la population milicienne francophone dont dépendait pour une bonne part la défense de la colonie tout entière. Ce problème était inconnu chez les Américains dont tous les habitants partageaient un attachement certain à la nation ; les divisions face à la guerre de 1812 étaient d'ordre économique (la crise avec les états de Nouvelle-Angleterre fut néanmoins sérieuse leur opposition à la guerre était telle qu'une sécession était presque envisageable en 1814)

 

Le principal problème de Georges Prevost, gouverneur du Bas Canada, fut de recruter des hommes pour ces bataillons de milice incorporée et d'obtenir de la milice sédentaire une complète adhésion. Fortement peuplé de Francophones plus ou moins hostiles au gouvernement anglais et dont la loyauté envers la couronne pouvait également être mise en doute par les Anglais. L'objectif de 2000 hommes pour la milice incorporée  fut difficilement atteint, 20% de la milice sédentaire devait être dirigée pour former ces 4 bataillons. Dans tous les pays la conscription n'est jamais acceptée de bon coeur mais les tensions qui existaient au Canada entre anglophones et francophones freinaient d'autant plus ce genre de recrutement.  La tunique rouge symbole d'oppression pour beaucoup de canadiens francophones ajoutait à la réticense des volontaires (Charles de Salaberry contourna le problème en faisant adopter un uniforme gris à son régiment ce qui améliora sensiblement l'adhésion de ses concitoyens). A lachine une révolte des miliciens amène un affrontement entre soldats anglais et miliciens incorporés qui fera un mort chez les miliciens ramenant un peu le calme et permettant finalement d'obtenir les 2000 hommes désirés. Mais néanmoins le gouvernement du Bas Canada fera attention au "moral" des francophones afin de ne pas aggraver un peu plus une situation délicate ; par exemple les nombreux cas de désertion entraînant une cour martiale ne seront pas sanctionnés par une condamnation à mort. Fusiller un milicien aurait certainement eu des conséquences néfastes sur le moral et aurait même pu entraîner des révoltes. La milice américaine n'aura pas tant de scrupule et n'hésitera pas à passer par les armes plusieurs de ses miliciens accusés des mêmes faits.

 

Pour la durée de la guerre 8430 miliciens sédentaires vont être appelés, seuls 6493 miliciens rejoindront leurs bataillons et plus de, 1300 déserteront. Le gouvernement de Georges Prevost n'hesitera pas à faire appel au clergé et aux journaux pour alimenter une propagnade importante afin de persuader du devoir sacré de la défense de leur sol les miliciens francophone, le résultat sera un franc succès sanctionné par les victoires retentissantes des miliciens à Chateaugay et à Crysler 'farm.

 

la milice sédentaire n'etant pas considérée comme une troupe pouvant et devant être maintenue longtemps sous les armes ( 90 jours )elle bénéficiait d'un entraînement tout relatif pour ne pas dire sommaire et d'un équipemv2 c4 s19 ss02 01ent minimum qui se limitait, dans le meilleur des cas, le plus souvent au mousquet et à ses baudrier, porte-giberne et baïonnette. L'uniforme du milicien sédentaire était donc constitué d'une tenue civile. Néanmoins il offrait un énorme avantage, il était adapté aux conditions climatiques difficiles de cette partie du monde  et la plupart des hommes portaient une tenue qui avait une certaine forme d'uniformité : veste épaisse contre le froid et bonnet. Les officiers qui la commandent sont recrutés parmi l'élite locale et se doivent de posséder des terres dans le comté de recrutement ; le rang de lieutenant-colonel devient le plus haut rang possible  pour un officier milicien. La tenue des officiers est des plus vagues ; en ce qui concerne la milice sédentaire, leur statut et leur revenu leur permettaient sans aucun doute de s'offrir un uniforme mais il est fort possible que la plupart se soient contentés du port de l'épée en lieu et place du mousquet. Il apparaît également que certains officiers francophones ont adopté un uniforme vert dans un souci d'éviter la tenue rouge des Anglais afin de ne pas froisser la succeptibilité de leurs hommes et d'éviter de faire une cible facile au mileu de la masse grise des miliciens.

 

comme on peut le voir sur la représentation à droite notre milicien porte une tenue chaude civile avec un bonnet bleu violet , des bottes fourrées de mode indienne et le tout accompagné d'une écharpe rouge autour de la taille. Il semble que beaucoup de miliciens portaient ce genre de tenue donnant une forme d'uniformité à l'ensemble. 

  militiaman

Si on le compare à un milicien du bas Canada (en bas à droite) en 1759 on remarque que peu de choses ont changé hormis l'armement qui est un mousquet Brown bess ; le reste de l'uniforme est composé d'une tenue civile et du fameux bonnet.

 

Sur la planche tout en haut j'ai regroupé trois tenues portées par la milice sédentaire en me basant sur les dessins existants, l'absence d'informations fiables sur les uniformes des officiers ne m'a pas permis d'ajouter une tenue d'officier. Mais il se peut que certains aient adopté la tenue rouge avec chapeau "round hat" et d'autres un uniforme vert ressemblant aux voltigeurs canadiens avec encore un chapeau civil.

 

 

 

 

 

 

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Michel Laurent 02/10/2014 22:57

J'aimerais en savoir plus à propos de la ceinture rouge portée par les milices sédentaires. Connaît-on des ceintures de cette époque? Si oui comment était-elle tissée? Au métier ou au doigt? Avaient-elles des dimensions réglementaires?

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