11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 19:20

 MICHIGAN18131

La chute de Fort Detroit, avait ouvert un trou béant dans la défense du Michigan, de l'Indiana et de l'Ohio. Mais bien avant que la nouvelle de la fin de l'armée du général Hull atteigne le chef de l'armée du Nord-Ouest, le général Winchester, ce dernier se trouva confronté au nouveau commandant en chef de la milice du Kentucky, nouvellement promu par ses appuis politiques : le major général William Henry Harrisson.

 

Ce dernier, arrivé à Cincinnati en août 1812 força la main du général Winchester pour prendre le commandement de la milice et des troupes régulières, soit 2100 hommes. Des renforts venus du Kentucky étaient également en route et pourraient faire monter les effectifs d'Harrisson à 4000 hommes. Winchester de son côté était parti en quête de nouvelles recrues. Le mois d'automne arriva avec ses pluies incessantes et ses attaques permanentes de la part des guerriers indiens. Les fermes isolées furent attaquées, les familles de colons massacrées.  Le fort Wayne, situé sur la rivière Maumee, fut attaqué par 300 guerriers Miamis et Wea et ne disposait que de 80 hommes pour le défendre. Harrisson prit tous les hommes disponibles et envoya une colonne de secours vers le fort qu'il rejoignit à Dayton le 1er septembre 1812. En route il apprit que son grade avait été rétrogradé à celui de brigadier général le faisant passer sous le commandement de Winchester. Harrisson et ses 3000 hommes atteignirent le Fort Wayne le 12 septembre mettant fin au siège.

WilliamHenryHarrison02

ci-contre le général William . Henry . Harrisson

 

 

 

Les différentes exactions perpétrées sur les troupes américaines par les indiens durant cette période poussèrent le général américain à lancer des raids de représailles sur les villages indiens de la région, et des centaines de maisons, champs furent dévastés quelque soit la tribu, hostile ou non. Pendant ce temps, Winchester arrivé à Fort Wayne, prit le commandement de la nouvelle armée du nord, mais, détesté par ses hommes, dut se résoudre à laisser le commandement à Harrisson. L'offensive devant reprendre vers le nord, il divisa ses forces en trois colonnes depuis l'Ohio et Fort Winchester en suivant la route empruntée par le général Hull des mois auparavant. Mais le mouvement fut lent, gêné par le manque de subsistances, les maladies et un moral défaillant.

 

Le gouverneur du Kentucky, Isaac Shelby envoya un millier d'hommes en renfort dans la chasse aux indiens mais en deux semaines ces derniers incapables de trouver le moindre ennemi, étaient déjà démoralisés. Une autre mission de lutte contre les indiens sur la rivière Mississinewa, tourna elle au désastre quand les 600 cavaliers du Lieutenant-Colonel Campbell furent attaqués de nuit par des guerriers indiens et perdirent une centaine de chevaux et une vingtaine d'hommes pour aucune perte à l'ennemi. Suite à ce désastre, Harrisson annonça que la mission avait été un succès pour cacher son insuccès. Les conditions climatiques de l'automne s'ajoutaient aux malheurs de l'armée, la pluie incessante avait transformé les chemins en pistes de boue les rendant impraticables pour le matériel lourd et Harrisson dut se résoudre à stopper son avance pour attendre de meilleures conditions ou le gel des cours d'eau pour progresser. Seulement les hommes n'étaient pas équipés pour affronter les conditions hivernales, particulièrement les volontaires du Kentucky en veste de lin, et au début de l'année 1813, quand enfin l'armée de Harrisson parvint aux rapides de la rivière Maumees ses hommes étaient dans un triste état, ignorants que le pire était encore à venir.

 

La trêve hivernale au Canada stoppait toutes les opérations d'importance, les températures descendaient très en dessous de zéro et les hommes des deux côtés restaient le plus au chaud possible dans les différents forts de la région. Mais les Américains ne pouvaient se permettre d'attendre que les conditions se radoucissent. Leur principal objectif était de reprendre la région de fort Detroit avant de se lancer dans des opérations contre le Canada. Les températures extrêmes offraient néanmoins l’avantage de geler durablement cours d’eau et marais et de les rendre praticables même pour l'artillerie légère permettant ainsi des déplacements sur une petite distance sans avoir besoin de bateaux. Néanmoins aucun chef ne se risquerait à lancer une offensive dans le rigoureux hiver canadien. Une exception de taille concernait le régiment des « fencibles » du nouveau Brunswick qui fut amené à effectuer une marche épique durant l'hiver 1812/1813 de 1200 kilomètres depuis Fredericton jusqu’à Kingston afin de renforcer la garnison anglaise menacée. Les 550 hommes de cette unité effectuèrent cet exploit sportif unique en son genre, supportant des températures avoisinant les -22°C, en 52 jours et sans perdre un seul homme.

 

A Washington, Eustis considéré comme en partie responsable des mauvais résultats de 1812 fut limogé et remplacé par John Armstrong en tant que secrétaire à la guerre. Homme ambitieux, il était dès 1810 partisan d’une déclaration de guerre à la Grande Bretagne et … à la France. Le général Henry Harrisson chargea son subordonné le général Winchester d’établir un fort près de la rivière Detroit en face de fort Malden. A cet effet le général Harrison divisa ses forces en deux colonnes, l'une sous le commandement du brigadier général Winchester et l'autre sous son propre commandement. Les troupes américaines comprenaient un grand nombre de soldats réguliers (notamment les habits blancs du 17th US infantry) et des volontaires du Kentucky. La colonne de Winchester se mit en route et arriva aux rapides de la rivière Maumee. Ayant appris que les Anglais et leurs alliés indiens avaient attaqué la ville américaine de Frenchtown, Winchester dérouta une partie de ses troupes de leur mission initiale pour porter secours aux colons américains. Le colonel Lewis et 900 hommes se mirent en route vers Frenchtown. Le combat fut bref et les Américains plus nombreux chassèrent sans peine l'ennemi. Cette petite victoire allait conforter le général Winchester dans son sentiment de supériorité et, ce faisant, il négligea la défense de son secteur bien qu'une contre-attaque anglaise semblait imminente. Harrisson arriva peu de temps après et renforça le dispositif américain ; la mission était désormais de  «défendre le territoire conquis à n'importe quel prix ». Puis il reprit la route laissant son subordonné tenir le terrain. Trop confiants, les Américains ne prirent pas la mesure de la menace qui les guettait, aucun préparatif sérieux n'avait été mis en place et une trop grande dispersion des forces mettait les troupes de Winchester dans une situation périlleuse. Ce que ne manquèrent pas de constater les éclaireurs anglais qui, profitant de l'obscurité, constatèrent le mauvais déploiement ennemi et notèrent tous ses points faibles. Une attaque nocturne sur une telle position aurait toutes les chances de réussir même avec un effectif plus faible que l'ennemi. Le général anglais Procter regroupa une force combinée de quelques 600 soldats, réguliers et miliciens britanniques, et 800 guerriers autochtones dirigés par les chefs « Roundhead » et « Walk in the Water ».

 

Frenchtown

 

11673

Le matin du 22 janvier les Anglais passèrent à l'attaque. Précédés par un tir d'artillerie aussi bruyant qu'inefficace, les soldats anglais se précipitèrent vers le camp américain. Réveillés par les tirs d'artillerie, les soldats américains ne tardèrent pas à riposter. Cependant la mauvaise disposition initiale des troupes américaines avait facilité leur encerclement par les Anglais et les indiens et peu à peu les troupes de Winchester furent submergées. Comble de malheur, le général Winchester qui avait choisi d'établir ses quartiers un peu à l'écart de ses hommes, fut facilement capturé. Procter ordonna à Winchester de déposer les armes dans l'heure sous peine de ne plus pouvoir contenir la furie des guerriers indiens1. Winchester s'exécuta et ordonna la fin des combats.

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ci-contre la capture du général Winchester, ce dernier échappa de peu à la mort une fois capturé par les indiens.

 

 

 

900 hommes venaient d'être mis hors de combat ou faits prisonniers. Des volontaires du Kentucky subirent la cruauté de leurs gardiens indiens et une trentaine d'entre eux furent exécutés avant que la tuerie ne soit promptement stoppée. Cet incident, connu sous le nom de massacre de la rivière Raisin, resta dans les mémoires américaines et plus particulièrement celles des volontaires du Kentucky qui ne montrèrent aucune pitié envers les guerriers indiens et leur chef Tecumseh (bien qu'absent durant cette bataille) dans les combats qui suivirent. Le cri de « remember the raisin » devint leur cri de guerre.

 

 

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