25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 16:13
L'unité des volontaires canadiens dans la guerre de 1812

Une des unités les plus controversées de la guerre de 1812 fut sans aucun doute celle menée par Joseph Willcocks dont le nom de "canadian volunteers" laisse croire à un autre groupe de milice canadienne mais il n'en est rien. Les hommes des canadian volunteers étaient des habitants du haut Canada, pro américain, et qui combattirent avec les forces américaines contre les Anglo-Canadiens.

Considérés comme des traîtres par les Anglais, ils risquaient la peine capitale en cas de capture. Pour les Britanniques, un sujet du roi reste un sujet du roi, c'est d'ailleurs le leitmotiv qui justifia qu'ils s'emparent des marins à bord des navires américains lors de l'impressment. C'est avec cette vision sur les droits des sujets de l'empire britannique qu'ils considéraient tout habitant d'une de leur colonies comme un traître s'il retournait ses armes contre le roi, peu importe l'opinion politique ou morale de cet homme. Les habitants les plus récemment installés au Haut Canada étaient bien souvent d'anciens Américains qui avaient voulu s'installer dans cette région pour des raisons économiques plus que politiques. Après la grande migration des milliers de loyalistes qui avaient fui la révolution américaine et qui s'étaient installés dans cette région depuis la fin des années 1780, vinrent des immigrants désireux de commencer une nouvelle vie qu'ils jugeaient plus facile dans cette région, Ces nouveaux habitants n'étaient nullement défavorables au régime américain et dès l'invasion de Detroit par le général Hull en 1812, certains parmi eux avaient rejoint les rangs de l'armée américaine.

C'est donc parmi cette population que joseph Willcocks trouva des volontaires pour former son unité de l'effectif d'une compagnie.

Joseph Willcocks, natif d'Irlande, arriva au Canada à l'age de 27 ans et très vite, il prit une part active dans la vie publique locale. Il fut même responsable d'un journal, "The upper canadian Guardian" dans lequel il exprimait ses opinions et mettait souvent en cause l'administration coloniale. Élu au parlement du Haut Canada, il se révéla un adversaire de la politique interne d'Isaac Brock quant aux mesures que ce dernier souhaitait mettre en place face à la guerre qui s'annonçait contre les États-Unis. Pour ses opinions il fit un bref séjour en prison ce qui ne l’empêcha pas d'être réélu au parlement. Il participa avec Brock à l'alliance avec les six nations mais à la mort de Brock à Queenston il vit les mesures prises par son successeur comme une entrave à la liberté individuelle et décida de changer de camp. Il recruta une petite milice et se mit au service des Américains en juillet 1813. En tant que membre du parlement, son attitude lui valut d'être accusé de haute trahison et la peine de mort en cas de capture par les Anglais. Il reçut le grade de Major et commanda son unité de miliciens de la force d'une centaine d'hommes.

L'unité des volontaires canadiens était donc composée essentiellement d'Américains nouvellement installés dans la région. L'une des première actions de l'unité fut la participation à la destruction du village de Newarck en 1813 s’aliénant un peu plus l'opinion canadienne.

Les hommes de la compagnie de Willcocks participèrent aux diverses petites escarmouches qui eurent lieu autour du Fort George que les Américains avait capturé en 1813. A la fin de l'année les Américains abandonnèrent le Niagara et les Anglais se lancèrent à leur tour dans une campagne de terreur brûlant et détruisant tout le long de la rivière Niagara sur la rive américaine. La milice de New-York, incapable de les arrêter, fut renforcée par les volontaires canadiens qui combattirent à la bataille pour Buffalo le 30 décembre 1813. Les 2000 Américains furent vaincus par 1400 Anglo-Canadiens et la ville de Buffalo et les dépôts avoisinant furent détruits, faisant payer au centuple l'incendie de Newarck. Ce que les Anglais omettent souvent de rappeler c'est que les destructions causées par leur flotte le long du littoral américain de l'Atlantique, débutées dès le début de 1813 étaient déjà énormes et ne se justifiaient guère ( l'incendie de Toronto servant trop souvent d'excuse aux destructions aveugles de la Royal Navy), les représailles des Britanniques étaient sans commune mesure avec les actions punitives des Américains.

A l'automne 1814, des prisonniers de l'unité des volontaires canadiens furent traduits devant la justice anglaise durant les assises sanglantes d'Ancaster. Willcocks fut condamné par contumace mais 8 hommes furent pendus en juillet 1814 à Burlington, 7 autres furent bannis. Tous n'appartenaient pas aux volontaires canadiens mais ce procès devait servir d'exemple à tous ceux qui seraient tentés par la sédition envers la couronne. Les sympathisants ou combattants de la milice pro-américaine étaient prévenus.

Lorsque les Américains envahirent la péninsule du Niagara en 1814, les volontaires canadiens furent de la partie et reçurent des renforts et de nouveaux membres du parlement du Haut Canada comme Benajah Mallory et Abraham Markle. Affectés à la brigade de milice du général Porter, ils participèrent aux actions contre le dépôt de port Dover en mai 1814 et s'engagèrent dans la bataille de Chippawa le 5 juillet 1814 puis la bataille de Lundy's Lane le 25 juillet.

L'unité fut dissoute le 15 juin 1815, à Batavia, état de New-York. Ne pouvant revenir au Canada, sous peine d’être traduits en justice et pendu, les membres de la compagnie s'installèrent aux États-Unis, recevant un dédommagement et des terres de la part du gouvernement américain.

L'uniforme:

On ne sait pas grand chose de la tenue des hommes de Wilcocks, en tant que milice. A la création de l'unité les hommes ne portaient pas d'uniforme autre que leurs tenues civiles. Une cocarde blanche et un foulard vert autour du chapeau tenaient lieu de signes distinctifs. Lors de l'intégration de l'unité dans la brigade Porter, ils reçurent un uniforme, très probablement la veste courte grise, semblable à celle de la brigade de Scott. Le peu d'uniformes bleus étant réservé aux soldats réguliers. A la fin de la guerre, les hommes durent commencer à recevoir un uniforme bleu 1813 en gardant le chapeau à foulard vert. Les officiers ayant plus de moyens ont certainement choisi le shako "tombstone" mais, là encore, ce n'est que supposition.

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Published by Olivier Millet - dans uniformes
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