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Les deux derniers échecs britanniques à Plattsburg et Baltimore arrivèrent aux oreilles des négociateurs en Belgique qui discutaient des termes d’une paix éventuelle pour mettre un terme à ce conflit qui n'avait rien apporté de significatif à l’une ou l’autre des deux parties. Mais les Anglais avaient une dernière carte à jouer:

le Major général sir Edward Packenham, beau-frère de Wellington. Il avait été envoyé avec le 4th, 7th, 21st,40th, 43th, 44th, 85th, 93th, 95th foot, 1st et 5th west india regiment et le 14th dragon léger pour tenter de capturer la vile de la Nouvelle-Orléans en Louisiane.

 

Les Américains n’étaient pas sur du lieu exact de la prochaine attaque anglaise, mais la ville de la Nouvelle-Orléans était un choix judicieux car cette ville, peut être la plus riche de tous le continent contrôlait la rivière Mississippi.

Le rapport concernant la faisabilité d’un raid sur la capitale de la Louisiane persuada l’état major britannique du bien fondé de cette attaque malgré des conditions climatiques estivales difficiles (humidité importante, fièvre, moustiques, marécages, saison des ouragans…) et une opération amphibie fut envisagée pour fin décembre. Le chef de cette expédition serait le Major général Packenham bien que lord hill ou le général Picton aient également été envisagés.

La flotte d’invasion sous les ordres de l’amiral Cochrane arriva en Jamaïque le 25 novembre 1814 pour sa préparation en vue de l’attaque, en outre deux régiments noirs furent embarqués afin de servir de garnison après la conquête durant la période estivale si hostile aux troupes blanches.

En attendant l'arrivée du général en chef, le commandement et la préparation des troupes furent assurés par le Major général J Lambert. Les ordres secrets furent ouvert mais ne furent pas une surprise pour les chefs de l’expédition, les journaux anglais s’étaient depuis longtemps déjà chargé de révéler le but de la prochaine attaque britannique sur le continent américain.

De leur coté les américains savaient qu’une attaque aurait lieu et où mais ils ignoraient l’essentiel, a savoir comment et d’où elle viendrait. La plus forte probabilité était que l’ennemi débarquerait près de Mobile ou Pensacola et marcherait ensuite vers bâton rouge en coordination avec un blocus naval coupant la Nouvelle-Orléans de ces communications terrestres et maritimes. De plus des troupes britanniques étaient déjà présente à Pensacola c’est pourquoi le commandant en chef du secteur de la Nouvelle-Orléans le général A Jackson décida d’attaquer le premier a cet endroit.

 

Bien qu'officiellement neutre, l’Espagne qui contrôlait les états de Floride, était bien disposé envers l’Angleterre qui avait aidé à sa libération des armées française sur le continent européens. Le gouvernement américain imaginait même que les anglais attaqueraient depuis la ville de Mobile et que l’Espagne enverrait des troupes pour les soutenir depuis Mexico.

 

En avril 1814, le capitaine Pigot avait été envoyé chez les indiens Creeks pour les rallier a la cause de la couronne britannique avec une centaine d’hommes et des uniformes usagés appartenant aux foot guards l’adhésion total des indiens fut un facteur déterminant pour la continuité de l’opération britannique sur la Nouvelle-Orléans. La demande de Jackson à Pensacola sur les préparatifs anglais reçu une fin de non recevoir. Par anticipation il dépêcha des renforts à Mobile. Officiellement Jackson ne devait pas s’en prendre aux territoires espagnols, officieusement il était au contraire encouragé à le faire. L’attaque américaine sur la cité espagnole ne tarda pas et s’en trouva facilitée par l’absence d’opposition sur place, les anglais déjà présent s’enfuirent juste à temps. Pendant ce temps l’attaque anglaise se développait sur Mobile et visa particulièrement le fort Boyer, mais sur place le détachement américain du 2nd infantry se défendit vaillamment et les coups précis de son artillerie tinrent en échec les indiens et la Royal Navy endommageant gravement le HMS HERMES qui dut être abandonné et brûlé. Quand Jackson revint à la Nouvelle-orléans il ne put que constater que la situation des troupes n’était pas brillante: seulement 1000 soldats réguliers et 2000 miliciens défendaient la ville. Il dut recourir à des expédient pour forcer tous les marins en états de porter les armes à se joindre aux défenseur et à équiper notamment le sloop louisianna qui n’avait aucun équipage. Dans les renforts inattendue on peut également citer le contingent des pirates de Jean Laffite un créole français qui renforcèrent de part leur expérience les défenses de Jackson.

La flottille américaine de six canonnières et du louisianna patrouillait pour prévenir l’arrivée de la flotte britannique, celle-ci arriva sur le lac Bourgne le 13 décembre. Sur place les canonnières s’étaient mise en position pour leur barrer la route. Les anglais envoyèrent 42 barques longue transportant 1200 marines et marins capturer les navires américains, l’affaire fut réglé rapidement la hardiesse du coup de main anglais et le nombre eu raison des américains qui déploraient 35 tués et blessés et 86 prisonniers pour 77 pertes chez les anglais. La menace écartée le débarquement put avoir lieu malgré le froid qui eut raison de nombreux soldats noirs.

 

L’armée britannique progressa péniblement par terre et par voir fluviale dans les bayous et arrivèrent a la plantation Villeré le long du Mississippi où ils capturèrent des miliciens américains isolés et décidèrent d’établir leur campement. Prévenu de la progression britannique, Jackson décida d’un raid nocturne sur le camp anglais. Les 1st, 2nd et 4th louisiana sous les ordres de Clairborne un détachement du 7eme et du 44eme régiment sous les ordres de Jackson, deux canons des US marines, de la milice locale et la canonnière survivante la Carolina.

L’attaque eu lieu le 23 décembre la Carolina s’étant approché du camp anglais ouvra le feu à mitraille sur des éléments du 95th rifle. Alertés les anglais s’aperçurent vite de l’attaque terrestre plus à l’ouest et envoyèrent le 85th foot renforcer le 95th. Les anglais devant la puissance de feu de l’artillerie américaine reculèrent après avoir tenté sans succès de les capturer. Une partie des fusiliers américains pénétrèrent dans le camp anglais en faisant de nombreux prisonniers. Les renforts britanniques arrivaient maintenant et les américains commencèrent a se retirer avec leurs prisonniers. Les américains perdaient 24 tués, 115 blessés et 74 disparus. Les anglais enregistraient 46 morts, 167 blessés et 64 prisonniers. Cette attaque si elle n’eut pas réussi permis néanmoins de forcer les troupes anglaises a plus de temporisation dans leur approche de la Nouvelle-Orléans laissant par la même plus de temps à Jackson pour préparer sa défense.

Le 28 décembre les anglais étaient en vue des défenses de la ville et purent juger de leur qualité. Une ligne de remblai derrière laquelle était répartie plusieurs batterie d’artillerie, un fossé et de l’autre coté du Mississippi une redoute protégeant le flanc droit américain tandis que le flanc gauche était en partie caché par la foret impénétrable aux troupes de ligne, sur le fleuve le sloop louisianna ajoutait sa puissance de feu.

Une reconnaissance en force fut décidée pour le jour même, elle serait menée par des éléments légers du 95th et des compagnies légères des autres régiments, des roquettes et des canons de 3 livres. Arrivé à 700 yards des lignes américaines ils furent accueillis par les tirs de deux batterie de 24 livres ainsi que des canons du louisianna qui fit une soixantaine de pertes chez les anglais. Après s’être déployé les canons de 9 et de 3 livres ainsi que les roquettes commencèrent à répondre au feu d’artillerie américain. Sur place Packenham se rendit compte qu’un fossé rempli d’eau situé devant les fortifications de Jackson allait rendre difficile une attaque frontale mais il ordonnait de construire des redoutes pour son artillerie alors que celle ci subissait des pertes sensibles face au feu américain plus fourni l’avant-garde anglaise repoussait des miliciens dans les bois longeant les défenses de Jackson mais la situation se détériorait rapidement et il ordonna un repli général afin de réparer les canons et se soustraire au feu ennemi.

 

Pendant que les anglais pansaient leur blessures et se préparaient pour leur prochaine attaque, Jackson qui s’était rendu compte que ses canon s’enlisaient rapidement sur le sol détrempé décida d’utiliser les balles de coton pour renforcer le sol des batterie et ainsi les rendre bien plus stable, il décida en outre de renforcer le remblai et de permettre aux défenseur de tirer par dessus en construisant un parapet il renforça également son flanc gauche qui avait été menacé par une redoute supplémentaire. Les américains détenait une nette supériorité en artillerie ils alignaient un canon de 32 livres, 3 de 24 livres, un de 18 livres, 3 de 12 livres, 3 de 6 livres, la batterie de l’autre côté de la rive alignait 2 canons de 24 livres et les canons du Louisianna. Les miliciens du Tennessee furent organisés en commando pour faire la chasse aux voltigeurs ennemis. Du coté anglais la situation était toute autres l’artillerie avait fort souffert et ce n’était que par miracle qu’il avaient pu ramener leur canon de 18 livres sans son avant train en outre les munitions risquaient de manquer rapidement car bon nombre de caisses furent perdues durant la marche vers la Nouvelle-Orléans.

 

A 9h00 les canons britanniques ouvrirent le feu contre les positions américaines et les emplacements supposés des canons mais au bout de trois heures, le duel d’ artillerie cessa car les anglais craignaient d’être a court de munition pour la bataille à venir. Les résultats confirmés par un déserteur américains furent décevant seul quelques dégâts mineurs furent causés aux pièces américaines, le terrain boueux et les canons de marine inadaptés qu’il fallait remettre en batterie à chaque tir au prix de grands efforts empêchèrent d’obtenir de meilleurs résultats. Les jours passèrent augmentant le moral des américains qui se renforçaient de volontaires et diminuant celui des britanniques qui voyaient leurs efforts se heurter aux conditions du terrain et du climat, leur troupes noires souffraient beaucoup et leur artillerie diminuée a prouvé son inefficacité lors du duel du 1er janvier.

 

Le chef anglais arriva à la conclusion que la seule solution offensive pour lui passait par la capture de la batterie de la rive gauche tenue par seulement un milliers de miliciens faiblement armés et mal entraînés. Ils espère capturer ses canons pour les retourner contre le flanc droit de la ligne Jackson et le Louisianna afin de soutenir l’attaque principale qui débutera peu après le début de l’attaque. De plus Packenham espère que Jackson soutiendra son aile droite affaiblissant d’autant son aile gauche qui avait déjà révélé ses points faibles lors de la reconnaissance du 28 décembre. Il confit cette mission au colonel Thornton du 85th foot. Jackson de son coté confia au général Morgan le commandement de la rive gauche avec pour mission de soutenir la ligne Jackson et de prévenir toute incursion de navires anglais qui remonteraient le fleuve.

 

Le 8 janvier les derniers préparatifs sont finis,  l’armée britannique se forme en colonne d’attaque et se prépare à prendre d’assaut la ligne Jackson, mais dès le départ les 334ennuis s’accumulent pour les     Anglais : une brusque montée des eaux endommagea une grande partie des bateaux de Thornton et ce dernier après des efforts surhumains réussit à récupérer une partie de ses barques mais ne serait plus en mesure de traverser le fleuve à temps pour soutenir l’attaque principale.  Mais Packenham ne pouvait plus retarder son attaque, le moral de ses troupes est de plus en plus incertain et les forces de l’ennemi ne cessent de croître chaque jour qui passe. Son armée attaquera en trois colonnes : celle de droite est composée du 4th et du 21th foot sous les ordres du brigadier général Gibbs, la colonne de gauche est composée des compagnies légères du 93rd écossais, 95th rifle du 7th et une compagnie du 43rd ainsi que des deux régiments noirs sous les ordres du général Keane. La colonne centrale sous les ordres du général Lambert est composée des compagnies de grenadiers et d’un bataillon des 5th, 7th et 43rd ainsi que le 14 light dragoon démonté. Le 85th foot et les royal marines sont alloués à l’attaque de Thornton.. Les compagnie légères des 4th, 5th, 21th, 44th foot feront une attaque sur le flanc gauche à travers les marais. La réserve est assurée par les compagnies de grenadiers du 93rd et du 5th

Les lignes anglaises avancent vers la ligne Jackson et sont immédiatement prises à parti par toutes les batteries américaines. Les troupes américaines se sont considérablement étoffées depuis le début de la campagne et ce ne sont pas moins de 6100 réguliers et miliciens qui attendent de pied ferme les troupes anglaises.

 

Le colonel Mullins devra mener son 44th foot avec les échelles et les fascines dans une mission de sacrifice afin de permettre aux unités qui le suivent de prendre pied sur la fortification américaine. Seulement dans la confusion des ordres le 44th mit trop de temps à amener son matériel de franchissement et se trouva mêlé aux autres unités alors qu’il n avait toujours pas mis en place échelles et fascines. Le 44th continua son travail de préparation sous un violent feu ennemi et souffrit beaucoup ; incapables de rendre un feu efficace les officiers ne purent  maintenir la discipline dans ce chaos. Le 95th rifle arriva à son tour et tenta une attaque directe sur un bastion qu’il réussit à atteindre au prix de lourdes pertes et à franchir. Sur la gauche l’avant-garde anglaise menée par le colonel Rennie réussit également à prendre pied mais seulement pour un court instant ; le courageux officier fut abattu et ceux de ses hommes qui ne subirent pas le même sort furent faits prisonniers. Packenham s'aperçut de la déroute du 44th qui commençait à s’enfuir du champ de bataille oubliant sa mission prioritaire. Lorsque le 93rd écossais arriva sur les lieux où aurait dû se trouver le 44th il ne put que constater que ceux-ci n’étaient plus là et que les compagnies légères du 95th et 21th étaient toujours en train d’essayer de franchir les fortifications américaines sans succès. Soudain le colonel du 93rd fut abattu et sans ordresde retraite ni moyen d’avancer, les écossais restèrent sous le feu ennemi meurtrier.

 

Packenham, tentant de reprendre la situation en main, prit le commandement de la colonne principale et fut touché une première fois par un tir à mitraille puis une seconde avant d’être mortellement blessé par un troisième tir. Sur toute la ligne les troupes britanniques fuyaient. Sur la rive gauche Thornton réussi à repousser les miliciens de Morgan et à capturer les canons américains pour découvrir qu’il n'avait plus d’armée à soutenir. Le champ de bataille en face de la ligne Jackson était vide de troupes britanniques…vivantes.

Finalement ne voyant pas quelle action efficace il pouvait faire, Thornton battit en retraite et rejoignit le gros de l’armée Anglaise en retraite.

Les pertes anglaises étaient énormes les Américains n’avaient eu que quelques morts et blessés leur ligne avait tenu bon. De nombreux blessés anglais transportés à bord de navires furent capturés par un cutter américain.

 

La flotte anglaise réussit le 12 février à s’emparer du Fort Boyer mais reçut le lendemain la nouvelle de la signature du traité de Gand et la cessation des hostilités, ils abandonnèrent la ville fraîchement conquise et rentrèrent en Angleterre.

 

Ainsi s’achevait la dernière campagne de la guerre de 1812 qui, comble de malheur, s’est déroulée alors que la paix avait déjà été signée et fut donc inutile. En outre elle conforta dans l’esprit de beaucoup d’Américains l'idée que l’issue de la guerre leur avait été favorable alors que si leur succès tactique est incontestable le traité de Gand ne résolut en rien les différents griefs qui conduisirent à la guerre et que la situation était revenue à celle d’avant-guerre. Néanmoins l’armée américaine en ressortit grandie et Andrew Jackson vit sa renommée atteindre les sommets qui le conduiront jusqu'à  la maison blanche à la place du 7ème président des Etats-Unis.

 

 

 

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