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USinfantry attack1812

La bataille de Lundy'Lane fait suite à celle de Chippawa dans la campagne du Niagara menée par les forces américaines.

De toutes les batailles de la guerre de 1812, aucune ne fut plus ardement disputée  sur le champ de bataille.

Les sources tant américaines qu'anglo-canadiennes sont toutes d'accord sur le fait que cet affrontement fut particulièrement meurtrier mais elles diffèrent quant aux réels gains et vainqueurs de la journée. Le général Anglais Drummond parla d'une victoire décisive  contre un ennemi supérieur, les Américains tendent à voir dans cette bataille une vitoire tactique aux conséquence stratégiques mitigées.

 

Ce qui est sûr c'est qu'au lendemain de la victoire de Chippawa, les Américains possédaient un ascendant moral certain sur leur adversaire : pour la première fois les troupes anglaises régulières s'étaient fait battre sur un champ de bataille ouvert alors qu'elles étaient plus nombreuses et plus expérimentées. Le mythe de l'invincibilité anglaise s'était effondré et en même temps la légende de la brigade de Scott était née.

Ayant démontré le bien-fondé de l'entraînement intensif des camps de Buffalo, Scott avait fourni la meilleure armée que les Etats-Unis aient connu depuis longtemps.

C'est dans cet état d'esprit que les Amériicains continuèrent leur progression vers le nord, s'emparèrent de Queenston puis se portèrent près de fort George. Les Anglais de leur côté s'étaient repliés à l'embouchure du Niagara à fort George.

 

Les Américains ne possédant par la supériorité navale sur le lac Ontario ne purent bénéficier de renforts venus de Sackett Harbor, notamment en matériel de siège, et durent camper une bonne partie du mois de juillet à Queenston faute de pouvoir s'emparer de la position de fort George. Afin de sécuriser au mieux ses lignes de ravitaillement, le général en chef américain, Jacob Brown, rétrograda ses troupes plus au sud, talonnées par la milice et les troupes légères anglo-canadiennes. Le 25 juillet le nouveau commandant en chef anglais  du secteur, le général Gordon Drummond, arriva et ordonna aussitôt que des troupes stationnées à fort Niagara progressent vers le sud afin d'obliger les Américains, situés sur l'autre rive du fleuve, à se replier. 4661331068 1980f0fdf0

Jacob Brown fit tout le contraire et envoya Scott, son bouillant subordonné, vers le nord afin de contrer ce mouvement offensif. Les Anglais se replièrent vers fort George mais laissèrent une force conséquente (1900 hommes) près de Queenston à Lundy'Lane pour protéger leur mouvement de repli. Ce sont ces troupes que la brigade de Scott découvrit, postées sur une colline, en ordre de bataille et couvertes par de l'artillerie (2 x 24 livres, 2 x 6 livres et des roquettes congrève).

 

  ci-contre à droite la tenue portée par le 1st et 21st US infantry est à peu près similaire à celle de ce reconstituteur: uniforme bleu sans lacets de poitrine et sans parements rouges avec shako tombstone et pantalon blanc.

 

 

 

 

 

Scott en plein mouvement se trouva pris en défaut par une force supérieure et mieux placée. Contre toute attente (pour ne pas dire prudence) il lança sa brigade grise à l'attaque des troupes anglaises. La majeure partie de sa brigade attaqua de manière frontale les lignes ennemies tandis que le 25th US regiment menait une attaque de flanc par un sentier forestier sur la droite du dispositif. Pendant que les troupes de Scott subissaient un tir d'artillerie meurtrier et n'ayant que leurs mousquets pour répliquer, le 25th US prit par surprise le flanc gauche anglais qui se déployait en ligne de bataille (milice d'élite canadienne incorporée  du haut Canada, compagnies légères des 1st et 8th foot). Les Américains attaquèrent et repoussèrent le flanc gauche anglo-canadien complètement pris par surprise. A cette occasion de nombreux soldats anglais furent capturés ainsi que le général Riall (commandant en chef malheureux de la bataille de Chippawa).

A cet instant, le général anglais commit un impair tactique : il redéploya sa ligne de front pour pallier le désordre de son flanc gauche tout en faisant rétrograder son centre et les glengarry light qui harcelaient le flanc gauche américain. Ce faisant il laissa quasiment sans protection son artillerie juchée sur la colline à la merci de la moindre attaque ennemie. Ce que ne Scott ne manquera pas de tenter.

Les renforts américains de la deuxième brigade arrivaient et Scott demanda au 21st US regiment du Lieutenant-Colonel James Miller de lancer une attaque de flanc, sous couvert des bois, sur l'artillerie anglaise. Ce à quoi le jeune lieutenant-colonel répondra une phrase entrée depuis dans la légende de l'US army : "i'll try sir" :  je vais essayer !

L'attaque de fanc réussit et les artilleurs anglais furent fusillés puis chargés par le 21st. Les canons anglais étaient désormais aux mains des Américains. large gic g206 niagara lundys lane

 

ci-contre à droite : l'attaque du 21st sur les canons anglais, d'abord fusillés par une salve de mousqueterie les artilleurs anglais survivants furent submergés par les Américains abandonnant leurs canons à l'ennemi.

 

 

 

 

 

La bataille changea alors de visage. Décimée par le feu ennemi, la brigade de Scott ne formait plus qu'un seul bataillon mais les renforts de la deuxième brigade occupaient la colline et surtout tenaient les canons anglais qu'ils retournaient contre leurs anciens propriétaires. Les renforts anglais arrivèrent également sous les ordres de Hercules Scott, mais, non avertis de la tournure des événements tombèrent directement face à la deuxième brigade et furent sévèrement repoussés, perdant même toute leur artillerie (3 x 6 livres) et ne durent leur salut qu'à l'intervention opportune de la compagnie légère du 41st foot.

La journée touchait à son terme et l'obscurité arrivant, les erreurs de tir furent nombreuses, Drummond lança une contre-attque pour reprendre les canons sans soutien d'un écran de tirailleurs et fut repoussé, les glengarry light furent pris pour cible par d'autres troupes anglaises et se replièrent à leur tour. Tandis que le bataillon unique de Scott décimé subissait lui aussi le feu de ses frère d'armes qui les prenaient pour des Anglais ("belgic shako"anglais et "tombstone shako"américain donnant une silhouette similaire aux soldats anglais et américains) et se débandèrent.

Une troisième et dernière tentative des Anglais échoua. Les Anglais avaient la lune montante dans le dos et se découpaient fort bien dans le noir offrant de bien meilleures cibles aux Américains qui tenaient sans faiblir la colline et ses canons.

Finalement Drummond abandonna toute offensive et se replia laissant les Américains maîtres du terrain et de ses canons.

Décimé, Brown ordonna à ses troupes de se retirer à leur tour en abandonnant les collines thèâtre d'un si terrible affrontement. Scott blessé, se retira avec les restes de sa brigade ainsi que Ripley et la deuxième brigade malgré les protestations des officiers subalternes qui ne comprenaient pas pourquoi on abandonnait le terrain si chèrement acquis.

 

Le 26 juillet, Brown ordonna à Ripley de récupérer les canons anglais qui n'avaient pu être ramenés faute de train d'artillerie. Ripley s'exécuta mais se rendit compte que les Anglais avaient réoccupé la colline et récupéré leurs canons. Dégoûté, Ripley retourna vers le sud rejoindre le reste de l'armée. La bataille de Lundy'Lane était terminée, elle fut le plus âpre combat de la guerre et coûta 774 tués, blessés et disparus aux Américains ainsi que 28 prisonniers, tandis que les Anglais accusaient 800 tués, blessés et disparus auxquels s'ajoutaient 169 prisonniers.

Les gains pour les Américains furent nuls. Ils avaient attaqué en sous-effectifs un ennemi supérieur et mieux retranché ; ils l'avaient repoussé tout en capturant toute son artillerie pour finalement abandonner le champ de bataille et laisser les Anglais reprendre ce qu'ils avaient perdu.

 

Les Anglais n'ont pas vaincu, ils ont même été repoussés alors que les conditions leur étaient favorables. Ils purent s'estimer heureux du résultat de cette journée et en profitèrent pour récupérer l'initiative sur les Américains qui rétrogradaient vers le fort Erié. Un long et sanglant siège s'annonçait.

 

Les Américains avaient encore une fois démontré leur supériorité tactique ainsi que celle de leur commandement malgré des erreurs opératives évidentes (manque de coordination avec la flotte américaine, déficience dans la reconnaissance de l'ennemi). Scott s'est montré très, peut être trop agressif et a accepté une bataille difficile qui aurait pu conduire à un désastre. La brigade de Scott s'est montrée à la hauteur de sa légende naissante et a fait preuve d'une bravoure admirable sous le feu ennemi. Si Chippawa avait suscité l'incrédulité dans le coeur des Anglais face aux soldats américains, Lundy'Lane suscitera leur respect.

 

 

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