5 septembre 2013 4 05 /09 /septembre /2013 17:47
L'ordre de bataille du lac Champlain 11 septembre 1814

La partie navale de la bataille de Plattsburgh fut l'un des succès les plus retentissants de la guerre de 1812. Du point de vue américain elle permit d’arrêter tout net la tentative d'invasion anglaise menée par les plus considérables forces britanniques de la guerre. Une défaite américaine aurait eu des conséquences catastrophiques et peut-être même entraîné la fin de la guerre.

Le plan des Anglais, menés par le gouverneur du Canada, George Prevost, lui-même, était de s'enfoncer dans le territoire américain pour s'en prendre aux rives du lac Ontario dans l'état de New-York voire même de s'enfoncer vers la côte Est. Manquant de moyens de transport pour ses 12000 soldats, Prevost opta pour une attaque terrestre coordonnée avec une attaque de la flottille britannique du lac Champlain, puis de s'enfoncer vers le sud lui donnant éventuellement le choix d'attaquer la côte Est et Boston ou Sackett's Harbor pour s'assurer de la domination du lac Ontario. La première localité qui se dressait sur son chemin était la petite ville de Plattsburgh. Pour s'assurer d'un succès complet, Prevost avait demandé à la flottille du lac Champlain de lui prêter assistance et d’écraser son homologue américaine.

La bataille navale qui aura lieu le 11 septembre verrait s'affronter 14 navires américains de toutes tailles commandés par le Master Commander Mac Donought aux 16 navires anglais du Commodore Downie.

Le commandant américain disposa ses navires dans la baie de Plattsburg à l'ancre lui donnant la possibilité de tirer à la fois sur les navires venant du large et sur les forces terrestres qui s'approcheraient des lignes américaines. Le gros désavantage d'un tel dispositif est l'immobilité forcée des navires qui risqueraient de faire des cibles trop faciles pour les navires anglais. Seulement ce que le commandant britannique ignore est que dans la baie de Plattsburgh le vent souffle différemment que sur le lac car la baie est surmontée par un long promontoire qui influe sur l'aérologie de la baie. Les navires anglais qui s'approchèrent des bateaux américains se retrouvèrent dans une zone très peu ventilée et perdirent ainsi leur vitesse et leur capacité de manœuvre. Les navires américains se serviront de leur ancre de proue et de poupe pour pouvoir tourner plus facilement. La bataille va tourner à l'avantage des Américains, le commodore Downie est tué dans les premières minutes du combat et sa flotte se fera capturer ou sera en fuite. La bataille navale de Plattsburgh coûtera 4 navires aux Anglais mais surtout la campagne tout entière forçant Prevost à annuler son offensive.

voir la bataille de Plattsburgh : http://history-uniforms.over-blog.com/page-5902267.html

La plus grande invasion anglaise de l'année 1814 est un échec complet qui mit un terme aux opérations d'envergure au nord-est.

Les combats navals sur les lacs sont différents de ceux en mer, les navires ont un tirant d'eau plus faible, ils sont plus fragiles car construits avec plus de sapin que de chêne, l'eau douce n'a pas la même flotabilitté que l'eau de mer, tous ces éléments sont à prendre en compte pour la bataille. Le vent très particulier de la baie de Plattsburgh fut l'élément de surprise pour les Anglais qui ignoraient l'aérologie de la baie de Plattsburgh. Ce que Mac Donough saura utiliser à son avantage en plaçant ses navires.

Les combats navals sur les lacs sont différents de ceux en mer, les navires ont un tirant d'eau plus faible, ils sont plus fragiles car construits avec plus de sapin que de chêne, l'eau douce n'a pas la même flotabilitté que l'eau de mer, tous ces éléments sont à prendre en compte pour la bataille. Le vent très particulier de la baie de Plattsburgh fut l'élément de surprise pour les Anglais qui ignoraient l'aérologie de la baie de Plattsburgh. Ce que Mac Donough saura utiliser à son avantage en plaçant ses navires.

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 09:52

La guerre de 1812 a été largement couverte par le premier site et il devient difficile de trouver suffisamment de sujets nouveaux pour assurer des mises à jour nombreuses c'est pourquoi la cadence a ralenti, quant à la guerre du Mexique le filon risque également de s'épuiser rapidement ; cela me laissait une fenêtre pour m'attaquer à un troisième projet qui me tenait particulièrement à cœur.

J'annonce donc un futur et troisième site sur un autre conflit américain, certainement le plus populaire de tous pour les amateurs d'histoire militaire, les figurinistes et les wargamers.

J'ai encore du travail pour étoffer le futur site mais c'est au son de Dixie que j'annoncerai son lancement dans les mois prochains.

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27 juillet 2013 6 27 /07 /juillet /2013 20:24
Les combats navals de l'année 1815

Comme la campagne de la Nouvelle-Orléans, les opérations militaires en mer continuèrent faute de moyens de communication suffisamment rapides pour avertir les différents capitaines de navire que la guerre était terminée. Les navires de l'US Navy furent les dernières unités américaines à cesser de combattre une fois la paix de Gand signée en décembre 1814. Alors que la guerre était officiellement terminée, des combats eurent donc encore lieu entre les deux marines le temps que les nouvelles atteignent les bateaux restés en mer.

L’année 1815 vit peu d’opérations et de combats navals, pas parce qu'un traité de paix avait été signé mais bien parce que l’efficacité du blocus de la Royal Navy avait atteint son maximum et rendait difficile, pour ne pas dire illusoire, toute tentative de sortie en mer par les navires de guerre américains dont les ports d'attache étaient étroitement surveillés. "Rule Britannia" demeurait encore et toujours la constante maritime dans ce siècle. Néanmoins les petites unités comme les corsaires continuaient de perturber le trafic maritime britannique et certains navires obtinrent encore quelques succès contre la Royal Navy. Le HMS Cyane et le HMS Levant furent capturés par le USS Constitution le 20 février 1815 non loin des îles Canaries. Mais le Levant fut récupéré par les Anglais peu de temps après au large de la côte africaine. Le 23 mars 1815 au large du Portugal, le HMS Penguin fut capturé par le USS Hornet. De leur côté, les Anglais réussirent à s'emparer d'une frégate lourde, le USS President, après lui avoir donné la chasse avec toute une flotille en janvier 1815.
La dernière action de combat eut lieu le 30 juin quand le USS Peacock attaqua le brick Nautilus et tua ou blessa 14 personnes à son bord alors que ce dernier avait donné à son agresseur les nouvelles de la fin de la guerre.


Enfin la guerre en mer s’achevait ; le bilan était le suivant : Pour l'ensemble de la guerre l'US Navy perdit environ 9500 tonnes et la Royal Navy 13 000 tonnes. A cela s’ajoutaient les actions des corsaires américains, dont une partie appartenait à l’US Navy mais dont la majorité était des mercenaires. Leurs actions se poursuivirent jusqu’à la fin de la guerre et n’ont été que partiellement gênées par le regroupement des navires marchands britanniques en convois escortés par la Royal Navy. L’audace des croiseurs américains fut illustrée par les ravages effectués dans les eaux britanniques par le sloop USS Argus qui captura une dizaine de navires marchands ou de pêche mais qui fut finalement capturé le 14 août 1813 au large de St David's Head, au pays de Galles, par le brick HMS Pelican.

Navires (militaires et civils) coulés ou capturés par l'US NAVY

  • 1812 : 46
  • 1813 : 79
  • 1814: 87
  • 1815: 4

Navires de L'US Navy perdus au combat en mer

  • 1812 : 3
  • 1813: 3
  • 1814: 8
  • 1815:4

Au total, près de 1554 navires furent capturés et revendiqués par les vaisseaux américains (civils ou militaires), dont 1300 capturés par les corsaires.
Ces chiffres peuvent varier selon les sources. Ainsi, selon la Llyod's, l’assureur londonien, seuls 1 175 navires britanniques furent capturés, dont 373 furent repris (soit une perte nette de 802 bâtiments). Ces prises rapportèrent en moyenne 9,5 millions de dollars par an soit plus que les 7 millions de dollars que coûtait la guerre aux États-Unis

Si la guerre navale sur les océans ne fut pas déterminante dans l’issue du conflit, il est sûr que le blocus anglais mit sérieusement à mal les capacités des États-Unis à : menacer le commerce maritime anglais, commercer le long de ses propres côtes, assurer les liaisons et le transport côtier tout en instaurant un climat de terreur et de colère parmi la population contre le gouvernement américain, incapable de les protéger des nombreux raids de la Royal Navy. Mais en dépit de son énorme puissance, la marine anglaise, qui affronta l'US Navy dans 24 combats singuliers, en perdit 16 ; de plus elle ne put aligner un nombre conséquent de corsaires et seuls 350 navires furent capturés par eux pour le compte de l'Angleterre. Avec aussi peu de prises ce fut encore une fois une source de revenus de moins pour l'Angleterre qui engloutissait dans le même temps des sommes astronomiques pour le seul maintien en ligne de sa marine de guerre.


Incontestablement les actions de l'US Navy furent une réelle surprise tant pour les Américains que pour les Anglais, les premiers y gagnant un prestige nouveau mais aussi constatant la vulnérabilité maritime de leur nation. Cette prise de conscience engendra les nombreuses mesures qui viseront à renforcer sa flotte de combat. D'ailleurs les premiers vrais navires de ligne de l'US Navy furent mis en chantier dès 1814 et fourniront 3 vaisseaux de 74 canons à la flotte de guerre des États-Unis qui ne cessera dès lors d'augmenter sa taille jusqu’à atteindre la place de première flotte de guerre du monde qui est la sienne aujourd'hui..

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23 juillet 2013 2 23 /07 /juillet /2013 10:45
L'ordre de bataille de North Point 12 septembre 1814

La bataille de North Point s'inscrit dans le cadre de la campagne anglaise de la baie de la Chesapeake de 1814. Après avoir défait les forces américaines défendant Washington à Bladensburg et incendié la capitale, les Anglais débarquèrent en amont de Baltimore. La force défendant la ville rencontra le corps expéditionnaire anglais à North Point.

Le terrain marécageux et boisé offrait un avantage au défenseur, mais Striker le général américain commandant la 3ème brigade de milice du Maryland prit l'initiative du combat et attaqua la force anglaise avec une petite avant-garde. Les Anglais sous les ordres du général Ross, menèrent la contre-attaque mais de manière chaotique. Dans le désordre, Ross fut abattu par un tireur isolé américain. C'est privés de leur général en chef que les soldats anglais s'en prirent au gros des forces américaines positionnées en ligne échelonnée. Remplissant parfaitement sa mission de retardement la force américaine de plus de 3000 hommes infligea deux fois plus de pertes à l'ennemi qu'elle n'en déplora.

Les vétérans anglais avaient subi 340 morts et blessés pour 150 chez leur adversaire. Ils avaient bataillé jusqu'à la soirée, multipliant les manœuvres de contournement et à chaque fois ils se trouvaient face à une nouvelle ligne cachée derrière celle qu'ils venaient de mettre en déroute et il ne s'agissait que de miliciens.

Ainsi quand les Anglais apprirent que près de 100 canons et 10 000 miliciens de la milice du Maryland, une des mieux équipées et organisées des États-Unis, faisaient face pour défendre Baltimore ils devinrent très réservés quant au succès de leur mission. La bonne résistance du Fort Mc Henry décida de l'abandon du projet qui aurait pu tourner à une bataille de la Nouvelle-Orléans avant l'heure.

Les Anglais possédaient pour la bataille de North Point 4000 hommes, des troupes d'élite composées de vétérans d'Espagne, de Royal Marines et d'artilleurs à pied ainsi que la section de roquettes de marine qui avait déjà combattu à Bladensburg avec succès.

En face, les Américains n'alignaient que la 3rd Brigade de milice du Maryland pour une opération de freinage de l'ennemi, soit un peu plus de 3000 combattants. Les 5th et 27th régiments de milice se distinguèrent particulièrement dans leur pugnacité au feu.

Si tactiquement le succès est anglais, du point de vue de la campagne de Baltimore, l'action américaine de retardement est un franc succès : elle a infligé 8 à 9% de pertes à l'effectif global ennemi tout en préservant le sien qui était, toutes forces confondues, supérieur à une hauteur de 3 contre 1. Les Anglais furent refroidis par le niveau élevé de pertes et la vue des défenses de Baltimore acheva de miner leur moral. La victoire de Fort MC Henry fit le reste.

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 16:51
Les combats navals de l'année 1814

1814 fut l’année de la dernière phase de mise en place du blocus naval anglais. Avec la chute de Napoléon en avril 1814, le traitement particulier dont jouissait la Nouvelle-Angleterre disparut et les navires anglais vinrent croiser le long des côtes du Maine, du New Hampshire, et du Massachusetts. Les États-Unis étaient complètement isolés du reste du monde et leur économie allait rapidement s’écrouler. Les recettes des exportations tombèrent à 20 millions de dollars contre 114 en 1811 diminuant du même coup les revenus douaniers dont dépendait en partie le financement du conflit. Les raids côtiers s’intensifièrent et nombreux furent les petits ports à voir les navires à l’ancre brûlés par les Anglais (corsaires, navires de pêche ou de commerce). Les communautés qui résistaient étaient soumises à de terribles dévastations. Le sentiment de colère des Américains à l'égard de leur gouvernement incapable de les défendre, augmenta. D’un autre côté les villes côtières qui collaboraient plus amicalement voyaient leurs ressources réquisitionnées mais parfois payées par l’envahisseur.

Curieusement, les installations anglo-canadiennes du Nouveau-Brunswick comme Saint John ou de Nouvelle-Écosse comme Halifax, renforcèrent leur défense dans le cas de moins en moins vraisemblable où les Américains effectueraient un raid côtier sur leurs ports.
Les Américains firent bien sûr de même, mais la menace qui pesait sur leurs installations portuaires était beaucoup plus réelle que celle des Canadiens.
Ainsi Salem dans le Massachusetts, un des ports les plus prospères d’Amérique et cible plus que potentielle de la part des Britanniques fut protégée par le fort Pickering et Lee dont les nombreux canons tinrent les navires anglais à distance. New York possédait également des défenses parmi les plus solides d’Amérique avec le fort Clinton et sa douzaine de canons lourds cachés par un solide bâtiment en maçonnerie ainsi que par le fort Wood en étoile et qui deviendra plus tard Liberty Island lieu de la statue de la Liberté.

Les principales opérations maritimes se déroulèrent le long des côtes américaines et dans la baie de la Chesapeake, mais bien que le blocus anglais ait atteint son efficacité optimale, la marine américaine réussit encore partiellement à effectuer des attaques contre les navires anglais.

Le USS Constitution captura le HMS Pictou et échappa à une flottille de la Royal Navy, le Schooner Alligator repoussait une attaque par barque de royal marines le 29 janvier 1814. Le USS Essex fut capturé par une flottille anglaise, mais 3 navires anglais de petit tonnage furent capturés ou coulés par l'US NAVY. Les pertes des deux marines furent sensiblement égales sur les océans. Le HMS HERMES fut coulé par un fort côtier et 87 navires anglais furent capturés par la marine américaine. L'année 1814 ne fut aucunement décisive sur les mers puisque la marine américaine demeurait quasiment intacte et se renforçait grâce aux constructions de nouveaux navires mais ne pouvait plus opérer de manière satisfaisante à cause du blocus anglais. De leur côté les navires britanniques furent repoussés de la baie de la Chesapeake et ne mirent pas un terme à la menace des corsaires américains, néanmoins ils faisaient régner la terreur le long des côtes de l'Atlantique tout en étranglant l'économie américaine( voir article sur les raids côtiers : .http://history-uniforms.over-blog.com/article-les-raids-cotiers-de-la-royal-navy-durant-la-guerre-de-1812-113917095.html

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 16:39
Les combats navals de l'année 1813

1812 avait été une année test pour l’US navy, elle ne pouvait espérer rivaliser avec son imposant adversaire mais au moins tenter de vaincre dans des combats isolés, les unités les moins importantes de la Royal Navy. Les victoires du USS Constitution et de la frégate USS President avaient été un choc pour la marine anglaise qui avait perdu 3 frégates dans des combats singuliers où les navires américains d’une classe apparemment semblable s’étaient montrés supérieurs à ceux des Anglais. Mais la marine de guerre anglaise demeurait la plus puissante du monde et elle commençait à faire sentir cette puissance dès janvier 1813 en instaurant le blocus des côtes américaines du Delaware, Maryland et New Jersey. Les ports comme Baltimore voyaient leur activité maritime fortement ralentie, les navires de commerce comme les navires de guerre ne pouvaient plus sortir en mer sans risquer de se faire attaquer et la menace que faisaient peser les corsaires américains s’estompait aussi. Le célèbre USS Constitution passa une grande partie de l’année bloqué au port par la croisière anglaise et ne put effectuer de sortie. A l'opposé, l’USS Argus alla marauder dans les eaux anglaises et s’empara de 19 navires marchands ennemis avant de se faire capturer à son tour par le HMS Pelican le 14 août.

L’USS Viper fut capturé par le HMS Narcissus le 17 janvier, Le USS Chesapeake, la frégate de l’affaire Chesapeake de 1807, fut attaqué et capturé par la frégate HMS Shanon. Le navire américain n’était pas de la classe du USS Constitution et l’essentiel de son artillerie embarquée était composé de caronades et de pièces à courte portée ; son équipage était peu entraîné. Le navire anglais, lui, possédait une artillerie à l’allonge plus importante et était bien mieux servi. Le combat fut à sens unique, le navire anglais martelant l’américain sans lui laisser une chance de répondre avant de l’aborder. 148 Américains et 83 Anglais furent tués ou blessés dans le combat, le navire américain emmené à Halifax. La frégate USS Essex s’en prit à l’industrie baleinière anglaise dans le Pacifique Sud. Les corsaires très actifs malgré le blocus avaient rendu la sécurité des navires marchands impossible et forcé les Anglais à recourir au système des convois. On estime à près de 1344 navires capturés par les 526 corsaires américains déclarés et 165 par l’US Navy ; de leur côté les Anglais capturèrent 1400 navires marchands, 148 navires corsaires et presque la moitié des navires marchands anglais capturés furent repris. Ramener une prise à bon port était aussi difficile que sa capture tant le blocus anglais était dur à franchir. Un des plus célèbres corsaires américains fut le « Chasseur » du capitaine Thomas Boyle qui ne fit pas moins de 53 prises et gagna plus d’1 million de dollars à la revente.

Le blocus anglais s’étendit en mars 1813 et inclut Port Royal, Savannah, Charleston, et New York. Près de 20 navires furent affectés à cette tâche au début du conflit, le blocus monopolisera plus de 135 bateaux à la fin de la guerre. Curieusement les territoires de Nouvelle-Angleterre étaient épargnés par le blocus et ce pour deux raisons : ces états ont toujours affiché leur hostilité à la guerre avec l’Angleterre pour une raison simple, la Grande-Bretagne était un des ses clients privilégiés à l'exportation et si on se basait sur ce qu'il se passait en Europe, un conflit avec celle-ci risquait d'amener la Royal Navy au large des côtes américaines pour étouffer économiquement le pays. La deuxième raison est qu'en dépit de l'état de guerre entre les États-Unis et l'Angleterre, le commerce maritime continuait d'avoir lieu à partir des côtes de Nouvelle-Angleterre vers les Britanniques. Mais la Grande-Bretagne y trouvait son compte puisque l’armée de Wellington en Espagne dépendait pour ses approvisionnements en grain, des exportations des états de Nouvelle-Angleterre qui lui fournissaient cette marchandise et l’expédiaient avec l’aval de la Royal Navy. Comble du paradoxe, la marine de guerre anglaise fournissait en plus une escorte aux bateaux marchands américains qui commerçaient depuis la Nouvelle-Angleterre. L’attitude de ces états pouvait passer au mieux pour de la contrebande au pire pour de la haute trahison.

Avec la chute de Napoléon en avril 1814, les problèmes d’approvisionnement de l’armée anglaise en Espagne disparurent et avec eux la nécessité d’épargner la Nouvelle-Angleterre d'un blocus naval.
D'ailleurs ce blocus devenait de plus en plus efficace, entre 1811 et 1814, les exportations américaines passèrent de 114 millions de dollars à 20 millions. Les taxes douanières qui finançaient une part de l’effort de guerre et dont le taux doublera pendant le conflit, verront leurs revenus passer de 13 millions à 6 millions de dollars. La perte des voies maritimes américaines dont dépendaient beaucoup des échanges internes du pays, obligea ces derniers à trouver d’autres voies terrestres ce qui augmentera les coûts de transport. Le commerce international anglais lui ne connut pas ce genre de problème et vit ses gains passer de 91 millions de dollars à 152 millions.

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 16:23
Les combats navals de l'année 1812

Après les déconvenues américaines sur terre, une lueur d'optimisme vint de la flotte américaine qui pourtant ne laissait pas présager d'un éventuel succès tant son adversaire était formidable. La guerre navale se résumait à deux choses pour les Américains : menacer le commerce anglais et ses flux logistiques au moyen des unités de l'US Navy et des corsaires. Protéger les navires commerciaux américains des attaques de la Royal Navy. Il n'était aucunement question de se livrer à des combats d'escadres car opposer une flotte de 16 navires de guerre aux 1048 unités de la Royal Navy était une aberration.
L'US Navy ne disposait en tout et pour tout que de 6 frégates et plusieurs unités plus petites des bricks, corvettes et avisos. Aucun de ces bateaux ne pouvait rivaliser en mer avec un vaisseau de ligne de 74 canons qui était l'épine dorsale de la flotte anglaise. Pour l'heure, la Royal Navy était occupée à maintenir le blocus des côtes européennes contre Napoléon tout en menaçant ses intérêts outre-atlantique. La flotte française vaincue à Trafalgar restait néanmoins dangereuse et disposait de navires importants capables de donner du fil à retordre aux Britanniques. Les corsaires français ravageaient la flotte commerciale anglaise et Londres n'était pas encore tout à fait disposé à établir un dispositif similaire au blocus européen sur les côtes américaines. Cependant, très tôt dans le conflit, de telles dispositions furent prises et un semblant de contrôle des côtes de l'Amérique du Nord se mettait en place. Il demeurait néanmoins très lâche et ne concernait en janvier 1813 que les côtes du Delaware, New Jersey et du Maryland. Les bateaux américains avaient donc toute liberté pour le moment pour opérer sur les mers du globe.
Le 16 juillet, l’USS Nautilus était capturé par les Anglais sans combat tandis que l’USS Constitution se voyait pourchasser par une flottille de la Royal Navy dont un navire de 74 canons. Le navire américain de 54 canons réussit à s'échapper par une audacieuse manœuvre et commença une croisière qui allait entrer dans la légende maritime. Le 3 juillet, le USS Essex quitta New York et entama une croisière qui allait l'amener à affronter un convoi transportant des troupes vers Québec et escorté par le HMS Minerva. Le combat s'engagea mais seul un transport fut mis hors d'état.
Le 13 juillet, le navire américain affrontait le sloop, HMS Alert, qu'il vainquit en 8 minutes puis rentra à New York après avoir capturé ou détruit 10 navires et capturé 423 hommes. Quant à l’USS Constitution, le 2 août après avoir échappé à la Royal Navy, il poursuivit sa mission et se dirigea vers Boston. En chemin il croisa la route d'un corsaire américain qui lui indiqua la présence non loin de lui du HMS Guerrière, une frégate anglaise de 38 canons qui s'était déjà illustrée contre des navires américains. La prenant immédiatement en chasse, l’USS Constitution la rattrapa le 19 août et le combat s'engagea. Mieux manœuvré et d’une puissance de feu supérieure, le navire américain ne tarda pas à placer plusieurs coups au but. La frégate anglaise, plus ancienne, moins bien manœuvrée et surtout possédant un feu moins efficace fut rapidement dominée. Le Constitution envoya des bordées ravageuses brisant ses mâts et détruisant ses canons transformant la frégate anglaise en épave. Finalement le commandant anglais, le Captain Dacres, accepta de se rendre à son homologue américain, le Captain Isaac Hull. Le navire anglais qui coulait fut vidé de ses membres d’équipage qui furent transférés sur le Constitution. La bataille avait coûté 14 tués et blessé aux Américains et 93 aux Anglais plus 257 prisonniers.
La victoire de l’USS Constitution, première d’une longue série, fut une véritable bouffée d'oxygène pour les Américains qui avaient enregistré des désastres militaires à Detroit et Fort Dearborn. Outre le fait de remonter le moral de l'armée des États-Unis, cet affrontement fut un véritable choc pour la Royal Navy qui en 20 ans de guerre n'avait enregistré que 5 défaites sur 200 engagements et toutes face à un ennemi supérieur. Mais là ce fut un engagement d'une frégate contre une autre.
Cependant la frégate américaine Constitution, comme ses « sister ship » Président et United States, était plus lourdement armée et surtout possédait un équipage plus nombreux et de meilleure qualité. Le HMS Guerrière était un vieux navire français capturé par les Anglais. Les navires américains de la classe du Constitution était supérieurement construits, armés et manœuvrés. La marine anglaise de son côté était à flux tendu entre les missions de blocus en Europe puis aux États-Unis, la guerre contre la marine française qui disposait encore de nombreuses unités et la protection des convois contre les nombreux corsaires français et américains. Le manque d'effectif patent, cause de l'enrôlement forcé, faisait que la qualité et la quantité des marins à bord des navires de la Royal Navy était en baisse. Le 13 octobre le sloop USS Wasp partit du Delaware, captura le brick HMS Frolic mais ne put ramener sa prise au port puisque le navire américain tomba sur le HMS Poitiers navire de ligne de 74 canons qui ne laissa aucune chance au bateau américain et le captura ainsi que le Frolic.
Le 8 octobre une flottille américaine sous les ordres du Commodore Rodgers quitta Boston. Elle comprenait les frégates USS President et United States, le Congress et l'Argus. Ce dernier fit une chasse en solitaire et captura 6 navires marchands mais lui aussi fut pourchassé par un escadron de la Royal Navy. Le reste de la flottille affronta sans succès la frégate HMS Nymphe et plus tard sur les grands bancs de Terre Neuve, la frégate HMS Galatea, là encore sans plus de succès.
Finalement la flottille rentra à Boston après avoir capturé 9 navires de faible valeur. Mais 4 jours auparavant, le commodore Decatur, célèbre marin américain qui s'était fait remarquer dans l'attaque surprise sur Tripoli, avait amené sa frégate USS United States contre la frégate HMS Macedonian. Cette dernière était construite en chêne et de fabrication récente mais 1 heure et demie plus tard et avec une centaine d'impacts dans sa coque, le navire anglais fut réduit à l’état de ponton flottant, une grande partie de ses 307 hommes d'équipage morts ou blessés. Encore une fois les frégates lourdes américaines avaient démontré leur supériorité dans tous les domaines sur leurs homologues anglais. Le 29 décembre, La frégate HMS Java eut le malheur de croiser à son tour l’USS Constitution qui ne fit qu'une bouchée de son adversaire et au prix de 12 morts et 22 blessés mit hors de combat 150 marins ennemis. Les dégâts comparativement légers subis par le Constitution lui forgèrent un nom de légende : celui de « Old Ironside » : vieux flanc de fer.

La situation sur les grands Lacs
Sur les grands lacs et particulièrement le lac Ontario, les deux chefs de flottille Chauncey et Yeo jouaient au chat et à la souris, soucieux d’éviter toute confrontation qui dégénérerait en bataille navale, envoyaient leurs grosses unités chasser les navires ennemis isolés. Ainsi le 6 novembre une flottille américaine de 7 navires pourchassa les HMS Charlotte, Prince Regent et Duke of Gloucester jusque dans le port de Kingston et le 9 novembre une bataille s’engagea. Le HMS Royal George était à l’ancrage et s’était placé sous la protection d’une batterie d’artillerie côtière. Pendant 45 minutes les navires américains pilonnèrent les bateaux anglais à l'ancre et subirent le feu des batteries de la ville. La ville de Kingston, surprise, croyait à une invasion alors qu’il ne s’agissait que d’un raid et avait mis toute la milice sur le pied de guerre. Finalement Chauncey se retira sans avoir détruit les bateaux anglais et mit le port sous blocus jusqu’à l’hiver.

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 16:13
L'unité des volontaires canadiens dans la guerre de 1812

Une des unités les plus controversées de la guerre de 1812 fut sans aucun doute celle menée par Joseph Willcocks dont le nom de "canadian volunteers" laisse croire à un autre groupe de milice canadienne mais il n'en est rien. Les hommes des canadian volunteers étaient des habitants du haut Canada, pro américain, et qui combattirent avec les forces américaines contre les Anglo-Canadiens.

Considérés comme des traîtres par les Anglais, ils risquaient la peine capitale en cas de capture. Pour les Britanniques, un sujet du roi reste un sujet du roi, c'est d'ailleurs le leitmotiv qui justifia qu'ils s'emparent des marins à bord des navires américains lors de l'impressment. C'est avec cette vision sur les droits des sujets de l'empire britannique qu'ils considéraient tout habitant d'une de leur colonies comme un traître s'il retournait ses armes contre le roi, peu importe l'opinion politique ou morale de cet homme. Les habitants les plus récemment installés au Haut Canada étaient bien souvent d'anciens Américains qui avaient voulu s'installer dans cette région pour des raisons économiques plus que politiques. Après la grande migration des milliers de loyalistes qui avaient fui la révolution américaine et qui s'étaient installés dans cette région depuis la fin des années 1780, vinrent des immigrants désireux de commencer une nouvelle vie qu'ils jugeaient plus facile dans cette région, Ces nouveaux habitants n'étaient nullement défavorables au régime américain et dès l'invasion de Detroit par le général Hull en 1812, certains parmi eux avaient rejoint les rangs de l'armée américaine.

C'est donc parmi cette population que joseph Willcocks trouva des volontaires pour former son unité de l'effectif d'une compagnie.

Joseph Willcocks, natif d'Irlande, arriva au Canada à l'age de 27 ans et très vite, il prit une part active dans la vie publique locale. Il fut même responsable d'un journal, "The upper canadian Guardian" dans lequel il exprimait ses opinions et mettait souvent en cause l'administration coloniale. Élu au parlement du Haut Canada, il se révéla un adversaire de la politique interne d'Isaac Brock quant aux mesures que ce dernier souhaitait mettre en place face à la guerre qui s'annonçait contre les États-Unis. Pour ses opinions il fit un bref séjour en prison ce qui ne l’empêcha pas d'être réélu au parlement. Il participa avec Brock à l'alliance avec les six nations mais à la mort de Brock à Queenston il vit les mesures prises par son successeur comme une entrave à la liberté individuelle et décida de changer de camp. Il recruta une petite milice et se mit au service des Américains en juillet 1813. En tant que membre du parlement, son attitude lui valut d'être accusé de haute trahison et la peine de mort en cas de capture par les Anglais. Il reçut le grade de Major et commanda son unité de miliciens de la force d'une centaine d'hommes.

L'unité des volontaires canadiens était donc composée essentiellement d'Américains nouvellement installés dans la région. L'une des première actions de l'unité fut la participation à la destruction du village de Newarck en 1813 s’aliénant un peu plus l'opinion canadienne.

Les hommes de la compagnie de Willcocks participèrent aux diverses petites escarmouches qui eurent lieu autour du Fort George que les Américains avait capturé en 1813. A la fin de l'année les Américains abandonnèrent le Niagara et les Anglais se lancèrent à leur tour dans une campagne de terreur brûlant et détruisant tout le long de la rivière Niagara sur la rive américaine. La milice de New-York, incapable de les arrêter, fut renforcée par les volontaires canadiens qui combattirent à la bataille pour Buffalo le 30 décembre 1813. Les 2000 Américains furent vaincus par 1400 Anglo-Canadiens et la ville de Buffalo et les dépôts avoisinant furent détruits, faisant payer au centuple l'incendie de Newarck. Ce que les Anglais omettent souvent de rappeler c'est que les destructions causées par leur flotte le long du littoral américain de l'Atlantique, débutées dès le début de 1813 étaient déjà énormes et ne se justifiaient guère ( l'incendie de Toronto servant trop souvent d'excuse aux destructions aveugles de la Royal Navy), les représailles des Britanniques étaient sans commune mesure avec les actions punitives des Américains.

A l'automne 1814, des prisonniers de l'unité des volontaires canadiens furent traduits devant la justice anglaise durant les assises sanglantes d'Ancaster. Willcocks fut condamné par contumace mais 8 hommes furent pendus en juillet 1814 à Burlington, 7 autres furent bannis. Tous n'appartenaient pas aux volontaires canadiens mais ce procès devait servir d'exemple à tous ceux qui seraient tentés par la sédition envers la couronne. Les sympathisants ou combattants de la milice pro-américaine étaient prévenus.

Lorsque les Américains envahirent la péninsule du Niagara en 1814, les volontaires canadiens furent de la partie et reçurent des renforts et de nouveaux membres du parlement du Haut Canada comme Benajah Mallory et Abraham Markle. Affectés à la brigade de milice du général Porter, ils participèrent aux actions contre le dépôt de port Dover en mai 1814 et s'engagèrent dans la bataille de Chippawa le 5 juillet 1814 puis la bataille de Lundy's Lane le 25 juillet.

L'unité fut dissoute le 15 juin 1815, à Batavia, état de New-York. Ne pouvant revenir au Canada, sous peine d’être traduits en justice et pendu, les membres de la compagnie s'installèrent aux États-Unis, recevant un dédommagement et des terres de la part du gouvernement américain.

L'uniforme:

On ne sait pas grand chose de la tenue des hommes de Wilcocks, en tant que milice. A la création de l'unité les hommes ne portaient pas d'uniforme autre que leurs tenues civiles. Une cocarde blanche et un foulard vert autour du chapeau tenaient lieu de signes distinctifs. Lors de l'intégration de l'unité dans la brigade Porter, ils reçurent un uniforme, très probablement la veste courte grise, semblable à celle de la brigade de Scott. Le peu d'uniformes bleus étant réservé aux soldats réguliers. A la fin de la guerre, les hommes durent commencer à recevoir un uniforme bleu 1813 en gardant le chapeau à foulard vert. Les officiers ayant plus de moyens ont certainement choisi le shako "tombstone" mais, là encore, ce n'est que supposition.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 00:45
L'uniforme du 19th light dragoons pré 1812

Le 19th light dragoons fut le premier régiment de cavalerie présent au Canada durant la guerre de 1812 avant l'arrivée du 14th pour la campagne de Louisiane.

voir :http://history-uniforms.over-blog.com/article-le-19th-light-dragoon-dans-la-guerre-de-1812-v2-111722500.htmlhttp://

Ce régiment était habillé dans la tenue pré 1812 durant deux ans et ne reçut la dernière tenue avec shako que tardivement en décembre 1813.

Cette tenue très élégante adoptée en 1800 était portée par tous les régiments de dragons légers et des hussards anglais. La tunique était bleu foncé et comportait un laçage élaboré sur la poitrine avec des lacets blancs. Elle possédait 3 rangées verticales de boutons. Le col et les manches étaient aux couleurs distinctives du régiment ( jaune pour le 19th ) et rehaussés de lacets simples ou multiples en fonction du grade. Sur les manches les lacets formaient des nœuds hongrois ainsi que dans le dos de la tunique. Les lacets étaient blancs, jaunes, argent ou or, pour le 19th, les lacets étaient blancs pour la troupe et argentés pour les officiers.

La culotte était blanche dans la grande tenue portée avec des bottes courtes, le pantalon de campagne était le plus souvent gris avec un renfort de cuir marron ou gris foncé. Les officiers portaient parfois une pelisse. Le casque Tarleton était la coiffure réglementaire avec bandeau de couleur, plumet à gauche et badge régimentaire à droite. Le badge régimentaire du 19th représente une couronne surplombant le sceau marqué de la devise de l'ordre de la jarretière avec un éléphant en son centre surmonté du nom "Assaye" pour les actions effectuées par le régiment aux Indes.

L'uniforme des trompettes est inconnu, les colonels des régiments étaient les seuls responsables de l'apparence de ces uniformes de musiciens. Ils étaient le plus souvent très élaborés, de couleurs identiques ou non à celles des autres cavaliers, certains portaient une tunique aux couleurs inversées d'autres une tunique avec un laçage particulier etc ...

Les dragons étaient armés de la carabine Paget, introduite en 1808, de calibre 0.66. Le sabre de cavalerie légère était du modèle 1796 copié sur un modèle autrichien de 1775 avec une lame courbe de 80 cm environ. Les sabres britanniques de cavalerie légère étaient réputés pour être médiocres, mal équilibrés, protégeant insuffisamment la garde de leur porteur et mal adaptés au combat de pointe. Ce qui n'empêchera pas la cavalerie anglaise de réaliser de nombreuses charges en Europe, beaucoup moins en Amérique avec fougue, courage et... très peu de discipline de manœuvre.

Remerciements à Brian Luscombe (Sergeant Major de son groupe de reconstitution) et à son équipe de reconstitution du XIX light Dragoons

(thank you brian for your help)

Je donne ici le lien pour son site sur le 19th light dragoons en 1812 :

http://www.19th-light-dragoons.ca/index.html

le sabre anglais modèle 1796, de pietre conception, cette arme handicapait le combattant par ses défauts

le sabre anglais modèle 1796, de pietre conception, cette arme handicapait le combattant par ses défauts

belles représentations du 19th light dragoons, avec au centre un gros plan sur le badge régimentaire en forme d'éléphant (les images proviennent du site du 19th light draggons)belles représentations du 19th light dragoons, avec au centre un gros plan sur le badge régimentaire en forme d'éléphant (les images proviennent du site du 19th light draggons)belles représentations du 19th light dragoons, avec au centre un gros plan sur le badge régimentaire en forme d'éléphant (les images proviennent du site du 19th light draggons)

belles représentations du 19th light dragoons, avec au centre un gros plan sur le badge régimentaire en forme d'éléphant (les images proviennent du site du 19th light draggons)

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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 12:33
La campagne du Niagara juillet à octobre 1814 (2)

Les Américains qui s'étaient retirés sur Chippawa effectuèrent une reconnaissance en force pour vérifier la position de l’armée anglaise. Scott qui commandait la mission tomba alors 4 km plus au nord sur l’armée anglaise établie sur une colline près d’une église à Lundy’Lane. Les Anglais étaient déployés en force et avaient établi leur artillerie sur le sommet de la colline. Aussitôt Scott envoya une dépêche à Brown lui indiquant sa position et celle de l’ennemi et lui demandant de lui envoyer des renforts, puis contre toute attente, il prit la tête de sa brigade et attaqua. Les Anglais possédaient une force conséquente (1900 hommes) et une forte artillerie (2 x 24 livres, 2 x 6 livres et des roquettes Congrève).La majeure partie de la brigade de Scott aborda de manière frontale les lignes ennemies, tandis que le 25th US regiment menait une attaque de flanc par un sentier forestier sur la droite du dispositif. Pendant que les troupes de Scott subissaient un tir d'artillerie meurtrier et n'ayant que leurs mousquets pour répliquer, le 25th US prit par surprise le flanc gauche anglais qui se déployait en ligne de bataille ( milice d'élite incorporée du Haut Canada, compagnies légères des 1st et 8th foot). Les Américains attaquèrent et repoussèrent le flanc gauche anglo-canadien complètement pris par surprise. A cette occasion de nombreux soldats anglais furent capturés ainsi que le général Riall (commandant en chef malheureux de la bataille de Chippawa). A cet instant, le général anglais commit un impair tactique : il redéploya sa ligne de front pour pallier le désordre de son flanc gauche tout en faisant rétrograder son centre et les glengarry light qui harcelaient le flanc gauche américain. Ce faisant il laissa quasiment sans protection son artillerie juchée sur la colline à la merci de la moindre attaque ennemie ce que Scott, prompt à réagir, vit immédiatement. Les renforts américains de la deuxième brigade arrivaient et Scott demanda au 21st US regiment du Lieutenant-Colonel James Miller de lancer une attaque de flanc, sous couvert des bois, sur l'artillerie anglaise. Ce à quoi le jeune lieutenant-colonel répondra une phrase entrée depuis dans la légende de l'US army : « i'll try sir » : je vais essayer !
L'attaque de flanc réussit et les artilleurs anglais furent fusillés puis chargés par le 21st. Les canons anglais étaient désormais aux mains des Américains.

La bataille changea alors de visage. Décimée par le feu ennemi, la brigade de Scott ne formait plus qu'un seul bataillon mais les renforts de la deuxième brigade occupaient la colline et surtout tenaient les canons anglais qu'ils retournaient contre leurs anciens propriétaires. Les renforts anglais arrivèrent également sous les ordres de Hercules Scott, mais, non avertis de la tournure des événements, tombèrent directement face à la deuxième brigade et furent sévèrement repoussés, perdant même toute leur artillerie (3 x 6 livres) et ne durent leur salut qu'à l'intervention opportune de la compagnie légère du 41st foot. La journée touchait à son terme et l'obscurité arrivant, les erreurs de tir furent nombreuses. Drummond lança une contre-attaque pour reprendre les canons, sans soutien d'un écran de tirailleurs, et fut repoussé. Les glengarry light furent pris pour cible par d'autres troupes anglaises et se replièrent à leur tour.
Le bataillon unique de Scott décimé subissait lui aussi le feu de ses frères d'armes qui les prenaient pour des Anglais (le nouveau shako américain ressemblant trop à celui des Anglais et lui donnait une silhouette similaire) et se débandèrent.
Une troisième et dernière tentative des Anglais échoua. Les Anglais avaient la lune montante dans le dos et se découpaient fort bien dans le noir offrant de bien meilleures cibles aux Américains qui tenaient sans faiblir la colline et ses canons.
Finalement Drummond abandonna toute offensive et se replia laissant les Américains maîtres du terrain et de ses canons et dès lors victorieux.
Décimé, Brown ordonna à ses troupes de se retirer à leur tour en abandonnant les collines, théâtre d'un si terrible affrontement. Scott blessé, se retira avec les restes de sa brigade ainsi que Ripley et la deuxième brigade, malgré les protestations des officiers subalternes qui ne comprenaient pas pourquoi on abandonnait le terrain si chèrement acquis.

Le 26 juillet, Brown ordonna à Ripley de récupérer les canons anglais qui n'avaient pu être ramenés faute de train d'artillerie. Ripley s'exécuta mais se rendit compte que les Anglais avaient réoccupé la colline et récupéré leurs canons. Dégoûté, Ripley retourna vers le sud rejoindre le reste de l'armée. La bataille de Lundy's Lane était terminée. Elle fut le plus âpre combat de la guerre et coûta 774 tués, blessés et disparus aux Américains ainsi que 28 prisonniers, tandis que les Anglais accusaient 800 tués, blessés et disparus auxquels s'ajoutaient 169 prisonniers.
Les gains pour les Américains furent nuls. Ils avaient attaqué en sous-effectifs un ennemi supérieur et mieux retranché ; ils l'avaient repoussé tout en capturant toute son artillerie pour finalement abandonner le champ de bataille et laisser les Anglais reprendre ce qu'ils avaient perdu. Les Anglais n'avaient pas vaincu, ils avaient même été repoussés alors que les conditions leur étaient favorables. Ils purent s'estimer heureux du résultat de cette journée et en profitèrent pour récupérer l'initiative sur les Américains qui rétrogradaient vers le fort Érié. Un long et sanglant siège s'annonçait.

Les Américains avaient encore une fois démontré leur supériorité tactique ainsi que celle de leur commandement malgré des manquements évidents (absence de coordination avec la flotte américaine, déficience dans la reconnaissance de l'ennemi). Scott s'est montré très, peut-être trop agressif et a accepté une bataille difficile qui aurait pu conduire à un désastre. La brigade de Scott s'est montrée à la hauteur de sa légende naissante et a fait preuve d'une bravoure admirable sous le feu ennemi. Si Chippewa avait suscité l'incrédulité dans le cœur des Anglais face aux soldats américains, Lundy's Lane suscitera leur respect.

Les Américains rétrogradèrent vers le fort Érié, ils détruisirent le pont sur la Chippewa, jetèrent des fournitures des chariots pour y charger leurs blessés. Les Anglais durement saignés attendirent avant de se lancer à la poursuite des Américains et se retrouvèrent devant Fort Érié avec une armée américaine retranchée, ayant fortifié et étendu les défenses du fort et prête à défendre sa position coûte que coûte. Le fort comprenait 18 canons et 3 schooners prêts à supporter la position ; de plus, des renforts pouvaient rapidement venir de la rive américaine pour aider la garnison.
Pour les Anglais, un siège de 7 semaines allait commencer. Drummond établit son campement à 6 miles du fort américain mais, comme Brown devant fort George, il ne possédait pas d’artillerie de siège et espérait une sortie de la part de la garnison américaine qui bien sûr ne bougea pas…
Il attaqua le dépôt de Black Rock, mais les troupes anglaises débarquées dans la baie de Conjocta Creek, au nombre de 580 soldats, tombèrent sur 240 hommes du 1st regiment of rifle embusqués qui les mirent en déroute après leur avoir tué ou blessé une quarantaine d’hommes au prix de seulement 2 morts.
Finalement il se résigna à aménager une batterie comprenant un mortier de 8 pouces et 4 canons de 24 livres, le 12 août la batterie était prête. Le fort Erié fut bombardé mais ne subit que des dommages partiels à l’exception d’un obus de mortier qui fit exploser une soute à munitions. Drummond pensant que son bombardement était suffisamment efficace se prépara à lancer un assaut nocturne. L’attaque serait menée par trois colonnes sous les ordres du Lieutenant-colonel Victor Fischer et comprenait le 8th foot et le régiment suisse De Watteville, le 89th, le 100th, 103rd et 104th foot. La première colonne devait s’en prendre à la batterie américaine de Snake Hill, la seconde aux fortifications avancées et la troisième au fort Érié. Pour éviter d’alerter les Américains endormis, les Anglais de la colonne principale retirèrent les silex de leurs mousquets afin d’éviter un départ de coup accidentel qui alerterait toute la garnison ennemie, la baïonnette devant suffire comme à fort Niagara. Mesure de discrétion évidente qui allait se révéler désastreuse pour la suite. Mais dès le départ l’attaque se passa mal. La colonne de Fischer devant s’en prendre aux canons américains et aux fortifications du nord-est démarra avec une demi-heure de retard, buta sur des abattis et alerta les sentinelles américaines en tentant de les franchir. La riposte américaine causa d’énormes pertes aux assaillants. Les Anglais se retrouvèrent avec des échelles trop courtes de trois mètres pour franchir l’obstacle et subirent un tir dévastateur sans pouvoir répondre faute de mousquets fonctionnels.

Les indiens de John Norton devant effectuer des manœuvres de diversion ne se montrèrent pas. La colonne qui attaqua fort Érié sur la partie ouest subit de lourdes pertes et n’obtint guère plus de succès. Enfin parvenus au pied du Fort les Anglais de la colonne de William Drummond attaquèrent plusieurs fois avant de prendre pied sur une des demi-lunes du bastion du fort avant d’être pulvérisés par une énorme explosion qui tua Américains comme Anglais, enterrant du même coup le dernier espoir des Anglais de prendre le fort. Les Anglais se replièrent laissant 60 morts dont le colonel Drummond, 309 blessés et pas moins de 539 disparus (222 corps de soldats furent retrouvés dans les ruines du bastion détruit par l’explosion). Les Américains avaient perdu 84 hommes dans l’attaque. Le siège tournait au désastre pour les Anglais.
Jusqu’au 4 septembre, assiégeants et assiégés se livrèrent une guerre de harcèlement au moyen des nombreuses unités de tirailleurs que comptaient leurs armées respectives. Dans ces missions les riflemen américains obtinrent de beaux succès. Le général Porter lança même une sortie sur une des batteries anglaises qui tirait sur le fort mais fut repoussé. Finalement le 17 septembre, pressé par son adjoint Louis de Watteville, Drummond se décida à abandonner le siège et à retourner à Fort George. Mais c’est ce jour-même que choisirent les Américains pour lancer leur grande sortie.
Le général américain Porter et 1600 hommes de la milice et des réguliers contournèrent la position anglaise dans les bois et capturèrent sans problème la batterie numéro 3 ; les canons furent encloués et les munitions détruites. Couverts par les canons du fort, les Américains attaquèrent la batterie numéro 2. Malgré une contre-attaque de deux compagnies du 82th foot, la batterie numéro 2 tomba à son tour après un violent combat au corps à corps où les Américains supérieurs en nombre submergèrent les Anglais. Sur la dernière batterie, les renforts anglais arrivaient et repoussèrent les Américains ; harcelés par les glengarry light et les indiens, les Américains se replièrent. Le combat avait coûté la vie à 500 Américains (72 morts et 432 blessés). Les pertes anglaises étaient encore plus lourdes ( 115 morts, 178 blessés et 316 disparus). Le 21 septembre après avoir enterré leurs morts, les Anglais se retiraient vers le nord. Le siège leur avait coûté deux fois plus de pertes que la bataille de Lundy’s Lane pour aucun résultat. Voulant reprendre l'initiative, le général américain Jacob Brown souhaitait ardemment attaquer les forces anglaises du général Drummond. Malheureusement les renforts américains qui venaient de Plattsburgh étaient sous les ordres d'un major général beaucoup moins offensif que Brown : le Major général George Izard. Ce dernier préconisait une attitude plus prudente dictée par le risque de s'exposer à un échec équivalent à celui des Britanniques, si les Américains se lançaient sur leurs positions défensives établies au nord de Chippewa Creek.
Brown quitta finalement ses positions avec la moitié de ses effectifs dans le but de renforcer Sackett’s harbor où une attaque britannique risquait de se produire.
Izard à son tour décida de prendre une posture offensive et se dirigea vers le nord. Devant la position britannique autour de fort Chippewa il essaya de mener une attaque de diversion sur un dépôt anglais : Cook's Mill. La force américaine comprenait 1200 soldats des 5th, 14th 15th et 16th us infantry ainsi que des détachements de rifles et de dragons légers. Pour contrer son adversaire, Drummond envoya 750 hommes des Glengarry light, 6th et 104th foot ainsi qu'un canon de 6 livres sous les ordres du lieutenant-colonel Myers. Les deux forces se rencontrèrent le 19 octobre à l'est du dépôt. Bien établies dans les bois, les forces américaines restèrent indélogeables durant une demi-heure de combat. Profitant de leur supériorité numérique les Américains commencèrent à déborder le flanc britannique. Myers décida de battre en retraite après avoir perdu 36 hommes contre 67 pour les Américains. Débarrassés de la menace anglaise, les Américains détruisirent le dépôt et retournèrent à leur camp de Black Creek.
Bien que le combat ait tourné à l'avantage des Américains, le but étant de détourner des forces conséquentes des positions anglaises de Chippewa ne fut pas atteint. Drummond restant solidement sur sa ligne de défense, Izard décida d'abandonner le fort Érié après l'avoir détruit.

Cook's Mill fut le dernier combat sur le sol de la péninsule du Niagara et en dépit du succès tactique resta un échec stratégique. Après un autre accrochage à Malcolm's Mill les Américains abandonnèrent Fort Érié en novembre après avoir détruit une grande partie de ses installations et retournèrent sur leur rive de l’autre de la rivière Niagara. La campagne dans la péninsule du Niagara prenait fin et se révéla un ultime échec pour l’armée américaine qui néanmoins avait prouvé ses qualités combattantes aux troupes anglaises. Cette campagne avait coûté bien plus d’hommes aux Anglo-Canadiens qu’aux Américains, mais ces derniers avaient été incapables de coordonner leur effort avec la flottille de Chauncey sur le Lac Ontario, ce qui reste une des causes de leur échec. Le 12 septembre le HMS Saint Lawrence était lancé et ses 102 canons lui donnaient l’avantage. La flottille américaine ne pouvait plus lui contester la suprématie du lac et se réfugiait dans ses ports à la moindre alerte signalant son approche. Sans canons lourds Brown ne put prendre Fort George ce qui aurait entraîné la chute de la péninsule ; la coopération entre la marine et l’armée de terre fut calamiteuse.

La fin de l’offensive sur le Niagara signifiait aussi que les Américains avaient épuisé une grande partie de leurs ressources dans cette offensive et qu’ils devaient se résigner à subir la contre-attaque des Anglais que les 10000 hommes en provenance d’Europe n’allaient pas tarder à lancer sur le sol américain. L’heure n’était plus à l’invasion du Canada mais à la défense de la patrie. Que ce soit autour de la table des négociations ou sur le terrain, la guerre de 1812 approchait de son dénouement.

Représentation de E.C. Watmouth de l'attaque nocturne de fort Erié qui fut un désastre pour les anglais

Représentation de E.C. Watmouth de l'attaque nocturne de fort Erié qui fut un désastre pour les anglais

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