4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 21:27

Niagara

La campagne du Niagara constitue la dernière tentative des américains pour prendre pied sur le territoire du Haut Canada de la guerre de 1812. Elle se joue dans le contexte des négociations de Gand en Belgique qui stagnent car les deux délégations attendent des succès notables de la part de leurs armées respectives pour faire pencher la balance en leur faveur.

La campagne du Niagara était vue comme l'opération de la dernière chance pour les Américains. L'envoi des renforts en provenance d'Europe, que l'abdication de Napoléon permettait, risquait de compromettre gravement les chances de victoire américaine. Mais les négociations entamées en Belgique pouvaient encore tourner à l'avantage des Américains si ces derniers réussissaient à capturer une partie importante du Haut Canada.

Dans cette optique, la péninsule du Niagara fut choisie pour être la cible de l'invasion et notamment le fort George qui commandait son embouchure nord. A cet effet, les Américains sous les ordres du général Brown, allaient minutieusement préparer leurs troupes d'invasion. Pour cette mission il chargea un de ses meilleurs subordonnées : le général Winfield Scott de s'acquitter de cette tache. Après s’être installés près de la ville de Buffalo, Scott fit construire un camp d’entraînement à Flint Hill.
A la mi-avril, dès la fonte des neiges,  commença un des plus durs entraînements que l’armée américaine eut à subir de toute la guerre. Bien que ses soldats soient des vétérans, Scott allait leur faire exécuter pendant des semaines toutes les manœuvres que le manuel préconisait, quotidiennement, afin de les affûter au mieux et ce jusqu’à 10 heures par jour ; les troupes de Scott allaient acquérir une grande discipline tactique et devenir dès lors l'armée la plus efficace que les États-Unis aient jamais connue.
N'ayant pu leur fournir le nouvel uniforme bleu, il leur fit mettre à la place la veste  grise réservée à la vie en cantonnement. Ces uniformes gris allaient devenir le symbole de la brigade du général Scott et une des plus grandes gloires militaires américaines.

L'invasion commença en juillet 1814 avec la capture du fort Érié qui surveillait l'embouchure Sud de la péninsule du Niagara. Lorsque les barques transportant les 3500 hommes de la division ainsi que leur matériel voguèrent vers la rive canadienne, les sentinelles anglaises présentes ne purent que tirer quelques coups de feu avant de partir prévenir le major Buck qui commandait le Fort Crié. Défendu par 137 hommes, le fort livra un combat d’honneur avant de se rendre. L’invasion commençait sous les meilleurs auspices et peu après la capture du fort Érié, le général Brown ordonna au général Winfield Scott, de progresser vers le nord en direction de Queenston. Les unités de la  Brigade de Scott se dirigèrent donc vers le nord le long du fleuve Niagara et se heurtèrent à l'avant-garde ennemie.


Le général anglais Riall avait ordonné au colonel Thomas Pearson d'effectuer une reconnaissance en force de l'avant-garde américaine et le 4 juillet, Anglais et Américains se heurtèrent près de Street's Creek. Les Anglais en sous-nombre firent une charge de cavalerie avec les dragons légers sur un régiment américain qui les repoussa calmement par son feu.Après un bref échange d'artillerie, les Anglais se retirèrent et Scott s'installa pour la nuit non loin de la rivière Chippewa.
Le 5 juillet au matin, les Anglais sous le commandement du général Riall envoyèrent des tirailleurs et des indiens dans les bois pour harceler le camp américain. Le général Brown, excédé par les tirs des troupes légères ennemies, ordonna de les chasser de la forêt. Après un sauvage combat au corps à corps, les troupes anglo-canadiennes se replièrent devant les troupes américaines. Une fois le flanc gauche des Américains sécurisé, Scott put reprendre son mouvement vers le nord. Le général anglais Riall, ignorant tout de l'avancée de Scott, décida d'envoyer ses troupes le long de la berge pour une attaque frontale des troupes américaines. Les réguliers anglais arrivèrent sur le champ de bataille en colonne puis se déployèrent en ligne. Riall, chassant à son tour les tirailleurs américains, se trouva face à face avec la brigade du général Scott dont la couleur des uniformes gris des soldats américains le persuada de n'avoir affaire qu'à de la milice (curieux clin d'œil de l'histoire car les Américains avaient commis le même impair à Crysler’s Farm où ils avaient confondu des troupes régulières anglaises avec de la milice canadienne à cause de leurs manteaux gris). Mais sous le feu de l'artillerie anglaise, la brigade de Scott se déploya comme à la parade et mit ses propres pièces en place. Rapidement, Riall réalisa qu'il avait affaire à des soldats d'une autre trempe que de simples miliciens et selon la légende s'écria « those are regulars by god » (mais ce sont des soldats de métier bon dieu) bien qu’il semble qu’aucun témoin anglais n’ait entendu le général anglais prononcer ces mots.
La bataille de Chippawa ou « Chippewa » commença.


Les 9th, 22th et 25th US regiment se déployèrent en ligne et ouvrirent un feu d'enfer sur les régiments anglais. Ces derniers disposaient du 1st, du 8th et du 100th foot ainsi que de quelques pièces d'artillerie de 24 et 6 livres. Les Anglais se déployèrent également en ligne et subirent le feu précis des canons américains et de l'infanterie de Scott.
Pendant une demi-heure les deux lignes rouge et grise se fusillèrent mutuellement. Les soldats réguliers américains comme les Anglais pouvaient délivrer deux tirs par minute et à ce rythme les Américains se montrèrent plus rapides et plus précis. Le 25th US infantry effectua une manœuvre de débordement sur le flanc gauche et prit toute la ligne anglaise en enfilade. Les canons anglais dépassés par les artilleurs américains étaient moins efficaces et finalement la position devenant intenable pour les Anglais, l'ensemble de leurs lignes fut mis en déroute et les Américains se lancèrent à la charge. Pour la première fois de la guerre des vétérans anglais furent battus par des réguliers américains sur un terrain ouvert. Ils furent surclassés tant par le feu que par la rapidité de manœuvre des troupiers de la brigade de Scott qui montrèrent ce jour-là tous les bienfaits de leur entraînement quotidien effectué dans le camp de Buffalo quelques semaines plus tôt.
Les pertes furent de 330 morts, blessés et disparus pour les Américains et de 550 pour les Anglais.

La victoire tactique indéniable de l'armée américaine ne mettait pas un terme à la campagne. Bien que battue, l'armée anglaise battit en retraite en bon ordre et put se regrouper.
Les troupes américaines étaient en mesure de poursuivre leur progression vers le nord et vers leur objectif, fort George. Les Anglais qui venaient d’être vaincus pour la première fois dans un combat classique par les troupiers américains allaient se montrer moins méprisants lorsqu’ils croiseraient les uniformes gris de la « Scott’s Brigade » et cette nouvelle rencontre n’allait pas tarder à avoir lieu.
Plusieurs jours après la bataille, les Américain reconstruisirent le pont sur la rivière Chippewa et progressèrent vers le Nord. Jacob Brown espérait voir arriver la flottille du lac Ontario qui devait amener des renforts et surtout le matériel lourd dont des canons pour mener à bien le siège de fort George. Pendant presque deux semaines, il attendit un signe de l’amiral Chauncey. Mais ce dernier était plus concerné par le sort de sa flotte et refusa tout net d’aider les troupes à pied américaines, hypothéquant grandement les chances de succès de la campagne. Sans les canons lourds, Brown avait peu de chance de capturer Fort George et il tenta, en s’approchant du fort anglais, de faire sortir la garnison pour livrer un combat classique.
Mais les Anglais ne bougèrent pas, d’autant plus que les renforts en provenance de York arrivaient. Le général Gordon Drummond, arrivé le 25 juillet, prit le commandement des forces britanniques de toute la péninsule et se prépara à contre- attaquer les Américains avec ses renforts fraîchement arrivés.

(carte de l'auteur)

une intérressante vue de la bataille de Chippawa par Jeff Masson, on distingue au premier plan un dragon léger du 19th régiment dans la nouvelle tenue et en arrière plan, la ligne anglaise

une intérressante vue de la bataille de Chippawa par Jeff Masson, on distingue au premier plan un dragon léger du 19th régiment dans la nouvelle tenue et en arrière plan, la ligne anglaise

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:30
Jackson dans sa tenue de Major général

Jackson dans sa tenue de Major général

Le nom du général Andrew Jackson est immédiatement associé à la grande victoire qu'il a remportée en 1815 à la Nouvelle-Orléans. Au delà de l'extraordinaire succès obtenu en Louisiane, le général Andrew Jackson fait partie de la nouvelle génération de leaders dont l'armée avait cruellement besoin. Un leadership particulièrement inspiré puisqu'il l'a conduit directement à la maison blanche en 1829.

 

Andrew Jackson est né en 1767 en Caroline du sud. Son père étant mort avant sa naissance il fut élevé avec ses deux frères par sa mère et un parent. La carrière militaire du jeune Andrew débuta très tôt ; pris dans la tourmente révolutionnaire que traversait son pays, Andrew Jackson et un de ses frères servirent dans l'armée continentale de Washington en tant que courrier. Capturé par les Anglais, il vécut un épisode qui le marqua toute sa vie à double titre et qui expliquait la haine qu'il vouait aux britanniques. Ayant refusé de cirer les bottes d'un officier anglais, ce dernier lui appliqua un violent coup avec son épée le gratifiant d'une cicatrice sur le visage.

Marqué dans sa chair le jeune Jackson voua une haine féroce à l'encontre des tuniques rouges d'autant plus qu'il venait de perdre sa mère, morte du choléra. Recueilli par son grand père, il travailla dans un atelier de sellier avant de reprendre le chemin des études en Caroline du Nord.

A l'age de 20 ans il devint avocat et partit pour Nashville, Tennessee, où il rencontra et épousa Rachelle Robards.

 

L'attitude fière et querelleuse de Jackson qui lui avait déjà valu sa fameuse estafilade lui valut par la suite une série de duels à la cour en tant qu'avocat mais aussi dans une plaine isolée au pistolet. Parfois même en pleine guerre de 1812, lorsqu'en 1813 il se querella avec un ancien aide de camp pour une histoire d'honneur, Jackson écopa d'une balle à l'épaule dans la bagarre. En tant que notable il parvint à obtenir la charge de Major general de la milice du Tennessee en 1812 afin de combattre les tribus Creeks.

Durant cette campagne il réussira à s'attirer la sympathie de ses hommes par son attitude protectrice envers eux qui le surnomment " Old Hickory ". La guerre contre les Creeks est difficile et les combats s'accumulent. Des rumeurs de soutien de l'Espagne aux tribus Creeks hostiles donnèrent à Jackson l'occasion de s'en prendre aux possessions espagnoles de la région. Sans autorisation de son gouvernement, Jackson s'empare de Pensacola où il fait pendre deux espions anglais après une cour martiale et chasse les Anglais de la ville. Après le massacre de Fort Mims en 1813 Jackson  bénéficia de nouveaux volontaires désireux de se venger. Sur la rivière Tallapoosa, Jackson aidé d'un régiment régulier, écrase les Creeks à Horseshoe' Bend le 27 mars 1814, plus de 700 guerriers Creeks tombent sous les coups de l'armée de Jackson. Et finalement les Creeks se rendent par le traité de Fort Jackson où ils perdirent encore plus de territoires.

Il s'attaque ensuite aux Seminoles en Floride, il sera nommé gouverneur de cet état une fois que les Etats-Unis l'auront acheté à l'Espagne en 1819.

En décembre 1814, il arrive à la Nouvelle-Orléans pour repousser l'invasion anglaise qui s'annonce. Regroupant les forces locales et les renforts venus du Tennessee, du Kentucky et des pirates de Barataria. Après une première attaque contre le camp anglais il participe à la défense de la ligne baptisée Jackson" pour l'occasion et inflige à l'armée la pire défaite de la guerre de 1812. Pour moins de 80 tués ou blessés ( 350 pour toute la campagne) , les forces de Jackson infligent plus de 2500 pertes à l'ennemi. La Nouvelle-Orléans est sauvée et Jacskon devient un héros national.

Gouverneur de Floride, Jackson ambitionne de se présenter à l'élection présidentielle de 1824. Son statut de héros national lui apportant beaucoup de crédit et de soutien mais il échoue face à John Quincy Adams. Il renouvelle l'expérience 4 ans plus tard et cette fois il obtient la majorité et la place de 7éme président des Etats-Unis. Jackson avait la réputation d'être quelqu'un de dur, sa présidence ne fera pas exception. Sous son mandat par le " Removal Act ", les indiens sont chassés des territoires de la côte est et le peuple Cherokee empruntera la piste des larmes au prix de milliers de morts alors que la cour suprême avait jugé la loi non conforme à la constitution.  Réélu pour un second mandat en 1832,  Il matera une révolte ouvrière avec le concours de l'armée, une première aux Etats-Unis. En 1835, au Capitole, il est victime d'une tentative de meurtre mais les armes de son assassin s'enrayent et il échappe à la mort. En 1837 il reconnait la république du Texas première étape qui conduiront les Etats-Unis à affronter le Mexique en 1846.

La guerre il ne la verra pas, il meurt d'une vieille blessure 8 juin 1845 au Tennessee.

Energique et charismatique, Jackson laissa un souvenir impérissable aux Américains. Les indiens virent en lui l'un de leur pire ennemi responsable du plus grand génocide contre leur peuple dans l'affaire de la piste des larmes, du " Removal Act " et des guerres qu'il a menées contre les Creeks et les Seminoles. Il laissera un souvenir cuisant aux Anglais à qui il infligea une des pires défaites de leur histoire militaire évènement qui sonnait dans son coeur comme une juste vengeance de ce qu'il avait subi dans sa jeunesse.

L'homme du peuple le vit comme un président soucieux de garantir au plus grand nombre le droit de participer par le vote à la vie politique de l'état mais aussi capable d'excès notamment dans sa répression des émeutes.  Il fut un des personnages majeurs de la vie politique des années 1830 et il fut à l'origine par sa politique de l'ère des partis tels que les Américains les connaissent aujourd'hui.

 

 

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 20:08
progression du site halls of Montezuma
progression du site halls of Montezuma

Vous avez pu remarquer que tout se met en place doucement sur le second site. Bien que le travail ait été préparé à l'avance pour gagner du temps, il reste beaucoup de travail pour enrichir le site, notamment avec les pages sur les batailles, l'armée mexicaine et américaine tout en fournissant de nouvelles planches sur 1812.

Même si la nouvelle présentation ne me permet pas d'agrémenter le site aussi bien que je l'aurais voulu j'espère que les planches sur la guerre de 1846 recevront le même accueil que celles sur 1812 (Merci encore une fois à Alexis Cabaret pour son aimable autorisation d'utilisation et surtout de modification de son travail).

En tout cas le succès est déjà au rendez-vous et vous êtes nombreux à visiter les halles de Montezuma dont le lien figure maintenant dans la liste des liens.

http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/http://

A gauche un membre d'une compagnie légère d'un régiment de ligne mexicain

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 20:08
quelques troupes présentes à Bladensburg (cliquer droit et afficher l'image pour agrandir )

quelques troupes présentes à Bladensburg (cliquer droit et afficher l'image pour agrandir )

La bataille de Bladensburg fut disputée pour la défense de la ville de Washington. La défaite de l'armée américaine permit à l'envahisseur anglais de s'emparer de la capitale américaine infligeant en plus de la défaite militaire une défaite morale au peuple américain tout entier. La destruction des édifices publics en réponse au sac de York en 1813 eut pour effet de galvaniser la population américaine et de calmer en partie les dissensions qui existaient entre les différents pouvoirs politiques. Les ravages causés sur les côtes américaines et l'incendie de Washington créèrent une "union sacrée" contre l'ennemi britannique alors que ces derniers espéraient punir ces sauvages et les terroriser au point de les forcer à négocier plus docilement.

La bataille de Bladensburg vit l'affrontement de troupes extrêmement professionnelles du côté anglais et des troupes essentiellement composées de miliciens et de volontaires inexpérimentés du côté américain. Il n'est pas surprenant que malgré le feu d'infanterie et d'artillerie efficace que firent pleuvoir les Américains sur les Anglais, ces derniers au nombre de 4000 ne reculèrent pas et manœuvrèrent pour surprendre leurs adversaires. D'un autre côté, les Anglais utilisèrent des roquettes Congrève qui furent comme à leur habitude inefficaces et causèrent peu de dommages mais qui se révélèrent une terrifiante arme psychologique. Les miliciens n'ayant jamais vu de tels projectiles s'enfuirent devant les traits "rougeoyants" des fusées. L'armée américaine qui comprenait presque 7000 hommes (dont au moins 6500 miliciens et volontaires) s'enfuit à toutes jambes donnant le surnom de "Bladensburg Races" à la bataille.

Heureusement pour l'honneur des armes américaines, une unité surprit les Anglais par sa ténacité, son courage et son feu destructeur. Le détachement de marins volontaires et de US Marines commandé par le Commodore Barney dirigea son feu avec brio durant toute la bataille avant d'être submergé par les Anglais.

La bataille terminée, les Anglais totalisaient presque 250 morts et blessés pour seulement une soixantaine d'Américains, mais ils en avaient capturé plus d'une centaine, la plupart appartenant au corps de Barney, resté seul sur le champ de bataille.

La batterie de Barney, composée de marins de la flotille de Barney et de US Marines, tombée aux mains des Anglais qui saluent néanmoins leur courage.

La batterie de Barney, composée de marins de la flotille de Barney et de US Marines, tombée aux mains des Anglais qui saluent néanmoins leur courage.

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 20:17
Lancement du nouveau site !!

Comme annoncé précédement, voilà le départ du second site sur un nouveau conflit : la guerre entre les États-Unis et le Mexique en 1846 - 1848.

Je continue bien sûr la mise à jour du site sur la guerre de 1812 (mais à un rythme un peu moins soutenu) et je commence celui sur le second site.

L'apparence sera malheureusement différente car le changement entre les versions d'over-blog ne m'a pas permis de garder le même format.

Pour le site sur la guerre du Mexique c'est ici :

http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/http://

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 12:28

isaacbrock

De tous les officiers anglais qui participèrent à la guerre de 1812, aucun ne suscita plus de respect et d'admiration que le lieutenant gouverneur du Haut Canada : le général Isaac Brock.

Brock natif des îles anglo-normandes (Guernesey) commença sa carrière militaire à 15 ans avec le grade d'enseigne dans le 8th regiment of foot. En tant que jeune officier il fut placé au dangereux poste de porte-drapeau du régiment. Il est de coutume que les deux drapeaux de chaque bataillon soient portés par les plus jeunes officiers du régiment. Fort heureusement pour eux on les accompagnait de solides sous-officiers vétérans armés d'un long esponton et dont la mission principale était la défense des couleurs (éventuellement celles de son porteur également).

En 1791, en tant que capitaine , il fut transféré vers le 49th regiment ( Le 49th "the HerdfordShire regiment of foot" dans la guerre de 1812) et servit dans les Antilles. Durant son séjour dans le 49th, il gagna une certaine renommée en ridiculisant un de ses camarades qui l'avait provoqué en duel. Brock ayant choisi le pistolet, arme pour laquelle il n'avait pas témoigné une grande adresse, il contra l'habileté de son adversaire en lui proposant un duel à brûle-pourpoint, ce que l'autre déclina. Il obtint ainsi une popularité certaine auprès de ses autres camarades par sa ruse tout comme son courage. Avec le grade de lieutenant-colonel en 1797, il fut placé à la tête de son régiment.

1799 fut l'année de son baptême du feu dans les Pays-Bas contre les républicains français. Il fut blessé à la gorge lors de la bataille d'Egmont-op-Zee le 2 octobre 1799. En 1801, après avoir assisté au bombardement de la Royal Navy de la capitale danoise sans participer lui-même à l'action, il fut transféré avec son régiment au Canada.

 

Arrivé au Canada, à Québec, Brock dut faire face à des problèmes disciplinaires importants et à des actes de mutinerie. La sévérité du chef de la garnison de Fort George, le lieutenant-colonel Sheaffe, avait déclenché un projet de révolte parmi une partie du détachement du fort. Une fois sur place, Brock régla rapidement le problème et fit envoyer les mutins en cour martiale à Québec. Ces derniers subirent le sort réservé aux déserteurs : le peloton d'exécution.

Colonel en 1805, il fit renforcer les défenses de la ville de Québec en réponse à l'accroissement des tensions avec les Etats-Unis.  Il participa au développement d'une force navale sur les Grands Lacs capable de tenir ces espaces liquides vitaux pour toute la colonie.  En 1807, il devint général de brigade et fut placé à la tête des forces de tout le Canada dès 1810 par le gouverneur de la colonie, Sir Craig. L'année suivante il prit le rang de major général et devint lieutenant gouverneur du Haut Canada. Bien que ses aspirations militaires l'aient toujours porté vers les combats en Europe, il ignorait que pour lui sa renommée allait commencer ici. En tant que lieutenant gouverneur il cumulait les fonctions de général en chef des forces du Haut Canada et administrateur civil. Il possédait à ce titre la charge de membre sénior du conseil exécutif du Haut Canada. Dans sa préparation des défenses de la colonie pour une guerre qui semblait être imminente, Brock multiplia les demandes en hommes pour renforcer la garnison réduite de sa colonie.

 

Il trouva un allié inattendu dans la personne du leader Shawnee, Tecumseh. lors de leur première rencontre en août 1812 à Amherstburg  Tecumseh dira de lui "voilà un homme". Les deux hommes se respectaient et chacun à sa façon impressionna l'autre.

Avec la guerre de 1812, Brock se révéla un organisateur hors pair, grâce à ses agents il sut très vite tirer parti de la mauvaise communication qui existait entre Washington et les postes avancés américains. Sans coup férir il envoya des hommes capturer Fort Mackinac et sécuriser la porte d'entrée du Michigan. Lorsque l'armée du général Hull se mit en marche pour menacer Amherstburg, il mit  à profit les informations capturées sur le navire américain Cuyahoga Packet pour la campagne de Detroit. il envoya le 41st regiment of foot et de nombreux miliciens avec les indiens de Tecumseh pour assiéger le Fort Detroit. Il fit habiller ses miliciens avec des uniformes de soldats réguliers et fit circuler une missive annonçant un chiffre de guerriers indiens très supérieur à la réalité. Devant le Fort américain il fit défiler les mêmes troupes pour donner l'illusion du nombre et inspirer la terreur à Hull. Ce dernier craignant pour la vie de ses hommes si des indiens enragés s'emparaient du fort se rendit et donna à Brock sa plus grande victoire avec une perte minime.

brock est tué à la bataille de Queenston Heights

Brock n'eut pas le temps de se reposer sur ses lauriers et organisa la défense du centre du Haut Canada menacé par d'autres armées américaines. Il rencontra finalement son destin à Queenston Heights le 13 octobre 1812. Séjournant à Fort George, le quartier général du Haut Canada, il accourut au secours des troupes anglo-canadiennes de Queenston attaquées par une force américaine supérieure en nombre. Sur place il prit la tête du 49th regiment qu'il connaissait bien et contre attaqua les Américains établis sur les hauteurs de la ville. Son uniforme de général en fit une cible parfaite et il fut atteint d'une balle à la poitrine qui le tua net. La bataille fut gagnée par les Anglais mais le Canada avait perdu son meilleur général. Le gouverneur George Prevost qui ne partageait pas toujours la stratégie de Brock ne fut pas capable de renverser la situation alors que les forces dont il disposait étaient bien supérieures à celles de Brock.

Il demeure à ce jour comme un des grands héros du Canada pour sa défense courageuse et intelligente lors de la guerre de 1812. Il est avéré que sans ses dispositions, le Haut Canada serait sans doute tombé dès les premiers mois de la guerre.

le monument de Brock à Queenston

le monument de Brock à Queenston

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 10:22
Nouveau site en préparation

Bien que la période de la guerre de 1812 garde ma préférence j'ai décidé de créer un nouveau site sur un autre conflit. Ce dernier bénéficiera des même types de planches que celui sur la guerre de 1812 basées sur l'excellent travail d’Alexis Cabaret et concernera un conflit postérieur, plus d'informations viendront ultérieurement.

La mise à jour et l'ajout de nouveautés sur la période de la guerre de 1812 continueront également, de nombreux autres articles sont en préparation.

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28 avril 2013 7 28 /04 /avril /2013 08:42
L'ordre de bataille de Moraviantown

La bataille de Moraviantown ou de la rivière Thames, fut un évènement majeur de la guerre de 1812 et celà essentiellement à deux titres.

Le haut Canada fut envahi depuis sa partie occidentale et toute une région fut durablement occupée par l'armée américaine jusqu’à la fin de la guerre donnant ainsi une assise supplémentaire à la délégation américaine lors des négociations de Gand.

La confédération indienne de Tecumseh s'écroula quand ce dernier fut tué lors du combat ; l'aide des amérindiens aux Anglais ne cessa pas pour autant mais fut fortement réduite. Avec la mort de Tecumseh, une des principales menaces qui pesaient sur la volonté expansionniste américaine s'effondrait.

pour plus de détails http://history-uniforms.over-blog.com/page-5901414.html

L'unité qui s'est le plus démarquée durant ce combat fut le régiment de volontaires montés du Kentucky dirigé par le Colonel Richard Johnson. Ces cavaliers noirs vont prendre par surprise les troupes anglaises et les balayer en 5 minutes puis affronter les indiens de Tecumseh.

La planche :

Les troupes anglaises étaient essentiellement représentées par le 41st regiment of foot avec ses cols et manches rouges. Malheureusement pour eux, ils furent défaits par une force de cavalerie et durent fuir vers les bois ; une grande partie de l'unité présente fut capturée et emmenée en captivité. Tous ne reviendront pas tant les conditions de détention étaient dures dans cette région du monde, la plupart seront relâchés ou échangés vers 1814.

A côté se trouvent deux guerriers indiens de la confédération de Tecumseh essentiellement, les Anglais ayant fui bien avant. Leur chef Tecumseh mais aussi Rounhead furent tués, leur confiance et leur alliance avec l'Angleterre brisée. Les guerriers des zones forestières étaient souvent habillés avec le strict minimum en été et avec des vestes en peau l'hiver. Ils ne rechignaient pas à mélanger des effets indiens avec des effets d'habillement des blancs.

Du côté américain, plus de 3700 hommes furent présents, essentiellement de la milice du Kentucky et des détachements d'unités régulières de l'US Army.

L'ordre de bataille de Moraviantown

Les soldats américains commencèrent à recevoir les uniformes simplifiés 1813 avec col et manches rouges mais sans lacets, certains avaient déjà même le nouveau shako "Tombstone", d'autres gardaient l'ancien shako en feutre plus fragile et inadapté à l'hiver. Mais il est difficile de se faire une idée exacte de leur apparence tant les problèmes de logistique étaient importants ; on ne peut donc que supposer quant à l’apparence de leur uniforme. Les volontaires montés du Kentucky aimaient s'habiller en noir pour se démarquer des troupes à pied mais là encore il est fort possible qu'une multitude de tenues aient été portées par eux. Les miliciens à pied devaient essentiellement adopter la veste de chasse avec là encore une grande variété de tenues civiles.

Le cri de guerre "souvenez-vous de la rivière Raisin" fut celui de la milice du Kentucky qui trouvait à Moraviantown l'occasion de se venger de la défaite de la bataille de Frenchtown et du massacre de ses prisonniers.

Les pertes de la bataille furent relativement modérées, une cinquantaine de part et d'autre, mais les prisonniers furent très nombreux côté britannique, presque 600 hommes. La bataille de Moraviantown mit un terme à la campagne débutée avec la victoire du lac Erié et fut l'occasion pour les Américains d'occuper durablement une partie du territoire canadien.

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:26
Les Shawnee dans la guerre de 1812

Les Shawnee occupent une place spéciale dans la guerre de 1812 puisque le plus grand leader de la nation indienne de la guerre de 1812, Tecumseh, appartient à cette tribu.

 

Probablement originaires de la vallée de l'Ohio, les Shawnee ont également peuplé durant certaines périodes la Caroline du Sud, le Tennessee, la Pennsylvanie, l'Alabama et la Géorgie. En langue Delaware Shawnee signifie l'habitant du sud.

Peuple nomade, il pratiquait néanmoins l'agriculture et possédait des villages permanents. De tradition et de culture algonquine, ils occupaient un espace relativement vaste et le partageaient avec d'autres nations indiennes comme les Creeks du Sud ou les Delaware. Les déplacements dus à la conjoncture politique et aux différents traités poussèrent les Shawnee vers la région de la rivière Ohio.

Leurs relations avec les hommes blancs furent ponctuées de guerres où ils s'allièrent tantôt avec les uns et tantôt avec les autres. En 1763 ils combattirent aux côtés des Français contre les Anglais avant de combattre avec les Anglais contre les insurgés américains en 1776 durant la guerre d'indépendance. La guerre sépara une première fois les Shawnee dont une partie se dirigea vers le Sud-Ouest vers le Missouri.

 

La portion de territoire qu'ils occupaient étant devenue la cible des colons américains, ils livrèrent une guerre continuelle contre les incursions des blancs affrontant l'armée américaine à la rivière Wabash, et Fallin timber. La défaite indienne consommée, le traité de Greenville en 1795 força les indiens à abandonner plus de terres et une partie d'entre eux se dirigèrent vers la rivière Wabash dans l'Indiana tandis que l'autre s'enfonçait plus amont dans l'Ohio. C'est durant cette période que Tecumseh émergea comme le leader Charismatique qu'il allait devenir.

La période de Tecumseh eut un considérable impact sur l'avenir des tribus de toute la région. Il tenta avec son frère Tenskwatawa de réunir les tribus du Nord-Est, du centre et du Sud dans une alliance, une confédération, afin de résister ensemble à la poussée colonisatrice des blancs. Se heurtant aux visées expansionnistes américaines l'affrontement était inévitable et la bataille de Tippecanoe en 1811 obligea Tecumseh à chercher l'alliance des Anglais.

shawnee-lookout

Ci-contre guerriers Shawnee, il est bien sûr difficile de parler d'uniforme mais chaque étoffe, pièce de vêtement plume et peinture de guerre possède une signification particulière propre à chacune des grandes nations indiennes. Il faut garder à l'esprit que les amérindiens de l'Est de l'Amérique du Nord ne possédaient pas de langue écrite et que la multitude des tribus et des langues parlées obligeait les indiens à trouver des codes communs pour se faire comprendre entre eux. La peinture des corps et des visages remplit ce rôle en indiquant de manière précise les intentions ou l'histoire de son porteur.

 

 

En 1812 au déclenchement de la guerre, les Shawnee, Tecumseh et plus 3000 à 3500 guerriers se rangèrent aux côtés des Anglais. Après le succès de Fort Detroit en août 1812, l'ardeur des guerriers Shawnee s'émoussa lors des sièges sur la rivière Maumee (Forts Meigs et Stephenson) avant de s'effondrer après la bataille de Moranviantown. Les Shawnee ne participèrent jamais en masse aux affrontements et retournèrent très vite auprès des leurs dans l'Ohio, d'ailleurs une grande partie d'entre eux était restée neutre à l'égard du conflit anglo-américain.

La partie d'entre eux qui était restée dans le Missouri participa même aux côtés des colons à la lutte contre les raids des indiens du Nord.

Finalement l'ensemble de ces tribus, peu importe leur parti pris dans la guerre, fut forcé au déplacement vers l'Ouest à partir de 1831 en direction du Kansas et de l'Oklaoma.

 

shawnee hunter 96

ci-contre un guerrier Shawnee à la chasse en hiver. On retrouve les grandes cuissardes de peau très efficaces pour se protéger du froid et qui seront utilisées par les Français du Canada et tous les colons vivant à leur contact. Maîtres incontestés de la survie dans les régions froides, les Amérindiens ont certainement plus apporté aux premiers colons que l'inverse dans le cadre d'une adaptation intelligente à l' environnement local. Les armes à feu furent par contre très appréciées et servirent de monnaie d'échange dans les trocs ou pour conclure un traité. Les nations indiennes possédaient au fil du temps une collection hétéroclite de mousquets et de carabines glanés sur les champs de bataille ou cédés au gré des alliances avec les blancs.

 

Shawnee Warrior

guerrier shawnee en veste de peau et peinture de guerre ? sur le visage et les cheveux.

 

 

On connaît mal les significations réelles des peintures. L'histoire de ces peuples étant essentiellement orale, il n y a pas de trace écrite, hormis les descriptions faites par des blancs qui les ont vus (ou combattus).

La couleur utilisée pour le visage ou les cheveux a une signification. Le rouge était une couleur bénéfique comme le noir, mais pour d'autres tribus il pouvait signifier autre chose. En temps de guerre il signifiait la décision du guerrier et de son peuple d'affronter l'ennemi. Une sorte de confirmation que le chemin de la guerre avait été choisi et accepté. Le blanc était associé au deuil mais pouvait aussi signifier la paix ; associé aux couleurs de guerre il pouvait signifier la volonté de survivre au combat. Les dessins (rond, lignes droites ou non, pointillés, main...) évoquaient un souhait, un épisode de la vie du porteur, une intention, etc.

Les peintures de guerre (rouge et noir associées) étaient avant tout un message d'effroi adressé à l'ennemi, mais il pouvait être un don accordé au porteur comme le vert sous les yeux permettait de voir la nuit. La peinture ne se limitait pas au visage mais pouvait être appliquée sur tout le corps, les armes et, pour ceux qui en possédaient, les chevaux.

En tout état de cause afficher une couleur était un message codifié en fonction de certaines occasions, propre à être compris par une autre tribu.

 

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 20:13
L'ordre de bataille à Chateaugay 26 octobre 1813
L'ordre de bataille à Chateaugay 26 octobre 1813

 

La bataille de Chateaugay : La bataille de Chateaugay 26 octobre 1813

L'armée américaine du général Hampton comprenant 3000 réguliers se heurta à des éléments de la milice francophone de la région de Montréal dont la première ligne de défense regroupait à peine 300 hommes. La zone particulièrement boisée de la rivière Chateaugay allait permettre une défense plus aisée pour les Canadiens tandis que les Américains divisés en deux colonnes allaient en partie se perdre dans les bois empêchant la prise de flanc de la position canadienne.

Les Canadiens étaient dirigés par Charles Michel de Salaberry et comprenaient des miliciens locaux, les volontaires des voltigeurs canadiens et quelques dizaines de guerriers indiens.

 

La colonne principale dirigée par Hampton allait se heurter aux retranchements érigés par de Salaberry sur la rive nord de la rivière. La colonne secondaire qui devait prendre de flanc la position ennemie se perdit sur la rive sud et fut même attaquée par moins d'une centaine de Canadiens. Ces derniers dépassés par le nombre se replièrent mais les Américains dans leur poursuite se trouvèrent face aux abattis de la rive opposée et furent pris entre deux feux. Finalement incapables de percer la ligne de défense ennemie, bernés par les ruses de De Salaberry qui faisait croire à l'ennemi à une présence plus importante à coup de clairon et de cris en français et en indien, les Américains se replièrent. Le combat avait coûté presque 150 tués, blessés et prisonniers aux Américains pour moins d'une vingtaine de pertes aux Anglo-Canadiens.

 

Bien que cette bataille fut d'une ampleur réduite, elle eut et a encore un impact important sur le collectif canadien car pour la première fois une armée américaine importante était repoussée exclusivement par des troupes miliciennes ( et quelques indigènes). Cette bataille contribua beaucoup au "militia myth" qui soutenait que le Canada n'avait plus besoin de la présence militaire britannique pour se défendre ce qui bien entendu était une gageure car la plupart des batailles furent remportées par les troupes régulières anglaises.

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