23 novembre 2012 5 23 /11 /novembre /2012 12:23

artillerieanglaise

L'artillerie anglaise à déjà été étudiée ici L'artillerie anglaise à pied en 1812 V2

L'artillerie britannique tout comme l'artillerie française de Gribeauval était en avance sur son temps, les travaux réalisés par les ingénieurs Congrève et Desaguliers ont abouti à la réalisation de nouveaux affûts et systèmes d'avant-train très performants. Les canons de 3 à 12 livres étaient montés sur des affûts classiques à doubles flasques et tractés par des avant-trains à pivot central. Le nouvel affût Congrève était un bloc unique plus étroit que les anciens et qui se terminait par un crochet. Le tube était en outre doté de chaque côté d'un petit caisson de munitions fixé sur l'affût. Ces petits caissons permettaient de fournir jusqu'à 12 coups pour une pièce de 6 livres. Le canon de 9 livres disposait également de ces petits coffres à munitions mais avec un peu moins de munitions disponibles, quant au 12 livres il ne possédait pas de coffres sur son affût.
Tout comme le système Gribeauval qui disposait également d'un coffre sur l'affût, les canons de campagne du 4 au 9 livres pouvaient être autonomes le temps que le caisson principal puisse être disponible pour le ravitaillement en munitions.

Bien que le canon de 12 livres existât dans l'arsenal anglais des pièces de campagne, le canon de 9 livres fut la pièce lourde la plus courante de l'artillerie de campagne anglaise et considérée comme la plus lourde des pièces de campagne. Le canon de 12 livres était jugé plus apte au siège qu'aux déplacements  sur le champ de bataille. Quant au canon de 6 livres, tout comme chez les     Américains, il fut le plus commun sur le théâtre Nord-américain.

L'avant-train Congrève était révolutionnaire à plus d'un titre sur le système gribeauval ; il permettait de transporter une grosse quantité de munitions disposées dans deux coffres. Les servants pouvaient se déplacer assis sur les coffres à munitions, le canon était accroché à un simple système de crochet situé à l'arrière et en bas de l'avant-train donnant une grande maniabilité à l'attelage. La configuration de l'artillerie anglaise allait devenir le modèle sur lequel toutes les artilleries allaient s'appuyer pour plusieurs décennies, les affûts monoblocs allaient devenir prépondérants dans les unités d'artillerie modernes.

britishartillery

Les Anglais allaient également être à la pointe de l'armement de l'artillerie puisqu'ils développèrent une arme datant de la Chine impériale et la remirent au goût du jour : la fusée ou roquette. Un cylindre de papier puis de métal contenant de la poudre pour sa propulsion et pour la charge militaire était disposé sur un système de tube rudimentaire qui lui donnait un angle de tir. Cette arme capricieuse était imprécise mais son impact lors des sièges était réel et ses effets psychologiques furent terribles sur le moral des miliciens américains peu au fait des progrès de l'artillerie. Les roquettes existaient en plusieurs calibres de 6 livres à 8 pouces et avaient une portée variable en fonction du vent de l'angle d'élévation etc...


Le deuxième projectille révolutionnaire fut l'obus shrapnell qui consistait en une sphère remplie de poudre et de balles qui explosait en l'air, jetant une pluie de balles sur la cible. Ce projectile utilisé en Espagne puis en Amérique fut copié par les Américains et fut utilisé encore une fois par toutes les forces d'artillerie européennes.

Repost 0
16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 15:30

 USartilleryhowitzer

Après le canon et le caisson lourd, intéressons-nous à l'obusier et à l'avant-train léger.

L'obusier est une pièce d'artillerie à tir courbe capable d'envoyer des projectiles explosifs par-dessus un mur et est donc très utile pour un siège ou pour tirer sur un ennemi retranché. Le système Gribeauval utilisé par l'artillerie américaine existait en plusieurs calibres mais les Américains avaient également leurs propres calibres d'obusier. Les plus courants étaient les 5.5, 6 et 8 pouces fabriqués en bronze ou en fer.

Un des aspects particuliers du système Gribeauval était la diminution de l'espace compris entre le boulet et l'âme du canon, cet économie d'espace ainsi que l'abandon des décorations extérieures du fût se traduisait par une économie de poids et un accroissement de la mobilité des pièces rendues un peu plus légères.

 

Chaque batterie comportait au moins une de ces pièces d'artillerie aux côtés des canons classiques. D'un poids et d'un encombrement inférieur à un canon classique qui pesait de 1.4 à 1.6 tonne pour le canon de 12 livres, l'obusier pesait 930 kg et pouvait être tracté par un avant-train léger et un attelage de 4 chevaux. Pour l'obusier de 6 pouces son calibre était de 165mm et son projectile atteignait 11kg. La longueur de la mèche en bois permettait de faire éclater le projectile à des temps différents et nécéssitait un réel savoir-faire pour être précis. L'affût est plus petit et  possède des flasques plus hautes qu'un canon classique.Tout comme le canon il peut se déplacer à l'aide de leviers en bois qui sont des grandes barres de bois et qui avec ou sans la prolonge (longue corde que l'on attache au canon pour le tirer ) permettait de tourner et de déplacer le canon au rythme de l'infanterie que la pièce devait soutenir.

 HowitzerCannon

L'avant-train léger ne possède pas de caisson, il fut amené en Amérique par les Français du corps expéditionnaire qui combattit à Yorktown et fut copié ou utilisé par les Américains ; il possède deux roues de part et d'autre d'une partie centrale sur laquelle se fixe l'élément à tracter. Ce dernier s'accroche simplement en enfilant le trou à la base de l'affût dans un pieux en métal fixé sur l'avant-train. Ce système très simple a néanmoins un inconvénient : il oblige à soulever la pièce d'artillerie pour l'accrocher.

Le système anglais d'accroche rapide par un simple crochet bien plus simple et efficace sera finalement adopté par la plupart des artilleries dans les années qui suivirent.

Repost 0
10 novembre 2012 6 10 /11 /novembre /2012 17:06

J'ai déjà traité de l'artillerie et de son organisation ici L'artillerie américaine de la guerre de 1812

ici L'artillerie américaine dans la guerre de 1812

Maintenant une présentation plus détaillée du matériel de l'artillerie américaine c'est-à-dire les canons bien sûr mais aussi les attelages, les caissons à munitions, les wagons, avant-trains et autres formes de transports utilisées par l'artillerie US durant la guerre de 1812.

Le système américain d'artillerie est basé sur le système français Gribeauval depuis que la guerre d'indépendance avait permis son déploiement sur le sol des Etats-Unis. L'efficacité dont ce système avait fait preuve était de loin supérieure à tout ce qui existait alors.  La standardisation était le maître-mot de ce système, chaque roue pouvait servir à remplacer une autre, les avant-trains pouvaient tracter aussi bien des canons que des wagons, tout une déclinaison de matériels d'artillerie pouvaient dès lors être compatible entre eux et les normes de fabrication s'en trouvaient également simplifiées. Les canons furent également dotés d'une vis de réglage, d'un cran de visée sur le bourrelet du canon (bout du fût) permettant un tir plus précis et surtout une facilité d'ajuster le tir après le premier coup. La diminution de l'espace âme du tube/ boulet que l'on nomme le vent, va augmenter la précision des pièces tout en diminuant la longueur du canon en lui-même. Ce faisant les pièces gagnent  de la précision et perdent du poids. Le canon de 6 livres est plus précis et a une portée pratique plus longue que celle du canon anglais dus ystème Blomfield, 730 m contre 550m.

Il est sûr que les Américains ont utilisé des pièces d'origine française et anglaise datant de la guerre d'indépendance mais qu'ils ont aussi produit leur propre matériel en copiant plus ou moins ce qui existait alors.

La France, pays de l'artillerie par excellence et ancien allié, inspira également le manuel d'entraînement de l'artillerie américaine, comme ce sera le cas pour l'infanterie.

    USartillerycariage

  On ignore avec précision quel type d'avant-train fut utilisé, l'ancien modèle français ou une version américaine copiée sur le système Gribeauval. Les roues utilisées pour l'artillerie américaine sont différentes de celles fixées sur les canons français, on estimait nécessaire d'utiliser des modèles plus résistants que ceux employés en Europe, la plupart des roues américaines sont renforcées le long de la bande de roulement donnant une impression de roue cloutée vue de l'exterieur.

hs17

 

ci-contre : on voit bien les roues renforcées sur leur bande de roulement, le climat et le terrain américain rendait apparemment plus fragile les roues classiques utilisées par les Européens.

On admirera le bleu ciel de la peinture de la pièce.

 

 

 

 

 

 

Les canons et matériel présentés dans les planches sont tous issus du systéme français Gribeauval, mais il se peut qu'il fussent fabriqués localement par le "ordnance department" de manière différente.

La light artillery a construit et utilisé des"Wurst" pour le déplacement de ses batteries c'est-à-dire que les caissons et avant-trains étaient équipés pour recevoir des artilleurs assis à califourchon dessus.

Les matériels américains étaient ordinairement peints en bleu léger ou en "vert français" c'est-à-dire un mélange d'ocre et de noir donnant plus une couleur jaune terne que verte.

 

Les caissons : les Américains ne possédaient pas d'avant-train à caisson comme les Anglais ; ils ne pouvaient compter que sur le petit caisson fixé au canon lui-même et au gros caisson à deux ou quatre roues pour l'approvisionement en munitions. Chaque canon de 6 livres emportait 18 coups afin de pouvoir commencer à tirer tout de suiste sans attendre son caisson principal, chaque canon de 6 livres ou moins possédait un gros caisson qui était placé à une cinquantaine de mètres derrière le canon en position de tir. Le petit caisson fixé sur le canon, était lui décroché et placé en retrait de la pièce à une vingtaine de mètres du canon pour préserver les artilleurs en cas de coup direct dans le caisson à munitions.

Chaque gros caisson de 6 livres emportait 92 coups dont 30 boîtes à mitraille et 62 boulets pleins. Les pièces de plus gros calibres avaient besoin de plus de caissons puisque les munitions plus importantes prenaient plus de place dans les rangements du caisson. Chaque gros caisson était tiré par quatre chevaux, mais si nécessaire, on pouvait en rajouter deux de plus.

 

Chaque batterie ou grande unité d'artillerie emportait une forge de campagne afin de pouvoir changer les fers des chevaux de traitss qui sans cela seraient incapables de tirer les énormes charges. Elle était équipée de deux coffres pour les outils, le fer, et le charbon, le foyer était activé par un grand souflet actionné par un levier.

 

    USARTILLERY2

planches de l'auteur.

Repost 0
14 janvier 2012 6 14 /01 /janvier /2012 15:33

 

  brownbess

Le "brown bess" ou brune lise est le mousquet en dotation dans l'armée anglaise durant la guerre de 1812. Cette arme équipe les forces armées anglaises depuis 1722 et fut en service dans ses différentes versions pendant plus d'un siècle. Certains brown bess furent utilisés durant la guerre de sécession.

 

Apparemment ce surnom "brown bess" viendrait du fait que son canon était bruni à l'antimoine pour éviter une usure rapide et les reflets, alors que d'habitude le canon était poli.

 

C'est un mousquet à âme lisse à platine ronde, avec un chien solide en col de cygne, comme tous les mousquets de son époque, l'ignition de la charge était assurée par les étincelles d'un silex frappé sur la platine et communiquées à la chambre via une petite ouverture appelée "lumière". Cette ouverture s'encrassant rapidement chaque soldat portait à son baudrier une petite aiguille pour nettoyer rapidement la lumière et assurer une bonne mise à feu.

 

 Long de 1.5m il tire des balles de plomb d'un calibre de 0.75 soit 19 mm qui est légèrement supérieur au calibre utilisé à l'époque des guerres napoléoniennes par les Français et les Américains lui donnant ainsi l'avantage d'une meilleure puissance d'arrêt et surtout de pouvoir utiliser les balles de ses adversaires.

 

D'une précision d'à peine 100 m il souffre du même problème inhérent aux armes de cette époque et de cette catégorie : mauvaise précision au-delà de 100 à 150 m, temps de chargement de 2 à 3 coups minute, efficacité fortement diminuée par temps de pluie, encombrement important.

  brownbess1

En 1812 le Brown bess est déjà un vieux mousquet en comparaison des modèles 1768 et springfield utilisés par les Américains, mais c'est une arme fiable et robuste.

 

 

ci-contre gros plan sur la platine du Brown Bess avec le chien en position désarmé, le bois de la crosse est en noyer huilé.

 

 

 

d'un poids de 4.7 kg, le modèle Long Land Pattern est la version la plus longue (1.59m) qui est utilisée par l'infanterie de ligne jusqu'à la fin du 18ème siècle avant d'être peu à peu remplacé par la variante Short Land Pattern puis indian pattern. Une baïonnette peut être fixée au bout du canon pour le combat au corps à corps.

brownbessbaionette

 

 

 ci contre à gauche : la baïonnette du Brown bess se place, via un système à douille à cliquet, sur le bout du canon et permet le tir tout en étant fixée.

 

 

Le Short Land Pattern est lourd de 4.8 kg mais est plus court de 10 cm, le laiton a remplacé le fer dans certaines parties.

 

La version Indian Pattern a été prévue pour le service outre-mer des unités coloniales anglaises ; il est d'un coût inférieur au long land pattern mais de qualité moindre. Il mesure 1.4m et pèse 4.39 kg, au final elle fut la version la plus utilisée  par bon nombre d'unités d'infanterie durant les guerres napoléoniennes.

 

Le new Land Pattern fut une variante utilisée par la garde anglaise et le 4th foot

une version au canon bruni (light infantry pattern) sera utilisée par les troupes légères anglaises, une version fut aussi créée pour les unités embarquées et bien sûr le mousquet le plus court pour la cavalerie (ce dernier mesurait 1.08m).

  BROWN BESS

 

 

 

ci -contre : variantes du Brown Bess, avec la plus utilisée durant les guerres napoléoniennes : l'Indian Pattern

 

 

 

 

 

 

Le film ci-dessous montre le chargement et le tir du Brown Bess

Repost 0
1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 15:16

Baker Rifle2 LowRes

La carabine Baker est le fusil de précision de l'armée anglaise, elle fut considérée comme la meilleure arme des guerres napoléoniennes. Elle a équipé principalement les régiments de Rifles anglais comme le 95th ou le 60th ainsi que les compagnies légères de plusieurs unités telle La King german Légion (légion de soldats hanovriens au service du roi d'Angleterre) des jager prussiens...

Durant la guerre de 1812 elle fut présente entre les mains du 95th rifle lors de la campagne de la Nouvelle-Orléans et les deux compagnies de flanc du 7th bataillon du 60th régiment de rifle, arrivés au Canada en 1814.

 

Le combat de l'infanterie légère se révéla être un gros problème pour l'armée anglaise qui se trouva confrontée à des nuées de tirailleurs ennemis durant la guerre d'indépendance américaine et plus encore durant la guerre contre la France.

Durant la guerre d'indépendance américaine, les nombreux riflemen américains et leur redoutable carabine Kentucky, firent des ravages dans les rangs des officiers anglais et obtinrent la décision dans la bataille de Saratoga. La leçon fut bien apprise par les Anglais. Baker rifle britannique MQ103H

Les nombreux voltigeurs de l'armée de Napoléon infligeaient de grosses pertes car peu d'unités équivalentes existaient et étaient en mesure de contre-carrer leur action. Les Britanniques mirent sur pieds plusieurs régiments d'infanterie légère équipés de mousquets  et deux unités de fusilliers équipées de carabines rayées. Durant la guerre de la péninsule, les rifles armés de la carabine Baker se rév2lèrent redoutables en abattant les officiers français, gênant ainsi la chaîne de commandement (le général Auguste de Colbert, commandant la cavalerie légère française, fut abattu par un rifle équipé d'une carabine Baker au combat de Cacabelos). Surnommés les sauterelles vertes par les français, les rifles de l'armée de Wellington firent des émules et nombre d'unités s'équipèrent de la fameuse carabine comme les Cacadores portugais, les jagers du  bataillon de Brunswick Oels corps ou les légers de Nassau et du Hanovre.

 

Durant la guerre de 1812 les rifles du 60th régiment participèrent à l'invasion du Maine et s'attribuèrent une victoire sur les milices américaines défendant Hampden par la prise de leur artillerie. Mais leurs collègues du 95th régiment, ne purent faire valoir la supériorité de leur arme face aux défenses américaines de la Nouvelle-Orléans et furent obligés de retraiter avec le reste de l'armée anglaise.

 

Construite pour la première fois en 1800, la carabine Baker du nom de son créateur, Ezechiel Baker, fut le premier fusil entièrement conçu et construit en Angleterre à être adopté par l'armée anglaise. D'un poids de 4kg environ et d'une longueur de 1162mm, la carabine Baker est un fusil à canon rayé de 76.2 cm et d'uBaker rifle britannique MQ103An calibre de 16mm ou 0.625. Elle peut être équipée d'un sabre baïonnette qui est bien plus long qu'une baïonnette standard afin de compenser la taille réduite du canon de la carabine.

Elle fut produite à 22 000 exemplaires et fut utilisée jusqu'en 1837.

Il exista plusieurs versions de cette carabine, certaines raccourcies pour les unités de cavalerie. Various Baker's

 

 

 

ci-contre à droite les différentes versions dont la raccourcie pour la cavalerie tout en bas, les accessoires de nettoyage étaient contenus dans la crosse de l'arme

 

 

 

 

La carabine Baker possède un avantage majeur sur le mousquet classique qui équipe la majorité des troupes : elle tire précisément et deux fois plus loin que le mousquet. Les rayures du canon imprimant une rotation à la balle, celle-ci conserve sa trajectoire ballistique plus longtemps tout en obtenant une vitesse de sortie supérieure. Le Baker pouvait toucher une cible jusqu'à 300 m quand le mousquet Brown Bess touchait péniblement la sienne au-delà de 120 à 150 m.

  imagesCAI7HTNV

L'inconvénient du Baker est son rechargement : si un soldat recharge et tire avec son mousquet en moins d'une minute, il n en n'est pas de même pour la carabine. La balle doit être forcée c'est-à-dire enfoncée avec force dans le canon au moyen d'un maillet puis d'une baguette rigide. La technique est également possible sans le maillet mais la cadence de tir est de ce fait moins importante que celle du mousquet. Un bon tireur tire jusqu'à 4 coups avec un mousquet et 2 avec une carabine en une minute. Mais de récentes études ont prouvé qu'avec un bon entraînement un tireur pouvait tirer presque aussi vite avec une carabine qu'avec un mousquet.

 

Tout dépend donc du niveau d'entraînement du tireur, néanmoins dans le stress de la bataille le rechargement de la carabine est moins aisé que celui du mousquet et il est difficile de la recharger couché. La grande allonge de la carabine compense un peu ce problème car elle protège les tireurs du feu adverse théoriquement hors de portée (sauf si l'ennemi est lui-même équipé de carabine).

 

ci-contre vous pourrez voir une impressionante vidéo d'un tir avec la carabine baker (attention la poudre est différente, le stress est absent et les conditions de tir sont idéales ) :

Repost 0
9 novembre 2011 3 09 /11 /novembre /2011 21:17

On parle souvent au 18ème et au 19ème siècles de la puissance de feu de l'infanterie anglaise, puissance obtenue à la fois par la combinaison d'un projectile légèremenet plus lourd que la moyenne et la disposition des tireurs. Le mousquet Brown bess tirait en effet un projectile de 18mm (calibre 0.71) contre 0.69 pour le Springfield ou Charleville français.

Du fait du poids plus important du projectile, la puissance d'arrêt de l'arme anglaise était plus forte, en outre la disposition en ligne sur deux rangs contre trois pour les Français (par exemple) augmentait le nombre de tireurs et donc la puissance de feu d'un tir de salve. Les Américains combattaient également sur deux rangs, leur maîtrise de la manoeuvre était de toute façon des plus limitées. A l'inverse de ce qui se faisait en Europe, en 1812, les Américains ignoraient le combat de la colonne par division ou par compagnie et lui préféraient le combat en ligne plus orienté vers le feu plutôt que vers le choc. Les Anglais préféraient également le feu au choc et combattaient de même.

Mais les Américains à la différence des Anglais utilisaient une munition particulière : la Buck and Ball.

 

Cette munition était en fait la combinaison d'une balle normale d'un calibre 0.69 à trois petite balles attachées à la balle principale et qui au départ du coup élargissaient la zone de dangerosité du tir (comme le ferait un tir de chevrotine) ; ainsi, ce n'est pas un mais 4 projectiles qui étaient tirés par les soldats américains. papieren%20buck%20and%20ball

 

ci-contre à droite : une Buck and Ball : elle se présentait sous la forme d'une cartouche de papier enserrant une balle du calibre 0.69 et de 3 petites balles situées juste devant. La puissance de cette arme a été exagérée par les Américains et déconsidérée par les Anglais. Son impact réel fut à rechercher entre les deux : si elle n'apportait pas une puissance supérieure, sa capacité à toucher plus facilement sa cible grâce à son champ d'action plus large était indéniable.

 

 

L'impact réel de cette munition fut limité car la puissance d'arrêt du tir était diminué par la perte de vitesse ballistique induite par une telle configuration et les petites balles n'avaient pas la puissance nécessaire pour infliger de graves blessures. Les Anglais n'ignoraient pas que leur ennemi utilisait de telles munitions mais préféraient croire à son inefficacité. Quant aux     Américains ils étaient de leur côté persuadés du bien-fondé de leur choix et utilisèrent longtemps cette munition (la guerre de sécession en 1861/65 vit une utilisation massive de cette munition).

Ce qui est sûr c'est que la probabilité de coup au but de la Buck and Ball était supérieure à celle du Brown Bess (qui en outre demeurait une arme médiocre, moins précise que le springfield). Les Américains utilisèrent bien sûr des balles normales mais furent les seuls à utiliser cette curieuse munition durant la guerre de 1812.

 

Repost 0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 13:01

horseshoe bend 2 smLe canon de 6 livres est la pièce de campagne la plus utilisée dans le conflit d'Amérique du nord ; il permet d'obtenir un rapport puissance/ mobilité suffisant pour en faire une pièce de campagne adaptée au terrain difficile du Canada.

Aussi bien utilisé par les Américains que par les Anglais, cette pièce fut également un des canons les plus utilisés sur les champs de bataille européens.

 

    Le terme canon de 6 livres signifie qu'il tire un projectile plein ( un boulet en fonte ) d'un poids de 6 livres soit environ

2.934 kg (la livre française de l'époque équivalait à 490 grammes ) avec un calibre de 96mm. La portée d'une telle arme dépend de la nature du sol, car en effet, outre la distance parcourue en "vol", le boulet plein rebondissait, ce qui avait deux effets : allongement de la portée et maximisation des dégâts dans les rangs d'une infanterie formée comme c'était l'usage.

 

Les distances de tir variaient donc en fonction de la nature du terrain : un terrain boueux ne se prêtant guère aux rebonds successifs, à l'inverse d'un terrain sec et dur. Un boulet pouvait être efficace entre 1000 et 1500 m.

Contre les forts et fortins en bois qui gardaient la frontière américano-canadienne il était d'usage de chauffer au rouge les boulets afin d'incendier et de provoquer plus de dégâts dans les murs et tours à l' instar de ce qui se pratiquait dans la marine.

hs17

    Une particularité des canons américains était que leur tube soit fabriqué en fer et non en bronze pour des raisons de coût

 

 

Repost 0
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 07:33

Véritable mythe fondateur aux Etats-Unis, les riflemen de la guerre d'indépendance ont acquis une célébrité due essentiellement à leurs qualités de tireur d'élite. Le Kentucky était alors leur arme de prédilection, puissante, précise et mortelle. La tradition des riflemen perdura en 1812 dans le régiment de rifle équipé là encore d'une arme redoutable : la carabine Harper Ferry 1803.

Cette carabine fabriquée aux USA, est à canon semi-octogonal et semi-circulaire sur sa longueur de 83 cm. D'un poids de 4 kg il est comme tous les fusils de cette catégorie un peu plus long à charger ce

FR0171qui oblige ses utilisateurs à veiller à ne pas trop s'approcher de l'ennemi dont la cadence de tir au mousquet est plus élevée.

    Son calibre est de 0.54 soit 13.716 mm.

D'une portée largement supérieure à celle du mousquet traditionnel, le canon est bien plus court que son ancêtre le Kentucky, c'est pourquoi afin d'accroître encore sa distance de tir, les Harper Ferry 1803 de seconde production verront leur canon rallongé de 3 cm.

Au combat les rifles vont montrer la supériorité de ce type d'arme dans l'environnement fortement boisé du Canada, ce que les Rangers et autres riflemen des guerres précédentes avient déjà démontré.

Lors de l'attaque sur York (actuelle Toronto) en 1813, les rifles du premier régiment abattirent dans sa quasi totalité la compagnie de grenadier du 8th foot anglais qui défendait la ville.

A Conjocta Creek durant l'été 1814, ils stoppèrent seuls une force d'invasion anglaise supérieure, en lui infligeant un grand nombre de morts et de blessés pour la perte de seulement 1 des leurs.

Le Harper ferry ne fut pas la seule carabine utilisée par l'armée américaine ; citons également la carabine Contract 1807.

Les anglais ne furent cependant pas en reste puisqu'ils envoyèrent un régiment de rifle (le 95th) lui aussi équipé d'une telle arme lors de la campagne de 1815. Malheureusement pour eux ils participèrent à la bataille de la Nouvelle-Orléans où ils ne purent utiliser la capacité de leurs armes face aux défenses américaines tout en subissant de lourdes pertes en retour.

Repost 0
21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 07:57

Suite à la réorganisation de 1808, l'artillerie américaine rationnalisa son parc d'artillerie. Ses pièces étant principalement basées sur les modèles français Gribeauval et les différents canons datant de la guerre d'indépendance. Les calibres retenus furent le 6 et le 12 livres pour les pièces de campagne et le 6 pouces pur les obusiers.

 

Cette rationnalisation était due à des impératifs productifs et économiques, les Etats-Unis ne possédaient pas de moyens très développés dans l'extraction des matières premières nécessaires à la fabrication des canons. Néanmoins l'arsenal de Philadelphie avait mis au point une technique permettant d'alléger le poids des pièces tout en augmentant le calibre ; ainsi des canons de 12 livres furent réusinés pour devenir des pièces de 18 livres. Les canons de 12 livres virent leur poids allégeé et devenir bien plus mobile sur le terrain ce qui donnera un net avantage aux Américains face aux pièces anglaises de campagne, moins puissantes.

Les fortifications furent défendues par un panel plus large comprenant des pièces de 24, 32, 50 et même 100 livres toujours grâce à l'amélioration apportée dans la fabrication des canons qui pe4954966013 bd16ab1c9frmettait de faire des pièces plus puissantes et plus légères que les modèles précédents.

Les affûts furent peints de couleur bleu ciel à l'image de ce que faisaient les Prussiens en Europe, mais le vert français fut également utilisé.

Omniprésents dans ce conflit les problèmes d'approvisionnement firent que les peintures disponibles n'obéissaient pas forcément aux spécifications du règlement, par exemple les canons du général Hampton furent de couleur rouge faute de mieux.

Aux 4 régiments d'active s'ajoutait une multitude de batteries d'artillerie indépendantes appartenant aux milices de New-York, du Maine, du Maryland ou encore du Massachusetts. 

Repost 0
20 septembre 2011 2 20 /09 /septembre /2011 11:36

Bien qu'utilisant un panel assez varié de mousquets de diverses origines, les troupes américaines sont principalement équipées du mousquet springfield 1795 fabriqué dans l'un des deux arsenaux fédéraux : flintlock charleville musket 1harper ferry et springfield.

link

Basé sur le Charleville français 1766, le mousquet américain est d'un calibre de 0.69 à chargement par la bouche avec un canon à âme lisse et une platine à silex.

Sa portée est relativement modeste comme la plupart des mousquets de l'époque et demeure précis jusqu'à 150m.

Le modèle springfield 1795 fut produit à plus de 155 000 exemplaires entre 1795 et 1815. Il fut remplacé par le modèle 1816. Il participa à la guerre de sécession le plus souvent entre les mains des soldats confédérés bien qu'étant complètement obsolète.

Les troupes américaines utilisèrent également le fusil anglais Brown Bess notamment dans l'artillerie et des armes plus spécialisées pour ses régiments de "rifles" comme le harper ferry 1803 à canon rayé.

Un bon tireur pouvait parvenir à une cadence de 3 coups à la minute bien que des études récentes aient démontré qu'un soldat pouvait tirer jusqu'à 6 fois à la minute mais se serait montré incapable de tenir ce rythme longtemps ni d'être précis dans ses tirs.

Repost 0

Présentation

  • : les uniformes de la guerre de 1812
  • les uniformes de la guerre de 1812
  • : Ce site contient des informations sur la guerre de 1812, sur les batailles, les campagnes, les navires et armements des bélligérants et leurs uniformes
  • Contact

  • Olivier Millet
  • passionné d'histoire militaire et d'uniformes je mets à disposition de tous des dessins originaux sur un sujet tout aussi original. Ainsi que des informations sur la guerre de 1812 et 1846
  • passionné d'histoire militaire et d'uniformes je mets à disposition de tous des dessins originaux sur un sujet tout aussi original. Ainsi que des informations sur la guerre de 1812 et 1846

Recherche

INDEX

Me contacter

Site partenaire

banniere