6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 17:28
L'ordre de bataille à Lundy's Lane 25 juillet 1814 (modif)

 

La bataille de Lundy's Lane : La bataille de Lundy'Lane 25 juillet 1814

fut la plus sanglante de la guerre de 1812 ( la bataille de la Nouvelle-Orléans s'étant déroulée après la signature du traité de paix)

Cette bataille eut lieu durant la campagne du Niagara de 1814 durant laquelle les Américains du général Brown tentèrent de capturer la façade canadienne de la rivière Niagara et notamment les  forts Erié et George qui commandaient les embouchures nord et sud de la rivière. Si la prise du fort Erié ne fut qu'une formalité, le fort George ne put être attaqué sérieusement faute de matériel et d'artillerie de siège. Les mésententes avec la flottille du lac Ontario de Chauncey eurent raison de l'approvisionnement des troupes américaines. Les Américains durent se replier vers le sud, poursuivis par les renforts anglais. Mais un retour offensif américain vers le Nord se heurta à Lundy'Lane à une force Anglo-canadienne bien retranchée sur des hauteurs.

Le général américain Winfield Scott à la tête de sa fameuse brigade grise ( La Scott's Brigade V2 en 1814 ) attaqua l'ennemi sans hésiter. Les Américains malgré de terribles pertes dues aux tirs des canons positionnés sur les hauteurs capturèrent tous les canons anglais et les gardèrent tout le long de la bataille. Finalement les Anglo-Canadiens malgré plusieurs contre-attaques ne réussirent pas à les reprendre et durent attendre que les Américains quittent le champ de bataille pour venir les récupérer.

Cette bataille qui fut un succès tactique de la part des Américains fut un désastre pour ces derniers d'un point de vue plus global car leurs pertes avaient été énormes et les obligèrent à se retirer une nouvelle fois vers le sud. 1700 hommes avaient été tués ou blessés de part et d'autre, Scott, Brown, Drummond furent blessés, Le général anglais Riall fut capturé.

Battle of Lundys Lane

Ci-dessus une représentation de la bataille de Lundy'sLane par Alonzo Chappel en 1859. Cette représentation est fausse en terme d'uniforme, les Américains au premier plan sont montrés avec le shako à large sommet qu'ils n'obtiendront que bien des années après la guerre de 1812. Le "bell Crowned cap" fut introduit dans l'armée en 1820, on distingue un drapeau américain "star and stripes" qui là encore ne fut introduit dans l'armée américaine que dans les années 1830. Pour le reste la scène dynamique à l'avantage des Américains indique le début de la bataille quand la nuit n'était pas encore tombée, il ne peut s'agir de la brigade de Scott entièremenet habillée de gris, peut-être le 25th régiment chargeant le flanc gauche des Anglo Canadiens ?

Ce genre d'erreur était très courant dans la peinture militaire où, en l'absence de recherches poussées, on habillait les hommes avec n'importe quel uniforme un tant soit peu ancien quitte à rajouter des éléments incongrus comme un cuirassier mort à la bataille de la Nouvelle-Orléans ou un Ecossais en kilt pour donner une impression d'une bataille plus importante à l'image des combats disputés en Europe

 

Sur la planche sont représentés un soldat des glengarry light fencible, du 104th foot, de la milice incorporée du Haut Canada et un artilleur royal. Tous les hommes sont dans la dernière tenue modèle 1812 avec shako "Belgic". La milice d'élite porte curieusement un pantalon bleu gris "gunmouth" alors qu'un ordre du corps du 4 juillet 1814 interdisait expressément à l'unité de paraître en pantalon bleu à l'exception des défilés. Les glengarry assurèrent le combat de tirailleur durant toute la bataille harcelant le flanc gauche des Américains, le 104th représenté par sa compagnie d'élite, participa aux tentatives de contre-attaque sur les hauteurs pour reprendre les canons. La milice incorporée fut prise de flanc par le 25th régiment américain et subit de nombreuses pertes notamment en prisonniers ; c'est à ce moment que le général Riall fut blessé et capturé. Les artilleurs anglais souffrirent également lors de la prise de leurs canons par le 21st regiment américain qui  tua ou blessa beaucoup de ses membres lors de l'attaque.

 

Les Américains sont représentés par un uniforme gris de la brigade de Scott qui souffrit de fortes pertes durant la bataille, un caporal du 21st US infantry dans la nouvelle tenue 1813 entièrement bleue. Ce fut ce régiment qui captura les canons anglais sur les hauteurs assurant ainsi la stabilisation de la ligne américaine pour toute la bataille. Son chef le Lieutenant Colonel Miller entra dans la légende par ces simplee mots : "I'll Try sir" en réponse à l'ordre donné de capturer les canons anglais.  Caché par une manoeuvre dans les bois le régiment réussit sa mission en surprenant les artilleurs ennemis. Le milicien est membre de la brigade Porter qui arriva en renfort à la fin de la bataille ; il porte une tenue de l'US army modèle 1813 mais avec un Round hat typique des unités de la milice.

 

Le drapeaux régimentaires de la milice incorporée et le national Flag du 25th US infantry Regimen.

(Merci à Ewan Wardle, fidèle de la première heure du blog, pour le complément d'informations)

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 09:38

queenston

La bataille de Queenston Height fut l'affrontement majeur de l'année 1812 sur les rives de la rivière Niagara.

Pour plus de détails : La campagne du Niagara en 1812

Les forces anglaises furent engagées en trois temps : les forces stationnées à Queenston même, les forces de renfort venues de fort George sous le commandement direct d'Isaac Brock et les forces rassemblées de fort George et Chippawa sous le commandement de Sheaffe.

Brockdeath

Les forces américaines furent engagées en vagues successives (la première 600 hommes en deux rotations) mais la majeure partie de la brigade de milice de New-York refusa de traverser la rivière conformément à ses droits constitutionnels dans le cadre d'un engagement hors de son territoire. Les troupes de ligne furent toutes engagées, les régiments d'artillerie furent représentés par des détachements qui combattirent ou auprès de leur canon ou en tant que troupe d'infanterie. 

 

 

Lors de la queens1812traversée l'artillerie anglaise renforcée d'éléments de Fort Geroge tira sur les chaloupes, spécialement la batterie située au nord de Queenston et son canon de 24 livres. Les batteries situées près du Fort Grey (batterie Lovett) couvraient de leur côté le débarquement américain.

La batterie située sur le promontoire au sud de Queenston fut capturée par les Américains mais ces derniers furent forcés au repli une fois les renforts anglais arrivés et surtout à cause du tir de la batterie située au nord du village.

 

 

 

 

 

 

La planche représente un soldat du 41st foot qui fut fortement engagé dans la bataille ; ses effectifs étaient divisés entre Chippawa, Fort George et Queenston, le cavalier des dragons légers du Niagara a vu son unité cantonnée au rôle d'estafette et de reconnaissance. Le milicien de York porte un shako et des baudriers sur des affaires civiles, la milice canadienne fut fortement impliquée dans le combat et selon les témoins c'est en menant la milice de York et le 49th foot que le général Brock fut tué.

 

Les soldats américains portent la tenue 1812 avec les lacets blancs droits, le shako de feutre "Felt Cap" et le pantalon guêtre blanc ou bleu en fonction de la saison tout comme les artilleurs qui remplacent le blanc des lacets par du jaune Le milicien de New-York est montré ici en uniforme, mais la plupart d'entre eux n'en possédaient pas.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 19:47

 

cryslerfarm

Lors de la bataille de Crysler'Farm (voir  La bataille Crysler'Farm 11 novembre 1813 ), l'armée américaine sous le commandement du général Wilkinson, rencontra une force anglo-canadienne inférieure en nombre mais supérieurement entraînée.

 

L'effectif américain varie selon les sources de 2500 à 4000 hommes effectivement engagés dans l'action de cette journée. Les 9th, 11th, 12th, 13th,  14th, 16th, 21st, 25th US infantry, 2nd light dragoon, 1st rifle et 6 pièces d'artillerie composaient la force américaine qui n'avait en face d'elle que des éléments des Canadian fencible, des voltigeurs canadiens, de la milice, des indiens et les 49th et 89th régiment of foot. soit 8 régiments d'infanterie réguliers contre deux. 

En plusieurs attaques successives les Américains échouèrent à faire plier leur adversaire et durent finalement battre en retraite après avoir subi 450 pertes contre 200 pour les   Anglo-Canadiens.

 

Sur la planche sont représentés un soldat du 89th foot en manteau - c'est à cause de ce manteau gris que les troupes américaines crurent avoir à faire à des miliciens - un soldat de la compagnie légère du 49th foot et un voltigeur canadien.

Côté américain un soldat du 25th et du 16th régiment (les habits noirs) et un dragon léger du deuxième régiment qui s'illustra par une charge (ratée) contre les régiments de ligne anglais.

Sont représentés les drapeaux régimentaires du 49th foot avec le vert en couleur de fond et le drapeau régimentaire du 9th regiment of US infantry.

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 10:42

  MICHIGAN1812

L'armée américaine du Nord-Ouest commença à se regrouper vers le Nord pour préparer l'attaque du Canada. L'objectif des Américains consistait à s'emparer de la région autour des grands lacs et à couper les communications entre le Bas et le Haut Canada. Le lieutenant-gouverneur Isaac Brock avait déjà pris des mesures bien avant le déclenchement du conflit, il avait appelé la milice sous les armes, préparé et pré-positionné certaines de ses forces et surtout il avait en projet de frapper le premier. Pour ce faire il utilisa ses agents du département des affaires indiennes et son réseau de renseignement. L'un d'entre eux, Robert Dickson, commerçant en fourrure était très respecté des indiens du Nord-Ouest et  avait patiemment tissé des liens durables avec ces derniers. Grâce à lui, les Anglais étaient en mesure de compter des contingents de guerriers Sioux, Winnebagos, et Menominee dans leurs rang pour leurs futures attaques. Une des cibles que Brock envisageait d'attaquer était l'avant-poste américain qu'il jugeait le plus isolé et donc peut-être même dans l'ignorance du début de la guerre : le fort Mackinac.(voir pour plus de détail ici : Le fort Mackinac durant la guerre de 1812  

 

Ce petit poste était le plus éloigné vers le Nord-Ouest de toute la frontière américaine, sa garnison n'excédait pas les 60 hommes dont beaucoup étaient malades. Le fort protégeait l'accès au Nord-Ouest lieu du commerce des fourrures à la pointe des lacs Huron et Michigan. Le commandant du fort, le lieutenant Porter Hank, était dans la plus totale ignorance des récents événements : les nouvelles mettaient du temps à parvenir jusqu'à lui, tout comme le ravitaillement, ce qui affectait beaucoup le moral de ses hommes. Le 17 juillet 1812, une force combinée de soldats anglais, de voyageurs canadiens et de guerriers indiens débarqua et s'empara facilement des habitations situées en contre-bas du fort, tandis que la garnison endormie était toujours sans nouvelles du haut-commandement depuis neuf mois. Une fois en place, les Anglais placèrent deux pièces de 6 livres qui commencèrent à tirer sur le fort. Conscient de son infériorité numérique et incapable de répondre au feu ennemi, Hank consentit à rendre les armes. Le fort Mackinac tomba sans effusion de sang et sans combat; sa garnison, abasourdie et complètement prise au dépourvu, fut emmenée en captivité. L'attaque de Mackinac refléta l'option stratégique choisie par le gouverneur Brock dans le début du conflit. Cette vision stratégique résolument offensive, et ce malgré la faiblesse numérique qui caractérisait son armée, l'opposa à celle du gouverneur du Canada. George Prevost, plus porté sur la défensive, refusait de se risquer dans des actions qui pouvaient réduire à néant le faible effectif militaire chargé de défendre la province tout entière.

 

Plus au Sud, la nouvelle de la guerre avait atteint le général Hull mais après ses adversaires car la voie postale normale avait été choisie pour expédier ce pli important, alors que les Anglais envoyèrent, au moyen de porteurs de dépêches spéciaux, la déclaration de guerre, prenant de vitesse les Américains. L'armée de William Hull avait reçu l'ordre de se diriger vers fort Détroit et s'était frayé un chemin difficile à travers bois et marais sur 320 km progressant lentement ; une partie de ses hommes furent touchés par la malaria, d'autres moururent d'épuisement. Tous ces préparatifs n'avaient pas échappé aux indiens de Tecumseh qui épiaient leurs moindres mouvements. Le 5 juillet, Hull atteignit fort Detroit et reçut ses ordres lui enjoignant de s'emparer de fort Malden, près de la ville d'Amherstburg située de l'autre côté de la rivière Détroit à une vingtaine de kilomètres du fort américain.


Le 12 juillet, soit cinq jours avant la chute de Mackinac, les Américains avaient lancé leur offensive sur le Haut Canada depuis fort Detroit et avaient déjà occupé la ville de Sandwich située de l'autre côté de la rivière en face de Detroit. Mais la progression était lente à travers une zone forestière dense et seule la rive des lacs et des rivières était praticable pour les canons que les Américains emmenèrent avec eux. Après avoir pris Sandwich, Hull  s'installa, lui et son armée de 1600 hommes, dans une apathie qui consterna les autres officiers, refusant de poursuivre plus avant alors que les rapports lui indiquaient qu’Amherstburg était mal défendue et tomberait facilement. Le 20 juillet, il lança une proclamation aux Canadiens les exhortant à rendre leurs armes ou mieux à venir combattre à ses côtés contre l'oppresseur anglais. Cette proclamation eut pour effet de refroidir les ardeurs combatives de la milice canadienne, notamment celle du comté de Norfolk. Mais hormis quelques raids contre les fermes du secteur afin de piller les réserves de nourriture, Hull ne bougeait pas alors que la supériorité numérique était de son côté. La situation à fort Malden à Amherstburg devint néanmoins critique, le moral flanchait lentement chez les 850 miliciens mobilisés pour sa défense et une semaine plus tard seuls 450 étaient encore en place. L'arrivée de nombreux indiens en ville posait des problèmes d'ordre public, lors d'un accrochage près du pont aux canards, un soldat anglais du 41st regiment of foot, tué par les Américains, fut scalpé et sa chevelure revendue aux Anglais...


Mais Hull n'avait confiance ni en son armée composée en majorité de miliciens prompts à se débander, ni en ses officiers, comme le colonel Lewis Cass qu'il jugeait trop agressif et désireux de se faire un nom par une action d'éclat. Et il craignait par-dessus tout les troupes indiennes dont il n'ignorait pas la présence en grand nombre dans la région et qui se rassemblaient pour contre attaquer. Ses craintes se ravivèrent lorsqu'un de ses détachements tomba dans une embuscade à Brownstown, au sud de Détroit, tendue par les indiens Wyandot et les guerriers de Tecumseh arrivés sur les lieux récemment. Les Américains souffrirent d'un taux de pertes élevé malgré une différence d'effectifs en leur faveur de vingt contre un.


Pire encore, une partie du matériel de l'armée de Hull qui naviguait sur le Schooner Cuyahoga Packet et qui remontait tranquillement la rivière détroit en direction du fort Detroit,  fut interceptée par un parti de soldats anglais. Ces derniers s'emparèrent du navire, de son matériel et surtout de la correspondance du général Hull qui confirma aux Anglais les effectifs engagés dans la campagne, ses dispositions futures et surtout la crainte de ce dernier de devoir affronter les troupes indiennes. Rapidement transmises à Brock, ces informations se révélèrent capitales dans la suite de la campagne. Brock avait parfaitement saisi l'avantage qu'il pouvait en retirer en exploitant les craintes de son ennemi envers les guerriers indiens, d'autant plus que le leader Shawnee Tecumseh allait lui procurer un fort contingent de ses redoutables combattants. Tentant de rouvrir sa voie d'approvisionnement au sud du Fort Detroit, Hull envoya un fort détachement de 600 hommes ouvrir la route, mais ces derniers tombèrent encore dans une embuscade à Maguagua le 8 août. Heureusement les soldats anglais et les guerriers Shawnee, furent repoussés avec pertes, mais toutes ces nouvelles ébranlèrent la confiance du général Hull qui convoqua un conseil militaire afin de discuter d'un éventuel retrait.

photo-4

 

ci-contre Hull à Detroit, visiblement très inquiet

 

Dans le même temps Hull envoya des ordres vers l'avant-poste de Fort Dearborn pour demander à sa garnison de quitter le fort et de se replier vers Detroit. Le commandant du fort Dearborn, le capitaine Nathan Heald, savait qu'il pouvait tenir plusieurs mois derrière les murs en bois de son fort et que les nombreux civils qui le peuplaient seraient plus en sécurité dedans qu'à tenter une sortie risquée en territoire indien avec une faible escorte. Mais Heald était un bon soldat et obéit aux ordres de Hull. Mal lui en prit ; la petite garnison d'une soixantaine d'hommes tomba dans une embuscade et fut intégralement massacrée ainsi que les femmes et les enfants qui étaient avec eux par les 500 indiens Potawatomis envoyés contre eux. Sur le secteur de détroit, contre toute attente et malgré les protestations de ses officiers, les forces du général Hull rebroussèrent chemin vers fort Détroit. Deux jours plus tard Isaac Brock arrivait à Amherstburg. L'initiative avait changé de camp et les Anglais purent passer à l'attaque.

 

Le 15 août un duel d'artillerie avait lieu entre les canons anglais et américains de part et d'autre de la rivière Detroit sans résultats notables. Lentement mais sûrement les forces de Brock entourèrent le fort Detroit où s'étaient enfermés 2200 hommes. Brock qui avait rencontré Tecumseh 3 jours plus tôt savait la peur que les guerriers indiens inspiraient au généralissime américain et décida d'exploiter cette faiblesse. Il fit en sorte qu'un faux message indiquant que plus de 5000 guerriers indiens

FourColours

s'étaient joint à ses forces parvienne dans les mains du général Hull. En outre pour masquer le manque de troupes régulières il fit habiller de tuniques rouges supplémentaires du 41st regiment of foot, les miliciens canadiens qui étaient avec lui. Une flottille de deux navires anglais, les HMS Queen Charlotte et général Hunter, arrivèrent face au fort Detroit et le soumirent à un intense bombardement qui fit quelques victimes dans le fort. Hull, craignant pour la vie de sa propre famille et de ses hommes, intoxiqués par les manœuvres de Brock et horrifiés par les cris poussés par les guerriers indiens hors du fort vit sa détermination s’effondrer.
Le 16 août, quand il reçut la demande de reddition d'Isaac Brock lui enjoignant de se rendre afin d'éviter tout débordement de la part de ses alliés indiens, il fit hisser le drapeau blanc.

 

ci-contre les drapeaux américains capturés à Detroit

 

 

la première grande victoire de la guerre de 1812 avait été réalisée avec un minimum de morts de part et d'autre et eut un impact psychologique énorme sur les tribus indiennes de la région qui étaient encore indécises. Les Anglais venaient non seulement de neutraliser une des trois armées américaines lancées contre eux (2200 hommes des 1st, 3rd et 4th US infantry, deux escadrons de cavalerie, 3 régiments de milice de l'Ohio et un régiment de milice du Michigan ainsi que 39 canons et un brick), mais plus important, tout le territoire du Michigan tombait sous leur contrôle.

photo-5

Ci-dessus les vaincus défilent devant les vainqueurs, ont reconnait l'uniforme américain modèle 1810 avec ses lacets de poitrines en V, les soldats anglais sont ceux de la compagnie légère du 41st foot avec ses cols et manches rouges.


Hull fut traduit devant la cour martiale et dut répondre de cet affront, alors qu'il ne pensait qu'à sauver les 700 civils dont sa fille et sa petite-fille d'un éventuel massacre de la part des indiens. Le pauvre Hull, abusé, fut la victime d'un des plus spectaculaires exploits militaires réalisés durant la guerre de 1812. Le général Brock devenait un héros national au Canada mais ce dernier ignorait que son destin allait le rattraper plus à l'ouest près de la ville de Queenston.

 

(textes et cartographie Olivier.millet@2013)

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 18:46

raidcotiers

Ci-dessus carte des principaux raids anglais sur les côtes américaines (réalisée par  olivier Millet@2013)

 

La mise en place du blocus naval en février 1813, par ordre du conseil du 26 décembre 1812, se doubla d'une politique de terreur le long des côtes américaines. N'hésitant pas à remonter les cours d'eau pour s'enfoncer dans le pays, la royal Navy prit pour cible les villes portuaires, les dépôts, les ports et même les fermes isolées dans le but de réduire à néant la capacité navale commerciale et militaire des Etats-Unis et d'instaurer un climat de peur permanente dans toutes les communautés côtières. Le but recherché était de créer une crise morale au sein de la population propre à faire basculer l'opinion publique vers la recherche rapide d'une solution au conflit, solution qui bien sûr serait à l'avantage de l'agresseur. Si les raids de la marine de guerre anglaise ont effectivement causé des destructions importantes et amené les régions côtières à maintenir un état d'alerte quasi permanent elle causèrent un grand ressentiment dans l'opinion américaine qui raffermit davantage la volonté de se défendre plutôt que d'abandonner la lutte.


D'un point de vue stratégique la côte américaine allait devenir un troisième front après la frontière canadienne et la guerre contre les Creeks dans le sud-ouest du pays et de ce fait diluer un peu plus les capacités militaires déjà exsangues des Etats-Unis.

Néanmoins le manque de moyens disponibles fit que bien souvent l'administration Madison fut dans l'incapacité de répondre favorablement à tous les appels à l'aide lancés par les états menacés par les raids maritimes anglais. Chaque état devait avant tout compter sur sa propre milice pour assurer la protection de ses zones sensibles, l'armée américaine régulière était déjà fortement mobilisée pour ses offensives dans le nord. La plupart du temps des canonnières légères étaient dirigées vers les états les plus menacés pour aider la milice locale, ces embarcations à rames étaient le plus souvent armées d'un canon.

Le 26 décembre 1812, officiellement en réponse aux actes des corsaires américains, la Grande Bretagne déclara les côtes du Delaware et de la baie de la Chesapeake en situation de blocus. L'Amiral Cockburn fut chargé de la mise en place des opérations le long des côtes américaines avec toute la dilligence et les moyens qu'il jugerait nécessaires pour réduire la capacité de nuisance américaine.

Le 4 février 1813 le premier navire de ligne anglais apparaît au large des côtes de Virginie, premier signe tangible du blocus anglais. La flotte de Cockburn se composait de 4 vaisseaux de ligne de 74 canons, 6 frégates et de plusieurs petits navires auxiliaires.
En mars de la même année le blocus est étendu à tout le littoral américain mais dans les faits le nombre insuffisant de navires ne permet pas d'établir un blocus étanche ; seuls les états du     Maryland, de Virginie, du Delaware et du New Jersey sont soumis à un blocus. Mais les opérations contre les villes et villages côtiers commencent dès avril 1813 avec l'attaque de la ville de Lewes dans le Delaware par la royal Navy qui utilisa à cette occasion une arme nouvelle en Amérique du nord : les roquettes Congrève. Malgré un bombardement de 22 heures, la ville tint bon et repoussa même une tentative de débarquement. La flottille anglaise repartit vers les Bermudes, sa principale base de soutien.


Les navires de Cockburn établis près de la baie de la Chesapeake effectuèrent des raids de terreur le long de ses côtes, brûlant les fermes isolées, libérant et armant les esclaves noirs, coulant les bateaux amarrés qu'ils soient militaires ou non. Le 3 avril des canonnières anglaises s'en prirent à des navires corsaires amarrés dans la rivière Rappahannock, dont le Dolphin, et les capturèrent.

Les navires de la Royal Navy affectés au blocus s'en prennent le 2 mai au Havre de Grace et Bell's Ferry situés dans l'état du Maryland. Les destructions infligées sont importantes (60000 dollars de dégâts) les 3/4 des maisons sont détruites ou endommagées, les fermes, les navires le long de la route de Baltimore sont détruits, la fonderie de canon locale est incendiée. Encore une fois, la milice locale s'est montrée incapable de s'opposer aux attaques anglaises. La plupart du temps les raids sont effectués par des marins et des détachements de Royal Marines aguerris qui ont souvent le dessus sur des milices hâtivement constituées pour les arrêter. Le problème qui se pose au gouvernement fédéral américain est que la plupart des troupes régulières sont affectées aux frontières avec le Canada pour contrer les troupes anglaises de plus en plus nombreuses. Le litoral est de ce fait laissé à la seule défense des miliciens, motivés mais manquant totalement ou presque de l'expérience nécessaire pour s'opposer aux troupes anglaises. Il est à noter que quelques unités de l'US navy ou des gardes côtes participèrent à la lutte inégale contre les navires anglais, mais le plus souvent ils étaient obligés de rester amarrés à quai sous peine d'être rapidement coulés.


Les villes de Frenchtown le 29 avril et début mai , Georgetown, dans le Maryland, subirent ensuite les affronts de la flotte de Cockburn. La milice locale dépassée par les 600 soldats anglais ne put sauver les deux localités de la destruction et les Anglais repartirent leur forfait accompli. Il est intéressant de noter que contrairement à ce qui fut avancé comme argument pour justifier de tels actes, les Américains n'avaient pas commis d'action de terreur d'une telle ampleur sur la frontière nord du Canada et que l'Angleterre comme elle l'avait déjà fait au Danemarck en 1807 ou en France se comportait comme la plus barabare des nations civilisées.  En août 1813, la petite ville de Saint Michel dans le Maryland reçut la visite de l'amiral Cockburn qui bombarda de nuit la localité sans lui causer le moindre dommage, les habitants de la ville avaient suspendu des lanternes en avant de leur maison et éteint toutes les autres lumières. Le tir de nuit fut donc réalisé en pure perte et deux jours plus tard la milice locale appuyée par des batteries côtières finit de convaincre Cockburn de quitter la zone. Bien qu'anecdotique cet exemple montre que les habitants des régions côtières au fait de la menace arrivèrent parfois à faire échouer les raids ennemis par la force, la ruse ou tout simplement en coopérant et acceptant de vendre des denrées aux envahisseurs en échange d'un traitement de faveur.



049A Battle of Stonington-introductionFin mai ce fut la ville de Norfolk qui fut menacée et avec elle la frégate USS Constellation, la milice locale aidée des marins de la frégate américaine se préparèrent à défendre la cité. Les forts Norfolk, Nelson, Tar et Barbour situés à proximité furent mis en état d'alerte, le Constellation embossé une partie de son artillerie débarquée pour renforcer certains points, 22 canonnières complétaient le dispositif. Le 20 juin la flottille de canonnières s'en prit aux navires anglais à l'ancre dont la frégate de 38 canons le HMS Junon ; les dégâts furent importants et le navire anglais ne dut réellement son salut qu'à l'arrivée de deux autres frégates. Cette attaque accéléra les choses et les Anglais décidèrent de s'en prendre à Norfolk via l'île de Craney. Mais les Américains pour une fois bien préparés accueillirent par un feu d'enfer les assaillants britanniques leur coulant 5 barges et blessant et tuant 200 de leurs hommes. La compagnie volontaire étrangère composée de prisonniers français souffrit durant cette occasion de lourdes pertes qu'ils feraient payer plus tard aux habitants de Virginie. L'échec de l'attaque sur Norfolk fut un rude coup moral porté à l'amiral Cockburn mais renforçant dans le même temps son désir de causer le plus de dommages possibles au littoral américain.

Dès lors, leur cible suivante, le village de Hampton souffrit horriblement de leur attaque. La ville faiblement defendue tomba rapidement et subit un saccage complet à l'image de ce les Anglais pratiquèrent en Espagne. Viol, exécution sommaire incendie fut le résultat de cette journée avec une mention particulière pour la compagnie française qui se vengea de ses pertes. Les Anglais s'empressèrent de condamner leur honteux comportement et à juste titre en omettant de rappeler qu'ils avaient commis ce genre de destruction depuis plusieurs mois le long des côtes de Virginie et du Maryland. Cette subjectivité se retrouvera tout au long  du conflit pour  justifier  ce qu'on appelerait aujourd'hui des crimes de guerre.


Le 1er juillet la flotte de l'amiral Cockburn fut renforcée par celle du commodore Warren ; elle était composée de 8 vaisseaux de ligne, 12 frégates et un grand nombre de petits navires dont le HMS terror un vaisseau lance-roquettes. Une partie de cette immense flotte arriva à l'embouchure de la rivière Pototmac. Sa présence causa une panique générale dans la région et ce jusqu'à Washington. Mais les milices hâtivement assemblées semblaient avoir tenu à l'écart les Anglais qui préférèrent poursuivre vers le sud le long des côtes de Géorgie et de Caroline, capturant des navires, incendiant des plantations des îles de Dewees et Capers et libérant "temporairement" des esclaves avant dit-on de les revendre aux Bermudes ou de les enrôler dans les marines Coloniaux. La ville de Charlestown fut mise en alerte mais épargnée, tout comme les côtes de Caroline du Sud. Puis ce fut le tour de la Géorgie de voir ses plantations et fermes "visitées". War of 1812 Royal George Battle Kingston



Plus au nord, au large de New-York , le blocus posait de sérieux problèmes pour la continuté du commerce maritime et des tentatives pour le briser ou au moins le forcer furent mises au point. L'une d'elle consista à l'emploi d'un navire pour faire exploser un des vaisseaux de ligne anglais au large. Paradoxalement, la flottille de navire anglais qui croisait au large et qui était sous les ordres de Sir Thomas Hardy avait fait montre d'une attitude toute différente de la flotte de pirate commandée par Cockburn. Aucun raid n'avait été mené contre les propriétes des habitants de Nouvelle-Angleterre, seul le maintien du blocus était observé, ce qui causait néanmoins de gros dégâts...financiers aux Américains. Les Américains envoyèrent un bateau brûlot piégé contenant des substances inflammables et explosives et équipé de percuteur à silex pour déclencher une explosion, des pierres avaient été ajoutées pour servir de projectiles afin de blesser le plus de marins ennemis possible. Le navire une fois au large de New-York fut capturé par les navires du Ramillies et amené bord à bord avec ce dernier. L'équipage américain s'était au préalable échappé et attendait de voir le résultat de l'entreprise. Le navire américain, le Eagle, explosa dès le début du déchargement de son contenu vers le HMS Ramillies, l'explosion provoqua la mort de nombreux marins et enflamma en partie le vaisseau anglais. Ce dernier faiblement endommagé subit d'autres tentatives qui conduisirent Hardy à envoyer un ultimatum aux habitants de Nouvelle-Angleterre afin qu'il arrête cette sorte de guerre navale. Néanmoins d'autres tentatives furent effectuées et l'une d'entre elles sur le HMS Plantagenet était sur le point de réussir lorsque la charge sauta trop tôt sauvant le navire anglais de la destruction.

En réponse aux menaces de la flotte anglaise et de son chef Sir Thomas Hardy qui critiquait cette forme de guerre "odieuse", les Américains répondirent que les actes commis le long des côtes américaines justifiaient pleinement de telles attaques. Les Anglais avaient donc le droit de ravager les côtes américaines, mais, à leurs yeux, les Américains ne devaient pas tenter de couler leurs navires par des moyens aussi "horribles" car impossibles à prévoir et donc potentiellement très dangereux. Oeil pour oeil, cette forme de guerre côtière allait crescendo dans la violence et des deux côtés on s'attendait au pire.

La plupart des état du Maryland, de la Caroline du Nord et dans une moindre mesure la Caroline du Sud, le Delaware, la Géorgie, la Louisane, le New-Jersey subirent les assauts de la marine anglaise. Les corsaires anglo-canadiens se mirent aussi de la partie et s'en prirent aux navires marchands le long des côtes américaines. 1814 marqua le début des attaques sur les côtes relativement épargnées de Nouvelle-Angleterre et particulièrement du Maine.

Au large de New London le 25 avril 1814, la flottille américaine du commodore Lewis composée de treize canonnières attaqua deux corvettes anglaises et une frégate et leur infligea tellement de dommages que la frégate anglaise dut être remorquée pour quitter la zone de combat. Mais entre temps, après avoir remonté la rivière Connecticut, les Anglais avaient causé de grands dommages sur les localités de Saybrooket Brockway ferry coulant les navires, brûlant les dépôts. Le Maine subit à son tour de grandes déprédations le long de la rivière Passamaquoddy et sur ses côtes, Eastport, Wareham, Scituate, Castine, Hampden (où fut brûlée la frégate John Admas) furent capturées et parfois saccagées.

En juin 1814, les Anglais attaquèrent et saccagèrent des installations portuaires, agricoles et industrielles dans la baie de Buzzard, en août, la ville de Stonnigton fut bombardée mais défendue par sa milice qui repoussa un débarquement. Bangor fut ensuite saccagée à son tour, la ville de Machias capturée en septembre.
Une partie du Maine fut même déclarée territoire britannique rattaché à la province du Nouveau-Brunswick jusqu'à la fin de la guerre. Les trente mille habitants situés entre la rivière Peneboscot et la baie de Passamaquody étaient désormais citoyens anglais.

Mais la Nouvelle-Angleterre ne fut pas la seule à souffrir de ces attaques, la baie de la Chesapeake était devenue la principale cible des attaques de la flotte de l'amiral Cockburn qui en outre avait reçu des renforts d'infanterie venus de France dans un seul but détruire les villes de Baltimore et la capitale américaine : Washington. Le but de ce grand raid était d'obliger les     Américains à négocier et à demander la fin des hostilités ce qui signifierait que les Anglais pourraient obtenir des gains substanciels puisque vainqueurs.
Mais les Américains n'ignoraient rien de ces préparatifs , leurs agents de renseignement en Europe les avaient prévenus du départ d'un grand nombre de navires chargés de troupes en direction d'Amérique du Nord et plus précisément la région de la rivière Potomac. Seule la cible précise était inconnue. La milice locale s'organisa sous les ordres du général Winder et put rassembler des milliers d'hommes des volontaires du Maryland, de Virginie, de Caroline du Nord et du District de Columbia.


Les Anglais partagèrent leur flotte en trois flottilles pour remonter les fleuves et tromper les Américains. Ils débarquèrent à Benedict puis remontèrent vers Bladensburg où ils vainquirent l'armée en charge de la défense de Washington. Ils incendièrent la capitale en représaille des incendies de York et Newarck puis partirent en direction de Baltimore. En route ils affrontèrent les     Américains à North Point et perdirent leur général en chef, Ross. Puis ce fut l'échec devant fort Mc Henry et au final celui de toute l'opération. L'incendie de Washington rassembla les Américains plus qu'il ne les terrifia et leur détermination se changea en volonté de vaincre l'ennemi anglais qui voulait apparemment détruire la jeune république dans l'oeuf. Durant l'attaque sur la Chesapeake, les raids se poursuivirent le long des berges du Potomac notamment à Alexandrie. Mais des batterie d'artillerie servies par des miliciens et des marins retardèrent l'avancée des flottilles anglaises. L'esprit de résistance ne s'était nullement éteint devaient constater les Anglais au fur et à mesure qu'ils s'approchèrent de Baltimore.

054 Myers Bombardment of Fort McHenry-introduction


 Le pillage des localités côtières devenait de moins en moins facile. La nouvelle de la prise de Washington parvenant aux villes de Philadelphie, New-York, les travaux de fortifications de ces importantes localités commençèrent sérieusement, des retranchements, des forts étaient établis, la milice et les volontaires locaux affluèrent. Toute la côte Est qui en était encore capable se préparait à se défendre. L'esprit de Baltimore était né.

 

 

La fin de l'année 1814 vit l'attaque sur la Louisiane de la part du plus gros corps expéditionnaire envoyé par mer depuis le début de la guerre. Près de 8000 hommes dont beaucoup de régiments d'élite s'en prirent aux côtes de Louisiane depuis Mobile jusqu'à la Nouvelle-Orléans. La ville de Mobile défendue par le fort Bowyer fut attaquée deux fois. Le premier assaut vint le 15 septembre, une flottille sous les ordres du colonel Nichols débarqua 150 marines et bombarda le fort défendu par 120 hommes du 2ème régiment d'infanterie américain. la bataille tourna court quand les canons du fort repoussèrent l'assaut et quand un des navires anglais de 32 canons s'échoua et fut incendié par son équipage. Après léchec de la Nouvelle-Orléans, les Anglais attaquèrent sans succès le fort Philips sur le Mississippi, le 9 janvier 1815, puis revinrent à Mobile. Le 12 février, ils attaquèrent de nouveau le fort Bowyer mais avec des forces bien supérieures que lors de leur première tentative ; bien que le fort ait été renforcé il tomba entre les mains des Anglais. Ce fut la dernière action de combat terrestre de la guerre, les nouvelles de la signature de la paix arrivèrent peu aprés.
Les raids sur la côte atlantique continuèrent pendant cette période, la Géorgie fut le théâtre de quelques engagements finaux à Sainte Mary et Peter point ou Fort Peter en janvier 1815.

Le blocus causa des dommages énormes à l'économie américaine, faisant chuter par 6 le montant financier de ses exportations. C'est toute une économie basée sur l'import/export qui périclitait ainsi que les industries qui en dépendaient. Mais les marchés intérieurs, seuls disponibles, a contrario se développèrent empêchant d'une certaine manière la banqueroute totale. A ces dommages économiques s'ajoutaient ceux provoqués par les raids en eux-mêmes qui ruinèrent l'industrie de pêche, endommagèrent un grand nombre d'exploitations situées en bord de côte ou des fleuves, des villes devaient être presqu'entièrement reconstruites, les navires de commerce qui ne pouvaient déjà plus sortir de leur port furent en partie brûlés ou saisis tout comme les navires corsaires ou supposés comme tels. La marine de guerre américaine fut contrainte en grande partie à l'inactivité faute de pouvoir forcer le blocus sous peine d'être détruite, les combats en mer qui se déroulèrent furent épisodiques et réalisés par des unités déjà en mer au moment du resserrement du blocus ou opérant depuis des ports dont la surveillance était bien moindre.


D'un point de vue moral, l'Angleterre s'est comportée comme la dernière des nations civilisées, les attaques contre les civils et leurs biens, les bombardements de villes en Europe comme en Amérique, le traitement qu'elle infligeait à ses prisonniers de guerre, le pillage des cités... tout cela concourait à faire de cette nation un ennemi implaquable et décidé mais peu soucieux du droit des peuples et des nations. Les Américains commirent également des actes plus que répréhensibles en incendiant des villes et villages dans le Haut Canada ou en s'en prenant aux tribus indiennes isolées  mais jamais à une pareille échelle.

Comme en Europe, le blocus fit des ravages dans l'économie américaine mais les raids bien que parfois dévastateurs attisèrent plus la rancoeur et la haine contre l'Angleterre que l'envie d'abandonner le combat. En outre, les deux grands raids militaires de la guerre sur la Chesapeake et la Louisiane furent des échecs cinglants propres à renforcer le moral et l'ardeur de leur adversaire.

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3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 10:44

corsaire lynx

Ci-dessus le corsaire "USS LYNX"

Durant les guerres napoléoniennes et celle de 1812, les corsaires furent extrêmement actifs et combattirent sous tous les drapeaux pour la fortune de leur nation et la leur...

 

Tout capitaine peut recruter et affréter un navire pour devenir corsaire et participer à la guerre de course dès le moment où il possède une lettre de marque. La lettre de marque est un document     émis par le souverain ou le gouvernement d'une nation qui autorise le capitaine à attaquer tout navi4-560x448re battant pavillon ennemi, de s'emparer de sa cargaison et de son équipage ainsi que du navire ; mais en échange il devait déclarer ses prises. Certains corsaires sont devenus riches par le biais de ce système mais beaucoup finirent dans les prisons de leurs ennemis. Le statut de corsaire leur accordait de bénéficier du statut de prisonnier de guerre en cas de capture. Certains navires corsaires étaient officiellement admis dans la marine de guerre américaine le temps de la guerre.

 

ci-contre un corsaire de Baltimore

 

 

Il est à noter que les Etats-Unis ne sont pas signataires de la déclaration de Paris qui abolit la guerre de course et sont donc théoriquement capables de délivrer des lettres de marque à toutes personnes privées ou compagnies respectant les conditions de délivrance.

 

 

Durant la guerre de 1812 les corsaires américains obtinrent de beaux succès et on estime à environ 1300 le nombre de leurs prises. Le navire du Capitaine James de Wolfe, Le Yankee, fut certainement le navire corsaire le plus efficace de la guerre de 1812. Mais 200 navires corsaires américains furent détruits ou capturés par les Britanniques. Ces navires capturés furent la plupart du temps retournés contre les Américains. La plus célèbre de ces actions anti-corsaires fut la bataille de Fayal le 26 septembre 1814. Durant cette attaque l'équipage américain largement en sous-nombre infligea des pertes énormes aux Anglais puis après avoir sabordé leur navire se réfugièrent à terre protégés par les lois portugaises. Cette action retarda la mise en place de la force expéditionnaire anglaise en Louisiane et donna du temps à Jackson pour se défendre. Bien que le navire corsaire fût coulé, elle est fêtée comme une grande et héroïque action pour les Américains. Au final, la guerre de course des Américains se heurta au système des convois, mis en place contre la flotte de Napoléon, permit aux Anglais de protéger efficacement leurs navires et en dépit du grand nombre de prises, la guerre de course des "privateers" américains fut un échec. the american privateer general armstrong capt- sam- c- reid

 

ci-contre la bataille de Fayal, les Anglais détruisirent le corsaire General Armstrong mais au prix de 200 hommes et d'un temps précieux.

 

 

 

 

 

Le USS Lynx était un Clipper de 6 canons lancé en 1814 à Baltimore. Ce type de bâtiment rapide était parfait pour mener la guerre de course contre les navires marchands isolés tout en étant capable d'échapper aux navires de guerre anglais qui bloquaient la côte américaine. Long de 24 m et déplaçant 150 tonnes, son équipage totalisait une cinquantaine de marins.

Le bâtiment ne fut officiellement admis en service actif qu'en 1815 soit trop tard pour participer à la guerre de 1812, mais il se distingua lors des combats contre les Barbaresques, puis contre les pirates dans le golfe du Mexique. Le navire disparut en mer en 1820 sans laisser de trace malgré les recherches.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 17:29

cryslerBRITISH

La force anglo-canadienne présente à Crysler'Farm n'est pas très importante si on la compare à celle déployée par les Américains. Mais la qualité prime souvent sur la quantité dans les batailles et une fois de plus la démonstration en sera faite par les troupes anglaises le 11 novembre 1813.

89thcolours

 

ci-contre le 89th foot à la bataille de Crysler Farm, couleurs déployées, le 89th régiment va se montrer supérieur à ses opposants américains comme ce fut souvent le cas dans la première année du conflit.  

La principale force des Anglo-Canadiens repose sur un noyau dur composé par les troupes régulières anglaises ; vétérans  entraînés, ces hommes sont d'une qualité combattante supérieure au soldat régulier américain de 1813 et ont souvent fait pencher la balance dans les affrontements qui se sont déroulés jusque là.

BRITISHCa  

ci-contre à gauche un soldat régulier anglais, il porte le shako "stove pipe" à plumet rouge et blanc des compagnies du centre, un pantalon blanc (été) avec des guêtres courtes et la tunique rouge à parements jaunes. On rencontrait ce genre de tenue dans les années 1812/13 en Amérique comme dans la péninsule espagnole.

Les régiments réguliers anglais présents à Crysler'Farm portaient ce genre de tenue.

Les forces anglaises sont commandées par le Lieutenant-Colonel  Morrison qui alignait des éléments de deux régiments de ligne les 49th ( les 2 compagnies de flancs ) et le deuxième bataillon du 89th foot sans sa compagnie légère , 3 compagnies de voltigeurs canadiens,  un détachement des canadians fencibles, un petit détachement des dragons provinciaux canadiens (estafettes ), 30 guerriers Mohawk, un canon de 6 livres de la canadian provincial artillery et 2 canons de 6 livres de la royal artillery.

 

Les pertes sont les suivantes :

canadian fencibles : 5 morts et 14 blessés

Mohawk : inconnues mais certainement très faibles

49th foot et 89th foot : une dizaine de tués entre 120 et 130 blessés

voltigeurs canadiens : inconnues mais également très faibles

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