15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 17:49
L'incendie de la Maison Blanche 24 août 1814

Bien que cet événement soit mineur d'un point de vue strictement militaire, l'incendie de la Maison Blanche et des édifices publics de la capitale américaine eut un grand retentissement sur le cours de la guerre. Première et unique fois où la capitale américaine fut capturée par l'ennemi, la destruction de la résidence du président Madison répondait à un double but :

d'abord un objectif moral :

il fallait venger l'affront de la destruction de la capitale du Haut Canada, York qui avait traumatisé les Canadiens et humilié le gouvernement britannique, peu habitué à voir ses biens officiels détruits par une armée étrangère.

une exigence politique :

Avec l'imminence des discussions en Belgique pour traiter de la paix future, il était nécessaire d' envoyer un message clair aux Américains. La guerre serait totale et destructrice si les États-Unis ne cédaient pas à leurs futures exigences.

L'attaque anglaise :

Avec l'abdication de Napoléon 1er en avril 1814, les troupes britanniques mobilisées pour la guerre contre la France purent se retourner contre les États-Unis qui demeuraient leur dernier adversaire du moment. Une flotte partie d'Europe avec des troupes de vétérans à son bord pour renforcer la garnison du Canada mais aussi pour effectuer des raids le long des côtes américaines. Parmi les objectifs proposés pour les raids, la capitale américaine occupait le sommet de la liste pour son intérêt hautement symbolique. 4000 hommes furent mobilisés pour participer à l'attaque sur la ville américaine.

La flotte commandée par l'amiral Cockburn représentait 17 navires de combat plus une pléthore de petits navires de soutien et de transport. Le commandement des forces terrestres fut donné au général Ross, vétéran d’Égypte et d'Espagne. Les Anglais connaissaient bien la région de la baie de la Chesapeake, ils y avaient effectué des raids depuis 1813, mais en juin 1814, la flotte de l'amiral Alexander Cochrane, commandant en chef de la royal Navy pour le secteur américain, avait essuyé plusieurs échecs en affrontant les flottilles mobiles de défense non sans avoir incendié de nombreuses petites villes et installations. Le 19 août Les Anglais débarquaient à Benedicte et repoussaient les maigres forces navales présentes sur place. Se dirigeant ensuite vers Washington, le 24 août, les forces terrestres anglaises de Ross écrasaient l'armée américaine établie en hâte pour défendre la capitale à Bladensburg.

Les anglais entrent dans la ville :

Ayant balayé toute opposition, les soldats britanniques précédés, dit-on, par un drapeau blanc, se dirigèrent vers la ville.

Washington à cette époque est décrite comme une ville "misérable" entourée de marais insalubre. La Maison Blanche et le capitole, sans son dôme, sont les principaux bâtiments. La chambre des représentants est d'ailleurs décrite comme étant un des plus brillants édifices des États-Unis. A Washington, c'est évidemment la panique générale, le président Madison ainsi que son administration évacuent précipitamment la ville emportant tout ce qu'ils peuvent avec eux. Dolly Madison, l'épouse du Président, jugea opportun de sauver un tableau représentant le général Georges Washington, premier président des États-Unis et héros principal de la guerre d'indépendance, peint par Gilbert Stuart. Tentative dérisoire de préserver un pan de la toute jeune histoire des États-Unis de la destruction qui s'annonçait. La plupart des papiers et documents officiels furent chargés en hâte sur une carriole. La personnalité combative et affirmée de l'épouse du président tranchait avec ce dernier plus réservé. On rapporte qu'elle aurait souhaité défendre Pennsylvania avenue avec un canon derrière chaque fenêtre mais malheureusement ces derniers s’étaient enfui avec leurs équipages bien avant elle.

De leur côté les Britanniques à la tête d'une brigade non engagée à Bladensburg s'avançaient sur la route de Washington le général Ross en tête. attitude bien imprudente de la part du général anglais. Au détour d'un square sur Maryland avenue, des coups de feu partirent de la maison du secrétaire au trésor Albert Gallatin. 3 hommes et le général Ross tombèrent, ce dernier mortellement atteint décéda rapidement, l'expédition terrestre anglaise avait perdu son chef. Immédiatement la maison de Gallatin fut saccagée et brûlée, les tireurs avaient quant à eux disparu. Arrivés devant le capitole, les Anglais mirent promptement le feu à l'édifice qui contenait entre autre une bibliothèque de 3000 volumes et se dirigèrent vers la Maison Blanche. Arrivés sur place, ils s'aperçurent du départ précipité de ses occupants, une table de 40 couverts était parfaitement dressée pour le repas du soir. Cockburn et ses officiers profitèrent de l'hospitalité de la Maison Blanche et mirent le feu à plusieurs endroits de l'édifice avec notamment de la poudre à fusée et d'autres matériaux inflammables pour que le bâtiment brûle longtemps. L'édifice ne fut pas rasé et les murs restèrent bien en place, toute la partie en bois avait naturellement été consumée.

Les Anglais s'en prirent ensuite au département de la guerre et du trésor. Cockburn fit également détruire les bureaux du journal National Intelligencer et veilla particulièrement à faire disparaître toutes les lettres C en plomb pour éviter qu'à l'avenir son nom soit rapporté dans ce "torchon". Selon la légende bien qu'il n y ait eu aucun acte de résistance armée ce jour-là on rapporte qu'un homme aurait crié à Cockburn et ses hommes : "Si le général Washington avait été encore en vie vous ne seriez pas là" et Cockburn de répondre : "Si le général Washington avait été encore président aujourd'hui, nous ne serions pas venus". Les Américains ne sont pas en reste ils détruisirent les installations portuaires et l'arsenal ainsi que la frégate "Columbia" et le sloop "Argus", tous deux en construction, pour éviter leur capture. Les Anglais campèrent sur Capitol Hill et le lendemain partirent en laissant les feux de bivouac allumés pour faire croire à leur présence en ville.

le tableau que dolly Madison a préservé et toujours exposé dans la gallerie historique de la maison blanche. a droite une représentaion de l'incendie de la maison blanchele tableau que dolly Madison a préservé et toujours exposé dans la gallerie historique de la maison blanche. a droite une représentaion de l'incendie de la maison blanche

le tableau que dolly Madison a préservé et toujours exposé dans la gallerie historique de la maison blanche. a droite une représentaion de l'incendie de la maison blanche

L'incendie de la Maison Blanche 24 août 1814

Les conséquences

Le raid avait duré un peu plus de 24 heures et avait laissé des traces indélébiles dans l'imaginaire collectif des Américains. Les cités savaient maintenant à quoi s'attendre en cas de capture par les troupes britanniques. L'épisode suivant de Baltimore allait démontrer aux Anglais que cette attaque n'avait fait que raffermir la volonté de résistance des Américains.

Dans les faits si les Anglais purent retirer une satisfaction d'avoir laver l'affront fait à York un an plus tôt, le résultat sur le plan moral fut surtout d'assister à une union résolue de la part des états américains, bien décidés à ne pas subir le même sort que leur capitale fédérale. La conséquence immédiate sera la défaite anglaise devant Baltimore quelques semaines plus tard et une mise en état d'alerte de toutes les villes côtières d'importance des États-Unis. Quant aux négociations à Gand, elle ne seront que faiblement impactées par cet évènement car les victoires américaines de septembre balayèrent toutes prétention britannique à la victoire dans ce conflit.

Dans le monde cet épisode stupéfia la majorité des observateurs, une petite force armée avait capturé la capitale d'un état de plus de 10 millions d'habitants sans combat. Bien que certains parlementaires anglais décrièrent cette attaque qui n'était rien d'autre qu'un énième raid de pillage et de destruction, les Anglais approuvèrent comme une juste rétribution de l'incendie de York un an auparavant. Prevost, gouverneur du Canada déclara que cette action était juste en regard de l'incendie de sa propre capitale.

L'attaque de la capitale permit également aux forces anglaises de mettre la main sur 16000 barils de farine, 1000 de tabac et 150 balles de coton. Seuls les édifices publics furent incendiés. La mort de Ross aurait pu avoir de graves conséquences sur la troupe anglaise, prompte aux pillages et aux débordements comme elle le fit dans le passé.

Pour le reste de la campagne, le 15 septembre 1814 après avoir vainement tenté de réduire les fortifications américaines de Baltimore et au prix de presque 400 morts et blessés, l'expédition britannique quittait les côtes américaines sur un échec. Combinée au désastre de Plattsburgh, l’invasion qui visait à "châtier" les Américains avait lamentablement échoué alors que l’Angleterre avait envoyé les moyens adéquats et jouissait d'une nette supériorité qualitative. Brûler Washington ne fut pas une si bonne affaire en définitive...

(Photo)

Les traces de l'incendie de la Maison Blanche sont toujours visibles à l'intérieur du bâtiment ou certaines pierres noircies par l'incendie ont été conservées pour témoigner de l'événement.

Pour plus d'information un excellent site (Anglais)

http://www.warof1812.net/p/british-account-of-burning-of.html

un article du Washinton Post sur l'évènement:

http://www.washingtonpost.com/national/health-science/2014/08/23/abf407ae-24bd-11e4-86ca-6f03cbd15c1a_story.html

L'association historique de la Maison Blanche:

http://www.whitehousehistory.org/whha_classroom/classroom_documents-1812.html

Pour les amateurs :

le livre de Peter Snow "When Britain burn the white house"

ou celui

d'Anthony S Pich "The burning of whashington"

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 10:20
Le traité de Gand 24 décembre 1814

Il y a 200 ans exactement le traité de Gand en Belgique mettait fin officiellement à la guerre de 1812. La signature de cet acte ne signifia pourtant pas l'arrêt des combats sur le terrain et ne résolut qu'imparfaitement les griefs qui avaient conduit au conflit. La dernière action de la guerre de 1812 eut lieu en mer où les navires ne purent être prévenus à temps de la fin des combats.

Les buts de guerre

Si la cause principale de la guerre du point de vue américain avait été la presse de la marine de guerre anglaise sur les navires américains, l'abdication de Napoléon premier en avril 1814 qui avait mis un terme aux guerres napoléoniennes avait également de facto mis fin aux agissements de la Royal Navy sur les bateaux neutres. En effet la marine de guerre du Royaume Uni en guerre contre la marine française manquait cruellement de marins pour son combat mais une fois la guerre contre la France terminée ce besoin ne devint plus du tout une priorité. Ainsi la cause principale de la guerre de 1812 s'était éteinte avec le pouvoir de Napoléon 1er et non grâce à une campagne militaire sur le continent américain. Mais "L'impressment" n'était pas la seule raison du conflit.

Pour les Américains, le problème lié aux activités indigènes n'était toujours pas résolu et justifiait à lui seul la continuité des combats. La guerre de 1812, de ce point de vue, expliquait l'expansion colonisatrice sur les territoires amérindiens par les forces américaines. L'implication d'agents supposés britanniques dans la révolte menée par Tecumseh permettait à Washington de justifier ses actions contre les tribus hostiles, considérées dès lors comme alliées des Anglais. De toute évidence l'expansion vers l'Ouest et le sud était nécessaire pour une population grandissante en mal de terres arables. La guerre de 1812 était une opportunité de gagner du terrain sur le dos des Amérindiens avec une justification officielle incontestable. D'ailleurs la fin de la guerre anglo-américaine ne mit pas un terme aux opérations militaires contre les Amérindiens loin s'en faut, elle fut le catalyseur d'un conflit larvé en Amérique du Nord qui se poursuivra jusqu'à la fin du 19ème siècle.

Les pourparlers de paix ayant débuté depuis 1813, une médiation de la part des Russes avait été refusée par les Anglais. Ce fut en août 1814 en Belgique que fut décidée l'organisation des pourparlers définitifs devant régler le conflit. Les négociations à proprement parler débutèrent en août 1814. les Anglais comme les Américains tentèrent tout ce qui était en leur pouvoir pour prendre un avantage certain sur le terrain et peser ainsi sur les négociations en cours ou à venir. L'incendie de la capitale américaine avait d'ailleurs été une des raisons pour lesquelles les Anglais voulaient imposer aux Américains le fait qu'ils s'estimaient vainqueurs du conflit. Ces derniers estimant que les défaites anglaises à Baltimore et Plattsburgh balayaient ce point de vue. La campagne sur la Nouvelle-Orléans peux être vue comme la mission ultime pour faire pencher la balance dans les discussions en Belgique. Mais les retards sur le terrain et la signature en décembre du traité empêchèrent l'attaque en Louisiane d'avoir un impact. Nul doute que l'annonce du désastre du corps expéditionnaire britannique face au général Jackson à la bataille du 8 janvier 1815 aurait eu un effet important sur les délégations réunies à Gand.

Des négociations difficiles

La délégation britannique était composée de l'amiral James Gambier, du diplomate Henry Goulburn et d'un avocat William Adams. La tâche qui les attendait était difficile car le gouvernement de sa majesté désirait imposer plusieurs points qu'ils serait compliqué de faire accepter par les Américains. Ces points comprenaient :

-le maintien exclusif d'une flottille sur les grands lacs et la possibilité de construire des forts sur ses rives

-le droit de navigation sur le Mississippi, sous contrôle américain

-la création d'un "état" amérindien pour officiellement tenir leur parole vis-à-vis de ces populations et officieusement créer un état tampon entre provinces anglaises et les États-Unis.

-la conservation des forts Niagara et Mackinac

De telles exigences avaient un double but :permettre de faire traîner les négociations afin que les troupes anglaises, en constant renforcement, prennent l'avantage sur le terrain. Demander beaucoup pour obtenir moins mais obtenir néanmoins un gain positif territorial.

Les Américains de leur côté étaient emmenés par une délégation comprenant le bouillant Henry Clay faucon pro-guerre, l'ambassadeur Jonathan Russell, le sénateur Ashton Bayard, l'ex-ministre des finances Albert Galatin et enfin John Quincy Adams l'un des plus brillants diplomates américains.

La principale mission des Américains était de faire cesser l'enrôlement forcé des matelots américains par la Royal Navy, mais avec la fin de la guerre en Europe, cette condition devint caduque et les Américains furent plus enclins à contrer les exigences des Anglais plutôt qu'à en exprimer.

La question de la création d'un état indien était tout simplement inacceptable pour eux ne serait-ce que pour les milliers d'Américains vivant sur ces terres et qui seraient obligés de les quitter.

La demande de restitution des forts capturés étaient également en contradiction avec les exigences britanniques. En outre la capacité exclusive de faire naviguer une flottille de guerre sur les grands lacs irritait particulièrement les Américains qui avaient remporté les deux affrontements majeurs de la guerre dans ces secteurs. Le lancement du géant HMS Lawrence ne devait rien changer au fait que ni les Américains ni les Anglais ne dominaient le Lac Ontario. Le lac Erié était sous domination américaine ainsi que le lac Champlain. Si les Anglais avaient de telles exigences c'est parce qu'en 1814 ils avaient plusieurs opérations majeures en cours ou en préparation. Les attaques sur la baie de la Chesapeake et notamment Washington, sur Plattsburgh, sur le Maine et la Nouvelle Orléans devaient porter un coup fatal aux Américains et les forcer à accepter l'ensemble de leurs exigences. En outre il faut rappeler que la côte des États-Unis était toujours soumise à un blocus continuel de la Royal Navy qui se renforçait avec l'arrivée des unités libérées par la fin de la guerre contre les Français.

Mais si la capture d'une partie du Maine fut une réussite sans lendemain, les défaites de Baltimore et Plattsburgh furent une humiliation qui donna un crédit énorme à la délégation américaine. La bataille de la Nouvelle Orléans n'aurait lieu qu'en janvier 1815 mais son effet n'aurait été que plus dévastateur et aurait peut-être permis aux Américain d'exiger plus de choses en retour. Mais si la fin de la guerre en Europe contre Napoléon avait permis de renforcer l'armée anglaise au Canada, elle dressait un triste bilan de l'état des finances anglaises. L'Angleterre n'avait tout simplement plus beaucoup le choix entre poursuivre une guerre coûteuse, inutile et qui devenait de plus en plus impopulaire et une négociation honorable quitte à renoncer à certains points litigieux entre les deux délégations.

Ce furent évidement les absents qui eurent tort, les Amérindiens furent les véritables perdants des négociations en Belgique car la création de l'état amérindien fut abandonnée. Les territoires indigènes occupés par les Américains étaient officiellement perdus pour les différentes tribus.

Les deux délégations arrivèrent finalement à un accord. Les territoires occupés devront être restitués à leur ancien propriétaire, exception faite des territoires espagnols occupés par les Américains. Les esclaves en fuite et incorporés dans les rangs anglais devront être restitués ou remboursés, les navires capturés devront être également rendus et les prisonniers des deux camps libérés.

Le traité de Gand 24 décembre 1814

La signature et la ratification du traité

Le traité est officiellement signé le 24 décembre dans le vieux cloître des Chartreux de Meerhem il comporte 11 articles.

Le premier article stipule le retour aux frontières d'origine telles qu'elles existaient avant le début de la guerre, on parle ainsi d'un statut quo "Ante Bellum".

Le second article stipule la cessation des hostilités entre les deux parties sur terre et sur mer, clause difficilement applicable immédiatement du fait de l'éloignement de certaines unités, particulièrement celles de la marine qui seront les dernières à combattre. Néanmoins une clause précise que dès la ratification du traité une période allant de 12 à 120 jours en fonction du lieu géographique sera respectée afin que toute prise de guerre (navale essentiellement) soit considérée comme une prise légale ou non. Les navires capturés après ce délai légal seront restitués à leur propriétaires.

L'article numéro 3 est consacré à la situation des prisonniers et à leur retour. Le remboursement des frais liés à leur captivité devra être pris en considération par la nation récupérant ses prisonniers.

Les 4 articles suivants fixent les frontières et les modalités pour leur établissement définitif sur le terrain. Une zone est définie dans laquelle toutes les parties conquises seront restituées à leur précédent propriétaire. Une exception concernant des îles de la baie de Passamaquoddy précise que ces dernières seront conservées par la puissance occupante.

Le problème des frontières sera incomplètement résolu, il faudra attendre la signature du traité Webster Ashburton en 1842 pour que la frontière nord soit clairement définie.

L'article 9 déclare la fin des hostilités entre les nations amérindiennes et les Anglo-américains. Là encore cette décision est de pure forme car si les Anglais n'auront que peu de conflits avec les indiens d'Amérique du Nord, les Américains dans leur expansionnisme croissant n’arrêteront jamais le combat contre les Tribus. Citons la première guerre Seminole en 1818, la seconde en 1832, la guerre de Faucon noir en 1832 et la Guerre contre les Creeks en 1836. Tous ces conflits découlent directement ou indirectement de la guerre de 1812 et des actions militaires menées sur les territoires de ces différentes tribus.

L'article 10 est intéressant car il évoque le problème de l'esclavage. Il stipule que les Américains et les Anglais sont favorables à son abolition confirmée par la convention de 1818 entre les deux nations. Inutile de préciser que ce fut encore une fois un vœu pieux car il faudra attendre 1863 pour que Abraham Lincoln, président des États-Unis proclame seulement l'émancipation des esclaves. Le 13ème amendement de 1865 confirmera l'abolition de l'esclavage mais sans interrompre la ségrégation raciale. Les Anglais de leur côté furent bien plus prompts à sortir de l'esclavage puisqu'ils votèrent son abolition en 1833. En outre Les esclaves échappés des plantations et emmenés ou enrôlés par les Anglais, s' ils ne sont pas restitués aux Américains, leur valeur doit être remboursée.

L'article 11 enfin précise que la ratification "sans altération" du traité devra être réalisée dans un délai de 4 mois. Le traité voyagea entre l'Europe et le continent américain à bord du HMS favorite et arriva à New-York le 11 février 1815

Le président américain James Madison et le Roi Georges ratifieront le traité en février 1815.

Comme souvent dans l'histoire, le traité de paix qui met fin à la guerre de 1812 est incomplet et source potentielle de conflits futurs. Ces conflits seront essentiellement le fait des Américains et des Amérindiens. Ces derniers ayant été oubliés sciemment et spoliés par le traité de Gand, devront lutter seuls, contre l’expansionnisme américain avec le résultat que nous connaissons. Si des tensions surgiront entre Américains et Anglais notamment au sujet des droits de pêche, des frontières Nord et plus tard du fait des conséquences de la Doctrine Monroe au Mexique, de la guerre de Sécession et de l'expansion vers le Nord Ouest, il n'y aura plus de guerre entre ces deux nations mais au contraire de multiples accords stratégiques qui trouveront tout leur sens durant les deux guerres mondiales. Le traité de Gand qui officialise le statu quo ante bellum signe donc un match nul entre une Angleterre au sommet de sa puissance militaire mais épuisée financièrement et aspirant plus que jamais à la paix, et les États-Unis, surpris de s'en être aussi bien sortis dans un conflit contre la première puissance du monde.

Sources et Liens

Le traité conservé à la librairie du Congrès :

http://www.ourdocuments.gov/doc.php?flash=true&doc=20

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