2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 10:34
quelques unités présentent à Fort Peter, le 1st rifle dans sa nouvelle tenue grise mais à la plaque de shako en losange, le 43rd US regiment dans l'uniforme reglementaire de 1814, il n'existe pas d'informations particulières au sujet de sa tenue réellement portée et l'on doit se contenter de supposition, enfin les Marines coloniaux et le 2nd régiment des caraibes, unités très adaptées au climat local surtout en été.

quelques unités présentent à Fort Peter, le 1st rifle dans sa nouvelle tenue grise mais à la plaque de shako en losange, le 43rd US regiment dans l'uniforme reglementaire de 1814, il n'existe pas d'informations particulières au sujet de sa tenue réellement portée et l'on doit se contenter de supposition, enfin les Marines coloniaux et le 2nd régiment des caraibes, unités très adaptées au climat local surtout en été.

Le Fort Peter ou plus exactement le Fort de Peter Point (point Peter est également utilisé), est une fortification construite par l'armée américaine en 1795 près du village de Saint Mary dans le comté de Camden en Géorgie. Situé dans une région peu habitée il fut le théâtre d'un affrontement tardif entre l'armée anglaise et les troupes de milice américaine stationnées sur place. L'existence de ce point fortifié fut brève car en partie détruit durant la guerre de1812, il fut réoccupé puis abandonné en 1818.

Un petit fort idéalement situé

Le fort est situé à une embouchure stratégique à la frontière avec l'état de Géorgie et la colonie espagnole de Floride. Il contrôle la rivière Saint Mary, la crique de Peter-point en face de l'île de Cumberland. Sa position verrouille l’accès vers l'ouest à l’intérieur des terres par la rivière.

Initialement construit en 1795, le fort ou plutôt le point fortifié de Point Peter était constitué de renfort de terre et de rondins de bois. Une batterie de 8 pièces de canons, essentiellement des pièces de 12 livres, fut installée. Le site fut abandonné une première fois en 1802 mais le fort et sa garnison eurent à contrer des incursions de contrebandiers ou corsaires espagnols puis français en 1805 ce qui incita à renforcer la position.

Le fort fut réoccupé en 1808. Un blockhaus fut ajouté au système de défense ainsi que des baraquements. Le rôle du fort était alors de renforcer le contrôle du secteur dans le cadre de la loi de "l'embargo Act", et la lutte contre le trafic d'esclaves. Il faut rappeler que la Géorgie est une région de plantation où les esclaves qui travaillaient dans les champs étaient nombreux. La demande de main-d’œuvre était forte et suscitait un marché de contrebande d'esclaves. Si l'esclavage était autorisé dans certains états des États-Unis, dont la Géorgie, la traite des noirs était quant à elle interdite depuis 1808. Mais un fort commerce illégal d'esclaves subsistait.

En plus du fort, le secteur était également défendu par une flottille de canonnières plus utiles pour contrôler les nombreux cours d'eau du secteur. La garnison du fort reçut également l'ordre d'assister toute opération militaire qui serait menée contre les terres espagnoles toutes proches. Lors de la guerre patriotique de 1810 et les incursions de 1813, les forces américaines s'emparèrent de territoires espagnols avec l'aide notamment des canonnières stationnées près du fort Peter.

La garnison du fort était composée de troupes régulières en provenance de Caroline du Nord : le 43rd regiment of US infantry recruté le 29 janvier 1813 et dont une compagnie était affectée à la défense de la position.

Des détails sur la vie de la garnison furent découverts après de récentes fouilles archéologiques. Au travers des nombreux artefacts trouvés comme des ustensiles de cuisine on sait que les conditions de vie étaient difficiles mais que les hommes, en plus de leurs rations, subsistaient grâce à la pêche et à la chasse. Les conditions très humides de leur environnement et les marais voisins étaient, en outre, favorables à l’apparition de maladies, notamment en été avec les moustiques fort nombreux.

L'attaque anglaise de 1815

Peu après la terrible défaite de la Nouvelle-Orléans, les troupes anglaises sous le commandement de l'amiral George Cockburn, ignorantes de la débâcle anglaise en Louisiane, débarquèrent non loin du Fort Peter sur l'île de Cumberland le 10 janvier 1815. Près de 1500 soldats britanniques prirent pied sur cette île dans le but de détruire les défenses de Saint Mary puis d'occuper durablement le terrain empêchant ainsi tout renfort américain de se diriger depuis cette zone vers la Louisiane afin d'aider les défenseurs américains de la Nouvelle-Orléans. La plupart des troupes étaient des bataillons de royal Marines des 1st, 2nd et 3rd battalion. Le 2nd west india regiment était également présent.

Le 13 janvier, 800 hommes attaquèrent le fort et ses 130 à 160 défenseurs (selon les sources) qui furent rapidement submergés. Les britanniques affrontèrent une compagnie du 43rd regiment of US infantry commandé par le capitaine Tatnall ainsi qu'une compagnie du 1st Rifle commandée par le capitaine Abraham M Massias. Le capitaine Barrie prit le commandement de la colonne anglaise et s'approcha du fort. Les Américains dont une partie des troupes étaient restée près des canons, avaient envoyé le reste des deux compagnies tendre une embuscade à la colonne anglaise. Le combat qui s'ensuivit fit une quinzaine de victimes chez les Américains et bien moins chez les Anglais. Tatnall fut blessé au cours de l'engagement. Largement inférieurs en nombre et ayant échoué à stopper l'ennemi, les Américains se retirèrent abandonnant le fort aux Anglais. Ces derniers le détruisirent et retournèrent à leur point de départ.

Le 15 janvier, les Anglais s'emparèrent de la ville de Saint Marys et la pillèrent. Ils récupérèrent à cette occasion deux canonnières et des navires marchands.

deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)
deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)
deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)

deux vues et la carte de la zone du débarquement anglais à point Peter (entouré en rouge). Il n y a aujourd'hui que peu de traces du fort construit en bois et terre (en jaune) et révélées par des fouilles archeologiques. Une pancarte à l'endroit de la batterie rappelle les faits qui se sont déroulés en 1815. (images Google Maps)

Les Anglais s'installent sur l'île Cumberland et les dernières actions de la guerre

Après avoir détruit la position américaine, les Anglais s'installèrent durablement dans l'île de Cumberland afin d'y établir une solide tête de pont pour des actions futures. Les ordres étaient d'attendre l'arrivée de renforts pour mener des raids sur les côtes de Géorgie, détruire les moyens de communications ennemis dans le but d'isoler un peu plus les forces américaines en Louisiane et dans le secteur de Mobile. Bien que les forces de renfort anglaises n'arrivèrent pas, la présence de Cockburn fut une menace qui incita le commandement militaire de la région de Savannah, située plus au nord, de maintenir des forces en réserve en prévision d'une éventuelle attaque anglaise. De son côté l'amiral anglais prévit effectivement de pousser son attaque vers Savannah mais la nouvelle de la signature de la paix à Gand stoppa son projet.

A la nouvelle de la présence anglaise dans ce secteur des centaines d'esclaves s'enfuirent de leurs plantations pour aller rejoindre les troupes anglaises. Ces esclaves en fuite furent en partie recrutés dans le bataillon de Royal Marines coloniaux. On estime à 1500 le nombre d'esclaves ayant rejoint les Britanniques sur l'île Cumberland. A la fin du conflit les Américains réclamèrent que les esclaves en fuite soient rendus à leurs "propriétaires". Les Anglais refusèrent et s'engagèrent en échange, grâce à une médiation russe, à rembourser leurs anciens propriétaires. Ces litiges concernant les esclaves en fuite furent réglés par le traité de Gand. Les anciens esclaves furent transférés par les Anglais sur les îles Trinidad et Tobago et en devinrent des habitants en 1816.

Il est à noter que bien qu'au courant de la signature du traité, les Anglais établis à Cumberland organisèrent un dernier raid le 23 février 1815 pour attaquer le poste nommé camp Pinckney. Le 24 février un combat opposa le parti de Royal Marines embarqués sur 8 barges pour l'opération et des miliciens locaux qui leur tirèrent dessus depuis les rives de la rivière. Le compte rendu du colonel américain fait état d'un affrontement entre sa cinquantaine d'hommes miliciens et soldats réguliers et des unités anglaises sur la rivière. Les Anglais se replièrent et n'insistèrent pas ; ce fut là la dernière escarmouche de la guerre de 1812 qui eut lieu quelques jours après la ratification du traité de Gand.

Le Fort aujourd'hui fut redécouvert grâce à des fouilles archéologiques en 2002 qui ont permis de déterrer un grand nombre d'artefacts de la cette période. Malheureusement construit en bois et en terre, le fort n'existe plus il est donc difficile d'imaginer à quoi ressemblaient la batterie et les installations de manière précise. Néanmoins le site a été revalorisé depuis les fouilles et l'endroit peut se visiter ne serait-ce que pour apercevoir le point de vue sur la rivière Saint Mary.

Le Fort Peter dans la guerre de 1812, les derniers combats de la guerre

Sources et liens:

Chartrand René "The fort of the war of 1812" Osprey

Fredriksen John "the united states army in the war of 1812"

roussillon sylvain "1812"

Fredricksen John "Green Coats and Glory the united states regiment of Riflemen"

quelques sites internet pour la découverte des lieux

les fouilles archéologiques du fort :

http://archive.archaeology.org/0701/abstracts/ptpeter.html

site sur les sites historique de Géorgie:

http://www.lat34north.com/historicmarkers/MarkerDetail.cfm?KeyID=020-HS2&MarkerTitle=Point%20Peter%20Battery%20and%20the%20War%20of%201812%20&CountyNameKey=Camden

site sur Saint Marys:

http://www.exploresouthernhistory.com/stmarys.html

site sur l'île Cumberland:

http://www.nps.gov/cuis/index.htm

Repost 0
Published by Olivier Millet - dans lieux de la guerre de 1812
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 08:31
Le Fort de Coteau-du-Lac dans la guerre de 1812

Coteau-du-Lac est situé au sud-ouest de Montréal sur les rives du fleuve Saint Laurent à un endroit où le cours d'eau s'élargit en plusieurs méandres peuplés de plusieurs îles donnant l'impression de former un lac. A cet endroit la navigation sur le fleuve est rendue ardue par une série de rapides formant un véritable obstacle naturel. Le lieu est bien connu des amérindiens qui utilisaient déjà l'endroit depuis longtemps. Suite à une tentative des forces américaines pendant la guerre d'indépendance de capturer le Canada, il devint évident que cette position devenait un lieu de passage idéal pour le ravitaillement du Bas Canada comme celui d'envahisseurs éventuels. La construction d'un fort ainsi que d'un petit canal destiné à fluidifier le trafic fluvial fut décidée.

Un fort pour protéger ce point de passage obligé

Les risques d'invasion du Bas Canada via le Saint Laurent augmentant avec le déclenchement de la guerre de 1812, la position fut fortifiée et était capable d’accueillir une garnison de 400 hommes.

Vu du ciel, le fort offrait l'aspect d'une série de remparts de terre dirigés vers l'ouest pour contrer toute attaque venant de la terre ferme. Ces remparts étaient réalisés de telle manière que les tirs se croisent afin d'augmenter l'efficacité du feu défensif. Un fossé fut creusé en avant des remparts, un pont permettait le franchissement. Derrière ces bastions se trouvaient les bâtiments: poudrière, les casernes et le corps de garde. A l'ouest sur une partie saillante et face au fleuve, une batterie de 3 canons de 24 livres disposés derrière des remparts en forme de trèfles interdisait le passage à toute embarcation descendant ou remontant le fleuve. Les canons sont placés sur des plateformes en bois mobiles leur autorisant un débattement sur 360°. En arrière de cette batterie se trouve un bunker de forme octogonale qui sert de quartier général. Des pieux de bois aiguisés furent érigés tout autour de cette position jusqu’à mi-hauteur de l'escarpement.

Le canal traversait le fort séparant ainsi la batterie en trèfle et son bunker octogonal du reste des fortifications. Un pont permettait le passage entre les deux zones. Devant chaque sortie ou entrée du canal un blockhaus de bois augmentait la puissance du système défensif.

Bien que stratégiquement important pour la circulation fluviale, le fort ne fut jamais attaqué par les forces américaines. Les défaites successives de Crysler'Farm et de Châteauguay empêchèrent l’ennemi de poursuivre plus avant. Néanmoins devant l'importance de la position, une importante garnison fut maintenue tout au long de la guerre. Les détachements de milices se sont succédés pour la défense du fort ainsi que des éléments des artilleurs provinciaux ou du Royal Foot artillery. Les hommes vivaient dans des conditions difficiles comme dans la plupart des postes avancés du Canada. La difficulté du ravitaillement obligeait à mettre en place un rationnement de toutes les denrées comme du bois de chauffage. Mais le froid et ces conditions spartiates furent les seuls ennemis que la garnison eut à affronter durant la guerre de 1812.

en haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même périodeen haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même période
en haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même période

en haut à gauche le bunker octogonal (reconstruit d'après les plans de l'original), à droite une vue d'artiste du fort tel qu'il était en 1815, en bas le plan du fort pour la même période

Sur cette vue on distingue le Blockhaus octogonal, on peux voir également que l'ancien canal est complètement fermé et que la géographie du lieu a fortement évolué
Sur cette vue on distingue le Blockhaus octogonal, on peux voir également que l'ancien canal est complètement fermé et que la géographie du lieu a fortement évolué

Après la guerre de 1812, le canal fut élargi pour permettre le passage à de plus grandes embarcations. Au gré des périodes de tension, la garnison sera plus ou moins importante. Lors de la révolte des Patriotes en 1837, le blockhaus octogonal fut incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains des révoltés patriotes et fut reconstruit en 1978 par les parcs du Canada. Le creusement du canal de Beauharnois entraîna l'abandon progressif du site. Le site fut en partie exploité par une carrière de pierre et une scierie avant de finalement susciter un intérêt archéologique. Les fouilles débutèrent en 1965 et mirent à jour aussi bien des pièces datant de la période de la guerre de 1812 que celles prouvant la présence d'amérindiens 4 à 6000 ans auparavant. En 1972 le site est officiellement reconnu comme lieu historique du Canada et en 1982 il est en partie restauré. Son intérêt repose plus sur son rôle joué pour les communications fluviales que durant la guerre de 1812.

Le fort aujourd'hui ne garde que le blockhaus octogonal et un fossé. Les remparts de terre ont presque disparu ainsi que les bâtiments. Différents canons sont exposés pour rappeler la batterie de l'époque. La géographie du lieu a également changé : la pointe saillante où était basée la batterie en trèfle s'est élargie, les entrées et sorties du canal sont obstruées et la ville de Coteau-au-lac s'est étoffée tout autour de l'ancienne position du fort.

Canon de 24 livres sur plateforme capable de tirer à 360° (site du Fort de Coteau au Lac)

Canon de 24 livres sur plateforme capable de tirer à 360° (site du Fort de Coteau au Lac)

Repost 0
Published by Olivier Millet - dans lieux de la guerre de 1812
commenter cet article
2 mai 2012 3 02 /05 /mai /2012 07:10

20060720112003

Le fort Mc Henry, fut construit après la guerre d'indépendance américaine ; sa construction en étoile à cinq branches est le fait de l'ingénieur français Jean Foncin. Le fort a été placé sur la péninsule de "Locust Point" pour défendre et interdire l'accès de la baie de Baltimore, important port de la côte Est.

20060720112226

 

 

ci-contre une copie de l'énorme drapeau américain hissé durant la bataille de 1814 ; au premier plan on aperçoit un canon de campagne américain dans sa livrée typique "gris bleu"

 

 

 

 

 

 

 

Le fort se présente sous la forme élégante de cinq bastions disposés en étoile et entourés d'un fossé. Les bastions sont maçonnés et disposent de 4 canons (la plupart sont des pièces de 36 livres données par les Français) et des remblais extérieurs pour des positions d'artillerie ont été installés afin d'augmenter sa puissance de feu.

 

Le port de Baltimore est un important centre naval pour les opérations des corsaires américains ainsi que  le commerce maritime. Bien que considérablement gêné par le blocus naval mis en place par les Anglais dès 1812/1813, il devint évident que ce port serait tôt ou tard une cible des nombreux raids menés par la royal navy. A cet effet un renforcement de l'artillerie du fort fut mis en place.

20060810151123

 

vue de la péninsule de "Locus Point", on voit bien la forme étoilée du fort qui empêchait par ses feux d'artillerie tout passage vers le port de Baltimore. Chaque bastion était pourvu de pièces de 18 à 24 livres. Durant la bataille de 1814, 28 membres de la garnison (dont une femme) furent blessès ou tués.

 

 

 

 

 

Le fort dut sa célébrité dans la guerre de 1812 à l'épisode du bombardement de septembre 1814 qui s'inscrit dans le cadre de la bataille de Baltimore. La royal navy alors en opération de raids dans la baie de la Chesapeake décida de mener une attaque d'envergure contre la ville de Baltimore. Combinant ses efforts avec un assaut au sol, les Anglais devaient faire sauter le seul verrou naval qui bloquait le passage à leur flotte vers le port américain : le fort Mc Henry.

 

Après la bataille de North Point, les Anglais décidèrent de mener un assaut sur les fortifications de Baltimore et de raser le fort Mc Henry au moyen d'un navire lance fusée (HMS Erebus) et de navires équipés de mortiers.

 

Les plus gros canons américains du fort, des 38 livres, avaient une portée d'environ 2.4 km alors que les fusées congève déjà très imprécises peinaient à dépasser les 1.75 kilomètres ; quant aux mortiers, leur portée était encore plus faible.

 

Durant 25 heures, ils bombardèrent le fort et sa garnison mais la grande distance et le manque de munitions finirent par avoir raison des vues britanniques sur Baltimore. Les dégâts des deux côtés furent faibles ; le HMS Erebus devant s'approcher pour effectuer ses tirs fut mis à mal et commença à dériver et dut quitter la zone de tir. La garnison qui rendait coup pour coup ne céda pas et fit savoir à l'envahisseur sa détermination en hissant un gigantesque drapeau américain qui frappa l'imagination d'un certain Francis Scott Key qui écrivit un poème, le "Star Spangle Banner", à cette occasion. Ce poème glorifiant la bannière étoilée, devint l'hymne américain en 1931.

On ne compte qu'un coup au but sur la poudrière du fort qui par chance n'explosa pas et la flotille anglaise reçut également un coup au but sur le HMS Erebus qui enregistrait la seule perte (1 blessé) de la bataille côté anglais.


 

Après avoir subi un tir de 1500 à 1800 projectiles, le fort ne fut que faiblement endommagé.

mchenry26

ci-contre un boulet explosif tiré par un des mortiers embarqués sur les navires anglais qui tirèrent sur le fort ; malgré le grand nombre de projectiles tirés, les dégâts furent relativement faibles, les fusées congrève se révélant inefficaces contre les parties maçonnées et les remblais du fort.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le fort fut ensuite utilisé comme prison durant la guerre de sécession, comme hôpital pendant la première guerre mondiale et comme base de gardes-côtes durant la seconde.

Le fort est aujourd'hui un monument national et est un des sites touristiques importants du Maryland. Tous les ans en septembre, la ville de Baltimore célèbre le "defender day" commémorant la victoire de 1814. 

1812-4-42-Fort-McHenry-Peter-Rindlisbacher

 

 

Ci contre : la nuit du bombardement fut plus spectaculaire qu'efficace malgré l'utilisation intensive de fusées et de mortiers. Les grandes distances de tir empêchaient toute précision dans les tirs tant américains qu'anglais.

 

 

 

 

 

 

La garnison du fort durant le bombardement de 1814 sous les ordres de George Armistead était composée de soldats du corps of artillery 60 artilleurs, du corps d'artillerie de milice du Maryland (175 hommes), de marins de la flottille de la Chesapeak ( 60 marins), des "sea fencibles" ( 110 hommes ), de soldats du Maryland fencibles (rattaché au 1st militia artillery of maryland", d'une comapgnie du 12th us infantry ( 110 hommes), 2 compagnies du 36th us infantry regiment  ( 255 hommes ), 2 compagnies du 38th us infantry regiment ( 200 hommes ) et de volontaires civils ( 75 hommes ).

Soit une garnison pour le 13 et 14 septembre 1814 de 1010 hommes.

Repost 0
10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 07:56

ftGeorge

Suite à l'abandon du fort Niagara après le traité de Jay par les Anglais, l'embouchure nord de la rivière Niagara se trouvait compromise pour les Britanniques en cas de nouveau conflit avec les     Américains. La rivière Niagara permettait les communications entre le lac Ontario et le lac Erié ; laisser cet important axe fluvial sous la menace de canons américains était inacceptable. Un fort de grande capacité et situé face au fort Niagara devenait une nécessité impérieuse ; ce fut le fort George.

blockausfortgeorgeci-contre vue des blockhaus à l'intérieur du fort , chacun d'eux pouvait abriter 40 hommes

Le fort George fut terminé en 1802. Il consitait en une fortification entourée d'un fossé, d'une palissade  en bois à 6 côtés avec un bastion à 4 faces et pouvu d'artillerie sur chacun des 6 angles de l'enceinte ; devant l'entrée sud-est et nord-ouest se trouvait un bastion de forme triangulaire renforcé en son centre par une tour blockhaus en bois de forme octogonale.

A l'intérieur du fort l'on trouve des blockhaus en bois, un magasin à poudre en pierre, une cuisine, un atelier,  des baraquements pour les hommes.

Il devint le quartier général des forces britanniques pour le haut Canada ainsi que la milice et le bureau des affaires indiennes.

En novembre 1812, les batteries du fort échangèrent des tirs avec les canons du fort Niagara situé sur l'autre rive de la rivière occasionnant des pertes et des dégâts dans les deux camps. Le bastion le plus important était celui situé en face de la rivière et du fort Niagara : le bastion de l'étendard.

bastion at fort george niagcanons d'un des bastions du fort George

En 1813 la garnison du fort comprenait environ 1200 hommes ainsi que leur famille pour une partie d'entre eux. Le fort fut attaqué par un corps expéditionnaire américain d'environ 4000 hommes en mai 1813. En quatre vagues et soutenue par une importante flotille de canonnières, l'armée américaine s'empara au prix de 150 morts et blessés de fort George. Les Anglais, en sous-nombre, furent complètement balayés par l'artillerie navale quand il tentèrent d'affronter les troupes ennemies devant le fort. Ils se replièrent abandonnant 450 morts, blessés, et prisonniers. La bataille de fort George 25 - 27 mai 1813

Le fort resta aux mains des Américains pendant 7 mois. Ils effectuèrent des raids vers le sud mais, ces derniers furent stoppés à Stoney Creek et Beaver Dams. Lorsque les Américains abandonnèrent le fort George en décembre 1813, ils mirent le feu à la ville de Newarck toute proche, laissant ses habitants dans la détresse face à l'hiver qui approchait.

Intropicci-contre la poudrière du fort est un des rares bâtiments à avoir résisté au temps.

Le corps d'Isaac Brock fut enterré dans un des bastions du fort (qui devint de ce fait bastion Brock) avant d'être déplacé en 1824 pour être enterré sur les hauteurs de Queenston.

site14

Le fort était trop endommagé obligeant les Anglais à établir un nouveau fort baptisé Mississauga plus en amont de fort George ainsi que la caserne Butler réduisant ainsi l'importance du fort George. Il continua néanmoins à servir de base pour les troupes anglaises, qui attaquèrent le fort Niagara en décembre 1813 depuis le fort George.

72663ci-contre : le blockhaus octogonal protégeant l'entrée sud-est du fort

Le fort fut restauré et est aujourd'hui un site des plus visités par les amateurs de la période.

 

Repost 0
5 avril 2012 4 05 /04 /avril /2012 16:18

ftNiagara

Le fort Niagara est situé sur l'embouchure nord du fleuve Niagara qui sépare les USA du Canada et plus précisément il est construit sur l'état de New York.

 

Le site fut choisi par le chevalier de Lasalle en 1678 et fut nommé fort Conti, puis le fort fut renforcé par un second fort construit tout près : le fort Denonville. Deux superstructures en pierre furent érigées par les Français et devaient servir de poste de commerce pour la fourrure. C'est à partir de ces deux constructions en dur que le fort Niagara fut construit et agrandi en 1755. Le fort tomba aux mains des Anglais durant les guerres franco-indiennes en 1759 et servit à son tour de base opérationnelle pour les anglo-loyalistes durant la guerre d'indépendance américaine.

C'est lors de l'occupation du fort par les Anglais que les tours blockhaus nord et sud furent construites.

 

Après le tarité de Paris de 1783, le fort fut cédé aux Américains qui l'occupèrent effectivement en 1796 à l'occasion du traité de Jay.

 

Les Anglais pour ne pas risquer de perdre un point d'appui important dans ce secteur construisirent le fort George presque en face du Fort Niagara de l'autre côté de la rivière.

Sur la photo ci-dessous on aperçoit le fort Niagara en arrière-plan ( à gauche ) depuis le fort George ce qui donne une idée de la proximité des deux points fortifiés de part et d'autre de la rivière Niagara

18725

 

 

 

 

 

 

 

 

 

fort niagara main

 

 

ci-contre : le château "french castle" est l'un des deux gros bâtiments en pierre construits par les Français avant la chute du fort Niagara aux mains de l'ennemi anglais. Son nom d'origine était "maison de la paix" pour ne pas offenser les tribus indigènes et servait essentiellement de poste de commerce.

Remarquez la pièce d'artillerie américaine à l'affut bleu gris au premier plan.

 

 

 

 

Le fort servit  comme base de départ pour des opérations contre la péninsule du Niagara. Notamment lors de l'attaque sur Queenston en octobre 1812.

 

Lors de l'offensive américaine de Van Rensselaer, les batteries anglaises situées de l'autre côté de la rivière Niagara et depuis le fort George, ouvrirent le feu sur le fort Niagara et entamèrent un duel d'artillerie qui occasionna des pertes des deux côtés. Plusieurs pièces américaines furent perdues à cause d'erreurs de manipulation de la part des artilleurs américains qui tiraient souvent à boulet rouge. Les projectiles chauffés au rouge devaient mettre le feu aux bâtiments en bois ou lors d'un coup chanceux faire exploser les magasins à poudre de l'ennemi, mais cette technique était risquée et pouvait déclencher l'explosion prématurée de la charge de poudre dans le canon si le temps de tir était trop long. Les hommes du 3rd regiment of artillery stationnés à fort Niagara furent les artilleurs qui combattirent à la fois à Queenston et à fort Niagara.

 

Le 21 novembre les forts George et Niagara disputèrent un duel d'artillerie où la plus grande élévation de la position anglaise donna l'avantage aux artilleurs britanniques. Les Américains pour contrer ce désavantage, démontèrent les toits en bois des plus hautes superstructures de fort Niagara et y placèrent des pièces de campagne. Ce combat d'artillerie fit des pertes des deux côtés et des dégâts. Des batteries côtières furent érigées sur les deux rives de la rivière mais plus aucun combat n'eut lieu avant la prise du fort George par les Américains en 1813.

1812-1-8-Fort-Niagara-In-Winter-Peter-Rindlisbacher

 

Avec la fin de l'incursion américaine aux alentours du fort George, les forces américaines se replièrent vers fort Niagara et au-delà, laissant leurs blessés sur place et amoindrissant la garnison de fort Niagara. Les Anglais reprirent l'initiative et lancèrent un audacieux coup de main pour s'emparer de fort Niagara.

 

 

 

 

 

Le fort fut capturé dans la nuit du 18 décembre 1813, par une force d'assaut anglaise. La garnison était semble-t-il assez faible, composée de soldats du 1st artillery, 14th, 19th et 24th us infantry, le fort lui-même qui avait subi des dégâts lors des échanges de tirs d'artillerie en 1812 et 1813 était amoindri.

 

Les 562 soldats anglais des 1st, 41st, et 100th foot attaquèrent à l'arme blanche et tuèrent près de 65 Américains, en blessèrent 14 autres et capturèrent 344 hommes. Les derniers défenseurs du fort pris par surprise s'étaient réfugiés dans l'un des deux gros bâtiments en pierre et se rendirent devant la menace d'un officier du 100th foot  qui avait ordonné à ses hommes de tuer tous les Américains à la baïonnette.

 

Le fort resta entre les mains des Anglais jusqu'à la fin de la guerre et leur  assura ainsi la parfaite sécurisation de l'axe reliant le lac Ontario au lac Erié. S'attendant à un siège de la part des Américains, les Anglais avaient réparé et renforcé les défenses du fort mais le siège ne vint jamais et le fort fut rendu aux Etat-Unis à la signature du traité de Gand en 1814.

 

Le fort demeure aujourd'hui un haut lieu du tourisme sur la guerre de 1812.

tourmapLe fort est accolé a la côte sur sa face ouest on trouve le "french castle" ( 12)

Au nord une redoute en pierre (9) ainsi qu'au sud (4)

l'entrée ouest principale se fait au travers d'un mur d'enceinte en maçonnerie et recouvert de terre vers l'intérieur (7) devant cette entrée se trouve un bastion entouré d'une palissade de bois

sur le bastion sud se trouve une batterie de 18 livres (5)

face au sud-ouest se trouve une batterie (15) et les bâtiments de la zone vie (16) et le magasin à poudre (2)

 

81547 f520

 

entrée sud du fort juste devant la redoute

 

 

 

 

 

 

 

 

Fort Niagara 0149

 

vue du mur ouest avec la tour fortifiée nord en arrière plan, le chemin donne sur l'entrée ouest qui passe par le mur d'enceinte.

 

 

 

 

 

old fort niagara

 

ci contre : La tour nord

une des deux grosses tours en pierre construites par les Anglais au sommet desquelles se trouvent  des pièces d'artillerie qui exécutèrent des duels contre les batteries et canons de fort George en 1812

 

 

 


Repost 0
22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 16:25

  erié

Construit après la guerre de 7 ans vers 1764 sur les bords du Niagara afin de sécuriser les communications entre le lac Erié et le lac Ontario. Le fort a servi dans un premier temps de port de transit pour les hommes et les marchandises qui voyageaient entre les deux grands lacs. Construit enitèrement en bois, il fut en partie détruit par les fortes tempêtes qui sévissent sur les grands lacs en 1779. Ce fort servit de base opérationnelle aux Anglais lors de la guerre d'indépendance américaine.

fort erié

ci-contre vue aérienne du fort Erié. On distingue bien les quatre bastions orientés au nord, à l'est, au sud et à l'ouest et les deux gros bâtiments au sud-est.

 

 

Un fort en pierre et maçonnerie fut construit plus au sud de l'ancien fort en 1805 ; il s'agissait d'une fortification à 4 bastions angulaires entourée d'un ravin. Il était pourvu d'une batterie au sud-est et les bastions étaient également affublés d'une position d'artillerie. Deux grandes bâtisses permettaient d'accueillir la garnison. Faute d'un budget suffisant le fort ne fut pas terminé lors du déclenchement de la guerre de 1812. Un mur reliant les bastions sud et ouest fut intégré à l'intérieur du fort pour clôturer efficacement le dispositif.

 

 

fterie1

ci-contre vue depuis l'ouest du fort où l'on peut apercevoir les bâtiments abritant la garnison et l'enceinte en levée de terre qui reliait les deux bastions sud et ouest et qui fut érigée en 1813/1814. Au centre de ce rempart se trouvait une position capable d'abriter de l'artillerie. En bas à droite de l'image on distingue l'accès qui permettait de passer du secteur de la zone vie aux bastions nord et est

 

 

 

 

 

Mais durant le printemps 1813, avec la chute du Fort George, situé plus au nord, la position britannique à Erié devint intenable et la petite garnison abandonna le fort après avoir fait sauter sa poudrière. Les Américains s'en emparèrent le 27 mai et tinrent le fort jusqu'au 9 juin 1813. Là encore, les Américains détruisirent les bâtiments avant de partir participer aux combats dans le nord de la péninsule.

fteriewar1

ci-contre : vue du bastion nord avec les embrasures pour les canons. Souvent les canons étaient des pièces de gros calibre (18, 24, 32 livres) montées sur affût de marine et peu mobiles. Des pièces plus légères montées sur affût de campagne furent également utilisées pour renforcer l'artillerie. au fond on distingue l'un des deux gros bâtiments de la garnison.

 

 

 

 

 

Réoccupé par les Anglais, le fort fut renforcé par un mur de terre et de pierre qui reliait les bastions sud-est et sud-ouest.

Le 3 juillet 1814, les Américains attaquèrent une nouvelle fois le fort dans le cadre de l'offensive lancée sur le Niagara par le général Brown. Les 137 hommes du 8th foot de la garnison ne résistèrent pas longtemps et se rendirent aux troupes américaines. Le chef anglais, le major Buck, fut traduit en cour martiale pour n'avoir pas résisté suffisamment longtemps aux troupes américaines.

Après les batailles de Chippawa et Lundy'lane les troupes américaines se replièrent vers le fort Erié poursuivies par les forces anglaises. Mais les Américains n'étaient pas restés inactifs au fort et avaient considérablement renforcé leur position capable d'accueillir une armée de plusieurs milliers d'hommes.

Ils avaient poursuivi les fortifications vers l'ouest à partir du fort Erié jusqu'au lac Erié avec des emplacements de batterie, des retranchements, un fossé et une palissade. (voir image ci dessous)

913-53 War-1812-Fort-Erie 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Anglais entamèrent le siège de cette position et le dernier de l'histoire du fort, à partir du 4 août 1814. Les Anglais n'ayant pu amener suffisamment de canons de siège se révèlèrent incapables de détruire ou même d' infliger des dégâts sérieux à la position américaine. Finalement une attaque en force fut décidée et conduisit à l'une des plus sanglantes batailles de la guerre de 1812. L'attaque en trois colonnes des Anglais, régiment de Watteville en tête, coûta 900 hommes aux assaillants. Une sortie, menée le 17 septembre par la garnison américaine, ajouta 600 victimes de plus et détruisit la moitié des batteries anglaises.

Finalement après leur échec et le taux de pertes énormes subies durant le siège, les Anglais repartirent au nord et abandonnèrent le siège. Les Américains isolés abandonnèrent également le fort le 5 novembre après avoir détruit une grosse partie de ses infrastructures.

Le fort redevenu britannique fut  abandonné par les Anglais en 1823 puis fut reconstruit dans les années 30 dans le cadre d'une restauration.

Il demeure aujourd'hui un haut lieu du tourisme historique sur la guerre de 1812.

Fort Erie monument

 

ci-contre : la plaque du monument érigé en 1904 après la découverte d'une tombe dans laquelle étaient regroupés les corps des soldats tombés durant le siège en août et septembre 1814.

Les hommes apartenaient aux 1st, 6th, 8th, 41st, 82nd,  89th, 103rd, 104th, glengarry light, 19th light dragoon, milice incorporée et régiment suisse de Watteville.

Une plaque au pied du monument indique que 150 officiers et hommes des armées anglo-canadiennes ont été enterrés ici, ainsi que 3 soldats de l'armée américaine tombés dans l'attaque du 26 août 1814

 

 

 

 

 

 

Repost 0
21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 08:35

Fondée par le Français Samuel Champlain en 1608, la ville de Québec était un important centre militaire et politique du Canada, seule ville de toute la province anglaise à posséder une forteresse, elle possède une garnison importante que Prevost n'aura de cesse de renforcer durant toute la guerre.

 

La ville connut deux sièges, le premier en 1759 fut conduit par l'armée anglaise durant la guerre de 7 ans et vit la fin de la présence française au Canada, le second mené durant la guerre d'indépendance américaine en 1775 fut repoussé par la garnison. Fort de cette expérience, le général Isaac Brock renforça les fortifications et son artillerie peu de temps avant la guerre de 1812.

5b

ci-contre : une carte française de 1722 représentant les projets de fortifications de la ville de Québec ; on reconnaît l'emplacement à gauche de la citadelle mais qui sera construite par les     Anglais et un siècle plus tard.

 

 

 

 

 

 

Située sur les rives du Saint Laurent, la ville de Québec possède une situation géographique dominante faisant de cette cité une porte d'entrée vers l'océan tout en dominant  la navigation fluviale du Saint-Laurent.

 

Les fortifications de la ville de Québec connurent 4 phases dont trois pré 1812. La citadelle, ouvrage défensif le plus impressionnant de la ville, ne fut terminé qu'après la guerre de 1812. L'ingénieur anglais Mackellar va entreprendre de terminer et de renforcer le mur construit par les Français mais inachevé. Il fait renforcer l'enceinte par l'adjonction de 7 blockhaus sur le promontoire. Des fortifications en bois seront également ajoutées incluant : bastions, retranchement et batterie. Une solution en pierre aurait été préférable mais le temps et l'argent manquaient et forcèrent le commandement anglais de la ville de Québec à mettre en place des défenses en bois.

Faute de moyens financiers suffisants, la citadelle et d'autres éléments défensifs ne seront pas prêts avant 1831.

 

Le siège de 1775 a démontré aux Anglais l'importance de fortifier et de sécuriser les plaines d'Abraham. C'est pourquoi  ils s'affaireront à renforcer le système défensif de ce secteur. Mission confiée à l'ingénieur Gother Mann qui là encore, faute de moyens et de temps suffisants, ne pourra achever qu'une partie de ses projets concernant la prolongation de l'enceinte incluant les vieilles défenses françaises. Il pourra néanmoins procéder à l'installation de poudrières et de  blockhaus.

5c 001

ci-contre un des blockaus mis en place sous le gouverneur Murray dans les plaines d'Abraham afin de sécuriser cet accès vital pour la ville. Les autorités anglaises essaieront de limiter les implantations  des civils dans ce secteur pour ne pas favoriser un attaquant qui utiliserait les habitats civils comme couvert.

 

 

 

 

L'élément défensif le plus notable des plaines d'Abraham sera mis en place par le gouverneur Craig juste avant la guerre de 1812 : les tours "Martello"

800px-Martello-tower-1

2 furent installées dans les plaines d'Abraham et deux autres sur le promontoire. Ces tours en pierre ont fait preuve de leur efficacité à repousser un envahisseur notamment en Corse contre la royal Navy, plus de 170 ont été installées sur les côtes anglaises spour repousser une éventuelle invasion française. Comme les tours d'Angleterre, les tours de Québec ne furent jamais mises à l'épreuve faute d'envahisseur.

 

 

  ci-contre une tour "Martello" ; cet ouvrage possède une artillerie dans sa partie supérieure.

 

 

La garnison de Québec fut principalement fournie par les 3 bataillons de milice urbaine, les deux premiers bataillons étaient considérés comme milice franco-canadienne et le 3ème comme un bataillon de milice anglaise. Il étaient organisés comme les bataillons anglais à dix compagnies. Les compagnies d'élite étaient recrutées parmi les volontaires et généralement étaient dotées d'un meilleur équipement et d'uniformes de meilleure qualité. Le 6th bataillon de la milice d'élite incorporée fut recruté pour servir de garnison à Québec et son uniforme était très voisin de ceux des trois bataillons de milice urbaines. 

québec

ci-contre exemple de tenues portées par les milices urbaines et le 6th bataillon de la milice incorporée. Les hommes portent le "round hat" puis le shako "belgic", la tenue est calquée sur celle des réguliers anglais. L'officier de la milice sédentaire porte une tenue civile mais il est possible que certains officiers aient pu se procurer une tenue militaire rouge.

Le bouton d'officier porte la date 1775 qui rappelle la défense victorieuse de la milice de la ville contre les Américains lors du siège de 1775

 

 

Les uniformes étaient bleus à l'origine mais, sur ordre royal, furent changés pour adopter la couleur rouge traditionnelle des Britanniques en 1805. Les parements étaient noirs (col, manches et revers d'officiers) les lacets sont blancs et disposés par paires. Le shako belgic fut apparemment introduit dès la fin de 1812 et remplaça les "round hat"habituels de la milice ou les "stove pipe" quand ceux-ci étaient disponibles.

 

En plus des trois bataillons de milice urbaine et le 6th bataillon de milice d'élite, la milice sédentaire de la ville fut également disponible pour assurer la défense en cas de besoin. Cette milice ne disposait d'aucun uniforme particulier et les hommes combattaient en tenue civile avec bonnet de laine de couleur rouge pour la tenue hivernale.

Des unités de l'armée britannique séjournèrent dans la ville de manière plus ou moins longue en fonction des opérations sur les différents théâtres d'opérations. Le 1st et 8th foot envoyèrent un bataillon chacun pour renforcer la garnison de la ville mais de nombreuses autres unités régulières transitèrent par la ville. Généralement les régiments profitaient de leur séjour pour se rééquiper et se faire inspecter avant de repartir sur la frontière.

 

Des unités de volontaires d'artillerie et de cavalerie furent présentes dans le secteur de Québec, l'artillerie de la ville était maniée par des volontaires de la milice qui portaient un uniforme très proche de la "royal artillery" anglaise.

Le dernier élément de la milice de Québec fut dissout en 1815 quand la menace d'une invasion disparut définitivement.

Repost 0
19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 14:29

Construit en 1780 par les Anglais durant la guerre d'indépendance américaine, le fort Mackinac (parfois confondu avec le fort Michilimackinac qui était construit en bois et posté sur la plage) fut contrôlé par les Américains à partir de 1796.

fort mackinac1 300

 

 

plan du fort tel qu'il était durant la guerre de 1812, le fort possédait 3 bunkers carrés sur les faces nord, est et ouest, les barraquements sont les longs bâtiments au centre du fort, le quartier des officiers est le long bâtiment intégré à la face sud. Au centre de la pointe sud-est (à droite) se trouve le petit bâtiment semi enterré qu'est le magasin et le puits circulaire juste à côté de  l'entrée sud donne sur la plage en contrebas et l'autre entrée se trouve face au nord (en haut)

 

Le fort Mackinack est le poste le plus au nord-ouest du front Canadien durant la guerre de 1812, il est situé sur l'ile Machinac ; à ce titre il fut isolé des nouvelles indiquant que la guerre entre l'Angleterre et les Etats-Unis avait été déclarée. C'est pourquoi la petite garnison qui défendait ce poste fut surprise de voir les troupes anglo-canadiennes s'en prendre à eux le 17 juillet 1812.

Fort Mackinac 2 

une des entrées du fort (nord) avec une belle vue sur la palissade en bois et d'un bunker et d'un observatoire d'angle

le fort possède deux entrées ,une face au sud  et l'autre face au nord

 

 

 

 

 

 

 

ftMackinack

vue aérienne du fort, de forme triangulaire, il est entouré d'une palissade en bois sur une élévation en pierre renforcée de bunkers carrés sur plusieurs de ses faces ainsi que de petites tours d'observation aux angles

 

 

 

 

 

 

Rapidement la garnison américaine composée d'une soixantaine d'hommes sous les ordres du lieutenant Hanks Porter déposa les armes, les Britanniques avaient monté une pièce de 6 livres sur une hauteur voisine et pouvaient en toute impunité pilonner le petit fort ce qui rendit la sitution des défenseurs intenable. La présence de nombreux guerriers indiens fit également pencher la balance en faveur des Anglais. Les Américains craignaient pour leur sécurité et celle de leurs proches face au comportement incontrôlable des Indiens qu'une trop longue résistance du fort pouvait déclencher.

mackinac

 

 

ci-contre:

exemples d'uniformes portés par la garnison de Mackinac.

Les Michigan Fencibles furent parmi les plus nombreux car le fort se trouvait sur le territoire du Michigan, leur tenue est identique à celle de l'infanterie britannique avec parements noirs, pantalon bleu foncé et shako belgic.

 

 

 

 

 

Une fois le fort capturé, les Anglais n'hésitèrent pas à hisser le drapeau américain sur le mât des couleurs afin de tromper la vigilance de plusieurs navires inconscients eux aussi du début de la guerre. Ainsi 4 bateaux furent capturés par les Anglais :

le Chippewa, le Friends good Will, le Mary et le Saline.

Le  Colonel McDouall du royal Newfoundland Regiment prit le commandement du fort et s'efforca de renforcer ses défenses.

Quant au lieutenant Porter, revenu dans les lignes américaines, il fut traduit devant une cour martiale pour couardise face à l'ennemi mais mourut avant de comparaître dans l'attaque du fort Détroit menée par Isac Brock.

090708 FortMackinac

 

vue d'ensemble du fort Mackinac

 

 

Les Anglais construisirent un ensemble supplémentaire de bunkers qu'ils appelèrent "fort George" situé plus haut que les fortifications précédentes.

 

 

 

Durant les années qui suivirent la garnison du fort fut renforcée et se composa de troupes du 10th royal veteran, du XXX regiment of foot, de miliciens, d'artilleurs et d'hommes du génie.

Une unique tentative américaine pour reprendre le fort échoua en le 26 juillet 1814 lorque 700 soldats sous les ordres du Colonel Croghan tentèrent de s'emparer de l'île. Les nouvelles fortifications anglaises causaient un problème aux navires américains qui ne pouvaient bombarder efficacement ces emplacement situé bien trop haut. Devant l'inefficacité du bombardement américain, une tentative d'assaut terrestre fut menée à travers les bois denses depuis le nord de l'île vers le fort. Les Anglais et les Indiens résistèrent vaillamment et infligèrent des pertes sensibles à l'assaillant américain (13 tués 51 blessés).

38235149

vue face au sud-ouest

ci-contre un des bunkers du fort

 

 Aucune autre tentative ne fut lancée et le fort et l'île demeurèrent sous contrôle anglais jusqu'à la fin de la guerre. Le traité de Gand stipula alors que le fort devait être rendu aux     Américains.

La garnison britannique du fort fut selon les années, composée d'éléments du 10th royal veteran, du 81st foot, des Michigan Fencibles, du génie,  de l'artillerie anglaise, d'officiers des glengarry light et du royal newfoundland regiment et de miliciens canadiens.

Les hommes logeaient dans des barraquement de 80 pieds de long sur 20 de large, mais l'augmentation de la taille de la garnison obligea une partie des hommes à loger à l'extérieur ou dans les bunkers.

fin juin 1812 la garnison se composait de 45 hommes du 10th royal veteran (dont 1 capitaine, 2 lieutenants, 1 enseigne, 3 sergents et 38 caporaux et soldats), 3 membres de la royal artillery et une douzaine de volontaires canadiens

en 1813, 51 membres des "michigan fencibles renforcèrent la garnison

Lieux-1812 0233L

en été 1814 11 artilleurs, 1 officier des glengarry light, 1 capitaine du 41st regiment of foot et 136 hommes du royal newfoundland regiment arrivèrent en plus des hommes précédemment installés.

En 1815, 63 hommes du 81st regiment of foot et une dizaine d'artilleurs renforcèrent la garnison.

 

ci-contre: entrée sud du fort

 

 

 

ci-contre vue rapprochée bunkermackinacd'un bunker (certains contenaient des pièces d'artillerie fixe

 

L'artillerie du fort était composée en 1812 de 2 pièces de 9 livres, 2 de 6 livres et 6 d'un demi livre montés sur affût fixe ainsi que 5 pièces de campagne (2 x 6 livres, 2 x obusiers de 5.5 pouces et 1 x 3 livres)

fin 1815 l'artillerie du fort fut renforcée par 1 pièce de 24 livres et 1 de 18 livres ainsi que 5 canons scapturés à "prairie du chien"

 

 

Le fort finalement rendu aux Américains aprés le traité de Gand, fut fermé en 1795 après 115 ans de service actif et confié aux soins de l'état du Michigan pour sa restauration. Le fort est aujourd'hui un site touristique important de la guerre de 1812 et à été entirement restauré. Les bâtiments que vous pouvez voir aujourd'hui n'étaient pas tous présents durant la période 1812/1815.

Repost 0
13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 16:27

 aerial view fort meigs 300

Le fort Meigs porte le nom du gouverneur de l'Ohio Return.J.Meigs qui participa activement à la campagne de 1813 au côté du général William Henry Harrisson. Situé sur les rives de la rivière Maumee,il est sur l'état actuel  de l'Ohio.

building-fort-meigs

la construction du fort débuta en février 1813 par les hommes du général Harrisson(voir dessin ci-contre).

 

 

 

 

 

 

 

Construit entièrement en bois il fut la plus imposante construction de ce type en Amérique du nord.

Comportant 7 bunkers sur sesFort Meigs 04 4 faces, il ne possède aucun bâtiment en dur pour cantonner les troupes. Prévu pour sécuriser le secteur et empêcher toute incursion britannique dans le territoire américain, il devait aussi servir de base de déploiement pour les futures invasions. Les unités qui passèrent par ce fort durent s'abriter dans des tentes placées à l'intérieur du fort. Chaque secteur interne étant protégé par des parapets dont on voit encore les traces à l'intérieur du fort.

 

 

 

Le fort comportait deux magasins construits en bois et une construction pour le quartier général. Plusieurs entrées au sud et au nord permettaient d'accéder au fort ; chaque face était protégée par une palissade en bois de plus de deux mètres de haut précédée d'un fossé, en plus des bunkers, 5 batteries équipées de canons augmentaient la puissance de feu défensive du fort.

Fort Meigs 01

 

ci-contre une des entrées du fort, on voit bien la haute palissade de bois qui ceinturait entièrement le fort et qui était crénelée tous les 4 ou 5 rondins.

 

 

 

 

 

S'étendant sur une superficie de 10 acres de terre, le fort subit un siège de la part des Anglais le 1er mai 1813 et malgré des pertes importantes, resta aux mains des Américains.

fort-meigs northwall

 

 

ci-contre le miur nord avec deux bunkers

 

 

 

 

Le site est aujourd'hui un haut lieu touristique de la guerre de 1812 en Ohio

Repost 0

Présentation

  • : les uniformes de la guerre de 1812
  • les uniformes de la guerre de 1812
  • : Ce site contient des informations sur la guerre de 1812, sur les batailles, les campagnes, les navires et armements des bélligérants et leurs uniformes
  • Contact

  • Olivier Millet
  • passionné d'histoire militaire et d'uniformes je mets à disposition de tous des dessins originaux sur un sujet tout aussi original. Ainsi que des informations sur la guerre de 1812 et 1846
  • passionné d'histoire militaire et d'uniformes je mets à disposition de tous des dessins originaux sur un sujet tout aussi original. Ainsi que des informations sur la guerre de 1812 et 1846

Recherche

INDEX

Me contacter

Site partenaire

banniere