22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 19:18
Winfield Scott, le renouveau de l'US Army

L'US Army existe depuis le 3 juin 1784, date qui officialise le passage de l'armée continentale à l'armée des États-Unis. Cette petite armée qui fut forgée dans la douleur doit son existence à des hommes d’exception qui ont su tirer parti d'un ramassis de miliciens pour les transformer en véritables soldats aptes à affronter les tuniques rouges lors de la guerre d'indépendance.

Les généraux qui se sont succédé après la guerre d'indépendance n'ont guère brillé que contre les indiens et encore en subissant au passage quelques désastres mémorables (bataille de la Wabash 1794). La véritable preuve de la qualité d'une armée est l'affrontement avec une armée de même nature. La guerre de 1812 était l'occasion de voir si l'US Army était capable d'affronter une armée qui se battait de manière classique à l'européenne. Il ne fallut pas longtemps pour comprendre que les différentes réformes et diminutions de budget avaient transformé l'US Army en une force militaire incapable de faire la guerre à une armée de métier. Il fallait d'urgence des hommes de la trempe de Von Steuben ( instructeur d'origine allemande qui fit de l'armée continentale le redoutable instrument qu'elle devint pendant la campagne de Valley Forge) ou de Georges Washington pour redonner corps et vaillance à cette institution. Cet homme ce fut Winfield Scott qui réussit là où la plupart de ses homologues avaient échoué. Il redonna confiance à ses hommes grâce à l'entraînement et à une série de mesures visant à renforcer la cohésion. Winfield Scott a ni plus ni moins réinventé l'US Army. Ce n'est pas par hasard si il devint une des légendes de l'armée américaine car il fut un des très rares officiers généraux à avoir un rôle dans trois conflits majeurs pour les États-Unis au cours du 19ème siècle. En effet en plus de la renommée acquise pendant la guerre de 1812, on le retrouvera dans la guerre contre le Mexique où il montrera de nouveau des qualités de chef indiscutables et enfin pendant la guerre de Sécession où il occupa brièvement le poste de général en chef des armées de l'union au début du conflit. Il est l'officier général ayant servi le plus longtemps dans l'armée américaine soit 53 ans. Un temps de service exceptionnel pour un militaire qui ne l'était pas moins.

illustration : la bataille de Chippawa en juillet 1814, campagne du Niagara où Winfield Scott mena victorieusement sa fameuse brigade à l'uniforme gris face aux meilleures troupes anglaises en poste sur le continent américain.

Winfield Scott naquit près de Petersburg le 13 juin 1786 dans une famille de fermiers de Virginie. Ayant perdu ses parents tôt dans son enfance il partit étudier le droit et travailla dans un bureau d'avocat. Son premier contact avec le milieu militaire vint en 1807 alors qu'il servait dans la cavalerie de la milice de Virginie en 1807. Son unité après l'incident de la frégate Chesapeake, captura et garda en détention des marins anglais en guise de représailles. Il entra dans la carrière d'un militaire professionnel en obtenant une commission de lieutenant dans le très fameux régiment de la "Light artillery". Il servit dans la garnison de la Nouvelle-Orléans où il put se rendre compte de la totale incompétence d'un certain général James Wilkinson. Contre toute attente il s'en prit directement à son supérieur et fut traduit en cours martiale pour insubordination et suspendu pour un an. Durant cette période il entreprit d'étudier les tactiques et stratégies des militaires européens ce qui lui permit  d'obtenir plus tard  de bons résultats sur le terrain. Revenu dans le service actif en 1811, il était déjà un officier expérimenté et surtout très au fait de la chose militaire quand la guerre de 1812 commença.

La guerre de 1812

Lorsque la guerre éclata en juin 1812, Scott fut promu lieutenant colonel dans le deuxième régiment d'artillerie sous les ordres du général George IIzard. Transféré dans la région de Buffalo, le régiment participa à la bataille de Queenston Height. Lors de ce combat, Scott se montra agressif et pugnace mais fut capturé par les britanniques et échangé plus tard. Lors de sa captivité il s'aperçut du sort réservé aux volontaires irlandais, servant dans l'armée américaine, capturés comme lui mais qui étaient considérés comme des traîtres aux yeux des Anglais. Une fois relâché, Scott intervint personnellement auprès du président américain pour signaler cette situation intolérable où des prisonniers de guerre américains d'origine irlandaise risquaient la mort pour haute trahison. Madison ordonna qu'un nombre équivalent de prisonniers anglais soient exécutés si les prisonniers Irlandais étaient pendus par les Anglais. Cette action qui sauva les prisonniers américains donna beaucoup de crédit à Scott aux yeux de la troupe. Scott participa ensuite aux opérations contre fort George en 1813 dont il élabora en partie le plan d'action. Au combat après le débarquement américain, il mena victorieusement ses hommes à la poursuite des défenseurs anglais du fort et s'empara personnellement de son étendard. Après être resté plusieurs semaines dans le secteur de Fort George, Scott fut envoyé avec le reste de l'armée, attaquer la ville de York. Il prit part par la suite à la malheureuse campagne du Saint Laurent dirigée par un général qu'il connaissait bien: James wilkinson. Excédé par le désastre causé en grande partie par l'inaptitude du général américain, Scott partit pour Washington faire son rapport ... à charge. Il impressionna tellement son auditoire qu'il repartit avec une commission de général de brigade. Le 9 mars 1814, Winfield Scott à 28 ans devenait le plus jeune général de l'armée des Etats-Unis.

Sa carrière prit dès lors un tournant car il eut la charge avec le général Jacob Brown de mener la campagne qui  se déroula dans le secteur du Niagara. Arrivé à Buffalo, il prit le commandement de sa brigade composée des 9th, 11th, 22nd et 25th US infantry regiments. Ces unités étaient expérimentées mais affichaient un effectif très réduit et un moral bas. Lors des trois mois suivants, Scott mit en place son programme d'entraînement en se basant sur le règlement militaire français. Pourquoi ce choix ? Au Etats-Unis comme dans beaucoup d'autres nations, l'armée impériale de Napoléon Premier imposait à tous les militaires un profond respect et la crainte devant les victoires écrasantes et nombreuses qu'elle avait remportées depuis  presque 10 ans. En outre le blue book, livret officieux d'instruction militaire américain était déjà en partie réalisé sur un modèle français. Scott n'a fait que mixer le réglement français d'infanterie de 1791 et l'actuel règlement américain pour organiser et entraîner ses hommes. Manquant de tout, la brigade du général qui devint célèbre sous le nom de Scott's brigade, fut habillée avec des vestes grises servant habituellement aux corvées et faisant ressembler les soldats à de vulgaires miliciens. S'appropriant cette tenue, jugée de prime abord dégradante, les hommes de Scott en firent leur uniforme attitré ce qui vaudra à la brigade le surnom de "grey jackets" : les vestes grises. Après des exercices quotidiens et à tous les échelons de la brigade, Scott disposait d'un outil particulièrement performant.

Winfield Scott, le renouveau de l'US Army

Chippawa

L'heure du combat approchait et les forces américaines attaquèrent la rive anglaise de la péninsule du Niagara. Le fort Erié fut promptement capturé puis après un premier accrochage vint la grande bataille rangée, la plus grande depuis Chrysler's Farm en 1813. Près de la crique de Chippawa, le 5 juillet 1814, 1700 tuniques rouges sous les ordres du général Riall attaquèrent les troupes américaines. La brigade de Scott était en première ligne épaulée par des éléménts d'une autre brigade. Les meilleures troupes de sa majesté sur le continent nord américain affrontèrent ce qu'elles croyaient n'être que de la milice au vu de leur tenue grise. Mais la qualité des Américains, la rapidité de mouvement, de leur feu et l'excellence de l'officier qui les menait leur firent subir une défaite sans appel. Sans aucun doute la plus nette de toute la guerre avec la bataille de la Nouvelle-Orléans. Cette victoire de l'infanterie américaine sur son homologue régulière anglaise marqua le commencement de l'armée professionnelle des Etats-unis. Après cette victoire retentissante, le 25 juillet un second combat eut lieu à Lundy'Lane où là encore la brigade de Scott allait se montrer exemplaire. Sous un feu terrible après avoir subi des pertes catastrophiques, les Américains capturèrent les positions ennemies et toute leur artillerie. Mais Scott fut blessé à l'épaule et finalement épuisés, les Américains abandonnèrent le terrain qu'ils avaient conquis laissant les Anglais reprendre ce qu'ils avaient perdu. Indécise cette bataille confirma l'extrême qualité de la brigade de Scott mais ne permit pas aux Américains de poursuivre la campagne. Manquant de soutien logistique les forces du général Brown se replièrent vers le Fort Erié où se joua le dernier et tragique acte de cette campagne. Où là encore une victoire américaine fut sans lendemain devant l'absence de ressources suffisantes pour poursuivre l'offensive. Dans trois grosses batailles les Anglais furent vaincus mais purent rester maîtres de la péninsule.

Quant à Scott, sa conduite héroïque lui valut l'admiration indefectible de ses hommes, la reconnaissance du Congrès et de la toute la nation. Pour lui la guerre était presque terminée, il prit le commandement du 10ème district militaire à Baltimore où il présida la cour martiale qui jugea les actes du général William Winder après la défaite de Bladensburg. Il travailla ensuite à l'élaboration d'un véritable livret d'instruction militaire pour l'US Army mettant à profit son expérience lors de la campagne du Niagara.

(illustration: variante de la bataille de chippawa, Winfield Scott toujours en tête)

La médaille honorifique frappée par décision du Congrès après la conduite brillante du général lors de la campagne du Niagara

La médaille honorifique frappée par décision du Congrès après la conduite brillante du général lors de la campagne du Niagara

La guerre du Mexique et de Sécession

La carrière de Scott continua et l'illustre général connu une fois de plus la gloire dans l'affrontement qui eut lieu entre son pays et le Mexique en 1846 - 1848. Prenant la tête des armées américaines en 1847, il mena la campagne contre la capitale mexicaine. Livrant successivement plusieurs batailles victorieuses, il captura finalement la ville et mit un terme à la guerre par une victoire totale et écrasante. Bien que partageant la gloire avec le général américain Taylor, il en retira le plus de bénéfice mais manqua l'occasion présidentielle.

(voir http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-winfield-scott et http://thehallsofmontezuma.over-blog.com/le-g%C3%A9n%C3%A9ral-zachary-taylor )

Au début de la guerre civile, Scott occupait le poste de général en chef des armées fédérales. A ce titre il planifia le plan d'action contre les forces confédérées en élaborant le plan qui fut surnommé par la suite "anaconda". Ce plan offrait l'avantage de limiter les combats à des opérations de blocus sur les côtes et les fleuves importants pour paralyser et étouffer la rébellion. Virginien, Scott ne souhaitait pas la destruction de sa mère patrie par des armées d'invasion. Bien qu'abandonné son plan fut en réalité appliqué en partie après les différents échecs des attaques frontales menées par des officiers fougueux et incompétents de la trempe de MAcClellan. Malheureusement Scott se heurta aux vues du président Lincoln et d'autres officiers supérieurs quant à l'organisation de l'armée en divisions alors que l'expérience mexicaine de Scott lui dictait de garder un commandement tactique axé sur des brigades. Scott quitta son poste et fut remplacé par MacClellan en novembre 1861. Il vécut assez longtemps pour voir la fin de la guerre et mourut en 1866 à West Point.

Héros militaire, Scott donna son nom à de multiples endroits aux États-Unis, des collines, lacs, comté portent son nom. Il ne lui manqua que la consécration suprême d'être élu président comme d'autres militaires célèbres avant et après lui. Acteur militaire majeur du 19ème siècle aux États-Unis, Scott est l'homme qui a su redonner confiance et qualité à l'Us Army au début de se carrière de général, Il est le vainqueur de la guerre du Mexique après l’éviction du général Taylor, Enfin son plan "anaconda" sera l'une des clefs du succès des forces fédérales durant la guerre de Sécession. Mais durant la guerre de 1812, son nom restera à jamais immortalisé par la petite brigade grise qu'il mena contre les britanniques redoutés et redoutables. Meneur d'hommes, innovateur, tacticien et stratège d'exception Scott mérita amplement le compliment d'un certain Duc de Wellington qui le décrivit après la capture de Mexico comme "le plus grand général vivant de notre temps".

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 19:29
Oliver Hazard Perry, le héros de l'US NAVY

Si en 1812 l'US NAVY n'occupe pas encore la place qu'elle mérite aujourd'hui comme la première marine de guerre du monde, elle possède déjà ses héros, marins célèbres qui se sont distingués sur les mers du globe. La guerre de 1812 qui allait être l'occasion d'écrire de nouvelles et glorieuses pages de son histoire allait lui apporter de nouveaux héros. Parmi eux citons le vainqueur de l'une des plus importantes batailles navales de la guerre : le Commodore Oliver Hazard Perry.

Oliver Hazard Perry, OHP, est né le 23 août 1785 à South Kingstown dans l'état du Rhode Island, fils d'un officier de la marine américaine, il eut dès l'enfance un contact étroit avec la marine grâce son héritage familial. A douze ans il embarque avec son père et reçoit le grade d'aspirant (midshipman) à l'âge de treize ans. Son jeune âge n'a rien d'étonnant à cette époque où l'apprentissage du difficile métier d'officier de marine militaire commençait souvent très jeune. Dans la Royal Navy comme dans les autres grandes marines militaires les apprentis officiers malgré leur jeune âge n'étaient en outre pas dispensés des corvées propres à la vie sur un navire, combat y compris. Dans la jeune US Navy les midshipmen sont considérés comme des sous-officiers et sont normalement intégrés à partir de 14 ans et depuis 1794 nommés à ce grade par le président. Officiellement le grade de Midshipman entrera dans l'US Navy en 1819. Le favoritisme régnant, la qualité des hommes formés par ce système était fluctuante voire médiocre. OHP commença donc sa carrière sous le regard de son propre père commandant la frégate USS General Green de 30 canons.

Sa première expérience du feu eut lieu lors de la quasi guerre avec la France en février 1800 dans le secteur de l'île d’Haïti. Il fut transféré ensuite sur la frégate USS Adams de 28 canons et participa à la première guerre Barbaresque. Les pirates Barbaresques opéraient au large des côtes d'Afrique du Nord pour attaquer les navires marchands dont certains battaient pavillon américain. L'USS Adams fit à cette occasion le blocus du port de Tripoli pour gêner la croisière des navires pirates. En avril 1805, OHP obtint le commandement d'une brigantine (schooner) l'USS Nautilus et participa à l'attaque de la ville de Derna en Libye.

En 1806 il changea de commandement et embarqua sur l'USS Revenge un autre sloop et opéra principalement au large de la Floride et de la côte Est pour faire respecter l'Embargo Act contre le trafic français et anglais. En 1811 Perry essuya sa première fortune de mer quand son navire s'échoua dans les eaux de Rhodes Island dans un secteur difficile pour la navigation. Le comportement exemplaire de son capitaine valut à Perry d'être lavé de tout soupçon de faute. OHP étant resté à son poste jusqu'au bout et le dernier à quitter le navire comme tout capitaine qui se respecte. Mais l'USS Revenge fut perdu corps et biens. Heureusement 1811 allait être également l'année de son mariage avec Elizabeth Champlin Mason durant une période où il n'eut aucun commandement à la mer.

Oliver Hazard Perry, le héros de l'US NAVY

La guerre de 1812

La guerre qui éclata entre les Etats-Unis et l'Angleterre allait être l'occasion pour OHP de se faire un nom encore plus connu que celui de son père. L'US Navy, incapable de rivaliser avec la puissante flotte anglaise de haute mer avait toutefois bien plus de chance de l'emporter sur le terrain particulièrement important qu'étaient les grands lacs. Ces grandes étendues d'eau commandaient le trafic fluvial et donc le ravitaillement de toutes les régions bordant ces grandes étendues d'eau. Contrôler les grands lacs c'était à moyen terme le plus sûr moyen d'asphyxier l'adversaire. Ayant le grade de commodore, Il obtint le commandement du secteur du lac Erié afin de constituer avec l'aide du capitaine de l'US REVENUE Daniel Dobbins, une flottille capable de prendre le contrôle de ce secteur. La construction de la flottille américaine se déroula à Presqu'île une péninsule idéale pour abriter une petite flotte et protéger sa construction. Les Anglais ayant rapidement mené des actions efficaces contre les positions américaines de Mackinack, Détroit avaient détruit toute présence navale américaine dans la région et Perry dut repartir de zéro pour mettre en place sa flottille. Les Anglais mis au courant des efforts américains pour leur disputer la suprématie navale du lac Erié firent le blocus de Presqu'île en juillet 1813. Ils attaquèrent même les batteries côtières défendant la presqu'île le 21 juillet mais n'osa s'aventurer plus avant à cause de la barrière de sable qui défendait naturellement la baie. Mais le 29 juillet les Anglais sous le commandement du capitaine Barclay quittèrent la zone.

Profitant de cette ouverture, Perry fit déplacer ses navires pour éviter qu'ils se fasse bloquer une nouvelle fois si les Anglais revenaient. Il disposait à présent de 8 bateaux dont deux Brick de 20 canons les USS Lawrence et Niagara. Quant aux équipages ils étaient constitués de volontaires de la milice, de soldats d'infanterie et de marins expérimentés ou non de provenances diverses.

La flottille de Perry croisait dès lors librement sur le Lac Erié se présentant deux fois au large du port anglais d'Amherstburg semant le trouble chez les Anglo-Canadiens. OHP fit jeter l'ancre à Put in Bay prêt à en découdre avec la flottille anglaise surclassée en nombre de navires et d'hommes.

Le 10 septembre ce fut la grande rencontre entre les deux flottilles qui vit la victoire écrasante d' OHP. (voir la bataille du lac Erié http://history-uniforms.over-blog.com/article-l-ordre-de-bataille-du-lac-erie-10-septembre-1813-116855510.htmlhttp://)

La victoire américaine, première d'importance dans la guerre de 1812, fut un choc pour les Anglais qui n'avaient jamais perdu toute une flottille depuis la bataille de Grand Port contre les Français en 1810). En outre toute la région dépendant du trafic sur le lac fut coupée de toute communication et tomba aux mains des Américains. Ce fut sans aucun doute l'une des victoires américaines qui eut le plus de répercussion à court terme de tout le conflit. Mais la victoire américaine eut également son lot de controverses entre Perry et le capitaine Elliot commandant l'USS Niagara durant la bataille. Perry et plusieurs de ses officiers reprochèrent à Elliot son manque de réactivité durant le combat laissant le navire amiral américain, l'USS Lawrence subir seul le feu des navires anglais.

Après ce succès, Perry participa à la campagne qui aboutira à la défaite britannique de la bataille sur la rivière Thames concluant l'année 1813 par une invasion enfin réussie d'une partie du haut Canada. Ne quittant pas le secteur du Lac Erié, Perry termina la guerre sans écueil militaire et devint un héros dans le cœur des Américains. Avec le vainqueur de la bataille navale du lac Champlain et les différents capitaines de navire de l'US Navy victorieux sur les mers, Perry faisait désormais partie du cercle fermé des gloires militaires américaines de la guerre de 1812. Bien peu de commandants des forces terrestres partagèrent cette renommée à l'exception de Winfield Scott ou d'Andrew Jackson. O.H.P reçut la médaille d'honneur du Congrès (une des 27 distribuées officiellement durant ce conflit) et le rang de "Captain" ce qui correspond au dernier grade des officiers supérieurs avant celui d'amiral.

Oliver Hazard Perry, le héros de l'US NAVY

La guerre terminée, Perry continua sa carrière dans la marine et fut envoyé dans des missions contre les barbaresques à bord de la nouvelle frégate de 44 canons l'USS Java. Durant cette période il eut maille à partir avec un officier des marines à bord du Java et eut un duel avec lui une fois revenu à terre. Heureusement le duel se termina sans blessé, Perry refusant de tirer sur son adversaire après que ce dernier ait échoué à le toucher lors de son premier tir. Après cet épisode Perry s'en prit de nouveau à son ancien officier subalterne, Elliot, et entreprit de lancer des charges contre lui pour sa conduite durant la bataille du Lac Erié. Souhaitant éviter un scandale le pouvoir politique lui proposa une nouvelle mission en Amérique du Sud et le grade honorifique de "commodore".

Cette dernière mission allait conduire Perry au Venezuela en 1819 pour contrer la menace des pirates dans cette partie du monde en coopération avec le nouveau président du pays, Simon Bolivar. Malheureusement O.H.P allait contracter la fièvre jaune et en mourir à bord du USS Nonsuch. Enterré dans un premier temps à Port d'Espagne dans l'actuelle république de Trinidad et Tobago, son corps fut ensuite transféré aux États-Unis au cimetière de Newport' Island près de son frère.

Une colonne de la victoire fut érigée près du Lac Erié en son honneur et en celui de la bataille de 1813, sa maison natale fut classée en lieu historique de la nation. Enfin consécration suprême pour un marin de l'US Navy, de nombreux vaisseaux de guerre portèrent le nom d'O.H.P dont les derniers sont les frégates de la classe Perry taillées pour la lutte anti-sous-marine et anti-aérienne.

photos illustrant l'article:

Le commodore Perry dans son grand uniforme de "Commodore" par gilbert Stuart

la médaille d'honneur du Congrès frappée pour commémorer la victoire de Perry au lac Erié en 1813

le drapeau du navire amiral de Perry à la bataille du lac Erié comportait en haut de son mât le drapeau bleu avec les inscriptions "don't give up the ship" " n'abandonnez pas le navire". Dernières paroles prononcées par son ami le capitaine James Lawrence de la frégate USS Chesapeake avant de mourir. Signe évident du désir de venger son ami et de vaincre les navires anglais pour laver l'affront de la perte de la frégate Chesapeake, le fanion bleu de Perry est un des emblèmes les plus célèbres de l'US Navy.

Liens utiles:

Pour plus de détails sur Oliver Hazard Perry:

Altoff Gerard T "Oliver Hazard Perry and the battle of lake Erie"

livres accessible sur la bibliothèque numérique du Congrès:

listing:http://www.loc.gov/search/?in=&q=oliver+hazard+perry&new=true&st=

http://lccn.loc.gov/10021675

http://lccn.loc.gov/98001456

des sites généralistes (anglais)

http://militaryhistory.about.com/od/naval/p/War-Of-1812-Commodore-Oliver-Hazard-Perry.htm

http://www.history.navy.mil/bios/perry_oliver_h.htm

le mémorial de Perry à visiter:

http://www.nps.gov/pevi/photosmultimedia/south-bass-island-map-flash.htm

La frégate de classe O.H.P

http://www.fas.org/man/dod-101/sys/ship/ffg-7.htm

A gauche la colonne du mémorial international pour la victoire et la paix qui se dresse à south Bass Island et qui figure parmi les plus hauts monuments des Etats-Unis et dont le sommet est un phare qui aide à la navigation sur le lac Erié. A droite une frégate de la classe O.H.P de 4100 tonnes et 138m de long qui sert d'escorteur de la flotte mais qui depuis les années 2000 est progressivement retirée du service actif.
A gauche la colonne du mémorial international pour la victoire et la paix qui se dresse à south Bass Island et qui figure parmi les plus hauts monuments des Etats-Unis et dont le sommet est un phare qui aide à la navigation sur le lac Erié. A droite une frégate de la classe O.H.P de 4100 tonnes et 138m de long qui sert d'escorteur de la flotte mais qui depuis les années 2000 est progressivement retirée du service actif.

A gauche la colonne du mémorial international pour la victoire et la paix qui se dresse à south Bass Island et qui figure parmi les plus hauts monuments des Etats-Unis et dont le sommet est un phare qui aide à la navigation sur le lac Erié. A droite une frégate de la classe O.H.P de 4100 tonnes et 138m de long qui sert d'escorteur de la flotte mais qui depuis les années 2000 est progressivement retirée du service actif.

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20 novembre 2013 3 20 /11 /novembre /2013 10:35
George Prevost le chef du Canada

George Prevost fut le gouverneur militaire et administratif de l'ensemble des colonies anglaises d'Amérique du Nord. A ce titre il était le général en chef des troupes anglaises et locales stationnées sur place et seul détenteur de l'autorité. Durant la guerre de 1812 il s'opposa à la stratégie de Isaac Brock qui préférait l'offensive à la position strictement défensive prônée par Prevost. Intelligent et efficace il fut complètement discrédité par la campagne menée contre la ville de Plattsburgh dans l'état de New-York en 1814.

Une carrière militaire fulgurante:

George Prevost naquit en Amérique du Nord dans le New-Jersey, colonie britannique, en 1767. Son père francophone suisse était lieutenant-colonel dans l'armée anglaise. Parfaitement bilingue, Prevost fut très tôt engagé dans la carrière militaire de par la volonté paternelle. Enseigne à 11 ans dans le fameux 60th régiment "Royal Americans" en 1779 dans lequel son père servait en tant qu'officier supérieur. Il fut ensuite transféré successivement dans le 47th et le 25th Foot puis revint dans le 60th regiment of Foot en 1790 avec le grade de Major soit une progression au grade supérieur tous les deux ans. La promotion très rapide fut certainement due à son père et à son grand-père maternel, banquier de son état, les charges d'officiers étant souvent achetées plutôt que reçues par le mérite. En 1794 il est lieutenant-colonel, en 1798 il devient colonel et participe à son premier engagement à Saint Vincent. Il devient général de brigade et gouverneur de Sainte Lucie. Sa sympathie naturelle pour les Francophones va lui permettre de s'attirer les faveurs des colons locaux avant d'être renvoyé en Angleterre en 1802.

Mais après la rupture du traité d'Amiens en 1803, Prevost doit affronter les forces françaises alors qu'il est gouverneur de la Dominique. Il est renvoyé en Angleterre en 1806 où il reçoit le grade de Major General et le commandement du district de Porthmouth et la gestion en tant que colonel commandant d'un régiment. Il est fait chevalier ou "baronnet" et prend le titre de Sir George Prevost. En 1808 il est renvoyé dans son Amerique natale avec le titre de lieutenant gouverneur de la Nouvelle-Ecosse. Sur place l'ennemi n'est plus la France de Napoléon mais son voisin américain dont l'attitude envers la Grande-Bretagne devient de plus en plus hostile. Prevost prend donc des dispositions pour renforcer préventivement les défenses de sa province. Il promulgue une loi sur la milice l'autorisant à lever un petit contingent local en cas de conflit. La guerre avec la France continuant, Prevost partit avec un corps expéditionnaire pour prêter main forte aux troupes anglaises des Caraïbes qui s'attaquaient à la Martinique. Une fois l'île capturée, Prevost rentra en Nouvelle-Ecosse en 1809. Durant son administration il parvint à apaiser les tensions qui existaient entre les différents corps législatifs et l’exécutif et prit grand soin de ne pas brusquer les représentants ce qui le fit grandement apprécier par la plupart d'entre eux. Alors que des tensions d'ordre religieux commençaient à se faire jour Prevost fut envoyé au Bas Canada en 1811 avec le titre de commandant en chef et gouverneur général des colonies anglaises d’Amérique du Nord. Il devenait le principal responsable administratif et militaire de tout le Canada.

Sur place il dut faire face aux tensions entre anglophones et francophones et en usant des mêmes techniques qu'en Nouvelle-Ecosse il parvint progressivement à calmer les esprits en octroyant un peu plus de pouvoir à la majorité francophone que Londres lui en avait laissé au début. Il choisit les leaders sur lesquels ils pouvait avoir de l'influence et éloigna les autres. L'important était de stabiliser la vie politique canadienne avant une éventuelle guerre avec les Etats-Unis, Prevost n'ignorait rien de la difficulté de sa position. La garnison britannique de 6000 hommes aurait besoin de l'appui de la milice, essentiellement francophone, pour repousser l'armée américaine trois fois plus nombreuse. Il fit en sorte de se rapprocher du clergé catholique pour faciliter la mise en place de ses lois sur la milice. Les canadiens catholiques accepteraient peut-être plus facilement de s'engager aux côtés des tuniques rouges si ils étaient adroitement manipulés par un clergé favorable au gouverneur. Lorsque la guerre éclata, la situation était relativement favorable pour accueillir les "militia act" qui appelleraient la milice canadienne sous les armes. Conscient de l'importance de la Royal Navy dans la défense de la colonie, il prit en charge les activités logistiques et militaires de la marine placée sous ses ordres directs tout en développant au mieux la marine provinciale sur les grands lacs. Il savait meiux que personne que la survie de la Province dépendrait avant tout de la bonne utilisation de ses ressources plutôt que d'espérer une intervention extérieure. Londres ne pouvait mobiliser la moindre force pour aider le Canada, la guerre contre la France accaparait tous ses moyens militaires. Au final le Canada était relativement prêt à combattre malgré la différence apparente défavorable d’effectif.

La guerre de 1812:

Quand la guerre de 1812 fut déclenchée, les consignes de Londres étaient claires, Prevost devait tenir à tout prix Québec, principale forteresse du Canada, et limiter ses offensives dans le seul but de repousser les Américains hors des frontières canadiennes. Prevost se limita à un renforcement de ses défenses sans prendre la moindre initiative stratégique en vue de contrer les efforts ennemis ce qui irrita son principal subordonné, le lieutenant gouverneur du Haut Canada, Sir Isaac Brock. Ce dernier voulait profiter de l'immensité du territoire pour s'attaquer aux postes américains isolés et encore ignorant de la guerre comme le Fort Mackinac aux portes du Michigan. Malgré les victoires de Mackinac et de Détroit, Prevost conclut un armistice avec les Américains espérant gagner du temps. L'armistice Dearborn Prevost fut désavoué par Londres et par Brock qui voulait profiter de l'apparente impréparation ennemie pour lui causer encore plus de torts. Prevost espérait sincèrement une résolution du conflit par la négociation. L'armistice qui entra en vigueur le 20 août 1812 ne tint pas longtemps. Lorsque Washington eut vent des démarches entreprises par le général Dearborn il en rejeta les termes et le fit annuler. Lorsque Borck apprit la mise en place de ce cessez-le-feu, le 23 août, il fut atterré et se précipita vers Fort George. Mais même si l'armistice ne dura pas, il favorisa les Américains qui en profitèrent pour amener plus de troupes sur le lac Ontario tout en se réorganisant après leur désastreuse campagne de Détroit. Quand les hostilités reprirent, les Anglais étaient désavantagés et devaient se préparer à une attaque dans le secteur du Niagara.

La tentative de conciliation de Prevost fut un échec et risqua même de provoquer l’effondrement de sa ligne de défense. La bataille de Queenston Heights fut une victoire anglaise mais le général Brock fut tué et son remplaçant ne fut pas à la hauteur. Les événements de 1813 marquèrent la volonté de Prevost de sauvegarder sa ligne de ravitaillement entre Québec et Kingston au détriment d'une partie du Haut Canada et du Lac Erié. Il demanda à l'amiral Yéo de concentrer ses efforts sur la défense du lac Ontario et de sa principale base : Kingston. Mais des divergences d'opinion firent que les deux hommes coopérèrent mal avec de funestes conséquences car la domination navale américaine des Lacs augmentait et avec elle la menace sur les voies d'approvisionnement anglaises. En 813 la campagne menée par l'amiral Cochrane sur les côtes américaines permit à Prevost de souffler un peu car les forces de la Royal Navy avaient entrepris des attaques sur le sol américain. La situation sur les frontières canadiennes s'aggrava avec les attaques sur Montréal qui furent repoussées, la destruction du contingent de Detroit et d'Amhersburg à la bataille de Moraviantown, la perte de contrôle du lac Erié et en 1814 les attaques sur le Niagara. Londres envoya finalement un détachement d'environ 12000 hommes, la guerre avec la France avait pris fin et l'Angleterre était désormais disposée à s'occuper du problème américain.

Prevost fut chargé de mettre en œuvre une opération visant à sécuriser définitivement les frontières de sa colonie et d'infliger à l'ennemi des pertes conséquentes en vue des négociations qui se déroulaient à Gand. Cette opération sera l'attaque sur Plattsburgh et le terrible échec des forces anglaises. http://history-uniforms.over-blog.com/page-5902267.htmlhttp://

Le retrait des forces anglaises après la bataille du lac Champlain alors qu'elles avaient acquis un avantage certain sur la rive est perçu aujourd'hui comme la démonstration du manque d'enthousiasme pour toute offensive de la part de Prevost. Il ne s'imaginait pas et ne voulait pas conduire une opération en territoire américain, l'échec de l'opération lui est imputable à ce niveau plus que dans la préparation du combat en elle-même. Brillant administrateur, il apparaît qu'il n'était pas le chef militaire idéal pour mener à bien de telles missions. La mort de Brock en 1812 a définitivement enlevé aux Anglais d'Amérique du Nord le leader militaire dont ils avaient besoin pour attaquer l’Amérique même si tel n'était pas le but de guerre.

Une fin amère:

Georges Prevost après son échec à Plattsburgh fut rappelé en Angleterre, il est remplacé comme gouverneur par George Murray. En Angleterre ses explications se heurtent au rapport de l'amiral Yéo avec qui il avait eu des différents durant la guerre et Prevost dut se résoudre à demander qu'une cour martiale soit tenue pour s'expliquer en public et se dédouaner.La cour martiale qu'il avait mandée pour pouvoir s'expliquer ne pourra se tenir, la mauvaise santé de Prevost et le temps nécessaire pour que les témoins arrivent du Canada auront raison de lui. George Prevost meurt le 5 janvier 1816 à 48 ans.

La défense du Canada doit certainement beaucoup à l'ensemble des mesures que Prevost, administrateur efficace, a pris durant les mois précédant la guerre. Sa conduite envers la majorité francophone lui permit de partir du Canada sous les applaudissements de ces derniers quand les anglophones le huaient. Il apparaît évident que cet officier était un négociateur et un gestionnaire avant d'être un leader militaire de la trempe de Brock ou Wellington mais que sans lui tous les héros du monde n'auraient certainement pas pu empêcher le Canada d'être envahi par les États-Unis. La terrible défaite qu'il a subie à Plattsburgh a effacé l'ensemble de son travail de fond au Canada, qui pourtant a fait la différence dans les combats. Il sera difficile de lui ménager une place de choix dans le panthéon des héros anglo-canadiens à côté d'Isaac Brock mais elle serait pourtant ô combien méritée.

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 12:30
Jackson dans sa tenue de Major général

Jackson dans sa tenue de Major général

Le nom du général Andrew Jackson est immédiatement associé à la grande victoire qu'il a remportée en 1815 à la Nouvelle-Orléans. Au delà de l'extraordinaire succès obtenu en Louisiane, le général Andrew Jackson fait partie de la nouvelle génération de leaders dont l'armée avait cruellement besoin. Un leadership particulièrement inspiré puisqu'il l'a conduit directement à la maison blanche en 1829.

 

Andrew Jackson est né en 1767 en Caroline du sud. Son père étant mort avant sa naissance il fut élevé avec ses deux frères par sa mère et un parent. La carrière militaire du jeune Andrew débuta très tôt ; pris dans la tourmente révolutionnaire que traversait son pays, Andrew Jackson et un de ses frères servirent dans l'armée continentale de Washington en tant que courrier. Capturé par les Anglais, il vécut un épisode qui le marqua toute sa vie à double titre et qui expliquait la haine qu'il vouait aux britanniques. Ayant refusé de cirer les bottes d'un officier anglais, ce dernier lui appliqua un violent coup avec son épée le gratifiant d'une cicatrice sur le visage.

Marqué dans sa chair le jeune Jackson voua une haine féroce à l'encontre des tuniques rouges d'autant plus qu'il venait de perdre sa mère, morte du choléra. Recueilli par son grand père, il travailla dans un atelier de sellier avant de reprendre le chemin des études en Caroline du Nord.

A l'age de 20 ans il devint avocat et partit pour Nashville, Tennessee, où il rencontra et épousa Rachelle Robards.

 

L'attitude fière et querelleuse de Jackson qui lui avait déjà valu sa fameuse estafilade lui valut par la suite une série de duels à la cour en tant qu'avocat mais aussi dans une plaine isolée au pistolet. Parfois même en pleine guerre de 1812, lorsqu'en 1813 il se querella avec un ancien aide de camp pour une histoire d'honneur, Jackson écopa d'une balle à l'épaule dans la bagarre. En tant que notable il parvint à obtenir la charge de Major general de la milice du Tennessee en 1812 afin de combattre les tribus Creeks.

Durant cette campagne il réussira à s'attirer la sympathie de ses hommes par son attitude protectrice envers eux qui le surnomment " Old Hickory ". La guerre contre les Creeks est difficile et les combats s'accumulent. Des rumeurs de soutien de l'Espagne aux tribus Creeks hostiles donnèrent à Jackson l'occasion de s'en prendre aux possessions espagnoles de la région. Sans autorisation de son gouvernement, Jackson s'empare de Pensacola où il fait pendre deux espions anglais après une cour martiale et chasse les Anglais de la ville. Après le massacre de Fort Mims en 1813 Jackson  bénéficia de nouveaux volontaires désireux de se venger. Sur la rivière Tallapoosa, Jackson aidé d'un régiment régulier, écrase les Creeks à Horseshoe' Bend le 27 mars 1814, plus de 700 guerriers Creeks tombent sous les coups de l'armée de Jackson. Et finalement les Creeks se rendent par le traité de Fort Jackson où ils perdirent encore plus de territoires.

Il s'attaque ensuite aux Seminoles en Floride, il sera nommé gouverneur de cet état une fois que les Etats-Unis l'auront acheté à l'Espagne en 1819.

En décembre 1814, il arrive à la Nouvelle-Orléans pour repousser l'invasion anglaise qui s'annonce. Regroupant les forces locales et les renforts venus du Tennessee, du Kentucky et des pirates de Barataria. Après une première attaque contre le camp anglais il participe à la défense de la ligne baptisée Jackson" pour l'occasion et inflige à l'armée la pire défaite de la guerre de 1812. Pour moins de 80 tués ou blessés ( 350 pour toute la campagne) , les forces de Jackson infligent plus de 2500 pertes à l'ennemi. La Nouvelle-Orléans est sauvée et Jacskon devient un héros national.

Gouverneur de Floride, Jackson ambitionne de se présenter à l'élection présidentielle de 1824. Son statut de héros national lui apportant beaucoup de crédit et de soutien mais il échoue face à John Quincy Adams. Il renouvelle l'expérience 4 ans plus tard et cette fois il obtient la majorité et la place de 7éme président des Etats-Unis. Jackson avait la réputation d'être quelqu'un de dur, sa présidence ne fera pas exception. Sous son mandat par le " Removal Act ", les indiens sont chassés des territoires de la côte est et le peuple Cherokee empruntera la piste des larmes au prix de milliers de morts alors que la cour suprême avait jugé la loi non conforme à la constitution.  Réélu pour un second mandat en 1832,  Il matera une révolte ouvrière avec le concours de l'armée, une première aux Etats-Unis. En 1835, au Capitole, il est victime d'une tentative de meurtre mais les armes de son assassin s'enrayent et il échappe à la mort. En 1837 il reconnait la république du Texas première étape qui conduiront les Etats-Unis à affronter le Mexique en 1846.

La guerre il ne la verra pas, il meurt d'une vieille blessure 8 juin 1845 au Tennessee.

Energique et charismatique, Jackson laissa un souvenir impérissable aux Américains. Les indiens virent en lui l'un de leur pire ennemi responsable du plus grand génocide contre leur peuple dans l'affaire de la piste des larmes, du " Removal Act " et des guerres qu'il a menées contre les Creeks et les Seminoles. Il laissera un souvenir cuisant aux Anglais à qui il infligea une des pires défaites de leur histoire militaire évènement qui sonnait dans son coeur comme une juste vengeance de ce qu'il avait subi dans sa jeunesse.

L'homme du peuple le vit comme un président soucieux de garantir au plus grand nombre le droit de participer par le vote à la vie politique de l'état mais aussi capable d'excès notamment dans sa répression des émeutes.  Il fut un des personnages majeurs de la vie politique des années 1830 et il fut à l'origine par sa politique de l'ère des partis tels que les Américains les connaissent aujourd'hui.

 

 

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10 mai 2013 5 10 /05 /mai /2013 12:28

isaacbrock

De tous les officiers anglais qui participèrent à la guerre de 1812, aucun ne suscita plus de respect et d'admiration que le lieutenant gouverneur du Haut Canada : le général Isaac Brock.

Brock natif des îles anglo-normandes (Guernesey) commença sa carrière militaire à 15 ans avec le grade d'enseigne dans le 8th regiment of foot. En tant que jeune officier il fut placé au dangereux poste de porte-drapeau du régiment. Il est de coutume que les deux drapeaux de chaque bataillon soient portés par les plus jeunes officiers du régiment. Fort heureusement pour eux on les accompagnait de solides sous-officiers vétérans armés d'un long esponton et dont la mission principale était la défense des couleurs (éventuellement celles de son porteur également).

En 1791, en tant que capitaine , il fut transféré vers le 49th regiment ( Le 49th "the HerdfordShire regiment of foot" dans la guerre de 1812) et servit dans les Antilles. Durant son séjour dans le 49th, il gagna une certaine renommée en ridiculisant un de ses camarades qui l'avait provoqué en duel. Brock ayant choisi le pistolet, arme pour laquelle il n'avait pas témoigné une grande adresse, il contra l'habileté de son adversaire en lui proposant un duel à brûle-pourpoint, ce que l'autre déclina. Il obtint ainsi une popularité certaine auprès de ses autres camarades par sa ruse tout comme son courage. Avec le grade de lieutenant-colonel en 1797, il fut placé à la tête de son régiment.

1799 fut l'année de son baptême du feu dans les Pays-Bas contre les républicains français. Il fut blessé à la gorge lors de la bataille d'Egmont-op-Zee le 2 octobre 1799. En 1801, après avoir assisté au bombardement de la Royal Navy de la capitale danoise sans participer lui-même à l'action, il fut transféré avec son régiment au Canada.

 

Arrivé au Canada, à Québec, Brock dut faire face à des problèmes disciplinaires importants et à des actes de mutinerie. La sévérité du chef de la garnison de Fort George, le lieutenant-colonel Sheaffe, avait déclenché un projet de révolte parmi une partie du détachement du fort. Une fois sur place, Brock régla rapidement le problème et fit envoyer les mutins en cour martiale à Québec. Ces derniers subirent le sort réservé aux déserteurs : le peloton d'exécution.

Colonel en 1805, il fit renforcer les défenses de la ville de Québec en réponse à l'accroissement des tensions avec les Etats-Unis.  Il participa au développement d'une force navale sur les Grands Lacs capable de tenir ces espaces liquides vitaux pour toute la colonie.  En 1807, il devint général de brigade et fut placé à la tête des forces de tout le Canada dès 1810 par le gouverneur de la colonie, Sir Craig. L'année suivante il prit le rang de major général et devint lieutenant gouverneur du Haut Canada. Bien que ses aspirations militaires l'aient toujours porté vers les combats en Europe, il ignorait que pour lui sa renommée allait commencer ici. En tant que lieutenant gouverneur il cumulait les fonctions de général en chef des forces du Haut Canada et administrateur civil. Il possédait à ce titre la charge de membre sénior du conseil exécutif du Haut Canada. Dans sa préparation des défenses de la colonie pour une guerre qui semblait être imminente, Brock multiplia les demandes en hommes pour renforcer la garnison réduite de sa colonie.

 

Il trouva un allié inattendu dans la personne du leader Shawnee, Tecumseh. lors de leur première rencontre en août 1812 à Amherstburg  Tecumseh dira de lui "voilà un homme". Les deux hommes se respectaient et chacun à sa façon impressionna l'autre.

Avec la guerre de 1812, Brock se révéla un organisateur hors pair, grâce à ses agents il sut très vite tirer parti de la mauvaise communication qui existait entre Washington et les postes avancés américains. Sans coup férir il envoya des hommes capturer Fort Mackinac et sécuriser la porte d'entrée du Michigan. Lorsque l'armée du général Hull se mit en marche pour menacer Amherstburg, il mit  à profit les informations capturées sur le navire américain Cuyahoga Packet pour la campagne de Detroit. il envoya le 41st regiment of foot et de nombreux miliciens avec les indiens de Tecumseh pour assiéger le Fort Detroit. Il fit habiller ses miliciens avec des uniformes de soldats réguliers et fit circuler une missive annonçant un chiffre de guerriers indiens très supérieur à la réalité. Devant le Fort américain il fit défiler les mêmes troupes pour donner l'illusion du nombre et inspirer la terreur à Hull. Ce dernier craignant pour la vie de ses hommes si des indiens enragés s'emparaient du fort se rendit et donna à Brock sa plus grande victoire avec une perte minime.

brock est tué à la bataille de Queenston Heights

Brock n'eut pas le temps de se reposer sur ses lauriers et organisa la défense du centre du Haut Canada menacé par d'autres armées américaines. Il rencontra finalement son destin à Queenston Heights le 13 octobre 1812. Séjournant à Fort George, le quartier général du Haut Canada, il accourut au secours des troupes anglo-canadiennes de Queenston attaquées par une force américaine supérieure en nombre. Sur place il prit la tête du 49th regiment qu'il connaissait bien et contre attaqua les Américains établis sur les hauteurs de la ville. Son uniforme de général en fit une cible parfaite et il fut atteint d'une balle à la poitrine qui le tua net. La bataille fut gagnée par les Anglais mais le Canada avait perdu son meilleur général. Le gouverneur George Prevost qui ne partageait pas toujours la stratégie de Brock ne fut pas capable de renverser la situation alors que les forces dont il disposait étaient bien supérieures à celles de Brock.

Il demeure à ce jour comme un des grands héros du Canada pour sa défense courageuse et intelligente lors de la guerre de 1812. Il est avéré que sans ses dispositions, le Haut Canada serait sans doute tombé dès les premiers mois de la guerre.

le monument de Brock à Queenston

le monument de Brock à Queenston

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 13:36

Tecumseh

Encore un nouveau chapitre qui concernera les grands leaders et acteurs de la guerre de 1812.

Commençons par le personnage le plus emblématique : le grand leader indien TECUMSEH.

Tecumseh, porte un nom qui lui sied parfaitement : en langage Algonquin il signifie "étoile filante". Sa vie de leader charismatique et surtout ses actes furent éphèmères, éblouissants et ont illuminé le ciel de tout un peuple avant que ce dernier ne replonge dans la nuit.

De tous les grands chefs indiens d'Amérique du nord, aucun ne fut plus important que le leader shawnee Tecumseh, personne avant et après lui n'avait et ne regroupera autant de tribus, de guerriers, de nations indiennes dans un seul but commun : se battre pour la survie de leur mode de vie.

1812 marque un point essentiel dans l'existence des indiens d'amérique du Nord car ce fut la seule fois où il leur fut donné une vraie possibilité de combattre efficacement pour avoir droit eux aussi à cette recherche du bonheur, droit essentiel de la déclaration d'indépendance américaine de 1776. Ce texte fondamental avait exclu les peuples indiens, des droits essentiels qu'elle aspirait à instituer aux Etats-Unis alors que son principal rédacteur, Thomas Jefferson, déclarait en 1787 que les indiens vivaient certainement dans un bonheur plus grand que les peuples européens soumis à la gouvernance monarchique.

Tecumseh était donc un indien de la nation Shawnee, sa naissance est située approximativement vers 1768 dans l'Ohio près de la ville actuelle de Springfield. Son père était un chef de guerre Shawnee et sa mère une indienne Creek. Très tôt la vie de Tecumseh fut confrontée à la violence et la haine de l'homme blanc ; son père fut assassiné par un colon quand il n'avait que 6 ans. Il fut adopté par un autre chef Shawnee, BlackFish, qui lui servit d'éducateur. Mais la guerre d'indépendance américaine qui s'était déclenchée créa des troubles dans la nation Shawnee dont une partie quitta la région de l'Ohio pour la vallée du Mississippi plus à l'ouest. Les exactions des blancs répondaient aux représailles des guerriers indiens et l'enfance de Tecumseh fut secouée de violence et de mort en plus d'un profond ressentiment à l'égard des Américains, responsables des malheurs de sa tribu.

 

A 15 ans il subit son baptème du feu mais très vite en plus de sa nature de meneur de guerriers, un autre trait particulier allait  très tôt apparaître. Ecoeuré par le sort subi par des prisonniers blancs brûlés vifs par les indiens, il réprimanda malgré son jeune âge ses camarades pour leur manque d'humanité. On retrouvera cet aspect particulier de cet homme bien des fois durant la guerre de 1812. Tecumseh vécut les combats contre l'armée américaine en 1790 et 1791 et participera à la bataille de la Wabash qui demeure la plus grande victoire remportée par les indiens de toute l'histoire des Etats-Unis. Il participa ensuite à des raids en Georgie, en Floride, dans le Tennesse puis revient dans l'Ohio pour se battre à Fallen Timbers. Malgré la défaite, la réputation de Tecumseh grandit par l'exemple qu'il suscitait au combat chez ses guerriers tout comme par son refus de participer à la conférence qui aboutit au traité de Greenville.

 

La période d'accalmie qui suivit fut l'occasion pour Tecumseh de se marier une première fois avec une demi indienne puis après s'en être séparé et avoir vécu une autre romance avec la fille d'un soldat blanc, revint vers son peuple décidé à porter un message aux siens. Son idée, son rêve, était de créer une confédération de nations indiennes capable de s'opposer à l'avancée inexorable des colons blancs. Une confédération qui s'étendrait du nord des grands lacs au sud parmi les Creek et les Séminoles. En cela il est aidé par son jeune frère Tenskwatawa, le prophète, ancien ivrogne notoire, qu'un récent rève avait converti en une sorte de guide capable d'aider les indiens à retrouver le chemin de la tradition. Loin d'être un fondamentaliste, il rejetait les cadeaux empoisonnés des blancs, l'alcool essentiellement, tout en exhortant les indiens à sauvegarder leur mode de vie ancestral. Il est vrai que la proportion d'indien alcooliques était déjà grande et l'influence des blancs sur les indiens était de ce fait terriblement néfaste.

 

Entre 1809 et 1811 Tecumseh et son frère se heurtèrent au nouveau gouverneur de l'Indiana, W.H.Harrisson. Ce dernier se montrait particulièrement habile à persuader les différents chefs de tribu  de lui vendre des territoires. Tecumseh avait fait pourtant promettre à la plupart des leaders indiens de ne plus vendre un pouce de terrain. La terre des tribus , était leur réserve de chasse, elle les gardait en vie en leur fournissant le gibier, mais, plus important que tout, elle n'appartenait à personne. On ne pouvait donc la vendre, cet acte était une offense au grand esprit qui avait placé les indiens sur ces terres.  Tecumseh ulcéré par l' attitude d'Harrisson, le rencontra à Vincenne et après une vive altercation comprit que Harrisson ne reculerait pas, bien qu'un pacte de non agression mutuel fut accepté de part et d'autre. Harrisson profita du départ de Tecumseh vers les territoires du Sud pour attaquer la ville de Tenskwatawa : Prophetstown. Ce dernier attaqua le premier les troupes américaines, de nuit, à Tippecanoe mais fut repoussé. Bien qu'ayant été très meurtri par le combat, Harrisson poussa son armée jusqu'à la ville de Prophetstown et la brûla. Tecumseh ne put que constater l'ampleur du désastre. C'est à ce moment qu'il réalisa qu'il lui fallait trouver l'appui d'un allié puissant pour contrer les Américains et son choix se porta naturellement vers l'ennemi des Américains : les Anglais.

S'il acceptait l'aide d'autres blancs, c'est bien parce qu'il jugeait les Américains comme les seuls agresseurs, mais cela ne retirait rien au fait qu'il se méfiait des Anglais dont l'attitude après la défaite de Fallen Timbers l'avait laissé amer. (les Anglais avaient refusé d'ouvrir les portes de leur fort aux rescapés indiens de la bataille.)

 

La rencontre entre Tecumseh et le Major général Isaac Brock fut la seule fois ou Tecumseh fut impressionné par un homme blanc ; en résumé il dit de Brock " voilà un homme !  " De son côté Tecumseh fit grande impression sur Brock. Tecumseh obtint le grade temporaire de général de brigade pour la campagne (et la tunique rouge qui allait avec).

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ci-contre une évocation de la rencontre entre Tecumseh et Isaac Brock (on ne dira mot sur le shako belge, de l'officier à l'arrière-plan, encore inconnu en Amérique du Nord en 1812)

 

 

 

Avec le général anglais il participa victorieusement à la campagne pour Detroit envoyant ses guerriers combattre les Américains à Maguagua et Brownstown puis en faisant défiler de nombreuses fois toujours les mêmes guerriers devant les yeux terrifiés du général Hull, il précipita la chute de Fort Detroit. Mais la victoire fut de courte durée, Brock partit dans le Niagara lutter contre une autre invasion et le général Procter le remplaça. Ce dernier refusa d'apporter son aide lors du siège du fort Wayne mené par les indiens, rendant la prise du fort impossible. Ensuite il mena ses troupes dans des sièges infructueux contre les forts américains de la rivière Maumee. Lors du siège de Fort Meigs, les indiens qui s'étaient déjà montrés cruels avec les prisonniers américains (voir le massacre de la rivière Raisin) commencèrent là encore à tuer des prisonniers sous le regard passif des Anglais et de leur chef, le général Procter. Tecumseh arriva juste à temps pour éviter un nouveau grand massacre et réprimanda vertement le général anglais pour son manque de contrôle. Tecumseh dur dans sa guerre contre les blancs était également un adversaire noble et repectueux et par-dessus tout : humain.

 

Les échecs de la rivière Maumee furent alourdis par la bataille navale du lac Erié qui força Procter à évacuer la région de Detroit et d'Amherstburg. Tecumseh se révolta contre cette décision qui revenait à abandonner les tribus aux exactions des Américains. Mais rien ne fit changer l'attitude et la résolution de Procter. Les Anglais battirent en retraite le long de la rivière Thames, les guerriers indiens de Tecumseh les suivant résignés. A Moranviantown, Les deux armées se firent face mais seule l'une d'entre elles était résolue. Les Américains ivres de vengeance lancèrent les cavaliers du Kentucky contre eux et écrasèrent en 5 minutes les troupes anglaises. Ces derniers s'enfuirent vers les bois laissant seuls les guerriers indiens de Tecumseh et leur chef. Ecoeuré par l'attitude des Anglais celui-ci dégraffa sa tunique rouge de général de brigade donnée par les Anglais. Il poussa son cri de guerre et fit front avec ses hommes contre la marée humaine des volontaires du Kentucky qui hurlaient leur cri "souvenez-vous de la rivière Raisin". Le combat fut rude, bref et sans appel, les Américains avaient triomphé.

Death of Tecumseh

 

ci-contre une des représentations de la mort de Tecumseh, sur cette dernière c'est clairement un officier des volontaires montés , Johnson ??, qui tue d'un coup de pistolet le chef indien. Derrière la propagande il est évident que le Kentucky et les Etats-unis tout entier tirèrent une très grande satisfaction de la mort du leader indien.

 

 

On ignore ce qui est réellement advenu de Tecumseh ; selon certains il fut blessé et emmené par ses hommes puis mourut peu après. Pour d'autres, le chef des volontaires montés du Kentucky, le colonel Johnson, l'aurait abatu d'un coup de pistolet... On ne saura certainement jamais la vérité puisque son corps ne fut pas retrouvé. Vraissemblablement son corps aura été ramené par les guerriers indiens survivants et enterré dans un lieu secret afin de lui éviter toute profanation.

 

 

Ainsi s'acheva la vie et le rêve du plus grand leader indien d'Amérique du Nord. L'impact de son projet et de cet homme sur la nation indienne est hélas trop méconnu, éclipsé par d'autres hommes qu'Hollywood aura préféré mettre en lumière. Son implication fut pourtant hors norme car jamais plus un leader indien ne rassemblera autant de guerriers unis dans une même cause (près de 3000) ni ne proposera un tel programme politique d'union. Jamais non plus la nation indienne ne pourra s'opposer efficacement à son effacement programmé par la volonté expansionniste américaine et son appétit vorace pour les terres arables. Il fut l'homme, le plus courageux, vertueux et emblématique de sa nation et certainement de tout le continent nord-américain durant cette période troublée, une étoile filante qui n'a brillé qu'un court instant mais avec une intensité rare.

tecumseh

Chaque année notre envahisseur blanc devient plus avide, exigeant, oppressif et autoritaire.  La misère et l'oppression, tel est le lot qui nous échoit. Ne sommes-nous pas dépouillés jour après jour du peu de liberté qui nous reste ? A moins que les tribus ne se liguent unanimement pour modérer les ambitions et l'avidité des Blancs, ils nous auront bientôt tous conquis et désunis, nous serons chassés de notre pays natal et éparpillés comme les feuilles d'automne par le vent

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